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February 15 Ce n'est pas un cauchemarIl vous est déjà arrivé de faire quelque chose que vous saviez dangereux? Il vous est déjà arrivé d’aller tout droit vers ce danger, vous disant qu’il n’est plus possible de reculer, alors que vous savez très bien que vous pouvez reculer, fuir, vous abstenir, mais non, vous y allez quand même? Il vous est déjà arrivé de vous retrouver en plein milieu de ce danger tant appréhendé et de vous dire que vous le saviez, que ça allait arriver, mais que vous ne pouviez plus reculer, parce que c’était trop tard et qu’il n’y avait plus aucun échappatoire?
Je crois que ce qui m’est arrivé il y a deux nuits, c’est de ma faute. Entièrement. A ce stade, ce n’est même plus de l’inconscience. Ou alors une envie profondément inconsciente de vivre un danger. Je ne sais même pas. Sortir avec un maniaco-dépressif bipolaire sans traitement. Pourquoi? Pourquoi, alors que, au plus profond de moi, je savais que je ne voulais pas de cette relation? Que je ne voulais pas de lui? Tout le monde connait le mot “angoisse”. Moi, ce mot, je l’ai vécu, je sais maintenant quel sens il a. Vous savez, c’est quand toutes les lumières sont éteintes, juste le pâle reflet de la lune, que vous n’avez qu’une envie, c’est que cette nuit passe vite, si vite, que vous vous débarrassiez de cette nuit au plus vite, de tout ce qui s’est passé cette nuit. Vous êtes là, allongé, les yeux grand ouverts à fixer le plafond, parce que vous avez peur de vous endormir. Parce que si vous vous endormez, vous n’allez plus rien maîtriser. Vous entendez ces souffles douloureux de respiration, vous sentez ces mouvements brusques et violemment retenus, vous souhaitez pouvoir revenir en arrière… Et c’est là que, soudainement, une main se referme sur votre gorge et se met à serrer fort, fort, si fort que vous avez mal et que vous n’arrivez plus à respirer, et que vous prenez conscience que vous êtes en plein dedans. De ce danger. Ce danger dont vous saviez qu’il allait arriver. Et vous attrapez cette main pour lutter contre elle et la repousser. C’est là que vous voyez ce garçon se réveiller, en pleine crise, les traits défigurés par une sorte de haine incontrôlée, les doigts crispés par une peur irrationnelle. Il n’est même pas conscient d’avoir tenté de vous étrangler dans son somnambulisme. Il veut de l’affection, mais vous, vous voulez dormir, vous réfugier dans le sommeil pour oublier, pour que le temps passe plus vite, mais lui veut plus, et sans prévenir, vous plaque contre le matelas pour vous prendre de force, en vous léchant le visage. Vous le repoussez violemment et fermement, et il se met à pleurer. A vous reprocher tous ses malheurs, votre distance, votre hypocrisie. Ses pleurs vous déchirent. Vous ne voulez qu’une chose, être seul, mais ce n’est pas possible. Parce que la nuit est déjà avancée, et que vous êtes encore trop humain pour mettre dehors un maniaco-dépressif en pleine crise. Alors vous vous dites que ce qui vient de se passer n’est pas si grave et que tout va bien se passer maintenant. Mais vous savez, en vous disant ça, qu’il n’y a que vous que vous essayez de rassurer. Parce que tout ce qui est en train de se passer, vous saviez que ça se passerait, mais vous n’avez rien fait pour l’éviter. Et il continue de pleurer, de vous culpabiliser de ses reproches. Vous tentez la discussion pour le calmer, pour qu’il s’endorme, pour ne plus avoir à supporter ça, cette crise, ces reproches, cette culpabilité dont vous savez que vous n’êtes pas coupable, mais qui vous culpabilise quand même. Cette discussion, ces mots, ce n’est rien d’autre que de l’hypocrisie égoïste, parce que c’est à ce moment-là, mais trop tard, que vous comprenez que vous ne voulez pas de tout ça. Que vous n’en voudrez plus jamais. Que vous venez de devenir insensible à la pitié pour toujours. Que vous voulez être égoïste et insensible au malheur des autres pour le reste de vos jours. Pour vous protéger. Et c’est à ce moment qu’il n’arrive plus à respirer. Qu’il s’étouffe. Qu’il perd la vue. Qu’il sent des ombres. Entend des voix. Qu’il fait un malaise. Qu’il se lève sans pouvoir tenir sur ses longues jambes. Une sorte de grand géant en slip, ridicule, effrayant. Comment avez-vous pu trouver si beau ce grand garçon d’1m92? Il vous fait peur, s’écroule dans vos bras de tout son poids, et vous êtes incapable de le soutenir. Il tombe par terre, sursaute sur lui-même, comme si chacun de ses muscles était possédé par un démon. Vous ne savez pas quoi faire. Parce que vous savez qu’il n’y a plus rien à faire. Parce que vous êtes en plein dedans. Dans le noir. Vous arrivez à le ramener dans le lit, et dans un sursaut d’intelligence, vous saisissez votre téléphone pour appeler les urgences. Parce que vous vous dites que c’est toujours un moindre mal de voir débarquer à trois heures du matin des inconnus qui vont vous harceler de questions et vous demander d’expliquer la présence dans votre lit d’un maniaco-dépressif en slip sans traitement dont vous ignorez même le nom de famille. Et ce serait bien fait pour vous parce que vous savez que cette honte, vous l’aurez largement méritée. Mais il vous supplie, entre deux suffocations de sanglots étranglés, de ne pas le faire. Vous n’avez pas mangé depuis 24 heures. Mais vous n’avez pas faim. Et vous contrôlez votre tremblement, parce que vous n’avez pas le droit de trembler. Parce que si vous vous mettez à trembler, vous ne pourrez plus rien contrôler ensuite. Une clope. Une clope. Il vous veut dans le lit avec lui, mais vous ne voulez rien d’autre qu’une putain de clope. Il se remet à sangloter, prisonnier d’un délire qu’il tente de vous expliquer, mais dont vous ne comprenez pas un traître mot. Un chien, l’internement en hôpital psychiatrique, les neuf tentatives de suicide, les violences paternelles. Vous le rassurez avec des clichés, priant le premier dieu qui passe pour que ça marche. Une caresse pour faussement le réconforter, en espérant naïvement que cela suffira. Les tremblements se calment, la respiration redevient plus régulière. Vous vous allongez, parce que vous vous dites que ça y est, vous allez avoir un moment de répit. Mais vous savez très bien que c’est impossible, que ce répit est illusoire. Parce qu’il se retourne et vous serre fort contre lui, cherchant un réconfort qu’il n’a jamais eu. Et vous êtes là, immobilisé par une nouvelle sensation que vous n’aviez pas eue jusque là. La claustrophobie. L’oppression. L’étouffement. C’est à votre tour de ne plus réussir à respirer. Un malade mental est amoureux de vous et vous serre désespérement contre lui. Et vous, vous êtes là, tétanisé par la peur, vous étouffez tellement que vous ne pouvez pas même pas pousser ce hurlement de terreur qui vous ronge tant à l’intérieur. Vous vous sentez comme enfermé dans un cercueil. Plus aucun échappatoire. Et il serre de plus en plus fort et vous embrasse. L’horreur incarné. Vous vous redressez brusquement pour le repousser violemment. Parce que vous ne pouvez plus. Parce que vous devez vous relever absolument, comme si c’était une nécessité de survie, comme si vous ne vouliez pas plonger dans la folie à votre tour. Et vous lui dites de ne plus vous toucher parce que vous vous sentez dégoûté. De lui. De votre inconscience. De cette nuit. Et il explose en sanglots, pour encore plus vous culpabiliser, vous reprochant tout ce qui lui arrive. Tout. En y ajoutant sa future tentative de suicide par votre faute. En vous décrivant la manière dont il se suicidera à cause de vous. En se jetant par votre terrasse. En se tailladant les veines. En se noyant dans la Garonne, juste devant chez vous, pour que vous souffriez à jamais de l’avoir rejeté. Vous êtes là, debout, à regarder ce visage haineux distordu par les larmes, et c’est là que vous comprenez quelque chose, dans les méandres de cette terreur sans nom qui vous saisit. C’est que vous ne voulez plus faire semblant. Mentir. Alors vous ne répondez pas à ce chantage de suicide. Vous restez silencieux. Vous le laissez continuer de pleurer, sans un mot, sans réconfort. Parce que vous n’avez plus la force. Parce que vous avez décidé que vous ne vouliez plus de cette force. Les sanglots se sont tus. Les tremblements se sont calmés. Plus rien. Vous êtes là, debout, immobile, avec votre cigarette à la main, tirant nerveusement dessus en silence, à regarder ce corps semblant sans vie dans votre lit. Il s’est endormi. Ca y est. Mais vous, vous êtes tellement fatigué. Tellement. Vos paupières sont douloureuses. Votre coeur bat à toute vitesse. Mais vous contrôlez ce tremblement qui ne demande qu’à se manifester. Et vous comprenez une chose capitale. Malgré cette fatigue qui vous terrasse, vous savez que vous ne pouvez pas vous endormir. Parce que si vous vous endormez, c’est la fin. C’est la fin parce que tout pourra arriver. Vous pourrez mourir dans votre sommeil et ne jamais plus vous réveiller. Vous pourrez vous réveiller, et la première chose que vous verrez sera la porte-fenêtre ouverte, laissant entrer le froid, tout en sachant très bien ce que vous trouverez en allant sur la terrasse et en vous penchant au-dessus de la rambarde. Vous pourrez aussi vous réveiller, ouvrir les yeux, vous retourner et trouver à vos côtés un cadavre qui s’est vidé de son sang. Vous savez une chose, une seule, c’est que vous ne pouvez pas vous permettre de vous endormir. Vous ne pouvez pas. Alors, doucement, vous vous adossez contre le mur, serrant fort dans votre main votre paquet de cigarettes comme s’il était un bouclier indestructible, et vous vous laissez lentement descendre jusqu’au plancher. Et vous ne pouvez quitter des yeux ce corps dans votre lit. Avec comme seule lumière le reflet de la lune et l’heure qui clignote sur le magnétoscope. En attendant impatiemment de voir le jour se lever. ****** J’ai affronté la journée de travail sans sommeil. A l’aide de café et de cigarettes. Et de travail acharné pour ne pas penser. Penser à ce garçon qui, au réveil, vous lance avec un grand sourire insouciant, et aussi terrifiant: “Avec ce qui s’est passé, tu risques d’avoir envie de me quitter!” Penser au fait que Choupinou a voulu me prendre dans ses bras et que je l’ai repoussé. Parce que j’ai peur. J’ai peur maintenant. J’ai peur qu’on me serre, j’ai peur d’être submergé par ce sentiment d’oppression que j’ai ressenti cette nuit-là dans mon lit. J’ai peur de ne plus pouvoir respirer. J’ai peur que plus un seul homme ne puisse me prendre dans ses bras sans que je le rejette. Je ne sais même pas comment j’ai pu aller au bout de cette journée. Je ne sais même pas. A peine suis-je rentré dans mon appartement à la fin de cette journée irréelle que mon téléphone s’est mis à sonner. C’était lui. Je n’ai pas décroché. J’avais été suffisamment clair le matin quant à ma décision de ne plus le revoir. Il a laissé un message. M’accusant de l’avoir dévasté, d’avoir abusé de lui, de l’avoir trahi, de m’être servi de lui. Je voulais le rappeler, pour me justifier une dernière fois. Mais je ne l’ai pas fait. Je voulais repousser au plus loin cette peur qui m’étreignait. Cette histoire qui n’aurait jamais dû arriver. Et une crise de panique m’a soudainement surpris. J’étais là, au milieu de mon salon, à regarder ce lit défait, la couverture qui pendait encore jusqu’au plancher, avec le soleil qui se couchait et qui assombrissait la pièce. J’ai revu ce corps dans mon lit, j’ai revu les ombres, j’ai senti l’odeur de sa peau tout autour de moi. Comme s’il se tenait juste derrière moi, nu avec un slip, comme un grand et maigre cadavre de géant désarticulé dont on aurait fracturé tous les os. La lumière. Il faut que j’allume la lumière. La porte. Fermer les volets. La porte. Oui, elle est fermée. Il va revenir. Je le sais. Il est déjà là. Je le sens, il m’attend dans le couloir, dans le noir. Je ne suis même plus en sécurité chez moi. Je voulais appeler Nico, il m’aurait été à dédramatiser. Mais je ne voulais rien dédramatiser. Je ne voulais pas appeler Oli, j’avais peur de ne pas trouver les mots, de ne pas arriver à parler, à lui parler, peur qu’il ne comprenne pas. Je voulais appeler, je voulais appeler, je n’avais personne que je pouvais appeler. J’étais seul, dans mon appartement. Seul. Avec lui. Dans ma tête. Je n’avais pas dormi. Pas mangé depuis deux jours. Seb. Seb. Seb. Seb. Big. Seb. Seb, où es-tu? Seb, pourquoi tu n’es pas là? Je l’ai appelé. Et j’ai explosé en larmes. Ces larmes que j’avais refoulées le plus loin possible, elles sont venues. Et je n’arrivais pas à m’arrêter. J’ai toujours joué cette fausse dignité devant Seb depuis le jour où nos regards se sont croisés et que je suis immédiatement tombé amoureux de lui. J’ai toujours voulu lui montrer que j’étais le plus fort. J’ai assez eu confiance en Seb pour lui dévoiler honteusement ma faiblesse hier soir. C’est le choc. C’est le choc, tout ça. Seb, merci. Merci d’avoir dit ce que tu as dit, d’avoir été là. C’est le choc. Je tremble encore. Je ne veux plus laisser personne me serrer dans ses bras. Il faut que quelqu’un me serre dans ses bras. Pour que je puisse laisser à l’avenir quelqu’un me serrer à nouveau dans ses bras. Parce que ça me fait encore plus peur que plus personne ne puisse me serrer dans ses bras. February 10 Chouette, un nouveau jeu!Finalement, parfois, je me dis qu’aujourd’hui, avec les hétéros, on s’amuse plus qu’avec les homos… Je ne sors plus dans les bars et les boites gay, parce qu’après y avoir bossé plus de six ans, voilà, une bonne overdose de tout ça… Et puis je crois que j’ai passé l’âge de me retrouver entouré de dindes et de pintades qui sautent en l’air comme des morpions hystériques tout en reproduisant des chorégraphies de Mylène Farmer même quand c’est du Britney Spears qui passe… Après plus de six ans où, chaque weekend, j’étais derrière un bar à faire rêver les clients tout en me saoûlant au champagne, ben le jour où j’ai tout arrêté, j’ai décidé d’aspirer à la tranquillité des weekends, et re-découvert le plaisir simple d’une soirée pizza-coca-trilogieM6… Mais bon, j’ai fait aussi l’erreur de tomber le piège de l’extrême et de me couper complètement des autres le weekend pendant plusieurs années, et maintenant, je me dis qu’être sociable un soir de temps en temps, ça fait toujours du bien aussi…
Vendredi dernier, Rabia, une de mes anciennes responsables, m’a intercepté dans le couloir pendant que je défilais avec ma nouvelle chemise italienne noire pour me proposer une petite soirée intimiste chez elle. L’invitation est d’autant plus touchante qu’en deux ans, c’était la première fois qu’elle m’invitait. Cette semaine, apparemment, a été maudite pour pas mal de monde. Bon, moi, entre deux démissions, un avertissement et une nana que j’ai fait pleurer trois jours de suite, je n’avais qu’une hâte, que la semaine se termine pour relâcher mes nerfs. Rabia n’avait pas non plus été épargnée, avec deux convocations chez la RH parce qu’elle avait refusé de recruter des personnes qu’elle jugeait incompétentes (oui, il n’y a rien de logique chez ma RH…), et elle voulait organiser cette petite soirée histoire de finir la semaine sur une bonne note, et que notre petit noyau dur au sein de l’entreprise puisse se retrouver. Quelque part, oui, elle voulait se retrouver dans un climat de confiance, entourée de ses alliés et amis. Et bizarrement, le noyau dur, c’était ma petite équipe de l’époque où je suis arrivé dans l’entreprise: Nicolas, qui bosse en tant que support de Rabia, Choupinou, son responsible Franck, mon pote et ami black Fred et sa copine. Eux aussi en ont chié cette semaine et ont tout de suite accepté l’idée. A 21 heures, tout le monde a débarqué avec son stock d’alcool et de bouffe. J’ai décidé de mettre de côté Princesse-Axel-Champagnée pour arriver avec mes bouteilles de vodka. Choupinou, lui, avait dévalisé le 8-A-8 en bas de chez lui et avait une cargaison de bières. R’n’B et hip-hop en fond sonore à volume moyen, la télé sans son avec Kylie toute mignonne avec sa coupe de Tootsie, et tout de suite, tout le monde qui se sert, qui parle fort, qui rit… Oui, j’ai bien fait de venir, c’est bien mieux que NCIS… Après avoir fait siffler les oreilles de la RH pendant trois quarts d’heure, chacun y est allé de sa semaine de merde. Je me rends compte que le pire n’est pas chez moi lol. Choupinou et Franck, eux, gèrent un plateau d’une soixantaine d’agents qui vendent des assurances complémentaires décès, et tous les agents sont des psychopathes… Style une nana qui se lève, Choup’ qui demande: “Ben qu’est-ce que tu fais debout?” Et elle qui répond: “Rien, je vais juste filer une tarte à une collègue”, et hop, elle met une beigne dans la gueule d’une nana. Ou alors un mec qui passe toute la journée avec un post-it collé sur sa tempe gauche, avec marqué dessus “ta gueule”, et à chaque fois que sa voisine de gauche veut lui parler, il lui dit rien et lui montre le post-it. Je crois que j’aurais dirigé cette activité, j’aurais terminé en thérapie mdr! La soirée continue, les verres se vident et se remplissent sans compter, Choupinou est avachi sur moi… J’attrape mon téléphone portable pour immortaliser cette scène en photo de nous deux, je fais la photo, et bam, il me vole un baiser. Encore. Et le plus marrant, c’est que ça n’a choqué personne dans la pièce. Même pas de gros regards du style “oh tiens, Jeremy et Axel s’embrassent”, non, même pas, apparemment, c’est naturel pour eux. Et Choup’ est resté avachi sur moi pour le reste de la soirée. C’est marrant comme j’ai ma place chez les hétéros. C’est marrant comme les mentalités ont évolué en 20 ans. C’est marrant comme on me considère en tant qu’Axel, et non pas en tant qu’homo. Aucune ambiguïté, aucune crainte, aucune retenue. Choupinou peut rester avachi sur moi avec sa main sur ma cuisse, pas de problème. Fred peut rester à me tenir la main pendant une demi-heure par simple amitié, pas de problème. Ou alors je me suis entouré des meilleurs amis hétéros, je ne sais pas. Mais c’est dans des moments comme ça que je me dis que j’ai quand même beaucoup de chance d’être aussi bien entouré. Et là où la soirée a basculé, c’est lorsque Nicolas a eu la bonne idée de faire un petit jeu intelligent. Une bouteille de vodka et un jeu de cartes. Les cartes sont posées sur le goulot de la bouteille, et chacun à son tour, on doit souffler pour faire tomber quelques cartes, et celui qui fait tomber toutes les cartes, ou pour qui il ne reste plus qu’une seule carte quand arrive son tour, ben il boit une gorgée de vodka. J’ai perdu la première fois, me justifiant par le fait que je suis asthmatique (qu’est-ce que je suis faux-cul parfois mdr!), mais pour les autres tours, je me débrouillais bien. Une fois qu’on était tous bien faits, on a décidé de jouer à un nouveau jeu très intelligent, toujours en rapport avec l’alcool. Chacun son verre rempli devant soi. On tape chacun à son tour une fois dans les mains en suivant le sens des aiguilles d’une montre, et si on tape deux fois, le sens change. Et celui qui tape alors que ce n’est pas son tour, ben hop, il boit cul sec son verre. Au départ, Choupinou faisait exprès de perdre parce qu’il avait soif. Mais une fois que le jeu a vraiment commencé, c’était génial, et finalement, mon expérience de barman m’a été bénéfique, parce que je tenais mieux l’alcool que mes potes. Choup’ vidait verre sur verre, et Fred était tordant de rire, parce qu’il regardait tout le monde taper dans ses mains à une vitesse méga-rapide, et son regard dubitatif et désespéré quand plus personne ne tapait dans les mains et qu’il comprenait au bout de six secondes que c’était son tour, c’était tordant de rire. Bon, au bout d’une demi-heure, on a corsé les règles: celui qui faisait perdre son voisin décidait d’imposer une contrainte: tout le monde se vouvoie, tout le monde prend le nom de son collègue de gauche, tout le monde parle en inversant le masculin et le féminin, personne ne montre du doigt, tout le monde boit de la main gauche… Et celui qui se trompe, ben hop, même s’il a frappé dans ses mains, ben il boit aussi un verre cul sec. Au bout de dix minutes, Choupinou était complètement bourré de chez bourré, et Fred pleurait tout seul parce qu’il arrêtait pas de perdre et qu’il était totalement ivre mdrrrrrr! Ah, qu’est-ce que j’aime les jeux hétéros intelligents! Mais évidemment, la soirée ne pouvait pas se terminer comme ça, hein, parce qu’il fallait revenir jusqu’à la voiture et traverser plusieurs rues en passant par la place de la Victoire (très fréquentée par les étudiants et les wesh-wesh le weekend) en plein horaire de fermeture des bars. Et les fermetures de bars sur la Victoire, c’est toujours chaud, avec les mecs bourrés qui se bastonnent et tout et tout… Donc, chacun s’épaulait tant bien que mal pour que personne ne s’écroule en chemin, et moi, évidemment, je serrais contre moi Choupinou, défoncé, pour l’empêcher d’aller se faire écraser sur la route. Mais en passant devant le bar Le Bodegon, Choupinou a eu soudainement une idée très pertinente et très constructive: il s’est mis à gueuler devant: “Bodegoooooooone, baaaaaar de mèèèèèèèrdeuh! Tous des connaaaaaaards!” Et là, les deux videurs se retournent vers nous, ainsi qu’une quinzaine de clients. Alors j’attrape la main de Choupinou, et je lui dis d’avancer en fermant sa gueule. Mais un mec bizarre a débarqué et a attrapé violemment ma main qui serrait celle de Choup’ en beuglant: “Qu’est-c’t’as dit, qu’est-c’t’as dit?” alors qu’un autre murmurait des incantations pour m’envoyer le mauvais sort dans mon dos. Et tandis que Choup’ criait: “Bar de mèèèèèèèrdeuh!”, Fred a choppé le mec qui m’avait attrapé par la main pour l’envoyer balader par terre. Et pendant qu’on s’enfuyait en courant, Choup’ qui continuait de gueuler: “Libertéééé d’expression! Bar de mèèèèèèèrdeuh!” Ben miraculeusement, on est arrivés vivants jusqu’à la voiture de Nicolas! Oui, c’est quand même con, un hétéro bourré, je vous l’accorde. Surtout Choup’ quand il a bu, et c’est p’têt pour ça que je ne vous le présenterai pas lol! En tout cas, pas à une soirée où il y a de l’acool lol! Mais je me rends compte, encore une fois, que mes amis, ce sont quand même les meilleurs. Et autant d’amitié et d’amour, ça réchauffe toujours autant le coeur. J’ai beaucoup de chance, un boulot, la sécurité financière, des amis… La prochaine fois que vous m’entendez râler, par pitié, mettez-moi une beigne pour me rappeler que je suis heureux! (P.S.: Cam’ et MiKL, bizarrement, je peux pas accéder depuis quelques semaines à vos blogs, ça fait buguer mon ordi, mais je vous oublie pas!!) ****** Amanda Lear - Fantasy [319 LEA FAN 1] Ah, un autre hymne du Boy’s Paradise. A l’époque, je ne savais pas que c’était Amanda Lear, c’est en l’entendant dans une compil’ que j’avais acheté à l’époque que ça m’avait halluciné de découvrir ça. C’est très dance, produit par les Bass Bumpers, avec le refrain chanté par la chanteuse du groupe, tandis qu’Amanda susurre en anglais les couplets, et ça a toujours rameuté tout le monde sur la piste de danse. Et, quelques années plus tard, quand j’ai rencontré Amanda lorsqu’elle est venue faire un spectacle dans la boite de nuit où je bossais, j’ai découvert une femme exceptionnelle: drôle, intelligente, beaucoup de répartie sur elle-même et les autres, et sur scène, elle est majestueuse, une vraie dame, une vraie lady. Ceux qui pensent qu’elle n’est qu’une vieille femme bête et superficielle, ils ne savent pas à quel point ils sont à côté de la plaque. Et bien sûr, hein, elle m’a dédicacé mon CD!! Vous pouvez le voir sur la pochette en photo avec ce billet! February 09 Encore une fois!Non, parce que, quand même, vous devez savoir…
Parce que, hier soir… Ben Choupinou et moi, on a récidivé!!! ****** Des’ree - You Gotta Be [318 DES YOU 1] Ah, Des’ree, cette voix unique, chaude, si particulière et identifiable… J’avais moyennement accroché sur son premier single, mais là, ça a été un coup de coeur. Tout le monde connait cette chanson, c’est obligé, mais ça ne fera jamais de mal à personne de s’en reprendre une petite dose! February 04 Allez hop, à qui le tour?Ah, pourtant, j’avais prévenu que j’étais pas un gentil…
Aujourd’hui, j’ai fait éclater en sanglots une nana de mon service après lui avoir mis en pleine tête un avertissement. Et puis aujourd’hui aussi, j’ai poussé un mec à prendre la décision de démissionner. Y a pas à dire, je tiens une de ces pêches!!!! (P.S.: Johann, prends-en de la graine! =) ) ****** Maxx - To The Maxximum [317 MAX TOT 1] Ah, j’entends Nico qui soupire en haussant les épaules, rétorquant un: “Ah, p’tain, le p’tit, il achète vraiment que des merdes!” Et l’aurait pas forcément tort, mon Nico! Mais, prenons l’exemple de ce premier et unique album de Maxx (à moins que j’eusse loupé un épisode entretemps…)… Aujourd’hui, ce CD est introuvable, retiré d’édition… Et j’en connais qui se disent aujourd’hui: “Ah mais si j’avais su, à l’époque, ben je l’aurais acheté…” Alors, à tous ceux qui regrettent, non, ne vous inquiétez pas, ne regrettez pas trop… Parce que ce CD, même s’il s’est aventuré dans des domaines électroniques un peu plus aventureux que la moyenne (“To The Maxximum Part 1”, “I Can Make You Feel Like”), ben il n’aura pas changé le sens de rotation de la planète dance. Oui, bon, d’accord, le premier single, Get-A-Way, a lancé la mode de l’eurodance avec son beat si caractérisé, et No More, qui a suivi, était bien sympa. Mais aujourd’hui, qui oserait avouer qu’il se rappelle avec amour de Maxx? |
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