impossible's profileStick Or Twist... The Ch...PhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    January 31

    Dernier adieu

    Il faisait encore nuit noire quand le train est parti. Avec trois minutes de retard. Je voyais le reflet de mon visage à travers le hublot, et le spectacle n’était pas particulièrement réjouissant. Mais en même temps, il ne fallait pas que j’attende un miracle en me levant à cinq heures du matin. Et puis, il faisait tellement froid. Dans le train, ça allait, mais rien qu’en regardant à l’extérieur, j’avais froid quand même.

    Mais je crois qu’en fait, je n’avais pas froid. En fait, je ne crois pas, j’en suis sûr. J’étais en fait terrorisé. Je partais, comme ça, sans n’avoir rien prévu. Ca m’apprendra, moi et mes soi-disant coups de pied dans le train-train quotidien. J’ai toujours détesté prendre le train. Je déteste encore plus les départs, où on n’a rien d’autre à faire que de regarder la gare s’éloigner. J’ai toujours eu l’impression que les gens qui prenaient le train cherchaient à fuir quelque chose. Moi, pour le coup, c’était tout le contraire. Je partais pour enfin affronter ma vie.

    Oh, j’ai dû facilement passé deux heures à tenter de mesurer la folie de mon acte. En même temps, ça ne servait plus à grand chose, puisque je ne pouvais pas revenir en arrière. Ce qui me torturait aussi, c’est le prix de l’aller-retour, 180 euros… Ca fait cher pour avancer dans la vie. Et de me dire qu’il y avait sept heures de trajet, avec une correspondance dans une gare de Paris, ça ne me rassurait pas non plus. Là, j’étais tout seul, avec personne d’autre que moi sur qui compter. Et vu que j’ai du mal à compter sur moi-même…

    Une heure sur Paris, à me mettre dans un coin du bar, à commander café sur café, sans même pouvoir les accompagner d’une clope, toujours à remettre en cause mon choix. Se faire le plus petit possible surtout, que personne ne me voit, que personne ne me remarque. Il y a un beau garçon, tout seul lui aussi, à quelques tables de moi. Que surtout, il ne me voit pas. Que surtout, il ne me sourit pas. Je veux rester seul. J’ai peur de louper le train. J’ai peur de me retrouver tout seul, perdu dans cette immense ville. Je retourne sur les quais avec 20 minutes d’avance. Je n’ai même pas envie d’ouvrir le roman de Carol Higgins Clark que j’ai emporté avec moi. Je suis mort de peur.

    Il n’est pas encore 14 heures quand j’arrive à Cherbourg. Et je me rends compte que j’ai bien fait de m’habiller chaudement. Je me plaignais du froid sur Bordeaux, mais là, c’est pire. Le ciel est d’un blanc déprimant. Il y a une file de taxis, je monte dans le premier. “Où allons-nous?” demande le chauffeur, béret sur la tête, grosse moustache de russe, un bon embonpoint pour bien le caler contre le volant. “Au cimetière” ai-je simplement répondu, laissant mon regard fuir par la fenêtre. “Vous allez vous recueillir?” m’a-t-il demandé alors que la voiture démarrait. “Je vous donne cinq euros de plus si on ne parle pas” ai-je simplement répondu sans le regarder. “Ca ne sera pas utile, Monsieur” a-t-il répliqué d’un ton bienveillant.

    Je ne sais pas si c’est à cause du froid, de ce ciel blanc, mais Cherbourg, j’ai trouvé cette ville, je ne sais pas, triste. Les gens qui baissaient la tête en marchant, les immeubles gris, les petits commerces… J’essayais de repérer des bars sympas, m’imaginant qu’Il y allait peut-être à l’époque. A travers tout ça, j’essayais de m’imaginer Sa jeunesse, quand Il avait 15-16 ans. J’essayer de m’imaginer l’adolescent qu’Il avait été, j’avais même des bribes de scènes imaginaires de Lui, parlant et riant fort dans les rues avec une bande de potes autour de Lui. Il aimait beaucoup cette ville, Il me l’avait dit à plusieurs reprises. J’aurais aimé qu’Il soit là pour m’expliquer pourquoi.

    Cela doit faire quinze ans que je n’ai pas mis un pied dans un cimetière. A ma grande surprise, celui-ci était magnifique. J’avais encore en tête le cimetière de Toulon, tout gris, impersonnel, un simple amas de pierres sépulturales et de graviers. Ici, non. Même dans cette période de l’année, l’herbe était d’un vert incroyable, il y avait de grands herbes, il n’y avait pas trop de fleurs à outrance. Ca ne me réchauffait pas plus pour autant. Je me retrouvais à l’entrée, ne sachant même pas par où attaquer. J’ai commencé à avancer, et j’ai vu une femme avec une longue robe noire pousser une autre femme, plus âgée, en chaise roulante. La première m’a regardé, et m’a lancé un regard. Ni froid, ni sympathique. On aurait simplement dit qu’elle avait tout compris en me voyant. Qu’elle avait compris pourquoi j’étais là, que j’avais peur, que j’étais perdu, qu’elle avait compris pourquoi je ne savais pas trop pourquoi j’étais là. Sans esquisser un sourire, je lui ai rendu son regard, et nous avons pris deux chemins différents.

    J’ai erré pendant plus d’une heure, prenant d’abord le temps de bien lire le nom sur les pierres ou les grandes croix, puis accélérant le mouvement. D’un côté, j’espérais presque ne pas trouver Sa tombe, trouvant ainsi une bonne excuse pour me défiler et rentrer plus rapidement chez moi, dans mon petit cocon de sécurité où personne ne pouvait me faire de mal, mais une voix dans ma tête me disait que je n’avais pas mis 180 euros en l’air, juste pour fuir.

    Et puis, sans m’y attendre, j’ai vu Son nom. Je me suis arrêté net. C’était peut-être une erreur. Seigneur, faites que ce soit une erreur, faites que le nom de famille ne soit pas le bon, faites que les dates ne correspondent pas, faites que je me sois trompé. Mais non, tout était là devant moi. C’était bien lui. Et dernier pied-de-nez rebelle, fidèle à lui-même pour le coup, Olivier s’était suicidé le jour de son anniversaire. Pour ses 20 ans.

    Je suis resté là, debout, sans rien faire, je ne sais même pas combien de temps. 30 secondes, une minute, peut-être deux? Je sentais une grosse boule se coincer dans ma gorge, mais je m’étais promis de ne pas pleurer. Pourquoi? J’ai 30 piges, cette histoire est terminée depuis 1993, et après tout ce temps, je me demandais si j’avais le droit de le pleurer. Comme si notre amour avait été illégitime. J’étais là, debout, devant cette pierre. “Salut”, c’est la seule chose que j’ai réussi à dire. Et j’ai explosé en sanglots.

    Je me suis agenouillé pour essayer de retrouver ma respiration, pour me faire tout petit, et les larmes n’arrêtaient pas de couler. Bizarrement, je les laissais couler, je ne voulais pas les essuyer avec la manche de mon blouson. Je voulais sentir ces larmes couler jusqu’à mon cou. J’avais oublié le froid. J’étais juste là, à regarder la pierre, à regarder son nom gravé dessus. Mon Dieu, il était vraiment mort. Maintenant, c’était sûr.

    “Tu te demandes ce que je viens faire ici?” Pendant l’espace d’une seconde ou deux, je me suis demandé pourquoi je parlais à voix haute. Pourquoi je ne me recueillais pas, tout simplement. Et puis non, je n’avais pas mis 180 euros juste pour faire un simple aller-retour. Ce moment, ça faisait longtemps que je devais le vivre. J’avais des adieux à faire, des choses à dire, et après tout, qu’est-ce que j’en avais à faire si quelqu’un m’entendait parler à une tombe? Surtout parce que ce n’était pas à une tombe que je parlais, c’était à Olivier. “Après tout ce temps, pourquoi je ne viens que maintenant, tu te demandes?” Et je lui ai donné mes raisons.

    “Quand est-ce que tout a commencé, tu crois? La première fois qu’on s’est vus, quand tu sortais de l’eau et que tu m’as tendu la main? Trois jours après, quand tu as posé ta main sur mon épaule, quand on se balladait sur la plage? Deux ans plus tard, quand on s’est croisés dans le centre commercial?” J’étais toujours agenouillé devant la pierre tombale, mais je ne sais pas pourquoi, ça m’a pris comme ça, je me suis en fait assis, laissant reposer mon dos contre cette pierre. Pas que j’avais l’impression d’être contre Olivier, non, je ne sais pas. Je me suis allumé une cigarette. “Je veux juste me rappeler avec toi notre histoire à tous les deux. Depuis le départ.” Et c’est con, mais je me suis mis à tout lui raconter, comme s’il était à cause de moi, pour que lui non plus n’oublie pas. Je me suis même surpris à sourire en parlant. Et lorsque je nous rappelais notre première nuit ensemble, j’ai eu un flash, une image aussi claire et nette que si elle datait d’il y avait à peine quelques secondes. Le feu de cheminée, les quatre bougies bleues, aucune autre lumière que ces flammes, et son visage penché au-dessus du mien. Ses cheveux châtain clair étaient mi-longs, et une longue mèche tombait sur son visage. Il avait les yeux fermés, son petit nez un peu écrasé, et ses lèvres qui s’entrouvraient pour m’embrasser. Là, je me suis remis à pleurer sous le choc, cette image était si vraie.

    “Tu te rappelles quand j’ai appris que tu étais mort? Tu venais me parler dans ma tête, et tu faisais toujours les mêmes plaisanteries. J’ai cru que j’étais devenu complètement fou, alors pour me rassurer, je me disais que tu étais devenu un fantôme, rien que pour me protéger. J’étais un vrai gamin à l’époque, je n’avais que 16 ans. Ca a duré deux mois. Et puis tu es revenu me voir il y a quelques mois dans un rêve, tu te rappelles? C’était juste un rêve ou c’était toi? Il y a vraiment quelque chose après?” Bêtement, j’attendais qu’il me fasse un signe. Même pas un souffle de vent. Juste le froid que je recommençais à sentir. Je me suis recroquevillé sur moi-même, me serrant mes bras contre moi, toujours contre la pierre tombale. Je suis resté comme ça, sans rien dire, presque une demi-heure, je crois. Je me suis encore remis bêtement à pleurer.

    Je me suis enfin relevé. “Je ne reviendrai pas, tu sais.” Je lui ai expliqué. Qu’apparemment, tout avait commencé à sa mort. Ce désir de vouloir toujours rester ce jeune garçon qui avait vécu un vrai conte de fées, puis un vrai drame. Ce désir de toujours avoir 16 ans, de toujours se réfugier dans les bons souvenirs, ceux qui semblent sûrs, non dénaturés, ceux qui me rassurent et me font croire que les choses sont ce qu’elles sont, alors que non. Et qu’aujourd’hui, je devais avancer. J’ai encore regardé de longues secondes la pierre tombale, son nom gravé dessus, avec presque la peur de repartir. J’ai commencé à sortir mon téléphone portable pour prendre en photo cette tombe, mais je l’ai rangé aussitôt. Ce moment que je venais de vivre devait rester dans ma mémoire. Qu’il ne reste aucune trace ailleurs. Pour que je puisse avancer. J’ai esquissé un sourire, lui ai dit que je l’aimais, et suis parti sans me retourner.

    Pure coïncidence, c’est le même chauffeur de taxi qui est venu me prendre. Il m’a juste fait un sourire entendu, et m’a dit: “Retour à la gare?” J’ai acquiescé sans rien dire. J’ai failli rater mon train. Je n’ai pas vu le temps du retour passer, trop plongé dans mes pensées. J’avais envie de dormir, mais je ne voulais pas rater la correspondance. Ce que j’avais fait, je devais le faire. J’avais l’impression d’avoir rêvé, mais non. Je me suis réfugié dans mon lit peu après 1h30 du matin. Triste. Pas bien. Olivier était mort. Moi, j’étais vivant.

    ******

    Sliver [213 SLI SLI 1]

    Nous passerons sur le film, au scénario aussi profond que le cendrier que mon frère m’a offert pour Noël. Ce n’était qu’un immense buzz pour pas grand chose au fond. La bande originale, elle, n’était qu’un prétexte pour être un best of de Virgin. Mais un putain de bon best of. Avec évidemment Enigma à trois reprises, surtout pour le sublime et inédit Carly’s Song, trippant à souhait. Aussi la reprise de Can’t Help Falling In Love With You de UB40. Les inévitables Unfinished Sympathy de Massive Attack et Move With Me de Neneh Cherry. L’enjoyable et pourtant agaçant Oh Carolina de Shaggy. Et surtout le formidable et plein d’énergie Slave To The Vibe d’Aftershock. Merde. C’est un bon CD.

    January 29

    Un p'tit coup de pied dans le train-train quotidien...

    Pour ceux qui ont bonne mémoire, j'avais pris une grande décision pour cette nouvelle année, à savoir enfin laisser le passé au passé, passé auquel je me raccrochais quelque part désespérement, préférant me réfugier dans les bons souvenirs plutôt que de profiter de la vie présente. Et j'avais bien dit que je comptais profiter pleinement de ce présent, et que je multiplierais les rencontres, qu'elles soient amicales ou amoureuses, et que je mettrais un bon coup de pied dans mes habitudes, histoire de ne pas m'encroûter et de me réserver plein de surprises. Exits (presque) tous les ex et les individus qui ne m'apportaient plus grand chose, exit le fait de se définir par rapport à mes expériences antérieures... Il ne me reste plus qu'une ultime étape à franchir pour faire fi de ce passé (et certains d'entre vous auront compris ce que je dois faire), ultime étape que je compte bien franchir cette semaine.

    Oui, enfin, ce coup de pied dans mes habitudes, ben je l'attendais encore. La fatigue du boulot me faisait toujours aller invariablement vers mon lit, mon téléviseur et mes séries pourries de M6. Cette même fatigue me faisait dormir toujours jusqu'au dernier moment chaque matin, me traînant inlassablement, frigorifié, vers ma salle de bains. Cette même fatigue qui me faisait voir le weekend comme un moyen de ne pas bouger de mon petit cocon bien chaud, bien sûr. Et puis aussi, insupportablement, cette sale habitude de devoir toujours tout planifier trois ans à l'avance de peur de la surprise. Jusqu'à aujourd'hui.

    Hier, en début de soirée, un jeune homme est venu m'aborder sur le net. Ah, je sens déjà Nico soupirer. Mais nan, soupire pas, ça accélère la formation des rides! Donc, ce jeune homme, déjà, ben il avait une très bonne présentation physique, tout mimi, une gueule d'ange, à l'aise dans ses fringues... J'étais d'ailleurs assez étonné qu'il vienne me parler. Son approche, d'ailleurs, a été assez originale, puisqu'il a simulé un désordre identitaire dissociant avec trois personnalités différentes. Ca change du sempiternel langage texto "Slt tu ch koi" encore plus agaçant que les fausses crises de larmes de la Mylène. J'ai donc conversé avec les trois personnalités pendant plus d'une heure, alternant loufoqueries de gamins ("l'apocalypse approche, sois prudent, preux chevalier") et questions plus sérieuses ("c'est quoi, ta pizza préférée?")... Puis finalement, les deux personnalités les moins intéressantes ont disparu, pour ne laisser le champ libre qu'à ce jeune homme drôle et sympa. Oui, oui, je sais, on est toujours en plein virtuel. Il m'explique qu'il vit dans une très petite ville paumée dans le 17, et qu'il vient souvent sur Bordeaux, et qu'il a passé le weekend chez une amie. La discussion continue son cours, tranquillement. Il était 1h30 du matin, et je me rassurais en me disant que je pouvais dormir jusqu'à 10 heures facile pour récupérer. Et là, il a osé. Son train n'était qu'à midi, il voulait prendre le petit déjeuner avec moi.

    Alors, pour ceux qui me connaissent en vrai, ils savent très bien dans quel état de panique je suis quand quelque chose d'imprévu s'offre à moi (café avec un ex, soirée nocturne en bar ou en boite...)... Quand je ne suis pas préparé psychologiquement, comme je le disais, suffisamment à l'avance, ben je bloque. Donc, évidemment, déjà, le premier truc qui vient se percuter derrière mon front, c'est qu'il faudrait que je me lève à 7h30, et que ça ne me fera pas suffisamment de sommeil, et puis ça veut aussi dire que d'avoir si peu de sommeil va me casser pour toute ma journée de boulot... Et puis ça veut aussi dire que le matin, je ne suis pas du tout à mon avantage, de sales cernes, les mèches de cheveux qui refusent d'obéir à mon gel... Et puis en plus, le jeune homme rajoute qu'il veut prendre le petit déjeuner chez moi. Ce qui amène en plus le fait que je ne vais certainement pas avoir le temps de faire le ménage, ni à 1h30 du matin, ni à 7h30 au réveil non plus. Panique, panique, panique. Jusqu'à ce que je décide de me foutre un coup de poing virtuel dans la tronche.

    Merde, putain. Je n'ai que 30 ans, quoi. (Oui, je sais, je n'aurais jamais pensé dire ça un jour!) A force de me réfugier dans les habitudes et cette pseudo-sécurité, finalement, je ne vis pas, je ne fais que subir. Où est le problème? Un mec super mimi veut prendre un café avec moi. Si tôt? Et alors, merde, je vais pas être viré parce que j'ai des cernes! Et même si ce mec ne devient pas mon petit copain, et ben quoi? Qui ne tente rien n'a rien, pourquoi se priver par peur de ne pas obtenir ce qu'on espère? Ben j'ai eu l'impression d'être dans une autre dimension quand j'ai vu mes doigts pianoter sur mon clavier ces quatre lettres: o, k, a et y. Han, putain, j'ai dit oui!

    A ma grande surprise, je n'ai eu aucun mal à m'endormir devant la rediff' de Miss Marple, et je regrette juste le fait que je ne saurai jamais qui a poussé Tante Emilie dans l'escalier avant de l'empoisonner. Enfin, de sûr, c'est pas Bob, son fox-terrier. Bob dormait quand elle est tombée. Quoique... Je me suis endormi sans savoir s'il aurait pu verser de l'arsenic dans les médicaments de Tante Emilie. Oui, finalement, j'ai été un peu hâtif, c'est peut-être Bob le chien. Enfin, bref. Le réveil, par contre, a été chaotique. Mais une force inconnue a pris possession de mon corps, et j'ai réussi à me lever. Et en moins de 25 minutes, un record, j'étais tout beau, coiffé, les cernes camouflées, et même le lit fait. Il n'y avait plus qu'une seule inquiétude: comment allait-il me trouver?

    Je suis allé le chercher à l'arrêt du tram' (oui, j'ai bravé le froid!), et ses photos ne lui rendaient pas honneur, il était encore plus mimi en vrai: les cheveux mi-longs rebelles, un look mi-fashion mi-bcbg, et puis un sourire tout craquant. Petit bout de discussion et quelques piques balancées le long du trajet, jusqu'à chez moi. Et puis bon, euh, pour le coup, je n'ai même pas eu le temps de préparer le petit déjeuner, ou même de lui offrir un café, nous n'en avons pas eu le temps, ré-inventant pour le coup le concept du petit déj'.

    Une heure et demi plus tard, je prenais le chemin du boulot. Me disant que c'était un exploit pour moi d'avoir pu chambouler mes habitudes. Je me sentais crevé, et c'est vrai que ça a été encore plus dur de quitter mon lit après ce néo-petit déj', je serais volontiers resté à dormir contre son épaule, mais bon, j'ai quand même une conscience professionnelle, hein. Je me sentais zen, plus léger... Et puis, ben c'était bien la première fois que j'avais un rencard à 8h30 du matin! Choupinou m'a vu arriver, et même si j'avais un air normal, ben il m'a regardé bizarrement, comme si j'avais quelque chose de changé, et il m'a demandé cash: "Qu'est-ce que tu as encore fait, Choupinet?" Et moi, rougissant presque: "J'ai pris le petit déjeuner avec un mec rencontré cette nuit sur le net..." Là, il a mis deux secondes à comprendre, et s'est écrié: "Espèce de nympho!" Là, Nick a débarqué en demandant ce qui se passait, et Jeremy a dit: "Axel a pris sa rincée du matin!" Et moi, tout rouge: "Choupinou!!!!"

    Alors ben je suis fier de moi. Oh, pas de "ça", hein. Non, fier de voir que j'arrive finalement à mettre un coup de pied dans mon train-train quotidien. Je me trouve décidément en progrès. Peut-être que je suis le seul à me comprendre, mais c'est pas grave. Ce jeune homme, je le reverrai bientôt lors de son prochain passage à Bordeaux. Mais d'ici-là, je vais essayer de trouver plein d'autres trucs, intelligents comme zarbi, pour finalement mieux profiter!! Non, je ne vais pas me mettre une cagoule en cuir sur la tête et me faire enchaîner lol, mais attendez, la vie, faut la vivre, crédiou!!!

    ******

    Kylie Minogue - Word Is Out [212 MIN WOR 1]

    "Mais Ax, t'achètes ce maxi de Kylie que maintenant?" Ben figurez-vous que oui, deux ans après sa sortie, je l'achète. Pourquoi avoir attendu deux ans alors que, boudiou, c'est Kylie, quoi? Ben tout simplement parce qu'en 1991, à la Fnac, une vendeuse m'avait dit que la maison de disques de Kylie avait décidé de ne plus sortir de maxi-CD. Et moi, je l'avais crue, me faisant tristement à l'idée que je n'aurais plus jamais de remixes de Kylie. Et ben non, je pense qu'elle a voulu simplement se débarrasser de moi. Et le maxi-CD, pour le coup, je l'ai trouvé dans un bac de promos chez Nuggets (si, si, rappelez-vous, les boutiques de disques Nuggets et Madison, avec les CD à 30 Francs plus cher qu'à la Fnac!). Bon, Word Is Out, pas le meilleur titre de Kylie, hein, mais un break sympa au piano et au sax, et puis la (rare) B-side Say The Word - I'll Be There, une des meilleures balades de l'époque PWL.

    January 28

    Trouver les mots...

    Arf, j'ai la crève... Me suis réveillé avec une barre au crâne épouvantable (non, pas ce genre de barre lol), le nez bouché, mal à la gorge... Ce qui fait que là, ben shooté aux médoc', pas question de poser un congé maladie (on pourrait croire que je fuis le boulot), et il faut que je sois en forme pour la tonne de travail à abattre qui m'attend cette semaine.

    Hier, après-midi tranquille où j'ai pu retrouver Pascal, "Mon-Petit-Poney", ex-collègue de boulot, avec qui on ne se croisait que sur messageries interposées depuis deux ans. Je venais de terminer mes courses en fin d'aprèm (miracle, j'ai acheté de la nourriture équilibrée!), je traversais le froid sans lever la tête, perdu dans mes pensées, me repassant la soirée de la veille. Vue la semaine de merde qu'on a eu au boulot, on a organisé avec mes et mon responsable un petit repas de groupe. Il s'est avéré que ce repas s'est passé dans un resto dont j'ai oublié le nom bizarre, mais qui se situe à la place de la Reine-Carotte, le bar lesbien où j'ai bossé il y a de nombreuses années. Avec Nick, qui fréquentait assidument ce bar à l'époque, nous nous sommes remémorés plein de bons souvenirs de soirées, de piliers de comptoir, la déco, les cuites... J'étais assis, tout content, à côté de Nick, et mes nouveaux collègues m'ont super bien accueilli... (Je précise que Nick est juste mon responsable, et que je tiens à ce que ça reste comme ça.) C'était pour nous l'occasion de nous retrouver, loin de l'ambiance de merde qu'on a vécue au boulot cette semaine. Ils sont adorables avec moi, et eux, qui sont déjà depuis quatre mois sur la mission, me traitent comme l'un des leurs. Ca fait plaisir. Jusqu'à ce coup de fil à la fin du repas, signé mon admirateur secret, pas si secret que ça pour ceux qui ont pu lire Limbo. Un simple message: "C'est qui, le mec assis à côté de toi?" Coup d'oeil rapide à la vitrine, mais évidemment, personne. Comme quoi, rien ne change, ce sont les mêmes choses qui se répètent, se répètent... Choupinou m'a vu regarder par la vitrine, mais n'a rien dit... Je devrais peut-être lui confier ce qui se passe, mais je ne veux pas qu'il s'inquiète pour moi, ni qu'il croit que je ne suis pas apte à faire mon boulot à cause de mes soucis personnels. J'ai donc négligé l'invitation à aller me bourrer la gueule avec eux, et Nico, un de mes collègues, m'a raccompagné en voiture, refusant le fait que je puisse prendre un taxi.

    Et là, j'étais avec mes courses dans la rue quand une voix masculine m'a interpelé. Paranoïaque, je me suis figé. Mais non, c'était Crucified, pour ceux qui s'en souviennent. Crucified avait bossé avec moi dans mon ancienne entreprise, et j'avais pu le faire rentrer dans la nouvelle, où il y est resté six mois. Crucified, c'était un peu mon Jérémy, lui aussi me permettait de trouver un équilibre émotionnel au boulot, et il était mon complice. Et depuis, on s'était un peu perdus de vue, quelques textos, mais rien de plus. Ca m'a fait tellement plaisir de tomber sur quelqu'un de confiance, quelqu'un capable de me remonter un peu le moral. "Comment tu vas, bonhomme?" que je lui balance joyeusement en le prenant dans mes bras pour l'embrasser. "Pas très bien, mon Papa est mort hier."

    Là, c'est horrible, parce que je n'ai pas su quoi dire. Putain, ça va faire trois ans que je vois régulièrement des femmes battues ou violées, souvent amochées ou carrément défigurées, et là, je sais faire mon travail, je sais dire ce qu'il faut, je sais conseiller, je sais rassurer... Mais là, c'était pas une inconnue. C'était un ami. Je suis resté là, la bouche en suspens. Dans nos regards, en fait, silencieusement, l'espace de deux secondes, y a tout qui s'est dit. "Mon Dieu, bonhomme." C'est la seule chose que j'ai réussi à dire avant de le prendre dans mes bras pour le serrer fort. "Qu'est-ce qui s'est passé?" Il m'a expliqué, sur son même débit lent, que son père n'a pas survécu à une enième opération. Je savais qu'il avait déjà subi une intervention en début d'année, mais Crucified ne s'était jamais apesanti sur le sujet, et moi, je pensais que tout allait mieux. Et il se tenait devant moi, ne trahissant aucune émotion... "Tu tiens le coup?" "Pas le choix, là, je suis avec ma tante, on court un peu de partout pour toutes les démarches administratives. Une fois que tout ça sera réglé, je pourrais me permettre de faire face à mon deuil." Son courage m'a tué sur place. Et puis il a retrouvé son sourire, m'a demandé comment ça allait au boulot, tournant notre discussion à la plaisanterie, et l'accompagnant quelques pas, j'ai décidé de faire de même quelques instants. "Et ta copine Amanda, ça va?" "Non, je m'en suis débarrassé, il fallait que je fasse le vide, comme ça au moins, je suis disponible." Je lui ai fait un petit sourire: "Ah, enfin, tu deviens homosexuel!" "J'y pense" m'a-t-il répondu en souriant, "J'y pense, mais pas tout de suite." Et là, on était devant l'hôtel où logeait sa tante, et on est redevenus sérieux. "Je suis là, tu sais." Il m'a souri, puis m'a répondu qu'il le savait, et m'a pris dans ses bras. "Si tu as besoin de moi, tu n'as qu'un seul mot à dire." Et je suis rentré chez moi, me maudissant de ne pas avoir su trouver les mots.

    J'espère sincèrement qu'il m'appellera quand ça sera le bon moment. Malgré le fait qu'on ne se voit plus aujourd'hui, il est toujours mon ami, dans mon coeur, et on a vécu en un court laps de temps beaucoup de choses intenses. Ben là, pour le coup, tout le reste de mes récents événements ont été mis de côté, et je ne cesse de penser à lui.

    ******

    Paris Red - Gotta Have It (From New York Straight To Paris) [211 RED GOT 1]

    Paris Red, j'en avais déjà parlé dans de précédents billets. Et là, à ma grande reprise, elle avait repris cette chanson de Vanessa Paradis. Il faut dire qu'à l'époque, j'étais en plein trip Boy's Paradise, et qu'il y avait un bootleg non officiel, pressé en très peu d'exemplaires vinyl, qui tournait, avec la voix de Vanessa sur une musique techno-trance du tonnerre. Evidemment, la Paradis n'a pas été très contente qu'on repompe sa voix sans lui verser d'argent, donc le morceau est sorti, avec la même instrumentation technotrance, chanté par Paris Red. Ben c'était il y a 14 ans, mais ça reste de la bombe encore aujourd'hui. Bonne préférence pour le Noise-N-Effect-Mix, trippant à souhait. Et mention spéciale pour la B-side, Love Is In The Air, qui reprend des samples vocaux de Gotta Have It. Pour tous les nostalgiques du Boy's Paradise et pour tous ceux qui aimaient cette dance germanique early-nineties de qualité.

    January 25

    Le bouc émissaire

    Hier, journée de merde jusqu'au bout. Que je vous raconte.

    On passera sur le froid et le fait que je n'arrive pas à mettre la main sur mon écharpe. Journée difficile au boulot hier, je n'y arrivais pas, et pour mes collègues, ce n'était pas mieux. Vers 18 heures, Nick m'a demandé de quitter mon poste et de le suivre dans le bureau de Christina, la chargée de prod'. "Il y a un problème?" que je demande en fronçant les sourcils. "Ce n'est pas très grave, je te rassure." Ah ben heureusement qu'il me rassure.

    Christina, très souriante, m'accueille dans son bureau et m'invite à m'asseoir avec Nick (pas sur ses genoux, hélas). "Axel, que sais-tu de la cliente-mère?" me demande-t-elle. Alors la cliente-mère, c'est notre interlocutrice directe avec la société qui nous a demandé de mener la mission sur laquelle je bosse depuis mardi. Je lui réponds de ce que j'en sais, que c'est une emmerdeuse-née, qui appelle toutes les heures pour se plaindre à tort de notre travail, et ce, depuis le début de la mission il y a quatre mois. "C'est exactement ça" confirme Christina, "et je t'ai fait venir pour que tu comprennes bien la situation actuelle." Alors moi, comme j'adore les potins de couloir, j'étais toute ouïe. A part que les potins me concernaient.

    J'ai donc appris que de 11h à 17h, la cliente-mère, de là-bas de Paris, avait passé sa journée à m'écouter au téléphone, pendant que je faisais mon boulot de commercial. Elle a appelé donc toutes les 20 minutes Nick pour lui dire: "Et il a dit ça alors qu'il n'aurait pas dû le dire, et il a employé ce terme au lieu d'un autre, il a omis des informations, et bla et bla..." Nick lui a répondu que je faisais bien mon boulot, et que n'ayant qu'une seule journée d'expérience sur cette mission, j'étais encore en phase de tâtonnement, mais que les résultats étaient très bons. Ce à quoi elle a répondu, hystérique: "Mais cet Axel, d'où il sort?" Explication simple: je ne devais commencer cette mission que lundi prochain, mais suite à une démission impromptue, j'ai été placé plus rapidement. "Mais c'est scandaleux, comment vous pouvez vous permettre de bosser de cette manière, sans me parler de ce remplacement, vous n'avez pas le droit, c'est une honte..." Ce à quoi Nick a rétorqué que c'était quand même mon entreprise qui décidait de qui était employé ou non, et s'est un peu énervé en lui disant qu'elle devenait insupportable et qu'elle pinaillait sur des broutilles, et qu'elle ne pouvait pas juger quelqu'un sur des mots ou des phrases sorties de leur contexte. Vexée, la cliente-mère lui a raccroché au nez, et s'est empressée de terrasser Christina de coups de fils à mon sujet, me comparant presque à l'antéchrist personnifié.

    A vrai dire, je suis resté bouche bée en entendant tout ça à mon sujet, remettant presque en cause ma manière de travailler. Christina m'a tout de suite rassuré, Nick à l'appui: "Axel, ça fait un an que nous travaillons ensemble, je connais très bien la valeur de ton travail et tes compétences. La cliente-mère est une chieuse de première, et je t'ai demandé de venir à mon bureau pour que tu comprennes bien tout ce qui se passe, et que tu comprennes aussi que ce que je vais faire, ce n'est pas contre toi. Ce que je vais faire, c'est purement égoïste, mais je vais te retirer de la production pour le reste de ta journée jusqu'à 20 heures, simplement pour qu'elle arrête de t'écouter, et que, par la même occasion, elle arrête de me péter les couilles à ton sujet." Carrément. Super. "Cette cliente-mère fait chier tout le monde, et il lui fallait un bouc émissaire pour se défouler encore plus, et elle a profité du fait que tu arrives sur la mission sans qu'on la prévienne." J'ai passé les deux heures restantes à m'occuper aussi bien que je le pouvais, entre pauses clopes dans le froid et pauses clopes dans le froid, avec Nick me soutenant, et me disant bien que ça ne changeait en rien la bonne opinion que tout le monde avait de moi ici.

    Et pour couronner le tout, en sortant à 20 heures, un coup de fil mystérieux mais auquel je m'attendais, avec comme simple message "Tu dois avoir froid avec ce petit blouson noir, Axel, couvre-toi bien, je ne veux pas te récupérer malade." Tous les psychopathes sont de sortie, décidemment, aujourd'hui. Journée de merde de chez merde.

    Evidemment, aujourd'hui, la cliente-mère a encore passé sa journée sur moi. Christina est venue me voir pour me dire qu'elle avait eu le plaisir de m'écouter pendant deux heures d'affilée, et que, même si elle n'avait aucun doute à mon sujet, elle voulait juger par elle-même pour bien confronter la cliente-mère face à sa mauvaise foi, et que je faisais un travail excellent, et que je n'avais rien à changer. Dieu merci, je suis soutenu par mes supérieurs. Mais pour le coup, ça me gonfle sévère de chez sévère.

    (Petit PS: un bug des blogs m'empêche d'aller voir Cam' et MiKL, j'espère que ça sera vite réparé.)

    ******

    Culture Beat - Mr. Vain [210 CUL MRV 1]

    Ah, Culture Beat et son inoubliable Mr. Vain ont lancé la mode de l'eurodance mid-nineties à son rythme bien particulier. Culture Beat, c'est resté du bon jusqu'à la mort de ses producteurs un an plus tard dans un accident de voiture. Petite préférence pour le Decent Mix et son intro du tonnerre.

    January 23

    Jour de neige

    Argh, j'ai eu cette chanson pourrie d'Elsa toute la journée, quel calvaire! Déjà, le début de la journée était pas mieux, tiens... Impossible de me lever ce matin, repousser toujours de dix minutes la sonnerie du réveil... Je rêve de 14 heures de sommeil d'affilée. Puis s'habiller, et affronter le froid glacial de -1°. Et pour tout arranger, en débarquant au boulot, je vois une trentaine de personnes à attendre devant l'entrée. Je me dis, tiens, y a des recrutements massifs ce matin. Mais non. C'est juste que les portes métalliques sont bloquées et que personne ne peut ni rentrer, ni sortir. Bien joué! Niveau sécurité, on est tranquilles! Donc 45 minutes à se peler dans le froid, à sautiller sur place, poussant de petits cris à chaque fois qu'une goutte de pluie se frayait un chemin dans mon col. La vie me déteste pour ce premier jour de la nouvelle ère de ma vie.

    A vrai dire, j'attaque tranquillement la journée, puisque je commence par une mini-formation d'une heure en tête à tête avec Nick. Quand j'ai signé mon CDI en début de mois, c'est parce que je suis prioritaire sur un poste qui va se libérer d'ici quelques petits mois, et si j'avais démissionné en attendant, la période de carence m'aurait empêché de revenir dans l'entreprise. Donc, maintenant, je fais de courtes missions de deux jours ou de deux mois suivant les besoins de l'entreprise. Au moins, je ne risque pas de me lasser. Si, pendant un an, j'ai plus eu un poste de conseiller, là, je récupère jusqu'à fin février un poste de commercial pur et dur. Mais bon, je suis comme ça, j'ai beaucoup d'appréhension. Nick a clos la mini-formation en me disant: "Surtout, Axel..." (Haaaaaaaaan, il m'a appelé Axel!) "...sois cool, hein, ne te prends pas la tête, ça va bien se passer." Alors moi, j'écarquille les yeux du style: "Euh, mais pourquoi tu me dis ça en m'appelant par mon prénom?" Et il rajoute, comme s'il m'avait compris: "Je me suis renseigné sur toi, et je sais que malgré tes compétences, tu te mets toi-même toujours une pression qui n'a pas lieu d'être." Alors moi, avec un petit sourire: "Tu t'es renseigné sur moi?" Il a secoué la tête en bredouillant, lui donnant un air adorable, et m'a dit que, pendant deux heures, j'assisterai Choupinou pour me familiariser avec les procédures et le produit. Choupinou, bien sûr, était tout ravi de m'avoir avec lui, et tout fier aussi de me montrer qu'il réussissait au bout d'à peine un jour d'activité. Au bout d'1h15, il m'a dit: "Allez hop, la prochaine vente, c'est toi qui la fait!!" Alors moi, paniqué: "Nan, nan, nan, je suis pas prêt psychologiquement, je ne sais pas, je ne sais plus, je suis mal coiffé, j'ai tout oublié, il me faut du café..." Trop tard, j'avais déjà un client au téléphone, ce qui fait que je n'avais plus le choix, j'étais lancé. Et sans que je ne comprenne quoique ce soit, je venais déjà de faire une double vente. Alors que je finalisais oralement le contrat, Choupinou était déjà debout, faisant de grands gestes sur tout le plateau, s'époumonnant que son pote était le meilleur et qu'il faisait déjà une double vente dès son premier appel. Mes nouveaux collègues (sympas au demeurant) en restaient bouche bée, tandis que mes (maintenant anciens) responsables avaient le sourire aux lèvres et applaudissaient. Nick est passé derrière moi et a posé sa main sur son épaule, un peu en signe de félicitation, un peu comme un grand frère bienveillant. Merde, j'avais rien compris, et j'avais déjà réussi.

    Alors que je continuais d'assister Choupinou, encore tout tremblant, j'entendais mes anciennes collègues s'extasier: "Il neige, il neige!" Bande de crétines, que j'ai répliqué à Choupinou, il pleut trois gouttes et déjà elles s'enflamment! Mais c'est en prenant ma pause café que je me suis rendu compte qu'il neigeait réellement pour de vrai en vrai. C'était tout beau. Il avait bien neigé en novembre 2005, mais ça avait juste duré une demi-heure. Là, il a neigé facile deux heures, et on va encore y avoir droit demain. Je ne sais pas, c'est con, mais quand je vois de la neige, j'oublie que je suis un adulte, et je me retrouve comme un gamin émerveillé, chassant de ma tête tous les soucis. Il ne me manque plus qu'un petit copain qui me tienne la main et qui m'emmène me promener sous la neige.

    J'ai passé le reste de l'après-midi à cartonner, alignant vente sur vente, sous les applaudissements répétitifs de mes anciens responsables et le regard ahuri de mes nouveaux collègues, qui se rendent compte que Choupinou et moi, ben on les surpasse d'une longue distance, et que, quelque part, peut-être qu'on ne joue pas dans la même cour. J'étais complètement shooté à l'adrénaline, ça me faisait bizarre. Une autre pause café à 18 heures avec Choupinou et Nick, et ce dernier nous a dit: "Mais vous ne vous rendez pas compte, les garçons... Jeremy, tu es là depuis hier, Axel depuis aujourd'hui, et vous avez de meilleurs résultats que vos collègues qui sont sur cette mission depuis quatre mois!! Qu'est-ce que je suis content d'avoir réussi à vous avoir tous les deux!" Choupinou et moi, on se regarde, interloqués. "Réussi à nous avoir?" que je répète. "Ca veut donc dire que c'est toi qui a fait la démarche de demander à nous avoir dans ton équipe??" "Ah mais bien sûr!" qu'il répond fièrement. "Vous étiez les deux meilleurs sur UN, ce n'est pas pour rien que vous aviez été nommés supports commerciaux de l'activité, et moi, je vous voulais vraiment tous les deux parce que vous êtes vraiment des bons, et j'ai vraiment dû batailler avec Christina pour que vous passiez sur ma mission!" "Merde alors" que j'ai lâché, "on est vraiment des bons alors?" "Bien sûr" qu'il me rassura. "J'ai remarqué que tu avais un peu d'appréhension, Axel, mais aujourd'hui, il n'y a que toi qui doute de tes compétences, parce que tout le monde autour, nous, on sait ce que tu vaux!" Ffiou. Ca me va droit au coeur. Peut-être qu'il serait temps que j'ai pleinement confiance en moi un de ces jours.

    Ah, petite anecdote. Dans l'équipe, un de mes collègues est un homosexuel notoire. Mignon, mais trop exubérant à mon goût, mais je suis assis à côté de lui. Et en fin de journée, il n'a pas arrêté de se plaindre qu'il avait super chaaud, et qu'il en avait des suées qui coulaient sur son front. Alors, moi, poli, pour faire la conversation, je lui demande à cause de quoi il est dans cet état. "A cause de toi, Axel" qu'il me balance en me fixant droit dans les yeux. Han. Super. Mon Dieu, ça ne va pas être triste, cette nouvelle mission. Une seule journée, avec un carton plein, un responsable craquant, un collègue qui chavire, et je suis déjà épuisé. En espérant que ça continue dans le bon sens...

    ******

    Le Studio - Night Club 93 [209 STU NIG 1]

    Ouh, la bonne compil' dance enchainée pourrie comme on ne devrait pas en permettre la commercialisation. Et moi, je l'ai achetée parce qu'il y avait, en exclusivité, le Positive Vibe Mix du All I Want de Captain Hollywood Project. Arf. Je me mettrais des baffes parfois. Bon alors, dans le lot, qu'est-ce qu'il y a d'acceptable et de digérable? Un remix inédit de Only With You, le Moonlight Shadow de Moon, le Sweet Dreams de Kikka, le I'm Raving de L.A. Style reprenant le célèbre Nana de NUKE (si, si, rappelez-vous: néné oh néné, oh néné, néné oh néné, oh néné!) et le Just Keep In Your Love, trop court, de TFO. Et dans les daubes qu'on devrait brûler? Palme d'or pour Ils Craquent Tous Pour Moi de Camille Et Les Gaufrettes, espèce de pré-Ilona, avant-gardiste sans s'en rendre compte... Mais quand j'écoute cette Camille, je comprends pourquoi on a légalisé l'avortement...

    January 22

    Voilà, c'est fini...

    En embauchant ce matin, j'avais un peu la nostalgie. Choupinou commençait officiellement sa nouvelle mission ce matin, et moi, je le rejoignais lundi prochain. Ca me faisait bizarre, mais bon, en même temps, je dramatise un peu, son nouveau bureau est à cinq mètres du mien mdrrr! Plus qu'une semaine sur cette mission pour le célèbre fournisseur par le cable. Cette mission, j'étais le seul avec Choupinou à l'avoir commencé et à la terminer. Je voulais la vivre jusqu'au bout.

    J'étais en pause avec Marjorie quand "Nick" (oui, on va l'appeler Nick lol, j'aime bien, ça fait vieille série des années 80 style Riptide mdr!), donc Nick, mon futur responsable, passe la tête par la baie vitrée: "Axel?" (Moi, dans ma tête, j'étais comme un dingue, genre "oh mon Dieu, il m'a appelé par mon prénom, il m'a appelé par mon prénom!", comme quoi, mon cas ne s'arrange pas) Alors moi, "Oui?" de mon regard charmeur et sûr de lui. "Quand tu auras terminé ta pause, tu peux venir me voir par rapport à ta future mission pour qu'on en parle?" J'eus un "han" intérieur, mais j'acquiescais faussement naturellement. Une fois qu'il est reparti, bien sûr, je me suis mis à piétiner sur place devant Marjo en m'exclamant, telle une groupie de boy's band: "Il m'a appelé par mon prénom, il m'a appelé par mon prénom!" Marjo a soupiré, puis réplique: "Ben c'est comme ça que tu t'appelles, non?" Quelle rabat-joie, cette Marjo.

    Je rentre donc de ma pause, et Nick était en train de parler avec Nath, ma responsable. Je m'approche, et il était en train de dire: "Je sais qu'Axel doit intégrer ma mission que le 29 janvier, mais je veux le prendre demain." Alors Nath, avec beaucoup de tact, balance gaiement: "Mmh, tu veux le PRENDRE demain? Mais quelle impatience, quelle fougue! C'est Axel qui va être content!" Là, Nick m'a regardé, a regardé Nath, m'a regardé à nouveau, a essayé de sortir quelque chose, mais s'est mis à balbutier de gêne, puis a réussi à lâcher "Demain!" avant de repartir. Nath et moi avons explosé de rire.

    Seulement, psychologiquement, je n'étais pas préparé à ça. Je me disais que j'avais encore toute la semaine pour savourer ces derniers moments, que j'avais le temps de me préparer tranquillement pour ma future mission, mais non. Tout va trop vite. Choupinou passe devant Nath et moi, et elle lui sort: "Hé, Jeremy, tu sais que ton Choupinet te rejoint dès demain matin?" Et là, Choupinou a eu un de ces putain de sourires, vous savez, un sourire franc, émerveillé, comme un gamin qui reçoit le cadeau qu'il attend depuis des mois. Ca m'a fait chaud au coeur. Mais ça n'empêche que je ne me sens pas prêt. En même temps, tel que je me connais, je ne serai jamais prêt, et vaut mieux que je me lance tout de suite dans ce nouveau truc. J'ai exprimé mes doutes à Nath, et elle m'a regardé comme si j'étais un extra-terrestre. "Mais Axel, tu ne te rends pas compte de ton potentiel, de tes compétences?? Mais tu vas tout exploser! Pourquoi ils ont tellement insisté pour que tu sois sur cette nouvelle mission, d'après toi?" Choupinou a dit exactement la même chose, et a déjà préparé mon futur bureau, juste en face du sien, avec son sourire indécrochable.

    Nath m'a dit surtout de ne pas forcer dans le boulot cet aprèm, d'y aller cool, de bien profiter. Chose que j'ai faite. Je me suis accordé une bonne heure pour m'occuper du dossier d'un grand VIP pour que tout soit nickel et qu'il puisse bénéficier du meilleur en mon absence. Heureusement que je bossais encore cet aprèm, sinon je n'aurais pas pu m'en occuper! J'en ai profité pour me repasser le film de toute mon aventure sur cette mission. J'ai juste une déception: j'ai été là le premier jour, j'aurais voulu aussi être là samedi pour le dernier jour. Samedi, pour le coup, je ne bosse pas, mais je serai quand même là. A 17h30, heure de débauche, ben j'avais pour dix kilos de papier sur les bras. Dix kilos de procédures, de dossiers clients, d'informations accumulées... Et j'errais là, avec tout ça sur les bras, l'âme en peine, fixant la poubelle avec la larme à l'oeil, l'impression de me débarrasser d'une année entière. Honnêtement? Je n'y arrivais pas. Je piétinais sur place. Nath m'a vu dans cet état, n'a rien dit, m'a arraché mes dix kilos de paperasse d'un coup sec et a tout balancé dans la poubelle. "Non, tu as jeté ma vie à la poubelle!" que je me suis écrié, drama-queen comme à mon habitude. "Non, pas ta vie, Axel. Tu n'as plus besoin de tout ça. Tu montes maintenant, ne cherche pas à rester en bas." Et elle m'a pris dans ses bras.

    C'est la fin d'une ère. C'est le début d'une nouvelle. J'ai déjà prouvé par le passé que, tel le phénix, je renaissais toujours plus fort de mes cendres, que j'étais capable de relever tous les défis. Et dès demain matin, un nouveau défi s'offre à moi, et je compte bien me donner à 200%, pour être le meilleur, que Choupinou soit fier de moi, que mon nouveau responsable soit fier de moi, que mes anciens responsables le soient aussi, et que tous n'ont pas eu tort de miser sur moi. Hé! Je suis Axel, quand même!!!!

    ******

    Inner City - Testament 93 [208 INN TES 1]

    Bon ben déjà, c'est le seul et unique CD que je connaisse dont la pochette est faite en vrai papier kraft recyclable. Et je ne le répéterai jamais assez, mais Inner City, c'est MON groupe préféré. Chacune de leurs chansons me fait monter à 2000 comme si j'avais gobé trois taz'. Et là, on a droit à un best of remix pour la fin de leur contrat avec Virgin. Bon, on ne tiendra pas compte des noms erronés de remixes pour deux titres, et on saluera unanimement le soulful Pennies From Heaven, le somptueux Till We Meet Again, le planant Praise, le trippy Hallelujah, et le clubby remix '93 de Good Life par CJ MacKintosh, dont les sonorités ont mal vieilli, certes, mais c'était le style club anglais à la mode à l'époque, et Good Life pendant 12 minutes, ben c'est que du bonheur!!!

    January 20

    Un petit plan qui ne s'est pas passé comme prévu...

    Vendredi, 20 heures. J'ai fait venir chez moi ce jeune garçon. Il doit avoir à peine 22 ans. Encore un rencontré sur internet. Mignon, de taille moyenne. Il était pas super bavard sur son clavier, mais bon, je suis célibataire, si je ne provoque pas un peu les rencontres, rien ne risque d'arriver tout seul. Bon ben c'était pas gagné, hein. Aussi peu bavard en réel, à un point que j'en étais à faire la discussion tout seul, j'avais l'impression d'être animateur chez Auchan, il ne me manquait plus que le micro. J'en venais presque à espérer un plan cul rapide et silencieux, histoire de me débarrasser de lui au plus vite, et pouvoir me coller devant la nouvelle série de M6, Bones. Il était assis sur mon clic-clac, et moi devant mon ordi, surfant sur les sites de rencontres, histoire de lui raconter lequel était le mieux, lequel était rempli de princesses... Il se contentait d'acquiescer, sans même lâcher un sourire. C'était un calvaire. Puis il s'est levé, est venu derrière moi et a collé son bas-ventre contre mon dos, pour me dire silencieusement ce qu'il voulait. C'était presque un soulagement pour moi. Une bonne pipe, une giclée, et basta, on oublie tout ça. Il se montrait assez sauvage, comme si, finalement, je n'étais qu'un objet sexuel, et je ne comprenais pas trop pourquoi il voulait que je porte ce chapeau pointu de sorcière qu'il avait vu dans mon couloir, chapeau que Pascal, un ami et ex-collègue du Traxx, m'avait offert pour fêter les Catherinettes lors de mon 25ème anniversaire. Mais j'ai mis ce chapeau. Je voulais juste que ce mec jouisse et s'en aille. A un moment, il m'a enfoncé le chapeau, ce qui fait que je ne voyais plus rien. C'était pas super top. Mais en relevant le chapeau, pris d'effroi, je me suis plaqué instinctivement contre ma porte-fenêtre.

    Il y avait deux mecs installés sur mon clic-clac, qui nous regardaient avec un sourire amusé. Le jeune remballait son gros bâton, toujours aussi silencieux. "Mais qu'est-ce que vous faites là?" L'un des deux mecs, la trentaine passée, me dit avec un sourire que son pseudo sur Rezog était Yannolo, et il me présentait Fred, son petit ami. Ils étaient des potes du jeune, et m'avaient remarqué sur le net. Je me rappelais avoir échangé le mois dernier quelques mots avec ce Yannolo, mais c'était tout. Ce Yannolo, ben il avait envie de me rencontrer et de mieux me connaître, alors il avait profité que j'ai un plan avec le jeune pour mieux m'observer. "Euh, ouais" que j'ai réussi à sortir malgré moi. Je me disais que bon, j'allais leur offrir un café et les mettre ensuite gentiment à la porte pour pouvoir me mâter tranquillement Bones, en espérant ne plus jamais les revoir ensuite. Ce Yannolo, il me faisait frissonner d'effroi, mais en même temps, il avait un côté sexuel assez hypnotisant. La façon dont il me parlait, dont il me souriait, tellement sûr de lui, j'avais l'impression qu'il essayait de me posséder. Et une partie de moi, juste une partie mais une partie quand même, trouvait ça excitant et me donnait envie d'être considéré, par lui aussi, comme un objet sexuel.

    Là, deux filles ont débarqué chez moi, une rousse et une blonde, comme si elles connaissaient déjà les lieux, deux amies du trio bien entendu. Elles se sont présentées, m'ont tapé la bise, et elles semblaient très sympa. Mais ça commençait à faire trop de monde chez moi. Résigné, je tentais d'enjamber tout ce petit monde assis en tailleur par terre pour accéder à mon magnétoscope et programmer l'enregistrement de Bones, et je leur mentis en disant que j'avais rendez-vous avec des amis à 21h30, et que j'étais désolé, mais qu'on allait devoir partir. Ils n'ont pas été contrariants. Mais arrivés dans le hall, Yannolo a dit qu'il avait oublié quelque chose dans mon salon, je lui ai dit que okay, il n'avait qu'à aller le chercher, et la blonde l'a accompagné. Je suis donc resté dans le hall à discuter avec les autres, surtout avec la rousse, très sympa, mais c'est mon côté sociable qui veut que, très rapidement, je peux très bien m'entendre avec quelqu'un en un quart d'heure. Mais là, ça faisait déjà cinq minutes que Yannolo et la blonde étaient retournés chez moi. J'ai donc décidé d'y retourner pour aller les chercher, et que je me débarrasse de toute cette histoire au plus vite. La rousse m'a proposé de venir avec moi.

    C'était bizarre, j'ai voulu allumer la lumière de mon couloir, mais rien. Je me suis dit que, putain, l'ampoule avait grillé, et depuis le temps que je ne l'avais pas remplacée, ça ne m'étonnait pas plus que ça, surtout que je repérais une lumière tamisée au niveau de mon salon. J'ai dit à la rousse de faire comme elle pouvait pour traverser le couloir et aller chercher Yannolo et la blonde, pendant que j'allais dans la salle de bain. En fait, c'est con, je voulais me mettre un peu de parfum. Mais il n'y avait pas de courant non plus dans la salle de bains, et j'étais dans le noir. Il y avait un truc qui n'allait pas, et ça ne me plaisait pas du tout. Et là, j'ai entendu la rousse pousser un petit cri.

    Mon couloir, je le connais par coeur, je n'ai pas besoin de lumière pour le traverser. Et pourtant, j'ai marché doucement, presque comme si je ne voulais pas qu'on sache que j'arrivais. Je pouvais apercevoir une petite lumière bleu tamisée, je ne savais même pas comment il était possible que j'ai ce genre de lampe chez moi. Et je commençais à avoir peur, je dois l'avouer. Je m'avançais très doucement, très prudemment. Dans quelques instants, j'allais apercevoir mon salon. Et là, mon pied a buté contre quelque chose. C'était le corps de la rousse, avec une grosse tâche sanglante au niveau de sa chemise. J'ai levé la tête, et là, la blonde était pendue près de mon ordinateur. Et Yannolo se tenait debout, en plein milieu de la pièce, le corps et le visage recouverts de gouttes de sang, tenant un poignard en l'air, riant comme un possédé, son regard ne se détachant pas un seul instant de moi.

    Je me suis réveillé en hurlant. Un hurlement de deux secondes, mais qui m'a semblé bien plus long. J'étais là, complètement paralysé par la peur dans mon lit, incapable de bouger. J'étais là, à fixer dans le noir mon plafond, et quelque chose a frappé le bas de mon lit, comme quelqu'un qui pose sa main sur le matelas pour se relever. J'ai hurlé à nouveau. C'était juste le coussin, apparemment. Personne au pied de mon lit. Il était 2h23 sur mon magnétoscope. J'ai bien dû mettre deux minutes pour me faufiler hors de mon lit pour me diriger silencieusement vers mon ordinateur, où je savais qu'il y avait une paire de longs ciseaux Fiskar qui traînait. Cramponnant bien mon arme de dépannage, j'ai lentement mais sûrement inspecté tout mon appartement, la cuisine, le couloir, la salle de bain, tremblant de frayeur, m'attendant presque à trouver quelqu'un. Personne.

    Je suis retourné dans mon lit, encore tout tremblant. Et je n'ai pas arrêté de repasser dans ma tête tout mon cauchemar, pour essayer d'y comprendre quelque chose. Et, étrangement, sans aucune explication de relation de cause à effet, j'en suis venu à la déduction que je devais me méfier de quelqu'un. Oh, mes amis les plus proches savent que, depuis plusieurs jours, il y a quelqu'un dont je dois me méfier, ils m'ont assez exprimé leur inquiétude. Mais là, c'est différent. J'ai le sentiment que je dois faire attention à quelqu'un d'autre. Quelqu'un que je connais, j'en suis sûr. Pas quelqu'un de très très proche, mais quelqu'un que je connais un peu, et que j'ai rencontré sûrement il y a peu. Ne me demandez pas qui, je l'ignore. Brrrr, putain, c'était super flippant, ce cauchemar, je m'en suis pas encore remis malgré les quatre cafés de ce matin.

    ******

    The Doobie Brothers - Long Train Runnin' (Locomotive Remixes '93) [207 DOO LON 1]

    Cette chanson, je l'avais longuement cherchée. A chaque été où il y avait un bal au Mourillon, à chaque soirée étudiante où j'allais, cette chanson revenait inévitablement. Et là, la version originale ressortait, agrémentée de remixes. Cette chanson, à l'époque, je la chérissais, et je m'étais même grave engueulé avec mon frère, parce qu'il m'avait emprunté le CD une fois, et l'avait laissé dans son sac de plage, sans aucune protection, avec plein de sable dans la pochette, complètement irrespectueux. Bon, cette chanson, c'est bon, aujourd'hui, elle m'a un peu saoûlé, mais je ne la dénigre pas pour autant, elle reste un souvenir. Et je préfère ne même pas penser à la reprise épouvantable faite par les Bananarama la même année. Quand est-ce que quelqu'un dira à ces radasses qu'elles chantent grave faux?

    January 18

    Ah, ça n's'invente pas!

    Hier après-midi, peu avant l'attentat à l'oeuf, j'étais tranquillement installé au bureau du responsable avec Nath, j'étais en train de faire mon contrôle d'incohérences dossiers quotidien quand Christina est venue vers moi d'un pas décidé. "Dis-moi, Axel, j'aurais besoin de quelqu'un pour me dépanner deux jours pour une mission, et j'ai pensé à toi. Est-ce que ça t'intéresse?" Moi, très digne quand je m'adresse à la hiérarchie: "Bah euh, ça dépend, c'est quoi?" "Pendant deux jours, réception d'appels pour des prises de commande." Mon sourcil gauche se relevant, je confirme: "Uniquement des prises de commande?" "Oui." "Pas de réclamations, pas d'appels conflictuels, que des prises de commande?" "Oui." "Tope-là, fifille!" Enfin, euh, j'ai pas dit fifille à ma chargée de prod', hein, faut pas abuser non plus.

    Donc, cette mission de deux jours est un grand bol d'air frais pour moi. Après un an passé à traiter des brailleurs vulgaires pour une société pourratche, quel bonheur. Je ne peux pas donner le nom de la mission, mais pour indice, c'est une grande ligne de magasins qui vendent des fringues et des gadgets nécessaires pour tout HOMME qui souhaite s'intégrer dans la société MODERNE... (C'est bon, z'avez capté?). C'est assez drôle, il y a beaucoup de petits vieux adorables et bavards qui appellent, et je me suis surpris à sourire (attention les rides!) à plusieurs reprises durant cette journée. Un produit qui fait un tabac en ce moment (j'en ai vendu 18 aujourd'hui!!), c'est le Viril'Patch! "Qu'est-ce que le Viril'Patch?" vous demandez-vous en choeur. Ben c'est révolutionnaire, c'est comme un patch de nicotine, à part que c'est un patch qui diffuse plein de trucs aphrodisiaques dans votre corps, style ginseng, etc... J'ai lu le mode d'emploi: "Collez-vous ce patch dans le bas du dos 30 minutes avant l'effort, et vos performances seront décuplées!" Avant l'effort, mdrrrrrrr! Et donc, 60 patchs pour moins de 30 euros! Ca fait un tabac chez les papys, qui n'hésitent pas à me demander si ça marche vraiment. "Huit heures d'affilée, j'vous jure!" que je leur répondais mdrrrr!

    Donc, toute une journée dans la joie et la bonne humeur, ému à un moment par une mamie qui était toute contente de se commander sa robe de cocktail spécial élysées, et tout et tout... Jusqu'à un certain appel que je vous retranscris... Pour souci de secret professionnel, j'ai bien sûr modifié l'identité et les coordonnées de cette charmante mamie...

    - Axel, bonjour! (avec une intonation style youpi-c'est-la-fête)

    - Alloooooooooooooooooooo?

    - Oui, bonjour Madame!

    - Alloooooooooooooooooooo?

    - Oui, allo, Madame, vous m'entendez?

    - Alloooooooooooooooooooo? Je vous entends mal, Mademoiselle!

    - (Grinçant des dents) Nan, c'est un Monsieur!

    - Que dites-vous, Mademoiselle?

    - (Me résignant) Vous m'entendez mieux comme ça?

    - Un peu mieeeeux...

    - J'ai le micro près de la bouche, je ne peux pas faire mieux!

    - Que dites-vooooous?

    - (Un brin agacé) Là, j'ai le micro dans la bouche, Madame!

    - Je veux passer une commaaaaaande...

    - Quel est votre numéro de cliente, Madame?

    - Josette Aliiiiiix!

    - Bien, Madame Alix! Mais quel est votre numéro de cliente?

    - 14, rue des Heeeeeeerbes!

    - Oui, d'accord, mais votre numéro de cliente, Madame?

    - Aliiiiiiiiix! Josette Aliiiiix!

    - (Tout bas) J'abandonne... (Plus haut) Je vais essayer de retrouver votre dossier, Madame... Quel est votre code postal?

    - Quoooooi? Ah non, je ne sais paaaaas, c'est quoi, ce code?

    - (Prenant ma tête entre mes mains et la secouant d'un air dépité) Bon, épelez-moi votre nom, Madame!

    - Aliiiiiiiiix!

    - Oui, j'ai bien compris, Madame, que vous vous appeliez Alix! Mais épelez-moi votre nom, s'il-vous-plait!

    - 14, rue des Heeeeeerbes!

    - (Quatre minutes plus tard, j'arrive enfin à retrouver son dossier) Qu'est-ce que vous voulez commander, Madame?

    - Quooooooi? Parlez plus fort, Mademoiselle, je n'entends pas!

    - (Haussant le ton, faisant sursauter tous mes collègues) Vous voulez commander quoi, Madame???

    - Ah! Une oreillette amplificateur de son!

    - (Explosion de fou rire incontrôlable pendant plus de cinq minutes, impossible de m'arrêter, avec Josette qui n'arrêtait pas de lâcher en fond sonore plein de "allooooooooooo")

    Ca n's'invente pas!

    ******

    2 Unlimited - No Limits! (L'album)

    Ah, le retour de notre duo préféré! Deuxième album, avec plein de chansons qu'on peut jouer avec juste trois touches de piano! Bon, on passe rapidement sur l'insupportable No Limit, mais, on doit le reconnaître, il y a plein de chansons "cool" sur cet album: Tribal Dance, Mysterious, Faces, Let The Beat Control Your Body... Bon, beaucoup de remplissage aussi, il faut le reconnaître. Mais ne jouez pas les snobs, si, à une soirée, quelqu'un balance Tribal Dance, vous allez tous brailler par coeur les paroles, réussissant à chanter encore plus faux qu'Anita!

    January 17

    Attentat

    Certains ici aiment à me qualifier (à tort, sans mauvaise foi aucune) de drama-queen. Genre je fais tout un drame d'un rien. C'est faux. Quand je râle ou que je dis que quelque chose est grave, c'est que j'ai raison. Et j'ai toujours raison de temps en temps. Il est vrai qu'il y a beaucoup de personnes qui crient au-loup-au-loup alors que c'est juste un petit chaton tout inoffensif qui ronronne avec un grand sourire tout en se frottant contre votre jambe, et le jour où c'est vraiment un loup, ben il n'y a plus personne qui les croit. Moi, je ne fais pas partie de cette race de au-loup-au-loupeurs. Et aujourd'hui, il s'est passé quelque chose de grave. De très grave. De bien plus grave qu'une tong qui se retourne. J'ai failli mourir.

    Alors non, attendez, ne paniquez pas! Je le savais qu'au moment où vous liriez ça, vous paniqueriez. J'imagine aisément Oli se jeter sur son téléphone, la sueur perlant sur son front, pour m'appeler; j'imagine Nico lâcher un "tiens" désabusé, genre il se trouve dans un photomaton qui fait poumf (private joke); j'imagine Heaven écarquiller ses yeux, pensant ce qu'il pense qu'il pense ce que c'est, prêt à contacter mes parents, mais non, c'est pas ce qu'il pense ce que c'est; j'imagine Cam' déboutonner son pantalon pour se palucher, parce que c'est le seul moyen psychologique et physiologique qu'il trouve pour évacuer son stress... J'imagine tous ces lecteurs, silencieux ou non, en plein effroi. J'ai survécu, je vous rassure. Je ne suis pas mort. Mais laissez-moi vous expliquer ce qui s'est passé aujourd'hui.

    Déjà, je plante le décor: la terrasse du boulot. "On peut mourir en pleine pause café?" entends-je grogner Nico de loin... Mais chut, un peu, laisse-moi raconter, j'ai pas fini mon histoire-euh! Donc oui, pour ceux qui ne connaissent pas, je fais un portrait des lieux. Le long des quais de la Garonne, il y avait avant plusieurs hangars désaffectés, qu'on a ré-affectés pour le coup. Le hangar où je travaille, au rez-de-chaussé, il y a une grand magasin qui vend des CD, des DVD, des micro-ondes, des chaines hi-fi, des machines à laver, PS pour ne pas le citer. Sur tout le premier étage, il y a la filiale bordelaise de ma société, avec une terrasse qui fait toute la longueur du hangar, et qui nous sert de terrasse de pause, avec des fleurs, des tables hautes sans tabouret et des espèces de canapés tout durs méga-design en forme de Barbapapa sur lesquels on ne peut jamais s'asseoir car ils sont toujours trempés de la pluie de la veille. Et au deuxième étage, ben y a le toit, enfin un parking en plein air sur le toit, quoi. Voilà pour que vous puissiez planter sur le décor.

    Il était 17 heures précises. J'étais en pleine pause avec Rhariba, l'une de mes responsables pour les dix jours de mission qui restent, Choupinou et Marjorie. Choupinou était en train de me dire que pour demain, il me ferait la surprise de mettre un boxer-string (je ne sais pas du tout ce que c'est), et Marjo quémandait sans cesse pour mon briquet, presque à me tirer sur la manche de mon blouson, parce que sa clope roulée n'arrêtait pas de s'éteindre. Bref, une pause café habituelle. A part que là, on n'a rien vu venir. Là, c'est le drame.

    Un oeuf est venu s'écraser violemment sur le canapé-barbapapa. A deux pas de moi. On était quatre, les yeux rivés sur cet oeuf qui venait d'exploser, balançant du jaune et des fragments de coquille un peu de partout, tels des schrapnels de verre brisé. Bon, vous auriez été spectateurs de la scène, vous auriez été pliés de rire. Quatre, la bouche ouverte, incapables de sortir un mot, bloquant sur l'oeuf comme si on avait fumé six pèt' à la suite. C'est finalement moi qui ai repris mes esprits le plus vite, en arrivant à sortir une phrase très pertinente. "Mais... Mais... C'est un oeuf!" Oui, je sais, parfois, je bats des records de constructivité. "C'est quelqu'un qui l'a balancé d'en bas?" intervient Marjorie, fidèle à elle-même. Jeremy lève la tête, et lui fait remarquer que non, que c'est quelqu'un qui l'a balancé du toit. Je lève la tête, mais évidemment, personne. "C'est quelqu'un qui l'a fait tombé du toit?" continue Marjorie, se surpassant de naïveté. Ben bien sûr, Marjo! Tu te balades sur un toit avec des oeufs, c'est bien connu mdrrrr! "On a voulu me tuer" que je réplique à voix basse, toujours aussi narcissique. "C'est un oeuf" reconnait Rhariba, sortant de transe. Jeremy reconnait alors que le mec, il a dû balancer avec force l'oeuf pour qu'il s'écrase de cette manière. "C'était prémédité!" que je lâche enfin, plus perspicace que Hercule Poirot, rajoutant: "J'aurais pu mourir!!" "Mourir, peut-être pas, mais avoir très mal, ça oui" me rassura Rhariba. "On l'a fait exprès alors?" continua Marjorie, qui doit trop fumer, je pense.

    Il y a des caméras de surveillance sur le toit, donc on va lancer une recherche pour voir le visage de notre agresseur. Moi, j'ai envie de poser un congé maladie de dix jours pour stress post-traumatique et détresse émotionnelle. Oui, juste dix jours, je ne veux pas abuser, je prendrai sur moi pour revenir travailler. M'enfin, vous vous rendez compte! Ma clope m'en était tombé de mon bec quand l'oeuf s'est écrasé! Procès!!!

    ******

    Lee Marrow featuring Charme - Try Me Out [205 MAR TRY 1]

    Oui, ça fait partie de la bonne époque du HiFi Club de Toulon, je ne connaissais pas encore le Boy's... Try Me Out, ça se range dans la catégorie "dance super-sympa-rigolo", un peu consommation rapide, mais qui ne s'oublie pas, ce qui n'est pas le cas des morceaux dance actuels. A noter que ça a été repris à peine trois ans plus tard par la célèbre gourdasse prénommée Corona, et qui était produite par... Lee Marrow.

    January 16

    Happy birthday!

    Joyeux anniversaire! Et oui, ça y est, ça fait un an! "Ca fait un an que quoi?" doit grinchonner Oli, l'écume au bord des lèvres, entre deux parties de PSP. Celui qui balance "un an qu'il s'est pas fait taper le steak", je lui tonds les cheveux! Ben non, mais on est le 16 janvier, quoi! Et qu'est-ce qui s'est passé le 16 janvier 2006? Non, Kylie n'avait pas sorti de CD, non, Samantha Fox avait fait son coming-out bien plus tôt, non, ce n'était pas le comeback de Paula Abdul (qui ne l'a toujours pas fait, alors qu'on l'attend depuis 1997 maintenant)... M'enfin, le 16 janvier 2006, quoi! Ca fait un an jour pour jour que je suis dans mon entreprise! Un an, putain!

    C'est Choupinou qui m'a fait remarquer ça cet après-midi pendant la pause café-clope, pendant qu'on se gelait sur la terrasse. Le temps que je fasse mes petits calculs, j'en suis resté sans voix (oui, une première lol!)... Un an. Un an jour pour jour que j'ai commencé cette fameuse mission pour un certain cablo-opérateur dont on taira le nom qui a changé deux fois depuis lol! Je me suis revu un an en arrière, prenant le risque de tout lâcher pour me mettre en danger et partir loin de l'ancienne société où je bossais, si, si, rappelez-vous, l'usine à pédés, loin de mon sup' si craquant, loin de Terreur... Il y a un an jour pour jour, j'étais assis dans cette salle, l'air distant et un chouïa hautain, histoire de me protéger, avec une trentaine d'inconnus. Je n'aurais jamais cru à l'époque que je serais resté plus de six mois, j'avais tellement d'incertitudes quant à ma condition professionnelle.

    Un rapide tracé de cette année professionnelle? Bon, si on met de côté le perpétuel dilemme quantité/qualité (que j'ai quand même gagné), cette année de travail a surtout été riche humainement parlant, plein de belles rencontres. Blondinet, qui est aujourd'hui en Australie, Nath ma responsable, devenue une amie et qui m'a fait confiance dès le premier jour, Princesse Marilyn (Pierre m'aime plus que toi!!), Gaelle, Anne-So, Marjorie, Fred, Marie-Thérèse, et, bien sûr, le seul, l'unique, mon Choupinou. Il faut reconnaître une chose, on a traversé tellement de crises professionnelles ensemble, on a plus passé de temps ensemble qu'à l'extérieur, que, pour le coup, ben ça crée des liens, on est un peu comme une seconde petite famille aujourd'hui. Et puis, une année entière se soldant par un CDI, moi, je trouve ça plutôt positif.

    Et cet anniversaire marque un grand tournant, puisque je quitte ma mission actuelle, celle de ce fameux cablo-opérateur dont on taira le nom honteux. Ca y est, une aventure qui se termine bientôt. Une nouvelle aventure qui commence, pour une mission beaucoup plus "légère" et moins conflictuelle. Et Christina, la vénérée chargée de prod', nous a mis, Choupinou et moi, ensemble pour cette mission, à la base pour une durée initiale d'un mois. Choupinou était fou de joie qu'on soit ensemble. Je pense qu'il avait peur qu'on se retrouve lui et moi séparés. Mais je pense que Christina sait que, lui et moi, on est encore plus forts ensemble. Choupinou m'aime beaucoup, je le sais. Il était tout ému quand je lui ai offert un boxer noir à ceinture rouge pour fêter notre CDI mutuel.

    Mais... Enfin, pas mais, mais et... Et... Qui veut dire nouvelle mission entraîne pour le coup nouveau responsable. Et c'est là que ça devient intéressant, parce qu'on va reproduire pour le coup un schéma qui était déjà en place dans mon ancienne entreprise. Mon responsable est un gay. Charmant de surcroît. Bien coiffé, bien habillé, pas efféminé, et dont le charisme naturel lui procure un certain côté sexy. J'ai commencé une formation en huis clos avec lui et Choupinou hier, et je dois dire que, comment dire? Ben il est charmant, quoi. Bon, là, j'entends Oli, tapant du pied, et grognant: "Du sexe, du sexe, du sexe!", et Nico, plus posé, plus mature, qui répliquerait, de bon conseil: "S'il est charmant, fonce, l'amour ne sonne qu'une seule fois à ta porte, écoute ton coeur, une p'tite pipe dans les chiottes, et tu monteras en grade encore plus rapidement!" Mais bon, il y a un hic. Mon futur responsable est maqué. Avec un mec. Avec qui il est depuis longtemps. Et qui bosse dans la même entreprise. Et qui est plus haut gradé que nous. "Et alors? Ca gêne qui?" commenterait Cam' en se remettant en place une boule de travers l'air de rien. Ben, euh, il s'avère que j'ai encore des principes. Principes que j'ai un peu mis de côé à l'époque où je suis resté trois mois avec un mec marié, certes, mais je m'étais égaré à l'époque. Quoique. Ca serait pas mal pour 2007, un peu d'ambiance... Et si j'osais? Et si je foutais la merde? Et si, enfin, je laissais éclore la garce à l'intérieur de moi qui ne demanderait qu'à s'exprimer enfin? En fait, la question est là. Est-ce que je reste sage et raisonné, ou alors, est-ce que j'essaye de vivre enfin pleinement? Est-ce que j'en aurais les couilles? Han nan, je peux pas croire tout ce que je suis en train d'écrire mdrrrrr! Bon, pour l'instant, la garce au fond de moi, elle a pas encore émergé lol! On va voir dans le temps! Mais je suis content de pouvoir enfin un peu laisser vaquer mes fantasmes sur quelqu'un que j'aurai juste à portée de vue!

    Un merci à celui qui se reconnaîtra avec qui je peux parler de quelque chose dont je ne peux parler ici pour des raisons dont je ne peux pas parler non plus. Ca me fait du bien.

    Un an, putain!

    ******

    Inner City - Till We Meet Again (Brothers In Rhythm Mixes)

    Oui, vous allez en bouffer avec moi, du Inner City! Till We Meet Again est sorti en single pour la première fois en 1989, mais il a été ré-édité en 1993 pour accompagner la sortie du best of remix Testament 93, et il a été remixé pour le coup, majestueusement, par les Brothers In Rhythm, faisant de ce morceau quelque peu passe-partout un splendide hymne deep house soulful à souhait, avec les vocaux de Paris Grey et Byron Stingily. Du grand, très grand Inner City, bien plus grand que leur version de Whatcha Gonna Do With My Lovin'.

    January 14

    Sans commentaire

    Hier soir, coup de fil. L'ex m'a dit ce qu'il avait à dire et a raccroché sans même me laisser le temps de répondre. Genre, pour le coup, y avait aucune réponse à donner parce que c'était comme ça et pas autrement. "Je t'ai laissé assez de temps pour que tu vives ce que tu avais à vivre et que tu fasses tes propres erreurs, maintenant tout ça, c'est fini." Parfois, c'est tellement énorme qu'il n'y a aucun commentaire à apporter.

    ******

    The Shamen - Phorever People [203 SHA PHO 1]

    The Shamen étaient apparus plus ou moins au même moment que KLF, au moment où une certaine culture rave underground faisait son apparition en Angleterre, avec tout plein de petits bonbons qui vous donnaient un sourire bête et vous donnaient envie d'aimer tout le monde. A part que la techno-rave-pop était beaucoup plus acidulée (et plus commerciale pour le coup) que celle des KLF. The Shamen étaient apparus avec le single LSD, titre volontairement provocant à l'époque, mais dont les initiales signifient Love Sex Intelligence... Bouh, ça, c'est digne de Stock-Aitken-Waterman! Phorever People était un titre assez bien foutu et pensé pour toucher aussi bien le petit peuple mainstream que les fanas de rave de l'époque. Certes, ça a mal vieilli, mais well done, Mr. C!

    January 13

    "Youpi, on s'est retrouvés..."

    Putain, mais quel scandale. On est en pleine première semaine de soldes, et à la Fnac, ils proposent aucun CD et solde à moins de 5,34 euros. Ca m'a tellement foutu les nerfs de voir d'aussi fausses soldes que j'en aurais frappé un vendeur. Et bien sûr, absolument rien d'intéressant pour 5,34 euros, sauf si vous voulez un best of de Neil Diamond. Super énervé, je suis allé me rabattre sur un café à côté, à l'Odivin, le bar de mon pote Nico. Bon, bar vide à l'exception de Crevette qui fait partie des murs et qui fait des extras, et Gaetan, barman en extra aussi. Par contre, mon café, il a pas été compté en extra, arf. On a quand même parlé poliment de tout et de rien, c'était une petite heure sympa. A un moment, en pleine discussion sur les soldes, Gaetan m'a demandé si je ne voulais pas récupérer Crevette. Extra. Donc j'ai répondu que non, que je traversais une mauvaise passe, mais que j'étais pas désespéré à ce point, et j'ai demandé s'il n'avait rien d'autre en boutique, et là, il me fait un petit sourire et il me dit qu'il y a toujours lui aussi. Han, tiens. A vrai dire, ça pourrait être tentant. En plus, il me lance une perche. "Ouais mais non" que je lui ai répondu connement, me grillant pour le coup le seul coup que j'aurais pu avoir ce weekend. Je me serais volontiers cogné la tête contre le mur pour le coup, parce que bon, le Gaetan, je le connais pas des masses, mais bon, il est mimi. Ricou arrive pour me chercher, et en partant, j'ai quand même laissé ma main caresser l'espace de quelques secondes le dos du Gaetan, et je suis parti pour me confronter aux soldes de Virgin. Ah là, les CD en soldes étaient à cinq euros, c'est déjà mieux. Me suis acheté trois compil' de progressive anglaise et d'electro, et j'ai pu enfin trouvé mon double CD live de Kylie, qui était censé sortir que lundi. Yallah! Ca, au moins, ça va me consoler ce soir de mon coup foiré!

    Puis, bien sûr, comme chaque samedi, mes courses pour la semaine suivante. Evidemment, comme chaque samedi, une queue pas possible aux caisses avec plein de vieilles qui essaient de te gruger ta place en faisant style que leur vue baisse et qu'elles ont pas fait gaffe que t'étais déjà là avec ton panier. Y en a même une, encore plus taupe que les autres, qui m'a carrément foutu son pain de mie dans mon panier. 'tain, comme je te l'ai taclée, elle. Bref, la queue avance petitement, jusqu'à ce que j'aperçoive de loin la gueule de la caissière. Qui s'avérait être un caissier. Enfin bon, dans son cas, on peut quand même dire caissière.

    Ce mec, ça faisait des siècles que je l'avais pas vu. Pour pas mentir, ça faisait facile huit ans que je l'avais pas vu. En fait, on n'était même pas amis à l'époque. Nous étions, comment dire? Des compagnons de bar de nuit. Voilà, c'est ça. C'était style ben on se voyait dans le bar, on se disait bonjour et on passait la soirée ensemble. On avait rien à se dire, on avait rien en commun, mais on passait la soirée ensemble à boire. Il espérait bien me sauter à l'époque, pensant qu'à 22 ans, j'étais manipulable, mais bon, je lui avais dit à l'époque qu'il y avait trop de respect entre lui et moi pour qu'il y ait du sexe. Parfois, je sais pas où je vais chercher mes excuses. En plus, il s'était fait une réputation à l'époque de voler le portefeuille et les cartes bancaires de tous ceux qu'il fréquentait. Bref, pour le coup, avec le temps, j'avais pu l'oublier sans aucune difficulté.

    Et il était là, caissière toute pimpante à qui il ne manquait plus que des plumes au cul pour qu'on se croit dans une supérette de San Francisco. Au bout de vingt minutes d'attente, c'est enfin mon tour. "Hé, salut, comment ça va, toi!" qu'il me lance joyeusement, genre on se voit trois fois par semaine. "Mais ça va super nickel, et toi!" que je réplique avec un entrain et un enthousiasme caricaturaux en faisant battre mes bras en l'air, étouffant un soupir d'exaspération intérieur. Là, il se met à me raconter qu'il devrait pas être là, il est de congé, mais y a des absents, donc on l'a appelé d'urgence, il est dég', blablabla... Mais il te dit ça, genre ce qu'il vit, c'est super dramatique, encore plus dramatique que ce qui se passe en Orient. Nouveau soupir intérieur, dissimulé par l'intérêt hypocrite que je portais à ses paroles. "Je suis tellement content qu'après tout ce temps, on se soit retrouvés!" "Youpi" que je réplique, me demandant à cet instant si le mot "youpi" se dit toujours de nos jours. "On ne te voit plus la nuit, tu ne sors plus?" "Non, c'est bon, j'ai passé l'âge de sortir tous les weekends et de me pochtronner en attendant de peut-être me trouver un plan même pas potable, MOI." Là, ça a lancé un froid. J'ai rempli mes deux cabas, et je m'apprêtais à partir quand il m'a interpelé. "Hé, attends, j'ai quelque chose pour toi!" Et il me donne un ticket de caisse, en me disant: "Tiens, garde ça précieusement, ça te permettra d'avoir 50 points sur ta carte si tu achètes pour cinq euros de légumes!!" Genre, c'est un privilège qu'on ne fait qu'aux VIP. Alors moi, je balance un "Oh, merci beaucoup" faussement ému, assez sarcastiquement pour qu'il comprenne, mais non. "Je suis tellement content qu'on se soit retrouvés! On s'appelle pour un café, hein!!" Je n'ai jamais eu de ma vie son téléphone. Y a vraiment des caissières crétines dans ce bas-monde.

    Y a pas que des caissières qui sont crétines, remarquez. Un mec sur Rezog vient de me demander s'il pouvait passer chez moi ce soir pour me faire lécher les pieds. Ralala.

    ******

    Plus De Tubes Dance - Volume 6 [201 202 PLU TUB 6]

    Ah, ça devrait plaire à Heaven et Cam'! Bon, les compil' Plus De Tubes Dance, c'est comme la lignée des Tous En Boite, y en a quarante-treize volumes, et puis à part deux-trois titres, le reste, c'est du remplissage daubesque. Ce volume, bien entendu, n'échappe pas à la règle, mais il y a quand même de très bons morceaux dedans, donc aucun regret de l'avoir acheté. L'incroyable I Got You Run de House Traffic, le joyeux Got To Be Special de Marcia Johnson, le sublime remix single de Hey You de Double Dee, rendant la chanson presque touchante, l'indémodable Unique de Danube Dance, la longue série techno-rave avec What About You de Kingston Tee & Rico, Open Your Mind de USURA, Phantasia Forever de Praga Khan et Just Keep In Your Love de TFO, sans oublier le premier single de JK, You Make Me Feel Good, sur lequel je chantais tout le temps à tue-tête. Oui, c'était encore la bonne période de la dance.

    January 12

    Sale rêve...

    Bon, je dois l'avouer, heureusement que c'est le weekend, parce que j'en peux plus tellement je suis crevé. Surtout après cette pseudo-nuit blanche. Non, bande d'affamés, je n'ai pas passé la nuit avec un mec. Quoique, ça m'aurait fait passer le temps. Mais en fait, j'ai mal visé mon coup... 23h30, je comptais me faire un petit Donormyl en effervescent, histoire de mieux m'endormir plus rapidement, mais j'ai fait une grimace quand je l'ai bu, parce qu'il avait un sale goût d'orange. Peut pas être périmé, j'avais acheté le tube la semaine précédente... Et putain, c'est là que je me suis rendu compte que je m'étais planté de tube. J'ai pris un Guronsan à la place. Putain, qu'est-ce que j'étais fou de rage. Et plus j'étais fou de rage, plus, psychologiquement, je sentais que le Guronsan faisait effet. Bref, minuit quinze, j'avais les yeux grand ouverts. J'ai tout fait, hein, méthode de relaxation en m'imaginant allongé dans l'herbe à regarder le ciel bleu, puis ensuite me concentrer les yeux fermés sur le noir de mes paupières closes, rien... J'ai même suivi les conseils de Heaven pour libérer mes endorphines ou je sais pas quoi, mais pas mieux non plus. Bon, ben, pas le choix, hein, Ally McBeal saison deux. Et j'ai dû m'endormir vers cinq heures du matin, je crois... Et c'est là que j'ai fait ce sale rêve...

    Ca se passait en journée, je me trouvais dans une grande salle que je ne connaissais pas, il y aait un méga-buffet, et mes responsables Nath et Rhariba étaient là, plus quelques hautes têtes de ma société. Je ne sais pas ce qu'on fêtait, mais apparemment, on était fiers de ce qu'on fêtait. Et là, mon ex a débarqué. Il n'était pas invité, et j'étais assez surpris de le voir là. Il m'a pris dans ses bras, et m'a dit un truc à l'oreille, un truc style qu'on se remettait ensemble. J'étais super content et je le présentais fièrement à tout mon entourage. Il semblait super bien s'entendre avec Nath et dansait même avec elle, l'autorisant même à lui tapoter le derrière. Moi, j'étais adossé contre un mur, une coupe de champagne à hauteur de mes lèvres, et je regardais la scène en me disant, que ça y est, enfin, j'allais être heureux. Et puis, d'un coup, il partait sans même se retourner, me laissant à nouveau tout seul, reniant la promesse qu'il m'avait faite à peine quelques minutes plus tôt. Alors qu'il passait le tourniquet en verre (si, si, vous savez, ces tourniquets qui avancent jamais assez vite quand vous allez dans un grand centre commercial), je me suis mis à hurler comme un taré: "T'es qu'un connard!" Toutes les têtes se sont retournées vers moi, je venais visiblement de casser l'ambiance de la fête. Ils me regardaient tous comme si j'étais complètement fou. Mon ex a fait chemin arrière, et est venu vers moi avec une moue style "je ne comprends pas, qu'est-ce qui t'arrive, je ne suis qu'une pauvre victime dans tout ça"... Et là, je me suis mis à hurler encore plus comme un schizophrène à qui il ne manquait plus que la camisole de force. Je lui hurlais de sortir de ma vie pour de bon, de me laisser enfin vivre ma vie, de me libérer...

    C'est le réveil qui m'a sorti de ce sale trip. Enfin, le réveil de ma chaine hi-fi. J'avais oublié que j'avais mis le best of de Wham la veille... A volume 24, je me suis réveillé, pétrifié, avec "I wanna juke-box (claquement de doigt x2), I wanna juke-box (claquement de doigt x2)". Han, le réveil de psychopathe, je vous le recommande pas. J'étais là, allongé dans mon lit, encore en plein dans mon rêve, et je me disais, mais putain, est-ce que le passé va me lâcher la grappe? Est-ce que c'est moi qui veut pas m'en sortir? Je suis donc resté grognon et déprimé jusqu'à mon quatrième café, et là, je me suis dit une chose, digne d'un bon psy. Si j'ai rêvé que je me rebellais contre mon ex et que je lui balançais mes quatre vérités, c'est que, symboliquement, je me rebellais contre tous mes ex encore présents dans mon coeur, et dont je veux me débarrasser. Le fait de l'exprimer en rêve, c'est déjà faire un premier pas, passer une première étape dans ma quête de vivre enfin. Un bon psy me dirait que je suis en bonne voie. Oui, il me dirait sûrement ça.

    Deux coups de fil cette semaine. Le même modus operandi. Rien n'a changé en tant d'années. Enfin, si, quelque chose a changé. Moi. Mêmes les étoiles tombent un jour du ciel. Ca va être son tour s'il ne fait pas attention.

    ******

    Inner City - Hallelujah '92 [200 INN HAL 1]

    Youpi!!! Mon 200ème CD!!! Champagne!!! Je l'ai acheté lors de mon périple en Autriche avec le lycée. Je me rappelle encore arpenter ces magnifiques rues tellement propres, accompagné de Marc, superbe apollon magnifiquement sculpté d'1m95 d'un an mon cadet... De très beaux souvenirs, de mauvais aussi, ce périple de deux semaines, c'était aussi pendant l'attente de certains résultats médicaux qui m'effrayaient... Revenons à ce disque, boudiou! Une chanson très spirituelle, comme le laisse supposer le titre, presque une prière... "Peace in our time, truth for all to hear, open a warm hand, pray and have no fear". Pour cette ré-édition, le single a été remixé par Leftfield, et ça a été une bombe dans les clubs allemands. Si seulement vous aviez pu assister à la prestation live de cette chanson, vous ne vous en seriez pas remis. Une intro acapella gospel avec un accompagnement orgue derrière, jusqu'à ce qu'explose le rythme rave. J'en ai encore des frissons rien que d'y penser!

    January 08

    Petite visite au centre de dépôt d'urine...

    Le matin, c'est de plus en plus épouvantable de se lever, c'est incroyable. J'en regrette presque mes vieux horaires où je faisais 12h-21h. Bon, okay, c'est le Donormyl qui m'assomme. Mais sans Donormyl, nuit blanche assurée. Et le Guronsan, je vais porter plainte, parce que j'en prends deux et ça ne me fait absolument rien. Comme je disais à Marjo, ce qu'il me faudrait chaque matin, c'est un bon coup de bite, ça, au moins, ça réveille... (Oups, Nico vient de défaillir devant tant de vulgarité... Remets-toi, mon Nico!!) J'ai bien suivi les conseils adorablement mailés par Heaven, j'ai bien regardé au feu rouge, pas de flaque devant moi, donc pas d'éclaboussure. Choupinou était pas mieux, ce matin, remarquez. Quand il est fatigué et qu'il a pas avalé son premier café, ben il a les yeux tout bridés, on dirait un asiatique. Moi, on dirait une taupe. Bref, on s'est bien trouvés lui et moi. Là, on était en train d'ouvrir nos ordis ce matin quand Emmanuelle, la nouvelle RH (oui, y a un jour, j'ai dû oublié de consulter le tableau des offres d'emploi, ce poste m'a échappé), se dirige vers nous et nous lance: "Hé, les deux terreurs, vous n'avez pas oublié que vous avez visite médicale cet après-midi?" Là, je crois qu'il aurait fallu filmer la scène. On a relevé la tête tous les deux en fronçant les sourcils et en lâchant un "hein" peu réveillé. Ah ben oui, c'est vrai, j'ai rendez-vous pour 14h45, et lui pour 15h. Quand je vous dis qu'on est inséparables, lui et moi. Je réfléchis un instant, inquiet, mais non, j'ai un boxer propre (le H&M noir que m'a offert Yen il y a quatre ou cinq anniversaires), les chaussettes propres (mes belles noires que j'utilise quand j'ai un pantalon qui remonte quand je m'asseois), ouf, l'honneur est sauf.

    Choupinou et moi nous regardions, pas encore réveillés, essayant de comprendre ce qui se passait. "Visite médicale?" qu'il réplique enfin, reprenant conscience. "Ca veut dire qu'on va pas travailler cet aprèm?" "Han!" que j'ai lâché, comprenant aussi. "On est tranquilles pendant au moins deux heures!" "Han!" que je re-lâche encore avec mon plus beau sourire. "On sèche tout l'aprèm?" "Choupinou!!!" Bref, on décide de partir avec 45 minutes d'avance, parce que bon, on est à pied, et qu'on sait pas où c'est. Donc, Rabia, revenue pour de bon de Tunisie, commence à nous faire un plan avec son marqueur jaune fluo, mais bon, pas fûtée comme idée, donc elle nous a fait avec un vrai stylo un plan de fou où tu prends une ruelle sombre et désaffectée, puis tu tournes à gauche, puis encore à droite, tu passes devant un tabac, mais peut-être qu'il y a un Crédit Agricole, ou non, c'est une Caisse d'Epargne, mais là, tu tournes encore tout droit... Enfin, bref.

    A peine à l'extérieur, merci bien, c'était plus de la pluie, mais une véritable trombasse d'eau (oui, encore un nouveau mot, je sais), et bien évidemment, Choupinou n'avait pas de parapluie, et moi, j'ai laissé le mien chez moi à cause de sa couleur rose fuschia un peu trop too queeny for me. Allez-y, vous, pour lire un plan sous la pluie! Et Choupinou qui arrêtait pas d'essayer de me corrompre pour qu'on s'arrête prendre un café. Bon, et comme aucun de nous deux n'a le sens de l'orientation, on a mis 20 minutes pour arriver, alors qu'il nous en aurait fallu facile dix de moins. Et on est arrivés, mais alors trempés de chez trempés. Si, avec ça, on attrape pas une méga-crève et un arrêt de travail d'une semaine, je me fais actif!!

    Ben pour ceux qui n'ont jamais passé de visite médicale, ben c'est comme à la Caf, hein, tu t'inscris à l'entrée et tu vas rejoindre la vingtaine de personnes qui attendent déjà dans la salle d'attente. Que des thons, en plus. Et puis ceux qui ont le fantasme de se faire tripoter les boules par une jolie infirmière, ben ils peuvent repartir se tripoter derrière un buisson, parce que je soupçonne cette institution d'engager que des vieilles laides pour couper toute envie aux plus impudents. Quoique, y a un gros lourd qui a quand même dragué la vieille blondasse toute bouffie à l'accueil. "Jeremy, Axel, (bon, on nous a appelés par notre nom de famille, mais je vais pas tout balancer, je suis tenu par le secret professionnel!) suivez-moi, vous allez uriner dans des petits gobelets, puis vous replacerez les gobelets où vous les avez pris avec cette feuille que je vous remets." Bon, ben, si, dans l'assistance, quelqu'un ignorait pourquoi on était là, ben là, il était fixé, arf. Après les gémissements de plaisir de Choupinou de nous retrouver ensemble dans les mêmes toilettes, chacun s'est isolé pour faire ce qu'il avait à faire. Moi, évidemment, ma feuille s'envole dans la cuvette pendant que j'essaye de viser dans le gobelet, ce qui fait que j'ai un chouia ruiné les chiottes en tentant de récupérer ma feuille, et c'est une fois que, tout fier, je déposais mon gobelet au lieu-dit que j'ai vu cette petite affiche: "Peu importe la quantité d'urine, tant que vous ne déposez pas dans le gobelet le premier jet." Oups, j'ai ruiné les analyses. Choupinou est sorti peu après moi, et j'ai sorti, tout fier: "J'ai gagné, j'ai fini en premier!", style les concours qu'on faisait quand on était plus jeunes, celui qui se branlait et qui se faisait jouir le plus rapidement. Mais je crois que Choupinou a pris son temps aussi pour faire une grosse commission... Ben oui, tant qu'à faire, tant qu'il y est...

    Puis une fois passée cette première épreuve, on se rasseoit. Y avait un exemplaire de l'Express, mais un bâtard s'était barré avec toutes les pages intérieures, il ne nous restait plus que la couverture, et on s'est donc mis à lire la publicité sur toute une page de divers manoirs à vendre en France. Trop passionnant, et le temps d'attente, presque aussi long qu'à la Caf. "Jeremy, veuillez me suivre." "Hé, mais-euh" que j'ai lâché en tapant trois fois du pied sur place, "j'avais rendez-vous avant lui!" Oui, parfois, j'oublie que je n'ai plus six ans et que je ne suis plus censé être capricieux. Bon, on est vite venu me chercher ensuite, et on m'a emmené faire un test de visiométrie. Ben j'ai complètement loupé le test. Okay, j'ai une excuse, je suis astygmate d'un oeil et myope de l'autre, mais là, je portais mes lunettes. J'ai tout foiré. Même en compta, j'étais meilleur, et pourtant, j'étais nul. D'ailleurs, c'est bizarre pour un pédé d'être nul d'être nul en compta, tout est question d'actif et de passif. Enfin, bref, mon test de visiométrie, pas bon, quoi.

    Je retrouve Choupinou en salle d'attente. "J'ai eu mes résultats de pisse!! J'ai un PH de 6, je suis acide!" Cool. Il repart, et moi, j'attends, et là, un hétéro débarque, canon, style ouvrier de chantier avec la mâchoire bien carrée de méchant, style il déchire grave sa génitrice. Bon, je fais l'air de rien, je regarde mes pieds. On l'appelle, il va à son tour pisser ('tain, j'espère que les fanas de plan uro n'iront pas faire un casse là-bas), mais je me voyais mal l'attendre à la sortie des chiottes, ça aurait fait un peu glauque pour un premier abordage. Il revient s'asseoir, moi, j'avais reçu mes résultats. Alors, en passant à côté de lui, je lui ai fait un grand sourire et je lui ai dit: "J'ai un PH basique, j'ai 8,6!!" Je crois qu'il m'a pris pour un fou.

    Allez hop, suis reçu par la médecin, qui m'a fait passer un véritable interrogatoire. "Alors, comme ça, vous étiez au Traxx avant?" Han, mais comment elle sait? Elle m'y a déjà vu il y a quelques années alors qu'elle s'achetait des pinces à tétons? Ah ben non, à l'époque, j'avais déjà passé une visite médicale, et il fallait que je signe un papier pour qu'elle puisse récupérer mon dossier. Puis les éternelles questions, taille, poids, hospitalisations, maladies... "Vous fumez?" C'est marrant quand, à une visite médicale, ben on se sent tout gêné de répondre à cette question, style on va être super mal jugé, alors même qu'elle, elle puait à plein nez le tabac froid. "Oui" que je réponds en baissant la tête, me recroquevillant sur moi-même comme un petit garçon qui a cassé la baie vitrée du salon en shootant dans un ballon. Son haussement de sourcil n'a trompé personne. "Et que des cigarettes?" Alors moi, tout fier, retrouvant la pêche: "Ah oui, que des cigarettes!" Et puis un blanc. "Vous me demandez pas si je gobe des ecstas ou si je me sniffe des rails?" Elle m'a dit que la question ne se posait pas à mon sujet, et je me demande ce qu'elle a voulu dire par-là. Allez hop, enlevez vos chaussures et vos chaussettes, et allongez-vous sur le lit. Ouais, à part qu'avec la pluie, mes chaussettes devaient être tremp' et devaient dégager. J'espère qu'elle avait du Oust. Une tension de 14,7, stéthoscope sur mon coeur et de l'autre côté aussi, genre je suis un X-Man qui a deux coeurs, des espèces d'exercices genre abdos pour voir si j'ai mal en bas du dos (oui), et là, elle me dit que je devrais faire un peu plus de marche à pied. Et j'y vais comment au boulot, d'après toi, connasse? En limousine? Là, je lui dis que j'en fais suffisamment, mais que, promis, dès demain, je vais au boulot en sautant à cloche-pied sur tout le trajet. Elle a pas réagi à mon humour. Puis elle m'a demandé de me lever et de me tenir en équilibre sur mes pointes. Pas de souci, j'ai quand même dix ans de danse derrière moi, donc je t'ai fait un magnifique port de bras à la Marty Evans, et je suis encore étonné qu'elle ne m'ait pas mis "inapte" sur mon rapport médical.

    Je retourne en salle d'attente, une nana m'appelle, m'emmène en salle de visiométrie et me demande si je porte des lunettes. Je lui rappelle que j'ai déjà fait ce test il y a dix minutes. "Ah, ça m'arrange!" Mais-euh. Et hop, encore reparti en salle d'attente. Puis on est partis pour le test d'audiométrie. Alors ça, c'est un truc de psychopathe. On m'a enfermé dans une petite cabine insonorisée, mais super petite, la cabine. Là, je me suis mis un casque sur la tête, et il fallait que j'appuie sur un bouton rouge à chaque fois que j'entendais un bruit. Il faisait super chaud dedans. Alors, au départ, j'étais super attentif pour voir si j'entendais un bruit, espérant que je me remette pas à entendre d'autres voix dans ma tête comme c'était le cas il y a 13 ans. Alors, au départ, tu appuies sur le bouton. Et puis, au bout de cinq minutes, tu deviens complètement schizopathe (oui, un nouveau mot de plus), et tu entends des bruits non-stop là où il n'y en a pas, et tu te mets à appuyer frénétiquement sur le bouton rouge comme un fou, avec la transpiration perlant sur le front. J'exagère à peine. Tu veux rendre quelqu'un fou, tu lui fais passer ce test pendant une heure, et il est lobotomisé (non, ça, c'est un mot qui existe déjà).

    Encore un petit passage en salle d'attente, et on me dit que je suis normal et que je peux partir. Merde, chuis normal. Même pas un pied plat ou une ampoule, rien. En partant, y avait le beau gosse qui marchait devant nous, et Choupinou a encore essayé de me détourner de ma conscience professionnelle en me proposant d'aller boire un café dans un bar, parce qu'il était que 15h45. J'ai répondu que non, c'était mieux de passer chez moi se prendre un rail de coke, et qu'il se termine en faciale sur moi. Choupinou a répondu oui avec entrain, et le beau gosse s'est retourné, effrayé. Je crois qu'il me considère vraiment comme un fou. Pourquoi je fais toujours cet effet sur les mecs???

    ******

    Captain Hollywood Project - Love Is Not Sex [199 CAP LOV 1]

    Ah, je sais que Cameron attendait la chronique de cet album. Ben je dois reconnaître que l'album, sans être excellent, ni même révolutionnaire, est très sympa à l'écoute, en tout cas, c'est de l'art comparé à l'album suivant, une espèce de merde eurodance à 140 BPM indigne même d'un fan d'E-Type. En tout cas, passée la barbe du titre un brin moralisateur ("Love Is Not Sex"... Ouais, il aurait pu l'appeler plutôt "Love Is A Urban Legend"...), l'album est bien sympa, on y retrouve les singles More And More, Only With You (en version Video Mix, pratiquement la même que la version single, mais cool pour les fanas des versions rares), All I Want et la version originale de Impossible. D'autres titres sympas (oui, sympa est l'adjectif qui convient le mieux à tout cet album) comme It's Raining et Love 4 U Love 4 Me, des remixes en bonus, et surtout le Faze 2 Edit de Only With You, hypnotique et trippant à souhait. Bref, si vous cherchez un disque sympa...

    January 06

    Saison 4!

    Saison 4, premier épisode. Premier plan, mardi matin, 8h20, Axel qui sort de chez lui, emmitouflé dans son gros blouson de ski noir, l'air aussi réveillé qu'un cadavre qui aurait séjourné trois ans dans un cercueil. C'est pour vous dire. On dirait qu'il fait presque encore nuit, en plus, déjà qu'il y a eu un putain d'orage dans la nuit, là, ça va pas tarder à s'abattre à nouveau. C'est horrible, j'ai dû faire un effort surhumain pour me tirer du lit à 8h, et ça a été encore plus surhumain de réussir à me préparer en 15 minutes, me faisant tout beau pour Choupinou. Et les deux Guronsan faisaient pas encore leur effet. Fatigué, et en plus de mauvaise humeur. J'étais encore en train de ruminer sur le compte de ma grand-mère, à qui j'aurais volontiers filé une bonne beigne la veille au téléphone. J'avais appelé pour souhaiter la bonne année, encore tentant de me sortir de ma descente de champagne du nouvel an (que je n'ai toujours pas terminée encore aujourd'hui, soit dit en passant). "Kwaaaaaa?" qu'elle miaula au téléphone. "C'est déjààààà la nouvelle année? Je n'étais pas au courant, personne ne m'a averti, personne ne m'a appelée pour me prééééévenir." Allez, Cosette des Misérables, Acte III. "Ouais, c'est bon, Grand-Mère, Arthur l'a assez beuglé à la télé, et puis y a les journaux aussi, tu devrais le savoir qu'on est le premier janvier." "Noooooon, je ne sais pas, je vis recluse comme un ermite" Haaaaan, ça m'a tellement gonflé qu'elle se fasse passer pour une malheureuse délaissée de la société que je lui ai presque claqué le téléphone au nez. Bref, je ruminais encore ça en attendant que le piéton passe au vert pour traverser. Et là, évidemment, une voiture qui passe à fond la caisse, et, bien sûr, il fallait s'y attendre, il y avait une méga-flaque, la roue est passée dessus, et poumf, j'ai été, mais alors bien de chez bien, arrosé. Il était 8h21, je n'avais pas encore avalé mon premier café, et j'étais comme un con au feu avec ma clope au bec toute mouillée, l'air abruti. Putain, 2007, ça commence bien.

    J'arrive au boulot, avec à peine le temps de m'avaler un café, que déjà, je me retrouve à beugler dans tous les sens suite à une panne du logiciel. Ben oui, en l'absence de Nath, c'est moi qui gère les procédures. Après avoir beuglé, Christina, ma vénérée chargée de production, m'accueille dans son bureau pour me faire signer mon nouveau contrat, mon CDI, enfin. J'en suis fier. Dans cette entreprise, sur 400 employés, il n'y en a qu'une trentaine en CDI, tous niveaux hiérarchiques confondus, donc le fait que je sois inclus dans cette petite minorité, ben j'en suis super content. Une petite demi-heure de discussion sur l'état actuel de l'entreprise et de la société néo-capitaliste ancrée dans sa pensée judéo-chrétienne dans laquelle nous évoluons, aussi sur mon évolution professionnelle tout au long de l'année, de mon augmentation, etc, etc. Très content. Et bien sûr les voeux de bonne année toutes les 34 secondes à mes collègues.

    La semaine est passée relativement vite, et je ne me suis pas senti si débordé que ça, même si le réveil chaque matin était épouvantable. Je ne me suis pas non plu fait troncher en cette première semaine, pas eu le temps. Rien ne sert de hâter les événements. Même si je me suis sacrément fait mâter dans la rue à trois reprises. Et je ne suis pas érotomane, Marjorie, qui faisait le trajet avec moi, en a été témouine à chaque fois. Même à un moment, on était sur un trottoir étroit elle et moi, et un bogosse qui soutenait mon regard arrivait en face. "Pas cap que tu le branches, Ax!" Han nan, faut pas me lancer des paris comme ça! Je lui suis rentré en plein dedans, puis l'ai empêché de passer, faisant style que je me poussais maladroitement du même côté que lui. Puis je lui ai fait un grand sourire, et ai lâché un joyeux "oups, désolé!" "J'y crois pas, tu l'as fait!" riait Marjo. Ben oui, quoi, au passage, chuis Axel, c'est pas à moi de me pousser, c'est aux passants!

    La drague sur internet continue aussi. Un mec de 37 ans, qui aurait dû prendre le pseudo de Brutus vu sa gueule, m'a contacté sur Gayvox avec ce charmant message: "Viens chez moi, je veux que tu me limes ma bouche comme un trou de femelle" Tout choupinet tout plein! Alors, moi, je lui ai répondu: "Même pas tu me souhaites bonne année? Va te faire enculer!" Bon, j'ai pas dû me faire un ami, pour le coup. De même, en allumant mon MSN (chose très rare, je le souligne au passage), je vois un petit pop-up qui me dit que "X" m'a ajouté à ses contacts, et si je veux accepter ou refuser, blablabla. Alors, méfiant, avant d'accepter, je lui envoie un mail en lui demandant qui il est. "Personne" qu'il me répond. Ah ben si t'es personne, le dilemme est résolu! Ai refusé l'invitation! Y en a qui sont space quand même!!

    Bon sinon, c'est toujours au moment où on décide de prendre un nouveau cap que les vieux démons du passé re-surgissent, histoire de nous entraîner à nouveau dans ce tourbillon à sens inverse. J'ai comme l'impression que je vais avoir très prochainement une petite visite de quelqu'un dont j'étais resté sans nouvelles depuis plusieurs années. D'ailleurs, il a repris ses petites habitudes d'appels-mystère dont lui seul a le secret. Sachant qu'apparemment, c'est un fidèle lecteur de ce blog lui aussi, je vais joyeusement l'intimer à s'économiser le trajet, et à rester bien au chaud où il est, que ce soit la Suisse ou ailleurs. Ca sera une perte de temps.

    Bon, cette semaine s'est quand même avérée sans beaucoup de bouleversements, si on excepte le retour inattendu de cet ex. Moi, je veux que ça bouge!! Alors, je fais quoi, je sors en boite ce soir? Ou alors j'essaye de me faire prendre en otage? Je vais bien trouver quelque chose, crédiou!!

    ******

    Aftershock [198 AFT AFT 1]

    Mmmmh que j'aime beaucoup ce disque. Je l'avais acheté à l'époque où je faisais un stage de première pour une entreprise d'affichage publicitaire. Mais ce CD date de 1990, produit par The Family Stand, ceux qui se sont occupés du deuxième album de Paula Abdul. Si je devais un jour choisir de m'approprier une voix de chanteur, ça serait celle du chanteur de ce groupe. Complètement anonyme en France, Aftershock avait cartonné aux States avec le tube Always Thinking, dans le style swing-R'n'B early-nineties. A checker non-stop en repeat, en plus du lead-single, le funky Because et le larmoyant Going Through The Motions.

    January 04

    Fin de la Saison 3

    "Mais où qu'il est passé, Axou? Déjà le 4 janvier et pas encore de billet sur la nouvelle année?" Tsss, laissez-moi le temps de souffler! A vrai dire, entre la reprise de boulot, la fatigue et une panne de deux jours de net, ben euh, nan, pas eu le temps! Alors oui, bien sûr, je vous souhaite à tous une très très belle année 2007, et qu'elle soit le témoin de la concrétisation de tous vos désirs.

    Mon réveillon s'est passé très agréablement. Merci beaucoup à Laurent et Olivier, ils m'ont accueilli comme un roi, et la soirée était parfaite à tous points de vue. Bon, on ne reviendra pas sur la musique (Abba et la Farmer étaient de trop!), mais l'ambiance, la bouffe, et puis boudiou, ce champagne qui n'arrêtait pas de couler! Big et l'adorable Pascaline étaient de la partie, et aussi Ludivine, connue dans tout le milieu sous le pseudo de Lady Di, qui, cachottière qu'elle est, est une fervente lectrice de ce blog! Lady Di, la seule lesbienne capable de vomir dans un lit le soir où elle est invitée dans la famille de sa petite copine!! (Han, elle va me tuer!) D'ailleurs, désolée, ma Lul, je t'ai arraché quelques larmes à la fin de la soirée, mais tu sais ce que je pense! Et puis, je n'ai pas oublié ce que je t'ai promis, je ne pourrai pas me réfugier derrière l'excuse du champagne! Alors pourquoi, quand je suis rentré chez moi à huit heures du matin, malgré la superbe soirée, je me sentais, pas triste mais bizarre?

    C'est parce que je me rends compte qu'enfin, pour la première fois de ma vie, je me sens prêt à passer un cap important de ma vie, prêt à me sortir d'une prison dans laquelle je me complaisais presque à vivre. En fait, j'y réfléchissais depuis déjà quelques temps, mais ça a commencé à prendre forme après avoir revu Daniel à Noël. Et puis le fait d'accepter ce contrat qui s'offre à moi, ça me fait prendre conscience de certaines autres choses. C'est un peu con à dire comme ça, mais je crois que ça y est, je suis devenu adulte. Et il n'y a rien de mieux que cette étape pour clore la Saison 3 de "Axel - Le Blog".

    Rappelez-vous pour les plus anciens lecteurs. La Saison 1, c'était un peu la présentation avec le personnage principal, encore plus névrosé qu'une Ally McBeal sous champignons hallucinogènes, parlant tout seul ou manquant se tuer avec une tong tout en se lamentant pour un four micro-ondes qui avait rendu l'âme. La Saison 2 avait commencé avec mon entrée dans la société TPSO, véritable usine à homosexuels où je me tapais des bouffées de chaleur approximativement toutes les 18 secondes, et où j'y suis trois mois, et dont l'intensité dramatique a culminé avec la relation chaotique que j'ai vécue avec Terreur. Enfin, Terreur, maintenant, il s'appelle Grand Con. Au début de la Saison 3, c'était un Axel un peu détruit qui avait décidé de se foutre lui-même des coups de pied au cul plutôt que de se lamenter, et qui avait décidé de reprendre sa vie en main en prenant un grand risque, qui s'est avéré payant. Nouvelle entreprise, nouveau défi, nouveaux amis, c'était vraiment excitant. Je m'y suis fait de vrais amis qui font aujourd'hui partie intégrante de mon équilibre, avec bien sûr Choupinou, Princesse (râle pas, toi, je t'ai quand même mise en deuxième position!), Fred, Nath, Marie-Thérèse, Rhariba... C'est super important. Enfin, mes compétences professionnelles ont été reconnues. Et puis, point culminant de cette saison, ça a quand même été LA rencontre, celle qui a été un vrai coup de poing dans la gueule, et qui m'a enfin permis de prendre conscience de ma vraie valeur, physique et humaine. Je me rappelle aussi, tiens, l'engouement d'Oli pour cette troisième saison, qui, tel un téléspectateur vorace, réclamait encore plus de sexe, de conspirations, de drames, de prises d'otages... Bon, finalement, ça a été un peu plus calme, quand même lol!

    Mais ce qui a marqué aussi ces trois saisons, et que les plus fidèles d'entre vous ont constaté à maintes reprises, c'est mon attachement au passé. Tellement maladif que ça en était parfois pathétique. Et c'est cet attachement qui m'empêchait d'évoluer, de devenir adulte. Jusqu'à aujourd'hui. Jusqu'à ce que j'accepte enfin d'analyser ma vie, même s'il fallait que ce soit douloureux. Je me suis toujours réfugié dans mes souvenirs du passé, parce que, quelque part, ces souvenirs rassurent. Ces souvenirs me rappellent les belles choses que j'ai pu vivre, que ce soit ex-petits copains, ex-soirées de beuveries, ex-notoriété dans le milieu de la nuit. En fait, là où je me suis complètement planté, c'est ce que j'ai continué à évoluer dans le présent en prétendant être que j'étais toujours cet Axel du passé. J'ai continué de prétendre que ce passé était toujours présent. Et pour le coup, toute cette année encore, j'ai évolué dans une réalité qu'on peut dire pour le coup fictive. Plutôt que de vivre pleinement le présent, quitte à me prendre des baffes dans la gueule, j'ai avancé avec les images du passé et mes aventures virtuelles du net, pour, inconsciemment, me protéger de la réalité. Oui, c'est super pas top mature pour un mec qui a tous ses diplômes de psychologie. Mais je n'étais pas prêt. Et maintenant, bizarrement, je le suis.

    Non, cette année, il n'y aura pas une nouvelle liste de résolutions. La liste de l'année dernière fut la plus grande blague de l'année, je n'en ai pas tenu une seule lol! Mais cette année, c'est différent, pas de liste. Je ne sais même pas si je peux dire que c'est une résolution, mais c'est en tout cas un fait évident et établi aujourd'hui. Je ne vis plus dans le passé. Et quels en sont les conséquences? C'est que le passé ne va plus diriger mon présent, et pour le coup, ça vous laisse inaugurer un peu les chamboulements pour la Saison 4, qui arrive très très prochainement sur ce blog. Beaucoup de personnages du passé vont disparaître. Oh, pas pour un guest-starring come-back lors de quelques épisodes histoire de gonfler l'audimat, non. Des personnages qui hantent mon passé, d'autres qui hantent toujours mon présent... Mais là, c'est terminé. Attention, hein, je ne punis pas des "méchants". J'ai juste décidé de qui allait faire partie de mon présent. Il est temps que transformer certaines rues en impasses, et il est aussi temps que certaines routes se séparent. C'est comme ça, c'est indispensable pour que je puisse enfin mûrir et vivre. Il me reste une dernière étape à vivre avant de boucler complètement mon passé, et cet étape aura lieu obligatoirement dans le premier semestre. Une dernière visite à faire, une dernière tombe auprès de laquelle me recueillir afin de pouvoir enfin m'en sortir, afin de pouvoir enfin vivre ma vie. Ceux qui me connaissent et me lisent régulièrement auront compris.

    Je sens déjà certains qui frémissent, pour plusieurs raisons? "Est-ce que je vais faire partie de la Saison 4?" Vous le saurez bien assez tôt lol! D'ailleurs, je compte bien à ce qu'il y ait plein de nouveaux personnages, les rencontres vont fuser, et, attention, spoiler, toutes les rencontres vont être relatées dans leur moindre détail!!!! Et à la question: "Mais Axel sans ses réminiscences et ses fantasmes, qu'est-ce que ça va être???" Ben ça va être Axel dans la vie réelle, et bien ancré dans le présent, et j'ai bien l'intention que ce soit excitant à tous points de vue!!

    Une dernière petite dédicace: je compte bien sur 2007 pour accomplir certaines choses... Oli, le printemps arrive, on doit encore faire du shopping à Toulon! Nico, je compte bien te prendre dans mes bras cette année et te faire un gros poutou sur la joue en te lâchant un "tiens" désabusé dans l'oreille! Cameron, j'ai bien envie de me rendre compte par moi-même que tu n'es pas qu'un homme-tronc et que tu as aussi une tête! Et HeavenCan, on va se voir, mec!!

    Dernier plan du dernier épisode de la Saison 3: lundi 1er janvier, 8h46. Axel en train de regarder les étoiles dans la nuit sombre et pluvieuse. Et un sourire qui se dessine sur le coin des lèvres. Un sourire en forme de cliffhanger qui laisse augurer de la Saison 4. Axel est mort, vive Axel!

    ******

    2 Unlimited - No Limit [197 TWO NOL 1]

    Han, oui, je sais, fallait bien que 2 Unlimited débarque dans ces chroniques un jour où l'autre. Pas la peine d'écrire tout un roman sur l'agaçant No Limit, tout le monde connaît, que ce soit par la version originale ou par la fabuleuse reprise des Schtroumpfs!! Han, et dire qu'à l'époque, je pensais que ce titre était aussi emblématique et fédérateur que le Rhythm Is A Dancer de Snap!! Pauvre de moi mdrrr!