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    March 27

    Petits plaisirs exotiques

    Cette fois-ci, j’ai retenu la leçon ! Je sors (enfin, sortir est un grand mot) avec un garçon, et cette fois-ci, je n’ai pas refait l’erreur de l’ajouter sur mon MSN. Parce que comme ça, pas de MSN, pas de connaissance du blog, pas de lecture du blog, donc pas de remontrances de duchesse vexée. Et là, ça vaut quand même le détour !

     

    Toujours par un souci de confidentialité, nous l’appellerons Cuba. En fait, ce garçon, je suis déjà sorti avec lui il y a cinq ans. Ah, je vois déjà NicoW qui secoue la tête d’un air dépité en marmonnant que c’est pas bien, que le réchauffé est mal, blablabla… En fait, à l’époque, ça n’avait pas duré très longtemps avec ce jeune Cubain tout fraîchement débarqué en France. Pourtant, il était super bien gaulé, était très mec (par ses attentions et sa tendresse très virile) et un putain de bon coup au pieu. Mais plusieurs choses m’ont fait le quitter très rapidement. Un, parce que moi-même, je traversais une sale phase où je ne m’aimais pas ; deux, parce qu’en tant que tout nouveau gay après 20 années d’hétérosexualité, il se sentait sale de coucher avec un mec, et c’était pour cette raison qu’il n’allait plus à l’église (sic) ; trois, parce qu’avant de quitter sa ville exotique, il avait engrossé sa petite copine de l’époque, et comme il ne voulait pas laisser un enfant dans un autre pays, il lui a demandé d’avorter, mais comme elle a refusé, il lui a mis une beigne dans la gueule et l’a forcée à avorter… Evidemment, moi qui, à l’époque, bossait comme consultant au Planning Familial au rayon des violences conjugales et du droit à l’IVG, ben, il m’a raconté ça super tranquillement juste après l’acte sexuel, alors que je me reposais allongé avec lui, ma tête sur son pectoreau gauche, son bras autour de mes épaules… Je me suis dit que j’allais pas tarder à me prendre une beigne aussi si je refusais d’avaler ou, insulte suprême, si je recrachais lol ! Et quatre, et pas le moindre, c’est que, comment dire, pendant l’acte, il était, disons, très expressif. Tellement expressif qu’à cause de mes murs peu épais, mes proprio ne loupaient absolument rien de nos ébats. Et évidemment, il beuglait avec l’accent, et je vous laisse imaginer le résultat :

     

    « Aw, Axèl, sitouplé, aw, sitouplé, Axèèèèl, aw, Axèèl, aaaw, yé vé youir ! »

     

    C’était tellement bruyant et ostentatoire que j’étais à chaque fois obligé de pratiquer un bon vieux 69 afin de lui remplir la bouche, quitte à l’étouffer, pour ne plus l’entendre… Oui, la vie est dure pour moi, je sais… Bref, au bout d’une semaine, je l’ai quitté. Il a pleuré.

     

    Et nous avons repris contact il y a un mois, parce qu’il a trouvé un job de vendeur juste à côté de là où je bosse. D’abord sur un site de rencontres, puis par textos, et enfin, il s’est décidé à venir chez moi pour prendre un café. Plusieurs mugs, plusieurs clopes, nous avons lui et moi pendant deux longues heures essayé de résumer les cinq années qui étaient passées. Et plus on parlait, plus nos corps se rapprochaient. Et comme il est toujours aussi bien gaulé, et que moi, aujourd’hui, je me kiffe, ben naturellement, sans prévenir, on s’est embrassés. Et embrassés. Et évidemment, je ne le vous cache pas, c’est devenu très, très, très chaud.

     

    Pendant le magnifique acte buccal dont je le gratifiais, j’étais relativement content. Parce qu’il avait arrêté de hurler durant le sexe. Bon, ses gémissements étaient toujours aussi expressifs – et pour le coup très flatteurs pour moi – mais là, plus aucun risque de réveiller mes proprios. Enfin, je n’allais plus avoir de crainte de coucher avec lui. Jusqu’au moment où, sans prévenir, il s’est mis à hurler :

     

    « Aaaaaaaaw ! Yé vé youiiiiiir ! Aw pitin, yé vé youiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiir !!!!! »

     

    Super pris au dépourvu et aussi affolé, j’ai dévissé ma bouche pour le faire taire, mais trop tard, paf l’œil, et l’autre qui a beuglé jusqu’au bout. Décidément, je crois que je devrais vraiment m’inspirer de ma vie pour faire une série dans le style de Queer As Folk…

     

    Oui, bien sûr que je vais continuer de sortir avec lui. Mais soit en repratiquant le 69, soit en le baillonnant !!!!

     

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    J. Peter Robinson – Wes Craven’s New Nightmare [388 ROB WES 1]

     

    C’EST QUI ? J. Peter Robinson est un compositeur de musiques de film très prolifique, puisqu’il a composé pour plus de 70 films, téléfilms ou séries TV, en majorité dans le registre de l’horreur ou du fantastique.

     

    C’EST QUOI ? Wes Craven’s New Nightmare est en fait le dernier opus officiel des aventures du griffu Freddy Krueger (si on excepte Freddy Vs. Jason), avec pour concept le fait que Freddy Krueger existe vraiment et revient hanter l’actrice principale du premier épisode dans sa vie réelle.

     

    VERDICT ? C’est une soundtrack plutôt bien fichue, alternant ambiances de terreur et compositions classiques, avec un petit passage bluesy bienvenu, et mettant en avant le thème principal composé par Charles Bernstein.

     

    (Pas d’extrait musical ici, apparemment, le morceau est trop court pour être accepté !)

    March 21

    Fuck Les Brunchs Parisiens! - Première édition

    Oui, le tout premier événement décadent « Fuck Les Brunchs Parisiens ! » a eu lieu jeudi dernier ! Une nouvelle forme de célébration qui se déplace hors de la capitale pour aller directement flirter avec le soleil et l’exotisme !!! La première date a eu lieu, bien sûr, à Bordiouxe, la grande mégapole !!

    Moi, ce que j’aime bien, c’est que ça faisait plus d’un an que je n’avais pas revu ma Bou (et la dernière fois que je l’avais vue, elle était mourante sous les couvertures, et je lui apportais des verres d’eau !), et pourtant, quand elle est arrivée juste devant la porte de mon boulot et que je suis monté dans sa voiture, c’est comme si que ça faisait trois jours qu’on s’était pas vus. J’aime bien cette forme de magie si typique de notre petite tribu. Même pas une impression ou une pensée du style « putain, ça faisait longtemps », c’est juste un truc aussi naturel que l’air qu’on respire qui passe, et les mots fusent comme si qu’on habitait la même ville. Oui, c’est notre magie à nous tous, et elle est rare. Et puis, en plus, ma Bou, ben elle était radieuse ! Moi aussi, d’ailleurs, avec ma chemise noire à rayures et ma cravate de soie noire !

    Evidemment, dès le départ, hein, faut bien qu’on se fasse remarquer, la Bou et moi ! A peine on se gare qu’un vigile des quais arrive direct avec son vélo pour nous dire que nous n’avons pas le droit de nous garer… Bou commence à battre des paupières et moi, je fais mon plus grand sourire de jeune homme d’affaires cool et moderne, et lui explique que nous n’en avons que pour une heure, que je travaille là, que Bou a une formation une heure et demi plus tard, que nous nous retrouvons le temps d’un rapide brunch… Bou continue de battre des paupières, je lance mon regard de séducteur avec le p’tit sourire en coin, et le vigile nous donne l’autorisation de laisser la voiture là en nous faisant promettre de ne rien répéter si un autre vigile pose des questions, et qu’on ne l’a jamais vu. « Vu qui ? » lui réplique Bou, ravageuse flirteuse. Hé ! Z’avez vu ! ‘tain, ça fait même pas cinq minutes qu’on est ensemble qu’on a déjà fait craquer un beau grand gaillard !

    Le cadre de ce premier « Fuck Les Brunchs Parisiens ! » était idyllique. Un ciel bleu azur, un soleil généreux, une chaleur agréable, la Garonne en fond, et évidemment, du beautiful people everywhere. J’ai pu montrer à Bou la légendaire terrasse de pause qui fait la taille de tout un hangar, là où je prends mes 43 cafés chaque jour. Et ce fut une heure de sourires, de partages, de confidences, d’impressions échangées, d’aide à l’autre… Et Bou détient même une exclu sur moi que, j’espère si ça se confirme (normalement lundi), je partagerai avec vous. (Non, NicoW, je ne me pacse pas !)

    C’est cette magie que j’aime. On habite aux quatre coins de France, on se voit maxi une à deux fois par an, mais l’amour reste le même, est toujours aussi fort. Sans s’en rendre compte, nous tous, moi, Bou, NicoW, Oli, Heav’, Cam’, on a réalisé un truc incroyable. Je souhaite à chacun de connaître une telle sincérité et une telle fidélité dans sa vie.

    Et puis vous verrez, quand Bou aura retrouvé son satané cable, à quel point on est canons de chez canons au soleil !!!

    (Attention, indice, mon petit doigt me dit que la prochaine FLBP ! se tiendra sur l’Ile de Ré !)

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    The Outhere Brothers – Don’t Stop (Wiggle, Wiggle) (Original + Rap Version) [387 OUT DON 1]

    C’EST QUI ? C’est un duo ragga-eurodance américain (bonjour le mélange) composé de Malik Simpkins et Hula Mahone, oui, nous sommes d’accord, grands inconnus au bataillon.

    C’EST QUOI ? Don’t Stop, le premier de quatre singles issus d’un seul et unique album, « 1 Polish, 2 Biscuits And A Fish Sandwich ». Ce single fut d’ailleurs précurseur d’une nouvelle ère dance qui venait remplacer l’épouvantable techno-sex qui avait envahi les discothèques pendant presque un an avec des projets aussi vulgaires que 20 Fingers ou E-Rotic. Les paroles sont d’ailleurs éloquentes : « Move your pussy, take it easy, make me cum » beugle le raggateur… (Soupir dépité) Et aussi, à un autre niveau, ce titre a été l’un des « hymnes » récurrents de la discothèque Le Spectre à Solliès-Pont.

    REMIXES-CLE ? « Edit Mix », eurotrance uniquement sympathique dans son intro, parce qu’ensuite, c’est un peu bruyant-saoûlant ; « Rap Version », qui n’a de rap que l’intitulé du remix, version ralenti avec un beat hip-house et des paroles salaces.

    VERDICT ? Est-ce que ça marcherait aujourd’hui ? Oooooh non. C’est donc juste un souvenir musical à replacer dans son contexte.

     
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    March 18

    Trailer

    A venir, bientôt, sur Bordeaux, un nouvel événement !!!

    « Fuck Les Brunchs Parisiens !! »

    (Uniquement sur carton d’invitation VIP !)

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    Nightcrawlers – Push The Feeling On (New MK Mixes For ’95) [386 NIG PUS 2]

    C’EST QUOI ? Rappelons les faits. En 1993, un morceau dance un peu funky sort : Push The Feeling On. Mouais, c’est sympa, mais c’est un bide. Mais FFRR, la maison de disques, ne se démonte pas, et confie son bébé au producteur-remixeur house à la mode du moment, Marc Kinchen. En 1994, confidentiellement, sort donc le remix tant attendu en promo vinyl pour les DJ, et là, c’est l’explosion sur les dancefloors : sur fond d’underground-house, le refrain joué à l’envers, et si ça en devient inchantable, tout le monde le chante pourtant chacun à sa façon en dansant. Le remix sortira donc en single principal et fera un carton. Mais ça a tellement bien marché que pourquoi s’arrêter là ? Allez hop, Marc Kinchen, le sauveur de la house, se remet en selle pour re-balancer de nouveaux remixes.

    VERDICT ? Ben, là où il est malin, c’est que MK, dans son relifting, a juste refait les paupières. On reconnaît instinctivement le morceau, on sent juste qu’il l’a (un tout petit peu) modernisé pour l’année 1995. Mais, j’ai envie de dire : était-ce bien utile ?

     
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    March 15

    Où est Alexis ???

    Le mois dernier, Popin et moi avons découvert pratiquement en même temps chacun de notre côté le groupe Birdy Nam Nam. Moi, par le biais des magazines spécialisés en musiques électroniques et lui en téléchargeant l’album légalement. (Je suppute que Popin vient d’exploser de rire en lisant cette dernière phrase.) Et on a kiffé direct. Parce que c’est du bon son bien fort et bien énergique, du Justice, mais en mieux et avec plus d’âme. Et comme Popin est un petit peu aussi celui qui me permet de bousculer mes habitudes de train-train tranquille (tout comme moi, je lui apporte quelque chose de posé et de contrôlé), alors quand on a appris que les Birdy Nam Nam passaient en spectacle à Bordeaux, ben tels deux morpions hystériques rodériquiens (Heav’ soulignera l’image), on s’est empressés d’acheter trois semaines à l’avance nos places. La vendeuse de la Fnac doit encore se rappeler de nous. D’ailleurs, tous ceux qui nous croisent tous les deux doivent se rappeler de nous, et pas forcément en bien lol.

    C’était donc hier soir le grand soir, et pour être honnête, j’allais à ce spectacle un peu à reculons. Parce que, parce que, parce que… Parce que je ne sais pas. Parce que c’était la fin de semaine et que j’étais épuisé de mon rythme de travail et de mon manque de sommeil. Parce que je n’avais pas assez écouté l’album au point de connaître toutes les chansons par cœur. Parce que oui, okay, il n’y a pas de paroles, c’est juste de la musique électronique instrumentale, un mix entre rock, électro et hip-hop. Parce que je me demandais l’intérêt de voir quatre mecs mixer pendant deux heures leur propre musique alors que j’aurais été si bien dans mon lit. Parce que l’ « entretien final » (dont je vous reparlerai) m’avait vidé de mes dernières forces physiques et émotionnelles. Parce que mon dos était encore bloqué deux jours avant. Parce que je n’avais rien trouvé pour m’habiller pour la circonstance. Parce que j’avais l’impression que je n’allais pas me trouver à ma place. En même temps, comme Popin me l’a fait remarqué, aller à un concert techno rempli de raveurs et de fumeurs en étant habillé tout proprement avec une cravate, c’est plutôt vachement subversif comme attitude. Mais bon, ça allait être une soirée avec Popin, donc bon, allez go.

    Comment expliquer cette impression de sembler être le plus vieux parmi tous ces djeunss entassés devant l’entrée en train de se bourrer le gosier à la bière et d’engouffrer des sandwiches et des kebabs ? (Ah ben non, c’était Popin le plus vieux hé hé !) Je baisse donc la tête et je suis le reste de la foule, et même là, j’arrive quand même à me faire attraper par un mec que j’avais pas revu depuis des siècles et que j’avais galoché à l’époque pour qu’il me fasse rentrer là où il bossait, et une fois engagé, je lui avais dit qu’on devait mettre un terme à notre relation parce qu’on bossait désormais ensemble… (Oui, déjà à l’époque, j’étais une garce lol) Bref, apparemment, il ne m’en tenait pas rigueur, mais je l’ai perdu rapidement de vue parce que les potes de Popin voulaient absolument boire de la bière à la buvette avant que le spectacle commence.

    Et me voilà donc, exhibant fièrement ma cravate, à faire une queue interminable pour une bière à trois euros que je ne veux même pas boire. Evidemment, dans cette salle, apparemment, la loi anti-tabac n’a pas fait l’unanimité, parce qu’avec cette odeur de joint, j’avais l’impression d’être déjà perché sans même avoir tiré une seule latte. D’ailleurs, bien sûr, Popin distribuait des manuels de prévention anti-drogue (qu’il avait piqués sur le présentoir d’un bar gay) à tous ceux qui tenaient un joint entre les doigts. Je pense que tous ceux qui ont rencontré Popin sur le chemin doivent être persuadés qu’il est fou. Et c’est là que Popin donne un manuel à un mec faisant la queue juste derrière moi. Le mec en question avait, je suppute, bien attaqué la bière, parce que tout de suite, il m’a demandé si j’aimais le jambon et la saucisse. Comme je suis quelqu’un de foncièrement honnête, j’ai répondu que non, pas de jambon, mais que j’étais un fidèle consommateur de saucisses, et uniquement de saucisses. Même attaqué, il avait l’air cool, donc on s’est présentés, et il était ravi de constater que, comme il s’appelait Alexis, ben Alexis et Axel, ça sonnait vachement bien. Bon, l’Alexis, pas un canon, mais une bonne tête, et sympa, et open par-dessus-ça. Parce qu’en tant qu’hétéro qui était venu avec ses potes, ben finalement, il préférait quand même rester avec Popin et moi. Donc, il commence à me raconter que Jean-Nono, un pote à lui, est gay, ah mais que non finalement, c’est pas Jean-Nono, Jean-Nono, il est hétéro, mais c’est Bertrand, qui est musclé sec, mimi, 23 ans et qui recherche l’amour. Et me voilà donc à lui filer mon adresse mail et mon numéro pour qu’il m’arrange un rencard avec son pote. Parce qu’il y a des rencontres improbables comme ça qui arrivent. Et quand je lève la tête, c’est pour apercevoir Popin se dirigeant vers la salle de spectacle tout en se faisant plein de nouveaux meilleurs amis autour de lui. Un jour, il se prendra peut-être un pain, à force lol… Alors que je rejoins Popin, je dis à Alexis qu’on se recroisera peut-être plus tard et lui tourne le dos pour le quitter, mais il s’empresse finalement de me suivre à petites foulées en m’expliquant qu’il s’en fiche de mon numéro de téléphone parce qu’il est hétéro, hein, que c’est vraiment juste pour rendre service à son pote gay, et rajoute un « attends, Axel, attends, j’ai perdu mes potes, je viens avec toi ! » Bon, c’est définitif, il est bien atteint.

    Après avoir semé Alexis, je rejoins Popin dans une immense salle qui ressemble à un entrepôt désaffecté avec un DJ qui mixe du hard-rock. Boudiou, mais qu’est-ce que je fais en plein milieu de tout ça. Tout le monde se bouscule avec le sourire, aucune agressivité, mais trop de milieux sociaux différents qui s’entrechoquent, ça me fait bizarre. Et l’odeur du joint n’arrange en rien mon état. Alexis finalement m’a retrouvé, mais a l’air vraiment perdu. Et d’ailleurs se re-perd juste quand les quatre membres de Birdy Nam Nam apparaissent derrière leurs platines.

    Le son est très bon, rien à dire. Mais les deux premiers morceaux ne m’emballent pas plus que ça. Plusieurs écrans sont disséminés autour d’eux, avec des visuels communiquant d’écran en écran, une technologie utilisée à un plus ample niveau pour le dernier concert de Kylie, mais bon, je tapote du pied, sans plus. Et puis vient une longue intro ambient avec des nappes sonores, quelque chose de vibrant qui me plait bien, pour se transformer en une putain de montée, et là, quand ça explose, c’est comme si j’avais gobé quatre taz, parce que me voilà à hurler et danser, conquis par la musique et les lumières. Parce que là où les Birdy Nam Nam sont forts, c’est qu’ils ne se contentent pas de jouer leur album. En réalité, ils remixent en direct tous les morceaux de leur album, les mégamixent entre eux, nous font revenir des samples en plein milieu d’autres chansons, c’est juste un truc énorme. Et Alexis qui repasse devant moi, l’air penaud, perdu et désespéré, en me disant qu’il retrouve pas ses potes. Et il s’enfonce encore plus dans la foule jusqu’à disparaître dans la masse.

    Il n’y a pas à dire, il y avait vraiment des gens space. Bon, on passera sur la grosse vache chevelue qui dansait devant moi, nous refaisant la scène de l’audition dans Flashdance. Après un quatrième passage d’Alexis me glissant à l’oreille qu’il est hétéro, hein, faut pas que je crois le contraire, mais qu’on peut aller boire une bière juste après le spectacle, un petit jeune de 20 piges, plutôt bien gaulé, est venu se mettre devant nous pour mieux voir. Popin et moi, on a zieuté, assez intéressés, mais ce djeunss n’aurait jamais dû se mettre à danser. Parce que, comment expliquer ? Imaginez une guenon qui essaye d’imiter Rocky Balboa sur le ring, mais qui s’est enfoncé une écharde sous le pied. Ben voilà, c’était le djeunss. Alors, on peut me mettre un canon juste devant moi, mais s’il danse comme ça, mais c’est même pas la peine.

    Je vois au loin Alexis tout seul contre un mur, apparemment en pleine tristesse d’avoir perdu ses potes, mais je n’ai pas le temps d’aller le consoler, les Birdy Nam Nam nous offre une version très darktrance’n’bass de Love Your Enemy. Et un pote hyper-looké de Djeunss-Guenon vient le rejoindre : chapeau blanc, débardeur et petits muscles. Il n’aurait jamais dû se mettre à danser lui aussi. Un paysan dansant la zigue n’aurait pas été aussi ridicule. Et c’est là que Popin me fait remarquer qu’on ne voit plus Alexis. Merde, où il est passé encore ?

    Je me tapais une nième montée alors que Birdy Nam Nam transformait leur morceau electro-chillout Homosexuality en bombe dancefloor dévastatrice lorsqu’une nana est venue se coller devant moi. Je ne pense pas me tromper en disant qu’elle appréciait le morceau autant, sinon plus, que moi. Parce qu’elle était déchaînée, comme possédée. Bon, possédée par la vodka, mais possédée. Parce qu’elle a commencé à frotter ses fesses contre moi, ou plutôt contre mon bâton. En voyant mon regard apeuré, Popin a explosé de rire, mais il n’est pas venu me secourir. Et le jambon continuait de se tortiller de plus belle, mettant en place une chorégraphie des bras que n’aurait pas renié Jeanne Mas, et aguichant encore et toujours ma bosse avec son popotin. Elle s’attendait peut-être à ce que je passe mes bras autour d’elle, que je la retourne et que je la chevauche sauvagement contre le mur devant tout le monde, mais non, je lui ai juste filé un coup d’épaule assez fort pour la projeter en avant et me libérer de la place pour danser pour The Parachute Ending en final. Morue.

    Croyez-moi, après deux heures passées dans des vapeurs de marijuana, l’air froid mais frais de l’extérieur fait énormément de bien. Et le concert, pour le coup, contre toute attente, était génial. Aussi bien pour la musique que pour l’ambiance avec tous ces gens bizarres. Et alors qu’on était en voiture à échanger nos impressions, soudainement, Popin et moi nous sommes regardés et nous sommes exclamés en même temps : « Merde ! Alexis ! On l’a perdu !! »

    Le pauvre, il doit toujours nous attendre devant la sortie de la salle mdr ! Nous lançons donc, Popin et moi, un avis de recherche : « Où est Alexis ? » (Et optionnellement, « où est ma chaise de jardin ? »)

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    Underground DJ – Vol 3 : Morel’s Grooves Part 4 – Talk To Me [385 UND MOR 3]

    C’EST QUI ? Qui est George Morel ? Rien moins que l'un des pionniers de l’underground-house. Au début des années 80, il est l'instigateur des plus grands club new-yorkais, et dans les années 90, il s'illustrera en produisant des numbreux vinyls sur le label Strictly Rythm, dont il deviendra même le dirigeant, et il produira de nombreux artistes de garage et de house vocale comme Barbara Tucker.

    C’EST QUOI ? Afin de mieux faire connaître les productions house américaines, la structure Feel The Rhythm sortait régulièrement des maxi-CD de différents labels sous l’appellation « Underground DJ ». Ici, on a droit à Talk To Me de Morel. Un track très-très empreint du style reconnaissable de ce producteur, de la house saxy avec des vocaux aguicheurs (« talk to me, talk to me, parle-moi, parle-moi, je te voix bouger, je te voix danser à l’autre bout de la piste »).

    MORCEAUX-CLE ? « Talk To Me (the talk mix) », très-très Morelien ; « Bouncing Sax » très-très Morelien aussi, avec un sample de saxo entêtant qui revient sans cesse ; « Let’s Groove » qui ne paye pas de mine au début, mais qui s’avère très efficace dans sa durée.

    VERDICT ? Est-ce que la France était prête pour ce style d’underground house ? Non. D’ailleurs, ça n’est jamais vraiment bien passé dans les boites de la Côte d’Azur. Mais la grande surprise vient de Let’s Groove, qui était devenu l’hymne de la discothèque Le Spectre à Solliès-Pont : une mélodie entêtante jouée à l’orgue par-dessus une rythmique gling-gling. Ce morceau d’ailleurs continue d’être joué dans les plus grands clubs 15 ans plus tard. Et rien que pour ça, ce CD-maxi vaut son achat.

     
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