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November 27 My life is a drama...Oui, c'est ce qu'on pourrait dire à la lecture de mon blog. Que ma vie entière est une grande tragédie. Avec un début, un milieu, mais aucune fin. Chaque instant de ma vie est digne d'une série télé, ou en tout cas, je fais le nécessaire. Ca peut déranger certains qui vont se la jouer pseudo-intello-râleurs chiants mais je les emmerde, à vrai dire. C'est ma vie, c'est pour ça qu'elle compte pour moi. Je suis conscient qu'une ampoule au pied faite avec une tong est moins importante qu'un décès ou que la guerre du Viet-Nam, mais je suis un peu égoïste, mes problèmes, même une ampoule au pied, ben ça a son importance!! Et tant pis pour ceux que ça dérange! Je ne compte rien changer! Et comme a répondu Ally McBeal à la question: "pourquoi tes problèmes sont-ils plus importants que ceux des autres?", je réponds comme elle: "parce que ce sont les miens".
Alors, la liste des derniers drames de ma vie! Ou, en tout cas, de ce weekend mdr! - Prendre un café en terrasse avec un gros blouson, ben ça a beaucoup moins de charme, de confort et de plaisir qu'en T-shirt ou petite chemisette. Et le café refroidit beaucoup plus vite. Et les gens qui passent, ben comme ils ont froid, ils marchent plus vite, ils sont pressés de rentrer chez eux, et pour le coup, ils ne flânent plus. Y a plus personne qui me regarde, emmitouflé dans mon gros blouson noir. A me dégoûter de prendre un café en terrasse. - Réunion samedi soir avec d'anciens élèves de mon école de commerce. Heureusement, petit comité et amis proches (ou qui le furent). Donc bonnes retrouvailles, mais avec ressassement de tous nos meilleurs souvenirs. Ce qui me fait déprimer, parce que je n'ai pas assez profité de tout ce qui s'est passé à cette époque, les cours, les soirées, les diplômes passés à Los Angeles... J'ai revu plein de vieilles photos de l'époque qui m'ont laissé complètement nostalgique, époque où j'avais une silhouette d'anorexique, les cheveux mi-longs, parfois teints en rouge flash (oui, je sais!), et puis des fringues orange fluo de partout... Même si mes goûts vestimentaires ont bien évolué depuis (et gare à celui qui dira le contraire!), ben je me trouvais pas mal à cette époque, avec cette mâchoire si carrée. Mais bon, aujourd'hui, je ressemble plus à un mec qu'à un pin's parlant grandeur nature! - La nana de la compta au boulot s'est encore plantée, je me retrouve avec trois jours de congés payés en plus avant la fin de l'année mdr! Et je crois que tous mes collègues m'ont haï en me regardant débaucher à 16 heures aujourd'hui. J'ai bossé six heures, et pourtant, j'ai l'impression de n'avoir rien fait. Et ça va être comme ça jusqu'à la fin de l'année, périodes de (non-)travail entrecoupées de semaines de vacances. Finalement, je trouve que mon surmenage toute l'année est bien récompensé! Par contre, je vais me ruiner en terrasse de café maintenant que j'ai du temps libre. Ah ben non, j'ai dit que c'était nul, maintenant, les terrasses de café. Argh, je vais faire quoi si je n'ai plus mes terrasses de café? Je suis sûr que même le Christ sur sa croix n'a pas autant souffert que moi. - J'ai fait l'acquisition aujourd'hui de mon 2400ème CD. Certains doivent penser que je suis fou d'investir mon fric dans les CD. Ils ne comprendront jamais. J'aime bien quand on ne me comprend pas. Surtout depuis que j'ai décidé d'arrêter de me justifier. - Je "fréquente" un jeune homme depuis vendredi. Euh, oui, je sais, il n'y a que moi pour classer ça dans une série de drames mdrrrr! Disons que ça faisait longtemps que je ne m'étais pas endormi dans les bras d'un garçon. Ca fait beaucoup, beaucoup de bien. Il est bizarre, sympa, drôle, parfois touchant, rafraîchissant... Ca me fait du bien. Je ne dis pas que c'est un "petit copain", le fait de m'avancer me porte toujours malheur. Je ne sais pas non plus combien de temps ça peut durer. Ca peut durer un an, ça peut s'arrêter demain sans crier gare. C'est pas grave. Pour une fois, je ne me prends pas la tête, je profite des bons moments, des sourires et baisers échangés, des caresses, des petites attentions prodiguées... Ca fait du bien qu'on me témoigne un peu d'affection. Pour une fois, je n'analyse pas les choses, je les laisse se faire toutes seules sans planifier. Ca s'arrête demain? Tant pis. Ca continue demain? Tant mieux. - J'ai des courbatures de partout! Apparemment, j'étais rouillé! - J'ai un bouton sur le nez! Cauchemar! Comment sortir avec quelqu'un avec un bouton sur le nez? J'ai profité de ma soirée de répit câlinatoire pour foncer à la pharmacie pour m'acheter de l'ether et niquer ce bouton. Et là, quoi, qu'apprends-je? "Ah non, il faut une ordonnance pour l'ether, je ne peux pas vous en donner." Une ordonnance? Pour de l'ether? Depuis quand? "Mais vous comptez faire quoi avec de l'ether, Monsieur?" Ben me l'injecter dans les veines, connasse. Donc, j'ai dû me lancer dans un nouveau one-man-show devant les deux pharmaciennes, expliquant que je m'engageais dans une nouvelle relation, que je ne savais pas où ça allait me mener, mais que je devais mettre toutes les chances de mon côté, et qu'avec un bouton sur le nez, je n'allais pas aller bien loin et me remettre à rouiller, et que ce n'était pas mon stick anti-cernes qui allait camoufler longtemps le bouton. "Mais, Monsieur, l'ether ne camoufle pas les boutons." Mais je le sais, connasse, l'ether, c'est pour sécher les boutons! Enfin, bref, après 10 minutes de spectacle, l'une des deux pharmaciennes m'a filé la bouteille d'ether sans ordonnance. Bon, maintenant, moi qui suis incapable de changer une ampoule tout seul chez moi, ça ne m'étonnerait pas que je m'asphyxie tout seul avec l'ether! Ma vie est une grande tragédie, à ce que vous pouvez lire... J'espère que ça va continuer longtemps comme ça!! ****** Quatre Dance Remixes - Vol. 1 [185 QUA DAN 1] Ah ben voilà une série de compilation qui n'aura pas duré longtemps, style trois ou quatre volumes, c'est tout. En fait, c'est Airplay Records qui a lancé ça, des mini-compilations quatre-remixes au prix d'un maxi-CD (donc une cinquantaine de Francs à l'époque). Sur ce volume, le Das Boot de U 96, qui a sacrément mal vieilli, et qui reste toujours aussi insupportable à écouter avec ces espèces de bruits de radars de sous-marins, le Because The Night de Co-Ro, gonflant et irritant (surtout à cause des vocaux de pétasse de la chanteuse), le Burn In His Hands de P. Lion, déjà un peu plus "expérimental", et le remix eurodance de We All Need Love de Double You, avec une intro sympa. November 23 La guerre bactériologique est pour bientôt...Ce matin, j'ai encore reçu un colis de ma chère et adorée génitrice... Pour ceux qui l'ignorent, ma mère n'a pas encore compris qu'à mon âge, je suis capable de faire mes courses tout seul, et elle m'envoie chaque mois un colis de 30 kilos (je n'exagère pas en plus sur le poids!) rempli de bouffe, de merdes en tous genres que j'adore... Bon, le fait que je sois en froid avec le vigile de mon supermarché a pas dû la rassurer, et elle s'en est donnée à coeur joie en faisant le colis, comblant les moindres petits espaces vides.
Bon, le carton devait arriver hier matin, j'étais debout dès huit heures pour être sûr de pouvoir courir jusqu'à la porte avant que le facteur s'en aille. Oui, mon interphone fait juste sonnette, c'est un très vieil immeuble, et il y a trois portes à cinq cadenas chacune avant d'arriver dehors, alors je vous dis pas le temps que ça met pour sortir de chez moi! Remarquez, au moins, je risque pas de me faire cambrioler! Et un mec ne risque pas de s'éclipser pendant mon sommeil! Enfin bref, hier, je me suis levé à huit heures pour rien, parce que le facteur est pas passé. Et déjà qu'en vacances, il n'y a rien de plus rageant que de se lever aussi tôt, alors je vous dis pas deux matins de suite! Donc, ce matin, debout encore à huit heures, habillé, coiffé, et prêt à faire un scandale au facteur en lui demandant de me rembourser les frais de port parce que le colis était censé arriver en 48 heures. Je me suis entraîné devant mon miroir à faire le mec odieux, j'ai travaillé ma voix pour qu'elle porte bien, j'ai répété mon scenario... J'étais décidé à ne pas laisser partir le facteur avant qu'il m'ait remboursé les frais de port, qu'il se soit mis à pleurer, qu'il me fasse des excuses au nom du gouvernement français, et qu'ensuite il aille se jeter sous un train, complètement déprimé. Quoique, avec les grèves récurrentes à la SNCF, il était capable de louper sa tentative... Enfin, bon, c'était un Axel en force ce matin! Mais à 8h30, rien. 9h15, rien. 9h45, rien. J'étais complètement fou de rage! Je n'arrêtais pas de taper du pied au sol trois fois, et si j'avais eu un petit chat, je lui aurais tordu le cou. Je suis finalement descendu en bas vers 10h30, et là, le colis m'attendait tout sagement sur la grande table en bois verni de l'époque victorienne. Grrrr, sûrement mon proprio qui partait quand le facteur arrivait, et il a signé le colis à ma place. Super frustré, je suis remonté avec mon colis dans les bras. J'étais pourtant bien motivé pour achever le facteur, et continuer ma grande quête, qui est celle de me brouiller avec tout Bordeaux! J'ai déballé le colis. Déjà, y avait le plus important. Deux cartouches de clopes, avec un petit briquet rouge scotché à chacune d'elles. Super, elle m'entretient mon futur cancer, ma reum! Y a aussi des longues pâtes chinoises à faire en cinq minutes au micro-ondes, des tonnes de petits paquets de biscuits apéritif au bacon, au gouda et aux herbes de provences, et également des plats tout prêts à faire chauffer également au micro-ondes (poulet basquaise, saumon à l'aneth, poulet sauce aigre-douce...)... Oui, je sais. J'ai beaucoup, beaucoup de talents (certains se rappellent toujours des "spécial Axel"!), mais la cuisine, définitivement, non, c'est pas mon truc. Dans le colis, y avait également du Guronsan (quatre tubes, ça ira pour la semaine, je crois!) et quatre boites de Vivamyne (ben oui, je travaille, faut que j'ai la pêche!), et puis une boite de médocs anti-stress affectionnés par un ancien contact Msn qui m'a bloqué à cause d'un malentendu dont il savit très bien que c'était un malentendu en plus... Enfin, bref, c'est le passé, apparemment. Mais il y avait également un truc dans le colis, mais un truc bizarre... Des espèces de trucs rectangulaires en espèce de tissu bizarre... Une dizaine, avec des élastiques... Mais qu'est-ce que c'est? J'appelle ma Môman, pour la remercier du colis, que je suis super content, que non, promis, je vais pas fumer plus que d'habitude parce que j'ai des cartouches supplémentaires, blablabla... Et enfin, je lui demande ce que c'est que ce truc bizarre. "Ben des masques chirurgicaux!" Ah ben oui, tiens, suis-je bête!! C'est d'une telle banalité d'envoyer ça à son fils que pour le coup, je ne trouvais aucun intérêt à ma question. Mais bon, je lui pose la question que vous tous, vous vous posez, sans oser la poser: pourquoi, grands Dieux? "On ne sait jamais, si une guerre bactériologique explose sans crier gare." Vous auriez dû voir ma gueule au téléphone! Debout comme un grand con, le bas de jogging pendouillant à hauteur de mes hanches, un boxer mal mis qui dépassait, un T-shirt trop ample, et la bouche grand ouverte et les yeux écarquillés. "M'man? Tu te shootes à quoi en ce moment?" Sans rentrer dans les détails, elle m'a expliqué qu'elle se doutait de certaines choses que peu de gens se doutent... "C'est bon, M'man, on n'est pas dans 24 Heures Chrono, là, raconte!" Mais non, je n'en saurai pas plus. Il faut donc que je garde ces masques chez moi, et que j'en ai toujours un dans mon agenda, au cas où, ça exploserait en plein cours de journée. Alors je dis à ma mère qu'il est hors de question que je me ballade sur les quais en rentrant chez moi avec ça sur la bouche! Donc, elle me répond que non, grand bêta, que je le mettrai que quand ça fera boum! Imaginez ça, je suis au boulot, un grand boum, et par les baies vitrées, je vois un espèce de nuage orange qui tombe... Ouais, je prendrai un second masque pour Choupinou... Il a beau être hétéro, si on est les deux seuls survivants sur cette planète, à un moment ou un autre, il sera obligé de devenir homosexuel! Prenez vous aussi des masques chirurgicaux, on sait jamais!!! ****** Captain Hollywood Project - More And More (The Remixes) [184 CAP MOR 1] C'était franchement cool, ça. Le Captain Hollywood, rescapé du groupe dance Twenty 4 Seven, en plus d'être beau mec, avait sa propre compagnie de danse en Allemagne. Ses morceaux sortis entre 1992 et 1993 étaient excellents, et ensuite, ça a pris une sonorité un peu très dance allemande "ça-va-vite-et-ça-fait-du-bruit"... More And More, tout le monde s'en rappelle, et les remixes sont bons. Remember! November 22 Auto-grillage dans toute la ville!Ah, les vacances se passent tranquillement. Je me repose, je vaque à mes occupations, je sors, je bois des chocolats chauds tout en regardant les gens marcher dans la rue sous la pluie... Y a un côté triste, et pourtant, moi, j'aime bien ça, être seul à une table de café et regarder les gens.
Hier, j'ai affronté la pluie. J'avais des courses à faire, mais je voulais passer une petite heure tranquille. J'arrive dans un bar dont je tairai le nom. Dans la rue Sainte-Catherine, déjà, il y a toutes les guirlandes clignotantes de Noël, les éclairages spéciaux, les devantures de vitrine commencent à être ornées de neige synthétique et de pères Noël en carton rouge flash... La foire de Noël est également en train de s'établir sur les allées Tourny... Bon Dieu comme cette année a passé vite! Je me rappelle encore les résolutions que j'avais faites début janvier, et je n'en ai tenu pratiquement aucune, mais pas celle sur le sexe... Enfin bref, j'avais un sentiment assez mitigé sur cette déco précoce de toute la ville, mais j'arrivais au CC, avec les grandes baies vitrées qui laissaient entrevoir plein de lumière à l'intérieur, plein de monde, beaucoup de convivialité et de chaleur. Je m'avançais d'un pas résolu, espérant trouver déjà une place à l'intérieur, et surtout une place à côté d'un beau gosse qui saurait me faire un petit sourire en coin, se lever, me prendre par la main, m'emmener dans les toilettes, et oups, je crois que je m'égare un peu. Mais à peine j'allais entrer dans le bar que là, toutes les lumières s'éteignent, plus de musique, rien, et j'avais pas encore passé la porte. J'ai commencé à me demander si c'était moi qui avait fait sauter le courant, et l'espace d'un instant, j'ai vraiment cru que j'étais un X-Man et qu'enfin, mes pouvoirs apparaissaient au grand jour. En même temps, ils sont pas top, ces pouvoirs, je trouve, j'aurais préféré la bonne vieille télékinésie, ou pouvoir traverser les murs, ou alors être un métamorphe... Mais bon, je ne suis pas un mutant, et je n'étais pas responsable de ce black-out. Là, en plus du brouhaha des clients (y avait même un crétin qui chantait "joyeux anniversaire"), j'entends un mec, au ton un peu vulgaire et franchouillard, qui se met à engueuler quelqu'un d'autre. Bon ben tant pis, je vais me mettre en terrasse, en attendant qu'on daigne bien me servir un café. Le courant revient au bout de quatre minutes, et là, je comprends qu'il y avait un électricien et deux de ses apprentis. Ils essayaient d'installer le chauffage extérieur, mais l'un des apprentis (très mignon, mais absolument pas fûté vu son regard demeuré), avait mal raccordé des cables, et paf le courant. Vu que la musique n'a pas été remise tout de suite, tout le monde a pu assister au show de l'électricien qui engueule ses apprentis en disant qu'ils avaient fait un travail de merde, et il en a même fait pleurer un. Il continue son engueulade sur la terrasse, près de ma table, et le serveur, lui, arrive enfin pour prendre ma commande. Un café. "Euh, disons que, euh, on a eu des problèmes techniques, et la machine à café est trop froide, et il faudrait prendre autre chose..." Une noisette, alors. Là, il commence sa phrase et il se rend compte que je le taquine, et il sourit, un peu gêné. Ca sera donc un chocolat chaud. Ca m'a rappelé qu'avant, j'aimais bien commander des diabolo-kiwi ou des diabolo-banane, parce qu'aucun bar n'a jamais de sirop de kiwi ou de banane. Je suis un vrai joyeux luron, yip! Cependant, l'engueulade montait en puissance. Et vu que le boss avait la voix qui portait, ça commençait à m'agacer sérieusement. Surtout que lui comme les apprentis le faisaient devant moi, en bousculant toujours les chaises de ma table sans rien dire, sans aucune gêne ni attention à mon égard. Je crois qu'ils ne savaient pas qui je suis réellement. Je suis Axel. Le pouvoir absolu. Et ça y est, mon trip X-Men me reprend, arf. Le patron du bar engueule l'électricien, ce dernier se vengeant juste ensuite sur les deux apprentis, toujours dans un langage cru et vulgaire. Que l'apprenti ait fait un travail de merde, bon ben, c'est une chose. Mais de l'engueuler comme ça devant tout le monde en les traitant de gros nuls, ben ça se fait pas, un, par respect pour les gens autour, et deux, parce que c'est pas professionnel. Et plus le ton montait, plus ça m'agaçait. Alors, sans le vouloir, j'ai lâché un sévère "Bon, ça ira, oui?" Là, il s'est arrêté, m'a regardé et a commencé à dire qu'il aimait pas le travail de merde, blablabla, et moi, je lui ai répondu sur le même ton que ce n'était pas une raison pour beugler. "Quoi? Moi, je beugle?" Ben oui, que j'ai répondu en haussant les épaules. "Je travaille, moi, Monsieur! Et si j'ai envie de gueuler sur ces nuls, ben je leur gueule dessus, vous avez rien à dire!" Là, le patron du bar revient sur la terrasse en demandant ce qui se passe, et moi, je me lève en prenant mon sac, et en ajoutant que c'est trop bruyant ici, et que les gens seront certainement plus agréables sur une autre terrasse. Le patron m'a demandé de rester, mais je ne me suis même pas retourné et j'ai tracé sous la fine pluie, alors qu'il se mettait de nouveau à gueuler sur l'électricien. Au moins, l'électricien s'en est pris plein la mirette, mais pour le coup, ça fait déjà trois endroits en trois semaines où je suis grillé et où je ne peux pas retourner mdrrr! Bientôt, au train où je vais, je ne serai plus le bienvenu nulle part dans Bordeaux si je continue comme ça à m'accrocher mdrrrr! Sinon, bien sûr, à part me jeter avec la moitié de la ville, je profite bien de mes vacances. Cet aprèm, je le passe avec Choupinou, en terrasse de café s'il veut bien s'arrêter de pleuvoir. Qui sait, peut-être même que je l'emmènerai chez moi ensuite hi hi! Et aussi, travail de longue haleine, je suis en train de me fabriquer mon propre cadeau de Noël. Un coffret 10CD avec l'intégrale des chansons de Kylie, albums, singles, B-sides et inédits, deux centaines de morceaux en tout. Et le coffret, je me le fais aussi tout seul. Oui, certains soupirent déjà, mais je m'en fous, c'est mon cadeau de moi!! Peu importe le temps que j'y passe, tant que je me fais plaisir!! ****** Kim Wilde - Million Miles Away [183 WIL MIL 1] La chanson a un peu mal vieilli 15 ans plus tard, mais il faut reconnaître une chose à Kim Wilde. Si, en France, elle était une chanteuse relativement anecdotique, au Royaume-Uni et dans quelques pays d'Europe, elle marchait plutôt bien. Et si on écoute ses albums, on se rend compte qu'elle a bien incarné la pop-music: des chansons pop sans prétention, à la mélodie facilement retenable, et tout aussi jetables ensuite. Parce que c'est un peu ça, la pop-music, c'est ancré dans une période donnée, et une fois consommé, on passe à autre chose. Mais c'est pas grave, parce qu'on t'oublie pas, Kim! Ah, aussi, j'aime bien la B-side, The Light Of The Moon, bien plus pop et sympa que Million Miles Away! November 19 Un petit trésor...Ca y est, en vacances depuis hier 17 heures!
Je vous avais déjà dit précédemment qu'ayant trop travaillé cette année, je me retrouve avec plein de congés payés à prendre, plus une réduction drastique de mes heures de travail. Mais bon, dans le genre d'entreprise où je bosse, on peut pas poser à l'avance comme ça des vacances, ça dépend de l'activité, des flux, des départs, des changements... Bref, on ne peut savoir que trois semaines à l'avance quelles sont nos vacances. Moi, pour mes vacances de Noël, je les ai posées fin août. Bon, vous allez me dire que je m'y suis pris un peu tôt, mais finalement, non, parce qu'on avait beau me dire que je les aurais, ben moi, je voulais une date bien spécifique, afin que je puisse réserver mes billets d'avion bien à l'avance et pouvoir les payer moitié prix. Ca faisait un mois que je tannais toute la hiérarchie en disant que c'était important, et la seule réponse que j'avais, c'était "oui, oui, on y pense, faut attendre que les autres aient aussi donné leurs dates pour décider qui part quand, vous pouvez pas tous partir en même temps, faut pas des semaines complètes, faut des semaines complètes finalement, non, finalement, faut des entre-semaines, de toute façon, normalement, vous devez le savoir trois semaines à l'avance, blablabla..." Je m'en fous des autres, je suis Axel! Et je les ai posées en août, mes putain de vacances, ça devrait me filer l'avantage, non? Ca fait un mois que j'avais l'impression de passer pour l'emmerdeur de service qui ne savait que mendier à genoux pour une semaine de vacances, avec au bout d'un moment le je-m'en-foutisme de la période tant que j'avais les dates précises. Jeudi dernier, toujours rien, et c'était aujourd'hui le dernier délai pour réserver les billets. Malheur, vendredi, je bossais pas, lundi, ça serait trop tard. Vendredi matin, j'ai donc appelé Jeremy-Choupinou. Il décroche tout de suite. "Ben Choupinou, t'es en pause?" "Non, Choupinet, je suis en appel." "T'es en appel? Et tu décroches quand je t'appelle?" "J'ai mis la cliente en attente... Et si on me dit quelque chose, je m'en fous, je dirais que c'est Choupinet qui m'appelait!" Donc, je lui explique ma situation quant à mes billets d'avion. Là, il se fait gauler par Mama, une responsable, et il lui explique le problème urgent de Choupinet. Mama me prend au téléphone et me dit qu'il faut valider ça avec Christina, et que je dois l'appeler elle. Han. Christina. La chargée de prod'. Herr General. Terminator. Je vais devoir quémander à la Tueuse, bien plus puissante que Buffy et Dark Angel réunies, et bien plus impitoyable et intransigeante qu'un parrain de la mafia. Bon, j'exagère. Christina est une femme bien, mais pour elle, c'est le boulot qui passe avant tout. Je l'appelle donc, tout tremblant, tombant sur son répondeur et laissant un message bredouillant. Seulement, à la fin du message, je sais pas pourquoi, j'ai lâché d'un ton sec "Et je te remercie de bien me rappeler assez vite pour me valider mes dates!" Han! Mon Dieu, ça y est, je suis fini, je vais me faire tuer, je vais être viré, elle va m'attacher avec des chaînes et me brûler les tétons avec un tison chauffé à vif! Oui, là aussi, j'exagère un peu, mais la façon dont j'ai terminé mon message, c'est bon, je vais plus être dans ses petits papiers. J'ai patienté pendant une heure et demi, tendu. Et là, mon portable sonne. Un numéro bizarre en quatre chiffres avec une étoile et un dièse. C'est elle. Très joyeuse, de bonne humeur, elle me demande comment je vais. Elle interrompt un moment pour crier: "C'est bon, Jeremy, je suis avec Axel!" Uh? Qu'est-ce qui se passe là-bas? Donc, elle reprend l'appel, prend de mes nouvelles, me fait un rapide cours théorique d'amphi sur les vacances, les congés payés, les délais, blablabla, me rappelle que je suis un excellent élément de la société, et que j'ai eu l'intelligence de poser à l'avance les dates qu'elle aurait souhaité, et que je pouvais réserver mes billets d'avion sans souci car elle m'accordait mes dates de vacances. Je l'ai remerciée, rajoutant quand même une couche en disant que ma mère ne s'en serait pas remise si je n'avais pas passé Noël en famille, et là, je n'ai pas du tout exagéré en plus. Puis elle m'a demandé si je savais à quel point j'avais des amis fidèles et dévoués. Pourquoi, que je lui demande, ne voyant pas trop où elle voulait en venir. Elle m'a donc expliqué que Jeremy et Fred, un autre de mes collègues avec qui je m'entends super bien, ont lâché leur poste et sont venus jusqu'à elle pour la harceler et lui faire du forçing pour qu'elle me rappelle et m'accorde mes vacances. Elle les a déboutés une première fois, mais ils ont tenu tête et ont dit qu'ils ne retourneraient pas travailler tant qu'elle ne m'aurait pas rappelé. "Et tu les as pas virés?" que j'ai lâché, étonné, me l'imaginant en train de se transformer en Robocop pour les mitrailler. "Une équipe performante et soudée comme la vôtre, c'est rare. Ne changez rien." Et elle m'a souhaité une bonne journée d'une voix très souriante sans me laisser le temps de rajouter quoique ce soit. Je suis resté un certain moment con avec mon téléphone à la main, super touché par ce qu'avaient fait Jeremy et Fred. Ils se sont risqués à une sale confrontation parce que Christina est pas commode, mais ils l'ont fait pour moi. Ce sont de vrais hétéros à 100% et ils m'adorent inconditionnellement. Je me suis toujours demandé comment des mecs hétéros pouvaient m'apprécier autant, ça m'a toujours scié, mais c'est peut-être tout simplement parce qu'ils m'aiment moi, Axel, peu importe ma détermination sexuelle. D'ailleurs, si y a de jeunes homos qui lisent mon blog et qui n'ont pas fait leur coming-out auprès de leurs amis parce qu'ils ont peur de leur réaction, j'espère que ce billet les rassurera. Il y a 15 ou 20 ans, c'était encore différent, mais les mentalités ont quand même bien évolué aujourd'hui. Si vos amis vous apprécient aujourd'hui tel que vous êtes, je pense qu'ils continueront de même après le coming-out. En tout cas, je vous le souhaite. Et moi, je chéris le fait d'avoir des collègues de travail aussi adorables et dévoués que les miens. C'est rare, c'est un petit trésor et ça fait très, très chaud au coeur. Sinon, programme de mes vacances? Déjà, cet aprèm, chocolat chaud au Cajou Café et cinéma (Le Labyrinthe de Pan) avec Nerix et peut-être Nhippix. Et toute la semaine, ben je serai dehors. A prendre des cafés, à voir mes amis, à rencontrer d'autres personnes que j'aurais dû rencontrer depuis déjà longtemps. Je ne pars pas, je reste sur Bordeaux, mais je vais un peu en profiter de ma ville! Par contre, un petit souci de santé, je sais pas si c'est important ou pas. J'ai des douleurs à la mâchoire du côté gauche, généralement le soir avant de me coucher et le matin en me réveillant. Il y a deux nuits, la douleur était tellement forte que j'ai cru que j'allais avoir une paralysie faciale, comme une copine de collège qui, depuis toute petite, avait la bouche de travers, tellement de travers qu'elle avait la bouche à la place de la joue. Une collègue de travail me dit que c'est peut-être les médocs anti-stress que le doc m'a prescrits qui me font ça, ma mère pense que c'est une mauvaise position prise quand je dors (alors pourquoi j'ai mal avant de m'allonger?), mon père pense que c'est les dents... Et moi, je sais toujours pas. J'irai voir un médecin cette semaine. Ah, et pour ceux qui n'ont pas de vacances cette semaine... Ben dommage!!! ****** Brian May - Freddy's Dead (The Final Nightmare) [182 MAY FRE 1] Sixième (et censé être à l'époque le dernier) opus de la longue série des Freddy. Honnêtement, film super moyen, les scènes de cauchemars-meurtres sont super ridicules, et l'effet 3D de la fin du film file plus mal à la tête qu'autre chose. Au moins un point, c'est qu'on avance un peu plus dans la psychologie et les origines du personnage. Ah, et la bande originale, vous vous demandez? Ben vraiment pas de quoi trucider un ado qui fume de l'herbe, hein... November 17 La soirée gay la plus ratée de toute l'histoire de Bordeaux!Je vous avais promis que je vous raconterai cette soirée, dont on rigole beaucoup encore à Bordeaux quand on en parle entre nous!
C'était le mois de juin 1999. Le bar lesbien La Reine Carotte (quel dommage que ça ait fermé, quelle bonne époque) et le bar gay Le BHV avaient décidé de s'associer pour mettre en place une soirée, avec comme accroche "la première soirée gay ET lesbienne de Bordeaux". Bon, y avait eu 48000 soirées gay déjà avec plein de lesbiennes dans le lot, mais là, apparemment, c'était un message officiel. Bon, beaucoup de vent, je vous l'accorde. Etant très proche de Nath et Benga, les patronnes de la Reine, et un peu à l'époque des patrons du BHV, on m'a nommé responsable communication et organisation spectacle. Cette soirée devait donc être "géante": traiteur, champagne, animations (cracheurs de feu, démo fitness, strip-teaseuse, etc...), DJ, défilé de mode... C'est moi qui devait gérer de A à Z le défilé de mode: mannequins, fringues et musique. Tandis que Benga et les patrons du BHV faisaient le nécessaire pour obtenir une licence pour l'alcool, Nath et moi courions dans tous les sens, d'abord pour trouver des boutiques de fringues qui accepteraient de collaborer avec nous. Pour les mecs, on a trouvé E.S., qui faisait des fringues très pédés classe branchouille, style le T-shirt tout blanc à 800 Francs, et pour les filles, la boutique I.F., qui, il faut le reconnaître, faisait des fringues taillées pour des putes: moulants, paillettes, transparents... Bref, vous voyez le style. Le contact passe très bien avec les deux responsables, nickel, il ne manquait plus que les mannequins hommes et femmes. Avec Nath, nous avons donc écumé tous les bars et toutes les boites pendant tout un weekend pour repérer huit mecs et huit nanas. A vrai dire, c'était super sympa, ce casting sauvage, on a rencontré plein de monde, on a parlé, on a bu, et à la fin du weekend, après avoir bu un verre avec chaque personne qu'on accostait, ben on a fini pas très dignes! Une fois la sélection faite, grande réunion en terrasse du Dijeau pour donner la ligne directrice et montrer des photos des fringues. Pendant que les affiches de la soirée "Les Douches" commençaient à orner tous les murs et les devantures de vitrine de bars et de boites (avec mon nom sur l'affiche!), moi, je m'attelais à ce défilé. Je ne voulais pas un simple défilé, je voulais un véritable spectacle musique/ lumière/ danse/ mannequins. Au niveau musique, je voulais une évolution sur 45 minutes, comme si une histoire était racontée, et non pas un simple alignement de morceaux house. C'est dommage, j'ai perdu le tracklisting, mais il y avait pêle-mêle d'obscurs remixes de Deee-Lite, Inner City, The Family Stand, Kylie Minogue, Taylor Dayne, Towa Tei, Brothers In Rhythm, Club 69, Enigma... Un podium en forme de T renversé, des barres de gogo-dancers... J'avais fait le nécessaire pour que tout soit chronométré à la seconde près: entrée sur scène, chorégraphie, bloquages, coups de tête, tout... Et l'intro du défilé devait commencer sur deux mecs musclés qui portaient une baignoire blanche avec un magnifique black d'1m90 en petit slip dedans. J'étais vraiment super fier de ma "création". J-1. Tout le monde était paniqué, on ne serait jamais prêts à temps, on courait dans tous les sens, on n'avait toujours pas la licence, il manquait les lumières, pas assez de stock d'alcool... Mais cette urgence, c'était super-excitant. Et Nath et moi, on savait qu'on allait passer une nuit blanche, parce qu'il allait falloir écumer toute la nuit tout le milieu gay avec deux-trois mannequins (dont le fameux Stéphane) pour faire la promo de la soirée. Et boire encore! Jour J! Nuit blanche, comme c'était prévu! Je vous laisse imaginer ma tête! Mais Nath était pas mal non plus. Je devais passer le début de journée à courir chercher les fringues, mais j'ai fait un arrêt coiffeur, et je me suis offert un massage capillaire à base de menthe fraîche et d'eucalyptus, ça a été un pied pas possible qui m'a refilé une pêche d'enfer. Rendez-vous ensuite au Cellier des Chartrons, le lieu où se tenait la soirée. Pendant que tous s'attelaient à la déco, moi, je faisais les répétitions avec les mannequins qui, évidemment, étaient tous en retard. Monte, le stress, monte! La baignoire était déjà là, le champagne aussi, c'était le plus important lol! Mon téléphone ne cessait de sonner, que des homos et des lesbiennes qui demandaient des renseignements sur la soirée, si c'était possible de venir avec des mineurs, quelle allait être le style de musique, le prix de l'entrée (gratuit en plus)... J'étais magnifique dans mon costume deux-pièces d'ailleurs. L'ambiance était apocalyptique, et je me shootais à mon cocktail préféré, café-champagne. 23 heures, ouverture des portes. Ah, l'entrée pouvait être gratuite! Enormément de monde, mais le traiteur a fait fort: prix unique pour les sandwiches, 50 Francs! Et les boissons pareil! Soft comme alcool, 60 Francs le verre! Ah, la soirée pouvait s'appeler "Les Douches" parce que les clients se sont pris une sacrée douche en voyant les prix! Et on commence à me dire que je dois payer mes coupes? Après un petit scandale, j'ai eu mes coupes offertes! Les mannequins devaient payer leurs verres, mais la majorité d'entre eux s'étaient déjà bien bourrés la gueule avant, et ils sont arrivés assez ivres. Et je devais finalement inclure au dernier moment la strip-teaseuse en clotûre de mon défilé. DJ STL distillait déjà une techno bien frappante, mais les clients auraient préféré de la dance, c'était trop violent pour eux. Moi, j'aimais bien, et DJ STL avait approuvé mes choix musicaux. Moi, je courais dans tous les sens, mon portable greffé à l'oreille, j'ai même pas pu passer deux minutes avec Yen. Le défilé commence! A part qu'une nana bourrée s'est assise sur la baignoire et lui a cassé un pied. Putain, ça commence bien. Pendant que Karl, un des mannequins, me vole un baiser avec la langue pour lui porter bonne chance, une autre nana se pète la tronche dès son entrée sur scène. Deux autres nanas mannequins bourrées, sans pitié, pour se changer plus vite, déchiraient carrément leurs fringues (on a dû faire marcher l'assurance pour ça d'ailleurs). Une autre nana mannequin a commencé à danser en s'enroulant autour de la barre de gogo-dancer, mais comme elle avait bu, elle a perdu l'équilibre, et est tombée du podium pour se viander sur les clients, mais comme elle avait trop pris la honte, elle a simulé l'évanouissement et est restée au sol. Moment jouissif du défilé, quand a retenti le morceau de Kylie que j'avais choisi, le Brothers In Rhythm Dub de Too Far: tous les clients sautaient en l'air en hurlant tellement c'était bon! J'en avais des frissons! Juste avant de rentrer sur scène, la strip-teaseuse me dit qu'il y a un problème: elle vient d'avoir ses règles. Comme si j'étais pas assez stressé! Elle commence à aller sur scène, commence à enlever le haut, et là, une espèce de femme-monstre de 140 kilos poilue bien faite (dans le sens bien bourrée) monte sur scène en beuglant et commence à se frotter. Z'auriez dû voir ma gueule et celle de Nath! J'ai traversé le rideau, fou de rage, ai attrapé l'intruse violemment en lui balançant un "vire de là, grosse vache", et je l'ai jetée dans la fosse, puis suis retourné, aussi vert de rage, derrière le rideau, où Karl m'a revolé un baiser avec la langue pour me calmer. La strip-teaseuse a continué, comme si de rien n'était, avec le cordon de son tampon qui pendouillait, et puis là, ça a commencé à devenir trop crade, elle a commencé à se doigter devant tout le monde, avec ses règles. Oui, je sais, vous êtes tous en train de grimacer! Alors là, Nath et moi, on s'est regardés, et incroyable, on s'est dits en même temps: "Coupe la lumière, coupe la musique". Et c'est ce qu'on a fait. Un blackout de 30 secondes, le temps de virer l'autre qui niquait le podium avec ses traînées de sang, et on a lancé le Together Again de Janet pour le dernier passage des mannequins, et, évidemment, j'ai dû défiler moi aussi, bien soulagé que ce cauchemar soit fini. Une heure avait passé. J'avais eu le temps de souffler, de me fumer quelques clopes et de boire deux coupes pour décompresser. M'étant frayé un passage dans la foule, je descendais les marches, et là, il y avait tous mes mannequins mâles qui étaient réunis, et qui m'ont accueilli avec de longs applaudissements en clamant mon prénom. Ca m'a fait super plaisir, vraiment. Puis Karl m'a pris sur ses genoux (c'est marrant, on aurait dit qu'il avait trois genoux), et on a tous trinqué en riant de tout ce qui s'était passé. De l'autre côté, ça ne s'arrangeait pas. DJ STL distillait toujours une techno de super qualité qui me faisait tripper, mais ce n'était pas assez commercial. Le patron du BHV est allé la voir et lui a demandé de passer quelque chose de plus accessible. Elle a pété un plomb, et a balancé que s'il n'appréciait pas la musique qu'elle passait, ben elle se barrait. ET elle l'a fait! Laissant sa cage de DJ vide, sans musique! Ben vous le croirez ou non, on a fini la soirée en repassant deux fois le double CD "Faisez La Fête Avec Corti"!! Mdrrrrrrrr! La soirée catastrophe! La soirée touchait à sa fin, et les clients partaient petit à petit. J'étais épuisé. Et j'avais commencé une idylle avec Fabrice, un autre de mes mannequins (avec qui je suis resté un mois). Les deux patrons du BHV et Benga étaient en train de faire les comptes de la soirée, tandis que Nath et moi, on était assis à côté, lessivés, et échangeant nos impressions de la soirée, riant de tout ce qui s'était mal passé. Nous étions tous les cinq à attendre que les comptes soient terminés, pour savoir quels bénéfices on allait se partager. Et là... Bénéfice total de la soirée... Roulement de tambour... 50 Francs! A se partager en cinq! 10 Francs par tête! Mdrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr! Tandis que les trois autres se décomposaient, Nath et moi, on s'est regardés, et devant le ridicule de la situation, on a explosé de rire pendant au moins cinq minutes. Et on est partis se coucher, enfin! Cette soirée, ben je la garde dans mon coeur, parce que pour le coup, elle était géniale. Et quand Nath et moi, on se recroise, cette soirée revient inévitablement à chaque fois dans la discussion. Et on s'est promis que si, un jour, on refait une soirée ensemble, ben on tentera de faire une soirée encore plus ratée que celle-là! ****** Madonna - Erotica [181 MAD ERO 1] Ah, une Long Box! La seule Long Box de ma collection d'ailleurs! Il faut savoir qu'à l'époque, tous les CDs qui sortaient en Angleterre sortaient en Long Box. Je vous l'accorde, pas pratique pour le rangement, mais pour les collectionneurs, c'est un must. Surtout que je l'avais eu à Euromarché pour 39 Francs! Bon, je ne suis pas un super fan de Madonna, il faut bien l'avouer, et cet album a eu de très mauvaises critiques, et elle l'avait un peu cherché aussi, à nous balancer un CD de cul, un film de cul et un bouquin de cul. Elle a voulu trop en faire, et, effectivement, ça a fait trop. Mais cet album, je prends sa défense, parce qu'il a vraiment été mésestimé. Hormis Deeper And Deeper, Thief Of Hearts et Waiting, mes préférés, il contient aussi d'autres morceaux bien accrocheurs comme Words, Bad Girl... Bon, In This Life, qui se voulait une chanson hommage pour ceux qui étaient morts du Sida, ben elle s'est un peu plantée, c'est chanté faux, y a aucune émotion dedans... Mais cet album, produit en majorité par Pettibone, ben c'est un bon album. November 16 Axel très méchantLe billet d'hier m'a fait pensé à quelque chose d'encore plus pô bien et d'encore plus mal que j'ai fait il y a quelques années. Oh, avec le recul, je n'en suis pas fier, mais bon, faut assumer, et je fais ici devant tout le monde le coming out de ma méchanceté. Ah, qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour un mec, vous allez voir!
J'avais 20 ans, c'était ma première année sur Bordeaux. La Factory venait d'ouvrir place des Grands Hommes, c'était LE club par excellence. Une putain de boite sur trois étages, on n'avait pas ce genre de truc à Toulon à l'époque (peut-être le Voice, mais à plus faible échelle). Donc chaque samedi soir, pour moi, c'était la même routine: je regardais les trois épisodes à la file de X-Files sur M6, puis je me préparais soigneusement pendant près d'une heure, cheveux, fringues flashy, et à une heure pile, j'étais devant la boite. Parfois, Asma me rejoignait, mais rarement. J'étais souvent seul, mais c'était pas grave, je dansais toute la nuit, je ne buvais même pas d'alcool à l'époque. Parfois je me faisais draguer gentiment, parfois je rentrais avec quelqu'un, parfois je finissais ma nuit au troisième étage à embrasser un garçon sur l'un des canapés... C'était un peu l'époque de l'insouciance, l'époque où le milieu gay bordelais était encore sympa. Ce soir-là, la boite était bondée, comme à son habitude. J'étais tout fier de mon T-shirt orange flash avec les manches courtes noires, et un espèce de sigle noir en forme d'araignée sur mon torse. On ne voyait que moi. Et moi, je ne voyais que ce mec au comptoir qui parlait avec une nana. Le mec devait avoir 26 ou 27 ans, la mâchoire carrée, la coupe de cheveux impeccable comme si chaque mèche avait son propre styliste, habillé super classe. Je ne pouvais pas retirer mon regard de lui, j'étais hypnotisé, je savais que je ne pouvais pas faire autrement que de repartir avec lui. Et puis j'ai vu débarquer une espèce de pintade. Oh, je l'avais déjà aperçue auparavant, cette pintade, maigrichonne comme un pin's parlant, une tête de demeuré, incapable de danser en rythme sur les chorégraphies de Mylène qu'il connaissait par coeur et qu'il reproduisait sur n'importe quelle chanson... Bref, le genre de pintade à qui on a envie de filer des baffes. Et ce bâtard portait le même T-shirt que moi!! Il avait osé! Et vous ne pouvez pas savoir la honte que c'est que, en boite, deux mecs aient le même T-shirt! Et le pire, c'est que, inconsciemment, c'était obligé que tout le monde m'associe à lui, et que, pour le coup, je passe pour une pintade. J'étais vert de rage. Et encore plus vert quand je me suis rendu compte que lui aussi mâtait comme un dingue le bel apollon au comptoir. C'en était trop! J'étais là, au troisième étage, à mâter le bel apollon, et je ruminais ma rage. La pintade ne ressemblait à rien, mais, mais, et si elle me piquait le mec? Si elle était plus entreprenante que moi et qu'elle repartait avec lui? Je ne m'en serais jamais remis, sérieux. Et là, en haut des marches, je me fais bousculer par quelqu'un qui voulait passer pour descendre. Je tourne la tête, parce que même pas un mot d'excuse, hein, et qui c'était qui m'a bousculé? La pintade! Et là, à vrai dire, je ne sais pas ce qui s'est passé, je n'ai même pas eu le temps de réfléchir, tout s'est accumulé d'un seul coup: le même T-shirt que moi, il voulait me piquer "mon" mec... Je l'ai même pas voulu intentionnellement, ça a été un réflexe, je sais pas, mais... C'était comme dans un rêve, comme si je regardais la scène de loin, et que tout se passait lentement, si lentement... J'ai vu mon pied se tendre devant son pied à lui pendant qu'il s'apprêtait à descendre la première marche, je l'ai vu perdre l'équilibre en tendant ses bras en avant, poussant un petit couinement (j'ai même entendu dans ma tête le couinement au ralenti, et ça faisait un drôle d'effet, comme si on passait un 45 tours en 33 tours), et toujours aussi lentement, j'ai vu des têtes se tourner vers lui tandis qu'il plongeait la tête la première avec ce couinement qui continuait, continuait... Et puis là, on est revenus en vitesse normale, et il a dévalé toutes les marches pour se viander au pied de l'escalier. Ca a duré moins de six secondes. Et moi, j'étais là, en haut, à regarder ça, complètement ahuri, en train de me répéter inconsciemment: "C'est moi qui ai fait ça, c'est moi qui ai fait ça!" Personne ne m'avait vu, mais moi, je savais. Et la pintade pleurnichait en bas, le coude en sang, en se tenant le genou... Des vigiles l'ont ramassé rapidement pour l'emmener vers l'entrée. Vous allez me dire: "Ben voilà, t'as enfin le bel apollon pour toi!" Tu parles! Alors que les vigiles ramassaient la pintade, le mec, lui, allègrement, ben il galochait la nana avec qui il était au comptoir, bien dégueulassement avec la langue qui part dans tous les sens! Putain, tout ça pour un hétéro! Euh, pour ceux qui s'inquiètent, la pintade n'a rien eu de grave, et ressemble toujours à une pintade 10 ans plus tard! ****** Madonna - Deeper And Deeper [180 MAD DEE 1] Autant je n'avais pas accroché sur Erotica (qui est la chanson préférée de Big), autant j'avais adoré Deeper And Deeper. Et j'avais sauté sur l'occasion que la Fnac avait fait une bourde sur le CD-single, le facturant au prix d'un 2-titres parce qu'il était en pochette carton, alors que c'était un maxi 6 remixes. La chanson, ben tout le monde la connait, c'est du grand Shep Pettibone, bien disco-dance et accrocheur comme il faut. Mais ça aurait été pas mal que les remixeurs soient un peu plus aventureux dans leur post-production, parce que bon, on a l'impression d'avoir une extended version décliné quatre fois de suite. November 15 Axel pas gentilOui, bon, je l'avoue, hier, dès le réveil, j'étais de super mauvaise humeur. Un sale cauchemar où un mec me courait après en pleine campagne pour me planter un poignard, ça a pas aidé. Moi qui avait prévu de me lever à 9 heures, je me suis réveillé à 11h15 alors que j'embauchais à midi. Même pas eu le temps de prendre mes trois cafés qui me rendent sociable. La gueule enflée, les yeux cernés, mal rasé, incapable de faire quoique ce soit avec mes cheveux, fallait pas me dire bonjour. Et en deux heures et demi, j'ai récupéré les cinq pires dossiers clients de toute ma vie, et on m'a entendu jurer en permanence sur tout le plateau.
A 14h30, j'avais pas envie de me coltiner mes collègues de boulot, donc j'ai décidé de m'exiler en terrasse de café en bas de mon boulot. D'ailleurs, super, la terrasse de café, complètement vide avec un froid pas possible. Oui, okay, on est à la mi-novembre, et puis je l'avais, ma tranquillité. A part qu'il y avait encore ce satané CD de salsa qui passait, et qui saute toujours à la même chanson. Ca saute, ça revient au début de la chanson, ça re-saute, c'est un cercle infernal, et évidemment, le serveur s'en rend toujours compte qu'au bout du 32ème passage. Ca m'a irrité encore plus. Là, un mec passe en vélo. Blond, 35 piges, pas mal, mais bon, rien d'émoustillant, et rien qui puisse calmer mes nerfs. En fait, j'avais plus envie de frapper le premier qui passe pour me défouler, mais je sais que c'est pô bien, c'est mâl. Le mec en vélo, ben il bloque sur moi. Je lui lance alors un de ces sales regards qui veut dire: "Quoi? T'as un problème?" Ben croyez-le ou non, 15 secondes plus tard, ben le mec en vélo revient en sens inverse en me mâtant à nouveau. Et puis il revient encore pour garer son vélo. Putain, c'est bon, c'est pour moi. Et évidemment, la terrasse est entièrement déserte, mais il s'asseoit à la table à côté de moi, hein. Ben tiens. Je soupire d'exaspération, assez fort pour lui faire comprendre qu'il est lourd avant même qu'il l'ait ouverte. Il commande un café, se fait servir, et moi, je continue à tourner la tête de l'autre côté, les bras bien croisés, tirant comme un dingue sur ma clope pour me calmer. "C'est agréable d'avoir encore ce beau temps!" Oh non, il a osé. Il a fait ce qu'il fallait pas faire. Je tourne la tête, lui lance un de ces sales regards sans rien dire, histoire qu'il comprenne, et je retourne à ma clope. Le CD saute encore une fois. "Et c'est sympa, ce bar! Vous venez souvent?" Là, c'était trop pour moi. Vraiment trop. Alors j'ai fait ce que je sais faire le mieux: le mec odieux. "Alors écoute, bonhomme. Je suis pas d'humeur, mais vraiment pas. Si j'ai choisi cette terrasse, c'est parce qu'il n'y a absolument personne et que je veux rester seul. Si j'avais voulu de la compagnie, je serais venu avec mes potes. Tu me vois avec des potes? Non. Ca veut dire que je veux être seul." Un jour, je vais me prendre un pain dans la gueule. Il est resté complètement bête, et n'a rien rajouté, presque terrorisé. Il a bu son café cul sec, s'est levé, a récupéré son vélo et a filé sans même me lancer un dernier regard. Le pauvre. Je crois que plus jamais il abordera quelqu'un dans la rue après ça. Mais bon. Y a des jours comme ça. ****** Kylie - Celebration [179 KYL CEL 1] Dernier single avec PWL. C'est une reprise du célèbre hymne de Kool & The Gang, bien sympa et bien rendu. Mais il ne vaut pas la prestation live de 2000 dans le On A Night Like This Tour. November 13 Ben tiens! T'as raison, mon gars!L'autre soir, j'étais en train de me mâter mon coffret 30 DVD d'Ally McBeal. Comme j'ai déjà vu chaque saison au minimum une dizaine de fois chacune, ben j'ai décidé de me taper l'intégrale en version originale. D'ailleurs, c'est hallucinant, je sais pas ce qu'ils ont branlé, les traducteurs, mais les dialogues en version originale n'ont rien à voir, ça a carrément un autre sens, voire même complètement le contraire (exemple: en VF "je peux faire en sorte que sa femme le quitte et que ses enfants pleurent" et en VO "je peux faire en sorte que sa femme le quitte et le pousser au suicide"; autre exemple: en VF "Vas-y, Ally, tu te débrouilles comme un chez" et en VO "Essaye autre chose, Ally, là, c'est nul"), enfin bref, c'est hallucinant, j'ai l'impression de redécouvrir la série comme si c'était la première fois. Mais je m'égare. J'étais devant mes DVD quand j'ai entendu le petit messager d'un célèbre site de rencontres gay clignoter bruyamment. Je sors de mon lit, à contre-coeur me demandant qui encore demande en dial, étant pratiquement sûr que c'était un vieux thon bien difforme de 52 ans me suppliant de lui accorder un plan cam. Ben nan, raté. C'est pire:
23:16 fredycasting Bonsoir, J’ai été mandaté par le Comité Mister France Gay de trouver des candidats pour participer à l’élection de Mister Aquitaine Gay qui aura lieu au Félin à Castillon la Bataille à 30min de Bordeaux. Je trouve ton profil intéressant. Si tu souhaites participer à ce concours et tenter de gagner un book et de représenter ta région à la finale nationale en Juin 2007 pour obtenir le titre de le titre de Mister France Gay 2007 et ensuite participer aux élections intertionales telques Mister Gay Europe 2007 en Hongrie et Mister Gay International au USA. Inscris toi sur leur site www.misterfrance **** rubrique inscription. Fred Casting France Euh, j'ai quand même relu le message trois fois, hein. Ils ont vraiment trouvé que moi, hein! C'est clair qu'ils m'ont pas encore vu au réveil, tout bougonnant, les cheveux en pétard, le caleçon qui pendouille, la bave séchée au coin de la bouche (oui, de la bave, pas autre chose, hein!), et rampant jusqu'à la cafetière comme si je faisais une épreuve de Fort Boyard. Je ferais 1m85, baraqué comme un personnage de Queer As Folk, avec une gueule d'ange, je veux bien, mais m'enfin, moi, Axel! J'ai beau savoir que je plais, j'ai rien d'un Mister Gay! Et puis je suis trop cultivé pour participer à cette élection!! Alors, en plus, aller passer le casting à Castillon La Bataille, avec cette espèce de boite de nuit que j'arrête pas de recevoir des spam dans mes mails et sur tous les sites de rencontre où je suis inscrit, alors que je comprends toujours pas comment on peut ouvrir une boite gay aussi loin dans un coin aussi paumé... Gagner un book, je m'en fiche, j'ai mon photographe attitré pour me faire des photos magnifiques (quand il est pas cloîtré dans son salon avec sa console de jeux)... Ce qui me fait penser que je n'ai jamais rêvé d'être un Mister Gay. J'ai déjà fait un défilé en sous-vêtements il y a quelques années, mais ça ne m'avait pas plus émoustillé que ça. A part que l'un des hétéros avec qui je défilais, ben, un certain soir de Gay Pride, il n'a pas été si hétéro que ça avec moi pendant dix heures d'affilée... Enfin, ça, c'est une autre histoire. Tout ça pour dire que l'actualité gay doit être bien triste actuellement s'ils me proposent de passer ce casting. Olivier et Nico se foutraient de ma gueule à vie, mes autres potes se fendraient en deux en me voyant refuser de me mettre en petite tenue, chipotant parce que je suis pudique, et mes collègues de boulot me suivraient jusqu'en Hongrie avec plein de pancartes et de banderolles, ça, j'en suis sûr... Bref, mon carton d'invitation à ce casting, je l'offre à qui le veut!! ****** Indra - Gimme What's Real [178 IND GIM 1] Bon ben comme je l'ai déjà dit précédemment, ce titre, je l'aime beaucoup. Très dance, une intro du tonnerre, et un côté assez "désespéré" dans le refrain qui fait de cette chanson un classique axélien. Une chanson qui me rappelle aussi à chaque fois, inévitablement, mon tout premier baiser avec un garçon. Nostalgie, nostalgie... November 12 Le coeur n'a pas de raison...Hier, j'étais prêt à laisser une toute dernière chance à un mec qui m'avait déjà fortement déçu à deux reprises dans le passé. Il l'a eue, cette chance, et il a encore trouvé le moyen de tout faire rater. Je l'ai donc inclus dans ce lot spécial de personnes qui n'en valent plus la peine, et j'ai tout jeté dans une poubelle virtuelle. Il y a tant de choses à faire, tant de choses à vivre, tant de personnes à rencontrer, à apprendre à connaître, même à aimer... Ne perdons pas de temps avec ceux qui ne veulent pas représenter un intérêt particulier.
Je suis allé faire un rapide petit tour à l'O'divin, et là, texto d'une vieille connaissance de super très longue date, dont je n'avais pas de nouvelles depuis un an. Stéphane. Mais qui est Stéphane, me demanderez-vous? Pour ça, il faut remonter en 1999. Je commençais à faire des infidélités à la Reine Caroote, et je prenais de temps en temps des verres au BHV (brrrr, oui, je sais, ça fait frissonner...) depuis que j'y avais fait une soirée go-go dancer. J'y avais rencontré pas mal de mecs (je dis bien "rencontrer", hein!), dont ce fameux Stéphane. Il avait cinq ans de plus que moi, beau mec, bien fichu, sympa, intelligent, censé. On s'entendait plutôt bien. C'est pour ça que lorsqu'on m'a filé la responsabilité de l'organisation spectacle de la soirée "Les Douches" (han, cette semaine, je vous raconterai cette soirée, la soirée la plus ratée de toute l'histoire gay de Bordeaux mdrrrrrrr!), et que je devais m'occuper de recruter des mannequins pour le défilé, j'ai tout logiquement pensé à lui. Bien sûr, comme personne ne me résiste lol, il avait accepté. Je me rappelle, Nath, la patronne de la Reine Carotte, n'arrêtait pas de me harceler pour que je sorte avec lui! Après cette soirée, on s'était revus au In N Out, à l'époque où je n'y bossais pas encore, et il m'a proposé de sortir avec lui. Mais j'ai fait l'air de ne pas comprendre, d'avoir un peu bu, et j'ai refusé. Pas parce qu'il ne me plaisait pas, pas du tout, mais parce que ça me faisait peur de sortir avec lui. Il avait l'air si... Si adulte. Je ne me sentais pas à la hauteur, et pour être honnête, je n'avais pas envie de me sentir à la hauteur de cette relation. Puis je me suis mis à bosser au In N Out, et je l'ai moins vu. Puis j'ai bossé au Traxx et je ne l'ai plus du tout vu. Il y a un peu plus de deux ans, il m'a retrouvé sur le net. On s'est racontés durant un long dialogue ce qu'on était devenus, et, gentiment, on a commencé un peu à se chauffer, s'allumer. C'est là qu'il m'a dit qu'il habitait à à peine une minute à pied de chez moi. Flûte, le virtuel allait devenir réel. Je lui ai bien expliqué que je ne cherchais pas de relation sérieuse, pour me couvrir, mais il était okay, il voulait que je passe prendre un verre. Il était trois heures du matin. Ca me faisait peur, il était désormais médecin urgentiste, quelqu'un d'important, quoi, et moi, j'étais quoi? J'allais dire étudiant en psychologie du travail, mais j'étais aussi qu'un simple tenancier de bordel du Traxx. Je suis allé chez lui, un magnifique duplex, le genre d'appartement que tout le monde rêve d'habiter. Putain, il avait tout, ce mec. Mais moi, j'ai fait volontairement le mec stupide de base, et ne dites rien, hein, j'étais jeune! A peine il m'a ouvert la porte que je l'ai embrassé fougueusement, pour bien lui montrer pourquoi j'étais là. Pas pour un verre, pas pour tomber amoureux, juste pour éteindre la flamme qui avait été allumée. Il a d'abord été surpris, puis il a répondu à mon désir, et on a monté les marches jusqu'à son salon. Avec un étrange mélange de hâte, de sauvagerie et, en même temps, de tendresse, on s'est déshabillés, et on a longuement couché ensemble, comme si ça faisait des années qu'on avait gardé cette frustration sexuelle en nous. C'était sauvage et passionné. Une fois que ce fut fini, j'aurais pu partir, mais je suis resté dans ses bras, et on a discuté jusqu'à ce que le soleil se lève, de lui, de moi, de nos boulots, de ce que nous étions devenus. Il n'avait pas changé, toujours aussi adorable. Merde, c'était un mec bien. Je suis reparti, avec malgré tout cette intention de ne pas sortir avec lui. Quelques semaines plus tard, on a remis le couvert, une partie sexuelle avec toujours ce côté bestial et déchaîné. Encore une longue discussion après, nu l'un contre l'autre. Il regardait mon corps, j'en avais honte à l'époque, mais lui non, pas du tout. Puis j'ai coupé le contact. Et hier, donc, ce texto. Je lui ai répondu. Puis une heure plus tard, alors que j'étais au Virgin, mon téléphone s'est mis à sonner. "Stephane" s'affichait sur mon Motorola. J'ai été tenté de laisser sonner mon téléphone, mais je me suis dit qu'il était peut-être lui aussi au Virgin, caché derrière un pilier ou un rayon de disques, et qu'il m'épiait. Oui, je sais, je suis un peu parano sur les bords. Alors j'ai décroché. On a parlé près d'une demi-heure ensemble. Je crois que chacun avait envie de remettre le couvert et/ou de se voir, chacun faisait des sous-entendus, mais chacun ne l'exprimant pas concrètement. Je lui ai dit que j'étais prochainement en vacances, et que ça me laisserait de la disponibilité pour le voir. Oui, je sais, dis comme ça, ça fait super snob et hautain de ma part. Mais cette fois-ci, ça serait préférable qu'on se voit dans un bar autour d'un café pour éviter que ça dérape. Je compte bien le voir. Alors pourquoi est-ce que ça me met aussi mal à l'aise? Je me rends compte que la logique et la raison voudraient que je sorte avec lui. Il a 35 ans, il est beau, il est grand, il est bien fichu, il a une super-situation, il est médecin, il est devenu propriétaire, il est en train de se faire construire une piscine... Il est franchement un bon parti que tout le monde rêverait d'être avec. Il est tendre, adorable, attentionné, il est vraiment le type de mec qu'il me faudrait, et alors quoi? Ben non. Il est un mec génial, j'ai envie de l'embrasser, d'avoir du sexe avec lui, de passer du temps avec lui, mais voilà, il ne m'inspire absolument aucun sentiment amoureux. Et le pire et le plus stupide, c'est que je culpabilise pour ça. Vous devez tous secouer la tête, dépités, en vous disant que je me prends trop la tête, mais en même temps, si je ne me prenais pas la tête autant, je ne serais plus Axel. Pourquoi est-ce que je tombe amoureux que des gros cons? Parce qu'on aime aimer ce qu'on sait pertinemment qu'on n'aura jamais? Je vais le revoir, mais je me sens un peu terrorisé de le revoir. ****** Mylène Farmer - Dance Remixes [176 177 FAR DAN 1] Brrrr, Mylène, ça me glace l'échine! Oui, je l'ai acheté, je sais, mais c'est Rodolphe, il était trop fort ce mec, au collège, il a réussi à embrigader tout notre petit groupe pour que tout le monde aime Mylène et achète ses disques. Ce qui est vachement marrant aussi, c'est que, quelques années plus tard, il s'est avéré que tous les membres de notre petit groupe collégien étaient gay mdrr! Ben, euh, ce double CD, j'ai pas le choix, je l'assume. La Mylène s'est pas foulée, elle a compilé toutes les versions maxi déjà sorties (avec quand même deux inédits), mais bon, tous les fans avaient déjà tous les maxi dans tous les supports possibles et inimaginables, donc je suppose que pour le vrai fan, à part les deux inédits, ce double CD n'avait pas grand intérêt. Mais bon, pognon, pognon, c'est Mylène, quoi! November 10 Woâh pitain!!Ah ben, fabuleuse cette journée!! Lorsque j'ai appris la nouvelle quand j'ai embauché aujourd'hui en début d'après-midi, j'étais tellement content que j'aurais embrassé n'importe qui qui passait, mec, nana, chèvre, dromadaire, le premier qui passe, quoi!!!
Quand j'ai embauché, la nana qui s'occupe de la comptabilité et des plannings m'attendait pour m'annoncer la même chose qu'elle avait dit à Jeremy-Choupinou une heure plus tôt. En lisant régulièrement mon blog, vous avez pu remarquer que je bossais beaucoup, comme un dingue, acharné que j'étais, sans jamais un seul instant de répit... Bref, à m'assener de boulot (tout comme Choupinou), ben pour le coup, maintenant, à la compta, ils sont dans la merde... Déjà que je vous avais dit il y a peu que je me retrouvais avec des vacances forcées à prendre, ben là, pour le coup, vu toutes les heures que j'ai faites en plus, ils sont obligés de me les enlever de mon planning. Donc, jusqu'à la fin de l'année, avec Choupinou, ben on a des semaines de 28 heures au lieu de 40, dont 3 heures par semaines payées en heures supp'. Bref, on finit encore plus tôt que les fonctionnaires!! Les lundi, mardi et mercredi, on finit à 16h, et les jeudi et vendredi à 14h! Toutes les aprèm cafés qu'on va se faire en plus de nos soirées jeux de société prévues!! Pour le coup, sur l'émotion du moment, ben Jeremy m'a dit: "Je t'aime, Choupinet!" Je l'adore, cette journée!!!! Je vais rien branler jusqu'à la fin de l'année! Ah, mais juste, pour fêter l'événement, avec Marjo, ce soir, on a fait un concours de course de fauteuil à roulettes sous l'oeil averti de Nath, et je me suis viandé lamentablement, j'ai bobo au genou, il est tout rouge!! ****** Indra - Together Tonight [175 IND TOG 1] Ben je dois être le premier Toulonnais à avoir acheté cet album, parce que je l'ai piqué dans le bac de la Fnac avant qu'il soit installé en rayon. L'album est pas extraordinaire en soi, il faut le reconnaître. A part le splendide Gimme What's Real, les autres titres restent moyen, même si certains arrivent à flotter à la surface, comme Mister Casanova, Yesterday Is History ou Spend The Night With Me. Vous avez loupé la sortie de cet album? Pas grave, je vous en tiens pas rigueur! November 08 Ca y est, c'est lancé!Oui, je sais, ça va faire super-narcissique de faire un billet pour ça, mais bon, je le fais quand même, parce que je suis Axel et que je suis comme ça!
J'avais parlé précédemment de mon souhait de passer outre "Limbo", ce roman terminé il y a déjà quelques années, mais laissé dans un tiroir, sorti de temps en temps quand on me supplie de le laisser lire. J'avais dit que je voulais avancer, passer à autre chose, mais j'avais du mal. Nerix m'avait confié avec sa moue de cocker battu qu'il était super déçu que Limbo reste dans cet état, et j'avais choisi de l'inclure de manière impromptu dans le futur roman, sous forme de journal intime trouvé par un flic lors d'une perquisition chez une journaliste assassinée lors d'une enquête sur un trafic de drogue. Mais j'ai raconté la ligne directrice à Oli lors de mon dernier passage sur Toulon, et le pauvre, j'ai cru qu'il allait faire une embolie cérébrale tellement il avait du mal à suivre. Okay, l'histoire se passe sur (au moins) quatre réalités alternatives différentes, et rien de moins que la décimation des homosexuels, mais bon, vu comme c'était parti, le roman allait faire 2500 pages au moins. J'ai donc continué à réfléchir... Quels étaient les thèmes, les histoires que je voulais raconter qui me tenaient à coeur... Une trentaine au moins, il fallait que je pose tout ça, que je prenne une histoire bien précise et que je sache où je voulais aller. Un truc me tenait particulièrement à coeur, j'avais l'intrigue de départ, mais je ne savais pas comment la continuer, l'expliquer, l'expanser (oui, encore un nouveau verbe!)... Et puis, de récents flash-backs exprimés ici-même sur ce blog m'ont permis de trouver une ouverture complètement crédible à l'histoire. Bon, je sais, là, vous ne comprenez toujours pas de quoi ça parle, et à vrai dire, je ne veux même pas vous dire quelle est l'intrigue de départ, puisque je veux conserver le suspense et l'effet de surprise... Néanmoins, pour les premiers chapitres, ceux qui les voudront n'auront qu'à me demander en faisant rouler leurs yeux! Pour le titre aussi, ça a été un calvaire, mais pour l'instant, je pense que ce sera "Je Veille Sur Toi". Bref, le premier chapitre, c'est pour ce weekend!!! Oui, m'en faut peu pour être content! Un petit aparté aussi pour dire que ces derniers jours, je suis un peu paumé au niveau de certaines personnes... J'ai beau avoir tous mes diplômes de psycho bien certifiés avec le tampon et tout et tout, ben voilà... Il y en a qui expriment trop leurs sentiments, parfois de manière excessive, et dès que c'est le moment, ben ils fuient, ils fuient, prétextant à demi-mot une véritable tragédie grecque... Il y en a d'autres qui fuient aussi, tant qu'à faire, faisant le nécessaire pour ne plus être joignables, me reprochant des faits dont ils savent très bien qu'ils ne sont pas de mon fait... D'autres encore s'inventent des complications supplémentaires... Je suis déçu? Je ne sais même pas. Je veux juste comprendre. La communication n'est pas une légende urbaine. Quitte à fermer la porte, autant la verrouiller. Je vais continuer à faire ce que j'ai toujours fait: avancer. Je connais ma valeur, d'autres non, tant pis. Ma porte reste ouverte. ****** Lee Marrow - Do You Want Me (Remix 92) [174 MAR DOY 1] Encore de la bonne vieille dance de l'époque, et ça avait fait fureur au HiFi Club à Toulon à l'époque. Hélas, comme bon nombre de morceaux dance de l'époque, c'est rapide à la consommation et oubliable deux mois plus tard, mais Do You Want Me fait partie des meilleurs souvenirs. November 06 Psychopathe (Part 2/2)...et deux mois plus tard, je me retrouve convoqué au commissariat par rapport à Bruno... Je ne sais rien de plus, il faut juste que je vienne. Mara, la ravissante caissière du Neuneu, m'accompagne pour le coup. Je me voyais déjà derrière les barreaux avec une tenue hideuse, et Mara rajoutant qu'elle m'apporterait quand même des pommes en prison... Avec la chance que j'ai, c'est sûr, je vais être suspecté de meurtre! Là, un flic me dit que je suis là pour prendre ma convocation pour une séance de médiation suite à mon dépôt de plainte. Alors moi, je soupire déjà de soulagement, en lui expliquant que c'est bon, c'est cool, y a pas d'embrouilles, le mec est mort dans un accident de voiture deux mois plus tôt. Le flic me dévisage, et me dit que "le mec", ben, il était là une demi-heure plus tôt pour prendre sa convocation. Je suis resté sur le cul. Mara aussi d'ailleurs. Oui, au fond de moi, je me disais que sa mort par accident, ça avait un côté surjoué, que c'était space... Le cauchemar n'était donc pas terminé. J'allais le revoir. Et même si je n'avais en aucun cas peur de lui, ça ne m'enchantais pas des masses.
Je me présentais le jour même de la convoc'. C'était à deux rues parallèles de la place Gambetta. Je me dirigeais vers la salle d'attente, où il y avait un couple, et il était là. Encore plus chauve qu'avant, et facile 15 kilos de plus. Je me suis réjoui intérieurement qu'il soit encore plus vilain. Il expliquait au couple qu'il était là pour une affaire débile, et qu'il était confiant, que ce n'était qu'un malentendu. Moi, je ne suis pas rentré dans la salle, je me suis posé contre un mur dans le couloir, et j'ai appelé Mara pour lui dire que Bruno avait sacrément grossi. Puis le couple est parti, et lui, pour se donner, de l'assurance, il a fait semblant que quelqu'un l'appelait, et il s'est mis à parler tout seul, en disant que non, ça allait, qu'il était fatigué parce qu'il n'avait dormi que six heures, que sa mère avait fait une chute et s'était fracturée la hanche, qu'il allait régler l'affaire en cinq minutes, qu'il n'allait pas se prendre la tête pour un petit merdeux, blablabla... J'ai décidé qu'il allait en baver sévère, et qu'il allait comprendre qu'avoir Axel contre soi, on s'en sort pas sans dégâts. La médiatrice est venue nous chercher. Pas encore la quarantaine, blonde aux cheveux mi-longs bien brushés, un tailleur bleu clair... Classe, la nana, avec une certaine beauté froide. Elle semblait fermée, pas chaleureuse, mais c'est son boulot aussi. Je me suis installé, avec la pose d'un mec sûr de lui, le dos bien contre le dossier de la chaise, le mollet droit posé sur la cuisse gauche. Tout de suite, Bruno a demandé à parler en premier. Je n'ai pas bronché. Il s'est mis à raconter ce qu'il avait déjà dit à son interlocuteur imaginaire du téléphone, en omettant le passage sur le petit merdeux, puis il a commencé à dire que j'étais un garçon adorable, le meilleur ami rêvé, et vas-y le violon... Qu'il avait traversé une mauvaise passe, qu'il s'était senti trahi lorsque je n'avais pas répondu à son appel, qu'il avait réagi de manière excessive... Il s'était également senti rejeté lorsqu'on lui a interdit l'entrée de la boite, et il a osé dire qu'il avait enfin compris ce que ressentaient les gens rejetés à cause de leur couleur de peau... Je me suis retenu de pas ouvrir en grand ma bouche de stupeur, mais je n'ai pas réagi intentionnellement. Je voulais rester maître, et montrer que je dominais tout. La médiatrice me demande donc ma version de l'histoire, et moi, avec mon tact habituel, j'ai dit que j'étais barman, que c'était mon boulot de parler avec les clients, mais qu'une fois passée la porte de la boite, les clients n'existaient plus pour moi. J'ai également argumenté sur le fait que l'attitude de Bruno était inacceptable, quand bien même fût-il "déboussolé", et que quatre menaces de mort par jour pendant trois mois, on ne pouvait pas effacer ça comme ça, et que pour le coup, je demandais 2000 Francs de dommages et intérêts (oui, j'étais petit joueur à l'époque!!), mais comme je suis généreux, j'ai aussitôt proposé d'être payé en trois mensualités. J'imaginais déjà tous les CDs que je pourrais m'acheter avec ce fric quand Bruno a pété les plombs. En l'espace d'une seconde, il s'est complètement transformé, et même physiquement. Il puait la haîne. Et je suis sérieux, ça m'a scotché, sans que je le montre. Il s'est mis à hurler (et je dis bien hurler) que je n'étais pas un être humain, mais un monstre, l'antéchrist personnifié. Quel vil flatteur! Comme la médiatrice restait de marbre, il a continué à cracher sa haine, me traitant de tous les noms. Il a marqué une pause, puis a dit qu'il allait m'arriver quelque chose de grave et que j'allais mourir. La médiatrice a alors souligné qu'il était déjà là, convoqué pour menaces de mort, et que ce n'était pas dans son intérêt d'en proférer de nouvelles. Il a alors rajouté qu'il ne me donnerait jamais cet argent, et que si j'arrivais à l'avoir, ben je serais maudit à jamais par cet argent. Genre, c'est juste 2000 Francs qui vont me maudire... Il a continué à me traiter de plein de gentils noms d'oiseaux tout choupinous, et la médiatrice l'a alors ramené à l'ordre, lui disant que ses menaces étaient graves. Il s'est levé et s'est mis à hurler sur elle, et j'ai cru qu'il allait lui mettre une beigne. Je me suis levé, je l'ai attrapé par l'épaule, je l'ai balancé sur sa chaise, et je lui ai crié dessus qu'elle n'y était pour rien, et que s'il avait de l'agressivité à décharger, qu'il ait les couilles de le faire sur moi, et d'enfin me regarder droit dans les yeux. Parce que, jusque là, il a toujours fui mon regard. La médiatrice, impassible, lui a demandé s'il était conscient de ce qui se passait. Là, il a pris sa tête entre ses mains, et est resté silencieux. Elle et moi, on le regardait, on attendait ce qu'il allait nous sortir. Et là, il a levé la tête, et il a dit la médiatrice, l'air complètement demeuré et fou: "Vous savez comment j'ai fait pour tenir le coup durant cinq mois? J'ai prié, et prié. J'ai trouvé la foi en le seigneur." J'ai soupiré, levé les yeux au plafond, et je lui ai dit: "T'es complètement hors sujet, mon pauvre." Mais il m'a pas regardé, et il a continué: "Je suis devenu le meilleur croyant de Dieu." De mieux en mieux. Bientôt, il était le nouveau martyr de la société. La médiatrice, elle, ne s'est démontée, et lui a répliquée, texto: "Et vous ne trouvez pas contradictoire d'être le meilleur croyant de Dieu et de souhaiter la mort d'un autre homme?" Là, il a inspiré un bon coup, relevé la tête, avec les yeux qui pétillaient, et il a pris un sale sourire, le sourire qui glace tellement il est malsain, et il a répondu calmement: "Non. Ce n'est absolument pas contradictoire." Là, à cet instant, on venait de passer à un autre niveau. Là, ça a basculé. Il était complètement fou, et il ne s'en rendait même pas compte. La médiatrice et moi, si. Je ne sais pas elle, mais là, j'ai commencé à avoir peur quand même, parce qu'il avait complètement perdu la tête, il n'était plus du tout connecté avec la réalité. Son regard et son sourire ne disparaissaient pas. Elle lui a alors demandé s'il avait bien conscience des mots qu'il venait de prononcer. Et là, sans crier gare, il s'est jeté par terre en hurlant. Il se roulait sur lui-même, suffoquant entre deux sanglots. Il hurlait et pleurait en même temps, c'était super impressionnant. Je gardais la pose du mec sûr de lui, mais dans ma tête, j'étais complètement choqué. La médiatrice l'a intimé de se lever, chose qu'il fit, mais une fois debout, il s'est mis à éclater de rire, d'un seul coup, sans aucune transition. Un rire à vous glacer le sang, sans rire. Dieu sait que j'ai les nerfs solides, mais là, il était en face de moi, rien à voir avec un film d'horreur. Je n'avais jamais approché la folie d'aussi près, et c'était effrayant. Il riait, d'un rire démoniaque, avec un sourire de fou. Il s'est avancé vers la porte-fenêtre ouverte, sans rien dire, sous nos yeux, et s'est penché pour regarder vers l'extérieur. On était au deuxième étage. Puis il s'est mis à enjamber la balustrade. Il allait sauter. Une petite voix intérieure au fond de moi se réjouissait de le voir mettre fin à ses jours (oui, je sais, c'est pas bien, mais j'ai vraiment eu cette petite voix), mais j'ai quand même dit à voix basse à la médiatrice: "Moi, perso, je m'en fous, mais il va sauter, là..." Elle lui a demandé de venir se rasseoir, ce qu'il fit, et elle annonça qu'elle cloturait la médiation, en me demandant si je conservais toujours la plainte. "Oui, et maintenant je monte à 3000 Francs!" (Ben quoi? J'en profite!) Il s'est remis à hurler, puis à pleurer, et a demandé à parler à la médiatrice en privé. Elle a refusé catégoriquement (tu m'étonnes!), expliquant qu'elle parlait soiyt aux deux, soit à personne. Il a quand même demandé à rester dans son bureau le temps que je parte, justifiant que j'étais dangereux et que j'allais lui faire du mal (ah ben tiens, maintenant, c'est moi le méchant persécuteur!!!!), et elle a aussi refusé, disant qu'il retourne dans la salle d'attente. Il est passé devant moi, et je lui ai glissé très discrètement que je l'attendais en bas pour le saigner. Il m'a regardé, et son regard, je ne l'oublierai jamais. Il était complètement terrorisé par moi. Complètement. Elle m'a raccompagné à la porte, je me suis excusé de la tournure qu'avait prise la séance, et je l'ai remerciée pour son professionnalisme. A peine la porte s'est refermée que je me suis à trembler. De nerf. Je ne pouvais plus m'arrêter. Maintenant, je n'avais plus à tenir la face, à jouer le mec sûr de lui. Moi aussi, j'étais terrorisé par ce que je venais de vivre. Je pensais pas que ça puisse exister, un fou pareil. Tout tremblant, j'ai descendu les marches, suis arrivé dans la rue, et je suis rentré dans le premier PMU qui faisait l'angle. Et j'ai demandé un Scotch. Ne me demandez pas pourquoi, je l'ignore moi-même. Je n'en avais jamais bu, je ne savais pas quel goût ça avait, mais il fallait que je boive quelque chose de fort, quelque chose qui me réveille, qui me sorte de tout ça, qui me file un sacré coup pour que je revienne à la réalité. Putain de fou. J'ai réaperçu Bruno à trois reprises. La première au Yellow Moon. J'ai tout de suite averti le patron, qui connaissait déjà toute cette affaire, et il a mis en garde tous ses barmen. Bruno s'est senti dévisagé par tout le monde et est parti. La deuxième, c'était au Traxx, j'ai ouvert la porte, c'était lui. Il avait entendu parler des weekends d'Axel, et voulait vérifier que c'était bien moi. Il a voulu rentrer, j'ai explosé de rire en disant qu'il en était hors de question, il a insisté, je l'ai menacé de faire le tour du comptoir pour le mettre directement et physiquement dehors, et il est parti sans me donner ce plaisir. La troisième fois, c'était l'année dernière à l'O2, où il était encore plus pathétique que jamais, plus moche, plus gros, plus seul que jamais avec son éventail, en train de hurler toutes les cinq minutes "bande de royalistes"... La seule chose que je sais, c'est que c'est un fou. Mais j'attends le jour où il pètera encore un plomb et qu'il voudra se venger. Je l'attends, mais il risque d'être surpris de ce que je peux faire moi aussi. Même moi, je risque de me surprendre. Mais je sais déjà quelle sera l'issue de nos retrouvailles. ****** Sandra - Johnny Wanna Live [173 SAN JOH 1] Sûrement l'un des meilleurs singles de Sandra. Chanson existant déjà en 1990, sublimement belle, elle est ressortie en 1992 pour accompagner le best of, avec un arrangement acoustique qui a fait atteindre à cette chanson le statut de pur bijou musical. Bon, les paroles, c'est sur les phoques qui se font tuer, mais la chanson est magnifique. Et le remix très sympa aussi. November 05 Psychopathe (Part 1/2)Un petit retour en arrière, à l'époque où j'étais barman au In N Out. Un petit rappel pour les retardataires: c'était entre 1999 et 2001, c'était une boite avec trois salles, et moi, j'avais mon propre bar, interdit aux filles, parce qu'il y avait une mini-backroom avec des films de cul. Quand j'ai accédé à ce bar, c'était pas évident, c'était mon Gregou qui le tenait avant, et il avait une clientèle très cul. Et moi, très princesse fleur bleue choupinette tout plein, fallait que j'arrive à garder cette clientèle et aussi me faire ma propre clientèle. J'avais ma propre installation hi-fi, et Gregou, lui, ne se prenait pas la tête, il mettait un CD et puis basta. Moi non. Quitte à ce que ce soit mon bar, autant que je lui donne mon identité musicale. En moins de trois weekends, il était rempli, entre deux verres, je donnais les noms de chansons, les clients dansaient... Je faisais pratiquement oublier le côté cul du bar. A cette période, Kylie n'avait pas encore fait son come-back avec Spinning Around, et j'initiais tous les clients avec des remixes rares ou inédits, et quelque part, sans fausse modestie, je n'exagère absolument pas en disant que c'est moi qui ait relancé Kylie à Bordeaux. Bien sûr, la majorité de mes clients voulaient me sauter, mais pendant pas mal de temps, j'ai réussi à les retenir lol!
Bien sûr, à tenir son propre bar, ça entraîne obligatoirement des habitués. Des mecs super sympa et adorables, mais aussi des lourds. Il y en avait un (nous l'appellerons Bruno, parce qu'il s'appelle comme ça, et qu'après tout, je ne vais pas faire de la délation, parce que c'est vrai) qui était là tous les soirs, avec son jus d'orange et son putain de cigarillo à la pêche. Il était pas aidé, le pauvre. 35 piges, même s'il en faisait plus, chauve, moche de chez moche, avec un certain surpoids et un style vestimentaire relativement dépitant, vivant chez sa mère et travaillant à l'usine. Sans compter que dès qu'il parlait, il agaçait. Mais bon, quand t'es barman, une bonne partie de ton boulot, c'est le relationnel, et comme Bruno venait toujours en début de soirée quand il n'y avait personne, ben bon, pas le choix, faut sourire, parler, faire style qu'on est intéressé, faire un peu rêver le mec en lui donnant envie de revenir... Ce Bruno s'est senti investi d'une grande amitié pour moi. Il s'est mis à aimer Kylie, à acheter ses disques, à m'en offrir d'autres qu'il me dédicaçait (brrrrr...) De plus en plus, chaque soir qui passait, il commençait à me taper sur les nerfs. Déjà, rien que de le voir, ça aurait fait relativiser n'importe qui sur ses propres complexes, et à peine j'entendais le son de sa voix, ça me hérissait. Et je ne sais pas comment il s'est démerdé, mais il s'est procuré mon numéro de téléphone. Et il a commencé à m'appeler pour me raconter rien que des trucs inintéressants du style: "Je me suis acheté un nouveau portable aujourd'hui" ou "Tiens, je comprends pas, j'ai réussi mon relevé bancaire, et y a 200 Francs qui ont été prélevés je sais pas d'où"... Des trucs que moi, barman, j'en ai rien à battre. Un début de soirée, j'étais avec collègues et le patron vers 20 heures à la boite, et on s'apprêtait à aller tous manger en resto avant d'ouvrir. Là, un message sur mon répondeur: "Oui, c'est Bruno, ça va pas, je suis complètement déprimé, j'espérais une promotion à l'usine, je l'ai pas eu, ça va pas, je suis en larmes, rappelle-moi." Ouh là, ça, ça faisait déborder le vase. Je vais quand même pas jouer les assistantes sociales en dehors de mes heures de travail! J'ai décidé de ne pas rappeler, et le soir, lorsqu'il viendrait à mon bar, j'étais déterminé à lui mettre les points sur les i pour que cesse tout ça. Vers 22h30 au resto, plus tard, un texto de Bruno: "Espèce de sale pauvre petite merde de fils de pute, t'es qu'un enculé, je vais te saigner." Ben là, tu restes con, tu comprends rien. Je lis ça à la tablée, et là, le patron qui me dit: "Je t'ai déjà dit qu'il ne faut pas coucher avec les clients! Un client sucé, c'est un client perdu, et blablabla..." Et moi, horrifié: "M'enfin, Christian, ça va pas, t'as pas vu sa tête! Même un aveugle homme-tronc en voudrait pas!!" Il me conseille de ne pas lui répondre, mais je refusais de laisser passer ça. Je lui ai répondu gentiment que j'avais bien accusé réception de son message, et que je comprenais que, stupide et moche comme il était, qu'il soit aussi aigri et frustré qu'une vieille lesbienne quinquagénaire. Bon, il m'a répondu, mais pas sur le même ton gentil que moi. Alors que, plus tard, je faisais la mise en place de mon bar, il y a Marcel, le portier crâne rasé de 160 kilos de muscles, qui débarque comme un dingue à mon bar. "Oh, Bijou, on te fait des misères alors? Passe-moi son numéro, je vais l'appeler et je vais le calmer sévère!" Moi, mort de rire, je lui dis que c'est sympa, mais que ça en vaut pas la peine, mais qu'il risque de se pointer ce soir. Je le décris, et Marcel me répond de pas m'inquiéter, qu'il va s'en occuper. Mais généralement, quand Marcel dit qu'il va s'occuper de quelqu'un, c'est pas bon signe pour ce quelqu'un. Une heure plus tard, il vient me chercher et me demande de venir dans le couloir pour lui confirmer si le mec qui hurle comme une hystérique est bien Bruno. Affirmatif, chef. Et je retourne à mon bar. Marcel, dix minutes plus tard, vient me raconter ce qui s'est passé. Il a interdit d'entrée à vie le vilain, et l'autre s'est rebellé en disant qu'il n'avait pas le droit. "Pas le droit? Attends, tu menaces Bijou, tu menaces un de mes barmen, et tu veux que je te laisse entrer?" "Cette histoire ne concerne qu'Axel et moi!" (Genre nous sommes un vieux couple qui venons de nous disputer!!!) "Hors de question! Tu dégages avant que je te dégage!!" "Si vous faites ça, je reviens avec mon avocat!" "Si tu reviens avec ton avocat, tu finis ensuite dans la Garonne en train de flotter avec un poignard dans le dos!" Il est trop choupinou, mon Marcel!! Finalement, le Bruno s'est barré. Dès le lendemain, je reçois un texto de menace, m'indiquant que j'allais bientôt me faire égorger. Oui, oui, c'est ça. Plus tard, un autre texto, m'intimant de faire attention quand je marche dans la rue, parce que quelqu'un en voiture pourrait bien me rouler dessus par inadvertance. Ben tiens, merci de s'inquiéter pour moi! A part que pendant trois mois, j'avais droit à quatre textos de menace par jour, plus des appels anonymes où je me faisais insulter par une voix désagréablement vicieuse. Je laissais couler, je ne lui répondais pas pour ne pas lui donner ce plaisir, et je refusais de le satisfaire en changeant de numéro. Mais bon, au bout de trois mois, j'allais pas continuer. Donc, je suis allé porter plainte, car j'avais gardé en mémoire la totalité des textos, et je l'avais recopié sur papier. Le flic a été très compréhensible, n'a pas émis de préjugés homophobes, a enregistré ma plainte, a demandé quelques informations complémentaires sur la psychologie de Bruno, et m'a dit qu'il me tiendrait au courant. Et là, j'ai décidé de changer de numéro dès le lendemain. Le soir-même de mon dépôt de plainte, avant que le numéro soit changé, je fêtais l'anniversaire de Laurent chez lui, et nous étions une vingtaine de potes à faire la rhumba. Mon téléphone a sonné, et bien sûr, c'était Bruno qui m'insultait encore. Derrière, on entendait le bruit de la route, donc il conduisait. J'ai fait un signe à mes potes, ai tendu mon portable en l'air, et là, ils ont tous hurlé: "Bruno! Va mourir!!!" J'ai repris mon tél, mais là, j'ai entendu un gros bruit de frein, un autre gros bruit, et plus rien. Puis j'ai repris une coupe. Deux jours plus tard, j'étais en train de faire ma mise en place dans mon bar, et Bibi, le vestiaire, arrive, un peu déboussolé. "Ax, j'ai un truc pas cool à te dire..." Les autres barmen commencent à s'amasser autour de nous. "J'ai un pote qui bosse avec Bruno, et il m'a dit cet aprèm' que Bruno est mort il y a deux soirs dans un accident de voiture." Grand silence. Merde, je me suis dit. J'ai changé mon numéro de téléphone pour rien. Alors, pour briser ce silence gêné, j'ai débouché une bouteille de champagne pour fêter la mort de Bruno, et on s'est bien bourrés avant même que les clients arrivent! Jusqu'à ce que, deux mois plus tard, je reçoive un appel pour me convoquer au commissariat par rapport à Bruno... ****** East Side Beat - I Didn't Know [172 EAS IDI 1] De la bonne vieille dance de l'époque. Personne ne doit s'en rappeler, mais moi si. November 04 C'est décidé, je porte plainte!Nan, mais je rêve, j'ai jamais vu ça! Moi, Axel!
Hier, au boulot, on m'a remis encore une enveloppe avec une centaine d'Euros de chèques cadeau, parce que, une fois de plus, meilleur agent du mois, blablabla... Bon je dis ça, genre je suis super blasé, mais ça fait quand même très très plaisir. J'ai donc pris la décision aujourd'hui de tout dépenser au Virgin, pensant que ça allait soigner ma gueule de bois. Oui, je sais, j'ai pas fait fac de médecine! Alors je fouinais parmi les CD... Le best of de Jamiroquai, oui, mais j'ai tous les albums sauf le dernier, mais là, y a un CD avec des remixes rares... La bande originale de Forrest Gump, parce qu'il y a plein d'excellents morceaux des années 60 et 70... La dernière compil' mixée par Dave Seaman... Le dernier single de Depeche Mode, que je sais pas d'où la chanson sort... Une compil' de vieille house de Chicago... Ah mais non, pas Depeche Mode finalement, je vais prendre le dernier de Jamiroquai que j'avais pas... Et puis, sur un coup de tête, j'ai reposé tous les CD... Tous ces CD, je nourrissais pas une folle envie de les avoir, et je me suis posé un instant... Qu'est-ce que je prends? Un lecteur MP3? Ben euh nan, j'aurais pas beaucoup de temps pour l'écouter... Alors quoi? Et là, j'ai décidé de me faire vraiment plaisir, et de me payer ce que je voulais depuis longtemps... Non, pas un escort-boy, bande de médisants!! Depuis quand on paye une pute avec des chèques-cadeaux? Je me suis pris le coffret Ally McBeal intégrale cinq saisons en 30 DVD! Oui, 30 DVD! Mon ultime série préférée que depuis le temps, j'ai usé mes VHS quand j'enregistrais chaque épisode sur M6, avec chaque saison que j'ai au moins vue 10 fois! Tout content, je passe à la caisse avec mes morceaux de papier colorés, et le vilain rondouillard essaye de me tenir la discussion, tout passionné... "Il y en a combien?" "30, c'est écrit dessus..." "Ca promet de longues soirées DVD en perspective!" "Youpi..." "Je suis sûr que vous pouvez regarder les 30 DVD ce weekend si vous le voulez!" "Ouais, j'ai quand même une vie sociale..." Bouh, si seulement il avait été mimi, mais rien pour lui. Ma gueule de bois me rend vraiment pas aimable! Je commence à passer le portique de sécurité avec mon immense poche à la main, et là, ça sonne. Moi, je me retourne, personne derrière moi, mais je commence à tracer, et là, le vigile, immense black musclé, qui me plaque presque contre le mur. Là, je me voyais déjà partir en prison, et me retrouver en cellule avec un canon rasé avec le corps rempli de haut en bas de tatouages bizarres, et avec ce regard froid, qui me réchaufferait à chaque fois qu'il aurait un sourire en coin, et qui, lorsque les portes se fermeraient, tirerait le rideau et me... Oui, enfin bref, je reviens sur terre. "Do you speak French or English?" qu'il me sort, menaçant. Heu, il a pris quoi comme drogue, lui? J'ai une gueule de touriste ou quoi? Donc, je lui sors: "I can speak English or French, mais je suis fwancssé" (avec l'accent, siouplé!) Bref, il vérifie mes tickets de caisse, et dégoûté, me libère! Même pas un palpage, même pas une humiliation publique, rien!! Dégoûté! Je me rends à mon hypermarché pour faire mes courses. Je tairai son nom, mais bon, aujourd'hui, sans mauvais jeu de mot, il a pas été winner, cet hypermarché! Je passe donc à nouveau un portique de sécurité pour entrer, et, évidemment, ça sonne. J'ai même pas le temps de saisir un panier que déjà, un gros naze de vigile, mais vraiment le gros naze dans toute sa splendeur, accourt vers moi. Je lui explique que c'est mon coffret qui sonne, mais il me dit de lui donner pour qu'il le mette à l'accueil. Là, je m'oppose catégoriquement. Je lui explique que la dernière fois, un CD avait sonné, qu'un vigile m'avait dit qu'il serait à l'accueil, mais quand j'avais fini mes courses, mon CD trainait tranquillement sur le comptoir sans personne pour le surveiller. Là, c'est pas un CD à 20 euros, c'est un coffret à 110 euros, et il est hors de question que je laisse à qui que ce soit. Et de la façon dont je lui ai balancé, j'étais super catégorique avec un brin de hargne. Et là, ce gros naze qui me lance: "Si vous me donnez pas ce sac, vous ne rentrez pas!" Très bien, que je lui réponds de mon air sûr de moi et énervé, je fais mes courses ici chaque semain, je lâche minimum 45 euros par semaine, donc vous venez de perdre un client. J'irai faire mes courses ailleurs, c'est pas ça qui manque, et en plus, je ne vais pas me gêner pour écrire un courrier à la direction et de faire paraître un article dans Sud-Ouest, vu que j'y travaille. Le vigile a grogné, une caissière s'est levée pour venir vers moi en disant: "Monsieur, Monsieur..." Mais moi, je lui ai balancé, super énervé: "Non, non, je veux rien entendre, ce vigile est super naze, je vais pas vous louper!" Et je me suis barré en reprenant les escalators, sans même me retourner... Nan mais rassurez-moi, je rêve, hein! Donc je vais porter plainte, parce que c'est n'importe quoi. Et je vais demander 300.000 euros de dommages et intérêts. Mais je suis généreux, je vais demander en trois mensualités. Et je vais porter plainte pour quoi, vous vous demandez? Ben pour tout... Agression verbale, détresse émotionnelle, harcèlement moral, abus de procédure, et... Et... Euh... Et trouble du repos des défunts, tiens!!! ****** Sophie B. Hawkins - Tongues And Tails [171 HAW TON 1] Bon ben j'ai adoré les trois chansons de CD-single, donc je me suis acheté l'album, tout aussi bon. Cette chanteuse méconnue est un peu une sorte de Tori Amos lesbienne. Gros coups de coeur pour California Here I Come, Saviour Child, Carry Me, I Want You et le sombre et magnifique Before I Walk On Fire. Ah tiens, les hétéros, ça existe encore?Les hétéros, ça existe encore? Moi qui croyait que c'était une légende urbaine! Et je signale que je suis dans un état pire que celui d'une éponge imbibé d'alcool!
Mais reprenons depuis le début. Ca fait trois semaines que certains de mes collègues de boulot essayent d'organiser une soirée ensemble dans un resto. Pas toute l'équipe, hein, juste les anciens, les responsables et les relais-qualité. Pourquoi pas intégrer les nouveaux, me direz-vous? Ben euh... A ce jour, ils n'ont pas le même vécu que nous de la mission, ils ne sont pas passés par le dixième que nous, nous avons subi... Même si on travaille ensemble, ils ne sont là que depuis deux mois, et restent les petits nouveaux... Et les anciens, ben, depuis un an, à passer la moitié de notre vie au boulot, ben forcément, ça a créé des liens spéciaux. Pas vraiment une tribu, mais plutôt une seconde petite famille de substitution. Tout en étant différents, on est tous sur la même longueur d'onde, on se connait, on se comprend sans se parler, on se fait confiance... Et avec toute la tension qui ne cesse de s'accentuer depuis plusieurs mois, ben on a besoin de se retrouver aussi ailleurs qu'au boulot ou sur la terrasse lors de la pause clope. Donc voilà, pas de pitié pour les petits nouveaux, c'est injuste mais c'est comme ça pour l'instant. Franchement, je n'étais pas chaud pour participer à cette soirée au départ. Je suis comme d'hab' crevé (un peu moins qu'avant quand même), je voulais une fin de semaine tranquille, j'aime pas les restos, et je déteste les restos avec l'ambiance bien hétéro bourrin de surcroit. Mais psychologiquement, j'en avais besoin aussi. Je peux pas passer ma vie à fuir socialement la réalité et à m'enfermer chez moi avec mes séries pourries sur M6. Habillé assez classique, j'ai également ré-adopté une vieille coupe de cheveux, celle qui apparait sur mes photos noir et blanc. En fait, à la pause déjeuner aujourd'hui, j'ai fait découvrir à Marjorie Gaypax. Elle était curieuse, et je voulais lui montrer certains mecs. Et elle est tombée sur mes photos en noir et blanc, celles prises par avec beaucoup de talent par Olivier (rendons à César...) (d'ailleurs, suis bientôt exposé dans une gallerie à Marseille!) (hop, un peu de promo, ça fait pas de mal!) (non, Oli, ne me remercie pas!) (bon, je continue!), et Marjo est complètement restée éblouie devant la beauté de ces photos, à un point où ça a commencé à presque me gêner. Alors, j'ai essayé de détourner l'attention en complimentant le photographe, mais elle a insisté pour que je réadopte cette coupe de cheveux. D'où action ce soir. C'est Jeremy-Choupinou (haaaaaaan) qui est venu me chercher directement en bas de chez moi! Trop mignon! Tiens, un naze de Paris vient de m'envoyer sur Rezog "Salut, suis sur Bordeaux dans deux semaines, laisse-moi ton adresse mail et ton tel pour que je te recontacte une fois sur place" Genre, ça va, j'ai la gueule d'une fille facile qui est là pour divertir les touristes! Je viens de lui répondre: "Ben ça va, même pas tu me demandes comment ça va que déjà tu veux un rendez-vous! Gros naze!" J'attends sa réponse! Le repas était au Franchouillard, près de la place Camille Julian. Je connaissais pas, mais j'étais pas pressé de connaître. Tous mes collègues étaient déjà là, et bien sûr, on a attaqué l'apéro. J'ai commandé un Ricard (une coupe de champagne, ça aurait fait un peu too much pour commencer!), et la serveuse, déjà bien touchée, m'en a offert un deuxième. Puis elle a lancé à notre groupe le défi de le boire cul sec, et si on réussissait, ben elle nous offrait la tournée. Un regard rapidement échangé avec Jeremy et Nico, et hop! On a gagné la tournée! Et déjà, moi, avec rien dans le ventre, je commençais déjà à être ivre. On s'installe à table, et je vois vite l'ambiance hétéro-mont-de-marsane... Les gens chantent, parlent fort, tapent sur la table, et moi, seul homo autour de 13 hétéros, et de 80 autres, ben fallait que je m'adapte, quoi. Réponse sur Rézog: "Steeveopen a bien reçu votre message et n'a pas souhaité répondre" C'est vraiment un gros naze, je vous l'avais dit, hein! Et là, Marilyn qui me tire par la manche pour me dire: "Regarde, regarde! Regarde qui s'asseoit en face!" Han! Un groupe de six homos à la table d'en face, aussi charmants les uns que les autres! Surtout un, avec un col roulé noir. Y avait aussi un grand avec une chemise rose, mais il plaisait pas à Marilyn. Et celui au col roulé noir, elle aimait pas son nez. Mais bon, la séance de mâtage avait déjà commencé, discrètement de leur part, beaucoup moins de la mienne, et j'ai pas été aidé par mes collègues qui les regardaient fixement. J'ai décidé de me faire tout petit, mais tout le monde chantait debout à ma table, avec de bonnes réparties hétéroïdes du style "Simone, t'es bonne", donc, c'était râpé, et la bande d'homos lançait des regards inquiets et dépités vers notre table... Bon ben tant pis, hein, c'était pas encore ce soir que j'allais faire une rencontre! Et là, Anne-Elodie, une des nouvelles du boulot qui débarque et qui s'arrête net en nous voyant tous réunis, avec l'air style "sympa, ils font une soirée entre eux, et ils préviennent pas les autres..." Ben elle s'est pas assise à notre table lol! La soirée s'est passée tout aussi peu discrètement, avec beaucoup de bruit, chacun se levant à tour de rôle pour chanter, taper sur la table... Il y avait un serveur mignon, mais sans faire exprès, je lui ai violemment écrasé ma clope sur l'avant-bras, sous l'hilarité de mes collègues. J'ai pas tout saisi, mais apparemment, comment ça s'est passé, ben c'était tordant. Pendant que je me morfondais sous le regard des 6-gays qui nous regardaient comme des extra-terrestres psychopathes, ben on a fait croire que c'était l'anniversaire de Stéphanie pour avoir une tournée de manzana. Pendant que le patron la portait sur ses épaules pour l'emmener sur le podium et la faire chanter en karaoké, ben le serveur est revenu et s'est placé derrière moi, et n'a plus bougé. Vu que tous mes collègues me regardaient, j'ai levé la tête, et le serveur était là, à attendre, un grand sourire sadique, la tête penchée vers moi, avec la bouteille de Manzana à la main. Moi, j'ai fait un petit sourire gêné, et il m'a attrapé par le menton, a penché ma tête en arrière et a fait couler longuement l'alcool dans ma bouche qui, elle, ne se fait jamais prier pour s'ouvrir. Au bout d'un moment, je n'arrivais plus à ingurgiter, donc j'ai tout recraché comme un geyser sous le regard indiscret de col-roulé-noir qui loupait pas une seconde de l'action, et Marilyn a rajouté bien haut ma maxime préférée: "Avaler, c'est mal, recracher, c'est pire!" Et pendant que j'essayais de nettoyer ma chemise qui absorbait toute la Manzana (d'ailleurs, elle pue toujours en ce moment, c'est épouvantable) et que Marie-Thérèse me tamponnait le coin des lèvres, Stéphanie faisait toujours sa chieuse en disant qu'elle ne connaissait aucune chanson. Finalement, elle a chanté "Une Souris Verte...", mais même celle-là, elle connaissait pas la fin! Quelle honte! La soirée s'est terminée aussi bruyamment qu'elle avait commencé. On s'est mis à danser et à (chanter) beugler, et Fred a filé un grand coup de poing en dansant contre le serveur, lui pétant trois verres qu'il avait à la main, pendant que Nico piquait les lunettes du même serveur. Jeremy et moi, on a dansé un zouk, et il m'a bien plotté le cul. Pour le coup, je lui ai rendu son amabilité, et il a un bon p'tit cul bien ferme! Oh, mon Dieu, qu'est-ce que je dis!! J'espère que ça veut pas dire que je deviens actif, ça serait le comble!! Et Col-Roulé-Noir, qui, finalement, n'a pas arrêté de me mâter du reste de la soirée! Puis en partant, Jeremy, complètement bourré, a fait le tour des tables pour taper la bise aux 80 convives. On est sortis en faisant encore plus de bruit. Je crois qu'on ne sera plus accepté dans ce resto. Pas grave. Mes collègues sont des psychopathes, ça, c'est clair et net. Mais vous savez quoi? Je les adore. Et je leur souhaite de ne jamais changer. On est vraiment une bonne équipe, la meilleure et la plus tarée qui soit. ****** Inner City - Paradise Remixed [170 INN PAR 1] L'album remix du premier album, également trouvé dans le bac des occasions de Carrouf. Ben pourquoi j'ai pas le premier album? Parce qu'il est retiré d'édition, ignares! L'occasion pour moi de m'approprier enfin Big Fun et Good Life (les remixes de cet album ne valant pas les originaux), et de re-découvrir cette sonorité techno-pop, qui a certes mal vieilli, mais qui me fait toujours monter au plafond comme si j'avais pris six Taz. A noter la superbe reprise deep garage de Stephanie Mills, Whatcha Gonna Do With My Lovin', et l'inédit House Fever, très Detroit comme il faut. Pas indispensable, mais très sympathique. November 02 Et si finalement, après tout...Hier, je voulais profiter de ce jour férié pour me trémousser sur une terrasse de café, mais avec ce froid polaire surgi d'on ne sait d'où (on a au moins perdu 40 degrés en deux jours!), je me suis retrouvé bien con en chemise, à grelotter, mes mains farouchement enserrées autour d'une tasse de chocolat chaud même pas chaud, genre ça allait me réchauffer. Oui, okay, c'est le mois de novembre, mais moi, j'aimerais parfois ne jamais porter de blouson d'hiver... Ca met pas assez en valeur ma silhouette d'impossible princesse capricieuse...
J'étais donc là, dans le froid, le seul con à la terrasse, avec ma tasse et le CD de High School Musical sur lequel j'avais finalement craqué, regrettant même de ne pas avoir enregistré le téléfilm comme j'en avais eu l'intuition. Et je n'arrêtais pas de réfléchir à ça. Qu'est-ce qui avait fait que cette connerie m'avait touché comme ça? Niais, mielleux, sirupeux et dégoulinant à vomir de bons sentiments... Marjorie me dirait que je pense trop, que je me prends trop la tête sur des questions qui, finalement, n'ont aucune importance au bout du compte, mais bon, en même temps, Axel qui ne se torture pas, ce n'est plus Axel. Autant je suis champion pour psychanalyser les autres, autant quand ça me concerne moi, c'est pas super gagné... Et je crois avoir compris pourquoi. Parce que ce genre de conte de fées, je l'ai déjà vécu il y a plusieurs années. Plusieurs fois. Mais il y a longtemps. Le premier, Olivier, celui qui aura tout déterminé dans ma vie future sans que je m'en rende consciemment. Un surfer rebelle aux cheveux mi-longs qui n'hésitait pas à se faire fracasser des bouteilles d'alcool sur le crâne, le rebelle sentimental qui me faisait me sentir petit garçon sans défense à chaque fois qu'il me souriait. Puis Eric, rencontré alors que la neige tombait en Suisse, en pleine nuit, et qui m'a raccompagné en voiture à l'hôtel où il m'a fait l'amour toute la nuit pour finalement me dire qu'il m'aimait, et qui aura passé les années suivantes à m'attendre, puis tenter de me retrouver, tel un psychopathe. Et puis en même temps, il y a eu Big, qui m'a fait prendre conscience de ce qu'était réellement le tristement galvaudé "coup de foudre au premier regard". Quand j'y repense, oui, c'étaient des rencontres dignes d'un bon film américain à l'eau de rose, bien mielleuses, bien tragiques, mais en même temps si belles. Et peut-être qu'aujourd'hui, malgré tout ce que j'ai vécu, j'espère encore que ça va m'arriver à nouveau. Ca ne sera pas la même chose qu'Olivier, qu'Eric, que Big, que Jean-François... Ca serait complètement différent, mais j'espère encore un beau truc. Et ce con de téléfilm est bien tombé, finalement, il a coïncidé à quelques jours près avec la soirée de samedi, qui m'a laissé un goût amer. Ne cherchez pas dans les archives. Juste une fausse rencontre sur laquelle je ne nourrissais aucun espoir, mais qui finalement s'est avérée un prétexte pour simplement passer le temps. Je n'en avais même pas envie. Je ne me suis pas forcé, mais j'aurais pu m'en passer. Finalement, je n'ai plus envie de "ça". "Ca" n'apporte rien en fin de compte. Même pas une satisfaction physique ou émotionnelle. J'en ai marre aussi du virtuel qui reste en longueur. A me demander si je ne parle pas avec moi-même en fait. A me demander si mes interlocuteurs existent vraiment. A me demander pourquoi ils me semblent tous liés les uns aux autres, et que, finalement, toute cette virtualité n'est qu'une vaste conspiration contre moi. Je sais pas si je l'aurai, ma belle histoire. Je sais juste que je veux une histoire "vraie". Ca sera déjà un bon début. ****** Inner City - Fire [169 INN FIR 1] A ma grande surprise, CD trouvé à l'époque dans les bacs de promo de Carrouf, avant qu'il soit retiré d'édition. Je l'ai eu à moins de 30 Francs. Ca m'a permis de me familiariser avec ce groupe, dont je ne connaissais que l'album Praise (dont je ne tarirai jamais assez d'éloges), et les tubes techno-pop incontournables qu'étaient Big Fun et Good Life. Ce deuxième album, commercial au demeurant, reste néanmoins rempli de petites perles technoïdes du premier au dernier morceau. Innovators, That Man, Fire, du Kevin Saunderson tout craché, sans surprise et pourtant si jouissifs! Arf, je l'adore, ce producteur!!! |
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