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    May 07

    Un petit café en terrasse avec vous...

    Allez hop, tout le monde, avec moi. Ca fait trop longtemps qu’on l’a pas fait. Nous tous autour d’un bon café virtuel, histoire de parler un peu entre nous de nos vies et de ce qu’elles deviennent, loin des blagues, loin des blogs, loin des facéties de nos billets. Juste histoire de dire, non pas que ça va, mais comment on va vraiment. Ca fait longtemps que j’ai pas discuté VRAIMENT avec vous. Pas de plombier, pas d’acteur porno… Juste moi et vous. Avec le sourire.

    La dernière fois qu’on s’était fait ce café virtuel, je m’en rappelle, c’était il y a quoi, deux ans, sur ma légendaire terrasse… On avait installé une couverture et des coussins par terre… Cam’ et Heav’ s’émerveillaient devant ma tonne de CDs (« Oh putain, il a ça ! Et ça aussi ! »), Bou beurrait des tartines, et il me semble aussi qu’Oli avait envoyé une cuillérée de confiture dans la face de NicoW… Ou c’était du yaourt, je ne sais plus, c’était il y a si longtemps…

    Aujourd’hui, avec le soleil qu’il fait, on va se faire ce petit café directement sur une vraie terrasse… Imaginez le cadre… Un immense trottoir bien propre avec des dalles de marbre, une trentaine de tables, d’immenses parasols blancs… Devant nous, les quais de la Garonne, où on peut voir les gens marcher… De temps en temps, un tram’ passe, mais il ne fait pas beaucoup de bruit (tu m’étonnes qu’il y ait eu deux morts le mois dernier)… Et puis, chose importante, toute la terrasse de café n’est rien qu’à nous !! Allez, pendant que Cam’ et Johann rapprochent les tables, installez-vous, je claque du doigt le serveur (un grand et beau brun ténébreux de 27-28 ans, élancé, T-shirt mauve à manches courtes, pantalon en toile blanc et tongs aux pieds) pour qu’il vienne prendre notre commande. Vous entendez la musique en fond ? De la belle deep house tranquille, comme suspendue dans les airs, avec juste une jolie voix féminine qui chantonne au loin… Bah si, Bou, bien sûr que je connais, c’est Blue Six : Pure (jay’s nitelife dub) ! D’accord, d’accord, je te le mets dans le lecteur en bas de page ! Ah, ça y est, NicoW fait de grands gestes ostentatoires et bruyants, et Oli boude déjà ! NicoW !!! Qu’est-ce que tu as encore dit au petit ???

    Alors, vous tous, comment ça va ? Je veux dire, comment ça va VRAIMENT ? Parce qu’on a trop rarement le temps de parler sincèrement entre nous, de se dire les choses, de se mettre à nu. Et pourtant, ça ne me dérange pas de me mettre à nu devant vous. Depuis le temps que vous me connaissez. Dans mes meilleurs moments comme dans les pires, vous ne m’avez jamais jugé et vous m’avez toujours soutenu, dans toutes mes décisions, dans tous mes choix de vie… Et là, je vais répondre, je crois que je vais bien. Enfin, je ne crois pas, j’en suis sûr. Je vais vraiment bien. Comme ça fait des années que je n’ai pas été aussi bien. Et j’ai cette certitude qui réchauffe le cœur et qui me dit que je ne vais me sentir qu’encore mieux pour chacun des jours qui vont suivre.

    Ma récente transformation physique y est bien sûr pour beaucoup. Pour l’instant, il n’y a que Bou qui connaît mon secret. Je n’en parle pas aux autres, sinon, certaines foudres vont s’abattre, mais que je rassure tout le monde, non, je ne me fais pas vomir, et non, je ne m’affame pas. Je mange même très bien lol ! Mais voilà, j’attendais ce changement depuis tant de temps, ça fait bizarre maintenant. Ce sentiment de puissance, ça m’a transformé. Hier matin, encore, je me décidais à descendre prendre un café en terrasse en bas de chez moi. Depuis le temps que j’habite ici, je connais bien la patronne, rappelez-vous, c’était elle qui m’avait offert un refuge lorsque la tempête avait éclaté en début d’année. Mais je ne vais jamais prendre de café chez elle, je n’en ai pas le temps. Et hier matin, j’ai pris ce temps. Parce qu’en vacances, je ne compte pas rester enfermé, je compte profiter à fond du soleil et enfin re-chausser mes tongs. Bref, elle ne m’avait pas vu depuis cette tempête il y a quatre mois, et là, la première chose qu’elle m’a dite, c’est : « Axel ! Bon sang ! Mais comme tu as minci ! Tu es splendide ! » Et hop, un sourire fier sur mon visage. Et son beau et sexy serveur, qui, en trois ans, n’a jamais daigné me lancer un seul regard quand je passais devant le bar, ben il n’a eu d’yeux que pour moi. Je ne sais combien de pauses clopes il a prises, adossé contre la devanture du bar, à tenter de capter mon regard. Et j’en étais fier. Comme un pape.

    Cette sensation de puissance, d’ailleurs, me donne des ailes. Maintenant, je ne suis plus étonné d’attirer le regard des autres. Et je m’autorise plus d’audace avec les garçons, qui défilent en ce moment. Un peu trop d’ailleurs lol ! Mais quelque part, je rattrape le temps perdu. Je multiplie les rencontres, qui aboutissent ou pas d’ailleurs, mais j’y vais, sans hésiter, tête baissée, pour profiter au maximum de chaque instant. J’ai même gardé un mec 15 jours lol ! Mais bon, il faut que j’arrête de taper dans les petits jeunes, parce qu’il leur manque la mâturité et l’expérience que je recherche aujourd’hui pour construire le reste de ma vie. Oh, ce sont de bons baiseurs, hein, à leur âge, ça bande pour un rien. Tu leur dis « bite », ils bandent ; tu leur dis « pipe », ils bandent ; tu leur dis « éjac faciale », ils jouissent direct dans leur froc sans se branler. Mais voilà, ça, c’est fait, maintenant, je recherche un truc à un autre niveau.

    D’ailleurs, durant ces dernières semaines, une chanson ne m’a pas quitté. C’est Smooth Sailor de Panic Bomber. Attendez, je fais signe au serveur (‘tain, il déchire !) pour qu’il la passe dans le lecteur. Cette chanson, une bombe électro, ben si je l’écoute autant, c’est parce qu’elle est comme moi. Elle ne cesse de monter, monter, menaçant toujours d’exploser, avec ce refrain entêtant… Allez, c’est ma chanson, je la partage aussi avec vous ! Chut, Cam’, ne critique pas ! Quand on écoute les pétasses, on ne critique pas la vraie bonne musique !!

    Dans ce grand élan de narcissisme, forcément, je pense beaucoup plus que d’habitude. Je re-pense pas mal au passé. Aux mecs qui ne sont pas restés avec moi à cause de mon physique, aux mecs qui tenaient à moi mais que j’ai quittés parce que je n’avais pas assez confiance en moi à cause de mes complexes physiques… Et puis je me demande si, aujourd’hui, les choses seraient différentes. J’aimerais recroiser ces ex qui m’ont tant fait souffrir, pour qu’ils me voient, et qu’on recommence tout depuis le début, pour voir quelle tournure ça prendrait maintenant que les choses sont différentes. Et j’ai envie de leur dire merde, de leur dire qu’ils sont passés à côté d’un mec exceptionnel. Et non, NicoW, ne trépigne pas du pied, ne ronchonne pas, ne me fais pas de grands signes, ne t’inquiète pas. Le passé, je le laisse là où il est, maintenant, je ne fais qu’avancer.

    Et attention, pour cette seconde catégorie d’ex que j’ai rejetés parce que je n’avais pas assez confiance en moi, profitez de ce qui va arriver, parce que ça n’arrivera pas deux fois ! Voilà. Je vous présente mes excuses. Je m’excuse de vous avoir fui, alors que vous me preniez tel que j’étais. Je m’excuse de ne pas avoir été honnête. Je m’excuse de ne pas avoir accepté de bon gré la force que vous vouliez me donner. Je m’excuse d’avoir eu peur. Je m’excuse d’avoir préféré me réfugier dans la fuite et la solitude, là où finalement, rien ne nous blesse. Je m’excuse de vous avoir donné de fausses raisons et de vous avoir fait souffrir. Je m’excuse d’avoir voulu me cacher de vous (comme l’avait tout de suite compris Oli au premier regard qu’il a eu sur moi). Je pense à Big, à Olivier, à Daniel, à Didier, à Romain, à Pierre, à Dominique (non, pas l’handicapée lol !)… Non, non, je ne veux pas ressortir avec ces vieux ex lol ! Mais même symboliquement, et ils ne le liront peut-être jamais, mais je leur dois ces explications. Et si, par le plus grand des hasards, on devait ressortir ensemble, alors on reconstruirait toute la relation sur des bases nouvelles, mais le passé est bien là où il est, pour le meilleur et pour le pire. Mais aujourd’hui, une chose est certaine. Je n’ai plus envie de fuir. Je suis prêt pour vivre quelque chose de beau.

    Et étrangement, alors que je ne me suis jamais senti aussi bien, plusieurs personnes de mon entourage se détachent de moi. Un ami plus que proche qui n’a pas supporté mon bien-être et qui s’est mis à distiller, l’air de rien, insidieusement et gratuitement des petites phrases volontairement méchantes, dont il savait qu’elles étaient fortement susceptibles de me faire du mal, juste parce que lui ne supporte pas de vivre son mal-être à mes côtés. Je me rappelle, il y a deux semaines, où j’arborais fièrement au boulot cette chemise fashion à manches courtes dans laquelle je rentrais enfin… Il m’a dit : « Oui, enfin, ça fait pas top si on n’a pas de biceps, hein… » « Je te demande pardon ? » que je lui montre en forçant mon biceps. « Oui, enfin, t’as arrêté ta Power-plate ? Parce que t’es pas très musclé depuis quelques temps… » Là, je reste sans voix, et il rajoute : « Et puis, on dirait que t’as arrêté de mincir, je vois plus trop de différence… » Quand je pense qu’en tant qu’ami, je ne me suis jamais permis de lui dire que depuis plusieurs mois, tous nos collègues de travail se moquent de lui dans son dos parce qu’il a pas mal gonflé à cause de l’alcool, et qu’en plus de son ventre, il a les cuisses grave boudinés dans son pantalon maintenant trop étroit. Mais je ne suis pas méchant. Je le prends tel qu’il est. Mais, même en tant qu’ami, je ne peux pas excuser les méchancetés dûes à un mal-être. Tout comme je ne peux pas pardonner à une amie qui a explosé de rire quand je lui ai annoncé que ma tante avait un cancer du sein. Elle s’est même permis de rajouter aussitôt des plaisanteries d’un goût douteux. C’est bizarre comme des amis de longue date peuvent tout ruiner en l’espace d’un instant. Mais aujourd’hui, je vais au-delà de tout ça. Je refuse les ondes négatives. Je refuse de replonger alors que je me sens au top.

    Tiens, d’ailleurs… Pas mal de mes collègues me détestent depuis quelques temps. Pour l’unique raison que j’ai une conscience professionnelle. Je ne comprends pas qu’on soit payé pour faire un job et qu’on ne rentabilise pas le salaire qu’on gagne. Je ne comprends pas qu’on puisse arrêter de bosser parce qu’il n’y a plus de surveillance et qu’on préfère faire des sudokus ou surfer sur le net, alors qu’il y a encore trois tonnes de travail à faire, et qu’on laisse les collègues bosser deux fois plus pour rattraper le retard. Je ne comprends pas que des nanas trentenaires puissent se conduire comme des gamines de huit ans à chantonner à tue-tête la chanson des Schtroumpfs alors que la RH est justement là en train de faire visiter l’entreprise à de nouveaux clients très importants. Je ne supporte plus de bosser avec autant de feignants et de branleurs immatures. C’est moi qui suis trop strict, trop rigide, trop coincé au stade anal freudien ? Non. J’ai juste une conscience professionnelle. Et je le leur fais savoir bien fort. Et ça ne plait pas du tout. Ca tombe bien. Je vous emmerde.

    Qu’est-ce qu’il fait si bon, avec ce soleil, hein ? Tous ensemble. De pouvoir vous voir tous en vrai, de pouvoir vous parler les yeux dans les yeux. Ca fait trop longtemps qu’on ne s’est pas vus. Depuis tout ce temps, nous sommes tous restés fidèles les uns aux autres, et plus que jamais, vous avez votre place dans ma vie et mon cœur. Si tu savais, NicoW, à quel point j’ai envie de te serrer fort dans mes bras et de me coller la tête contre ton épaule. Toi, Oli, on se voit très bientôt… Mon fidèle ami et mon fétichiste préféré ! Le seul garçon qui m’a porté mes sacs lors d’une journée de shopping ! Tu te rappelles quand, juste avant ton expo, alors qu’on courait dans tous les sens pour trouver tes putain de trépieds, tu m’as dit : « Allez, on lâche tout, on s’enfuit et on perd très loin ! » Moi, je m’en rappelle encore. Tu me manques, on se voit bientôt. Et toi, Heav’, tu es celui qui me connaît, étrangement, depuis le plus longtemps. Parce que tu connais l’ancien Axel et le nouveau. Parce que tu sais plus que quiconque comment je fonctionne à l’intérieur et toutes les embûches psychopathiques qui ont encombré mon chemin. Je chéris cette relation privilégiée. Non, Cam’, pitié, pas de blagues, elles sont insupportables lol ! Et par pitié, écoute de la vraie musique ! Bou, attention, j’ai appris à reconnaître ce regard que tu as, ces yeux qui brillent et qui annoncent que tu t’apprêtes à nous dire une connerie toutes les dix secondes ! Et Johann, depuis le temps que tu dois revenir sur Bordeaux ! Bon sang, quoi !!!!!

    Vous savez quoi ? On s’est bien trouvés. Merci, le destin ! Allez hop, on recommande une tournée de cafés !! Parce que cette terrasse, c’est notre terrasse, elle nous appartient ! (Et aussi, le serveur arrête pas de me mâter ! ^^)

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    The Nightcrawlers featuring John Reid – Surrender Your Love [397 NIG SUR 1]

    C’EST QUI ? Si, si, je vous en ai parlé il n’y a pas si longtemps… Et maintenant, ils créditent le vocaliste, vieux et laid.

    C’EST QUOI ? Le follow-up à Push The Feeling On. Ah ben tu m’étonnes, vu le succès énorme de ce premier single (qui n’était censé n’être qu’un titre comme ça à la base), ah ben, faut rentabiliser, hein !

    REMIXES CLE ? « MK Club Mix », aucune surprise, ça reprend la bonne vieille recette ; « Wand’s Crunchy Nut Mix », de la bonne eurodance à 140 BPM, mais qui a mal vieilli ; « Wand’s Sugar Puff Mix », avec une p’tite réorchestration de la mélodie au saxo plutôt rigolote, et un piano fou bien rave old school.

    VERDICT ? Ben pas de surprise, ça reste bon. Parce qu’ils ont refait Push The Feeling On à l’identique, et même le refrain est semblable. Rappelez-vous, le refrain du premier single était joué à l’envers, et était donc incompréhensible. Là, il est joué à l’endroit, mais on a toujours cette impression de rien comprendre lol ! Non, ça reste un bon vieux souvenir de dance, même si ça n’aurait pas été du luxe de faire preuve d’un peu plus d’audace.

     
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    May 05

    Expérimental!

    Ah ben en lisant le titre du billet, vous devez vous demander ce que j’ai bien pu faire cette fois-ci… Donc non, je n’ai pas tourné dans un porno de foot-fucking, et non, je n’ai pas passé une nuit avec un serial-killer déguisé en nain travesti et baby-sitter à ses heures perdues… Non non, je suis tout simplement allé au concert de Chose Chaton, et sinon son show, la soirée en elle-même était… Ouais, expérimentale, c’est le seul mot qui convienne lol !

    Chose Chaton, qui c’est, me direz-vous ? Bon, c’est vrai, ça ne passe pas à la radio, ça ne passe pas sur Fun TV, mais je soupçonne Cam’ de connaître quand même. Parce que Chose Chaton, c’est le projet actuel de Pierre Pascual, qui avait déjà officié sous son nom ou celui de Cartel Couture, et dont j’avais déjà reporté ici-même la chronique de ses deux précédents concerts. Ceux qui étaient d’ailleurs là à mon 29ème anniversaire (qui aura lieu, nous sommes tous d’accord, dans deux ans !) sur mon légendaire balcon ont pu le rencontrer… Si si, c’était lui qui s’était démené pour me dégoter pour mon annif un poster géant dédicacé à mon nom par Miss Stacey Q en personne !! Bref, le premier concert s’était passé dans un bar associatif tenu par des tatoués et des piercés qui me regardaient super méchamment, avec des photos de vagins ensanglantés accrochées aux murs (les photos, pas les vagins), et le deuxième dans la cave d’un bar où se côtoyaient gaiement hétéros, gays et working-men en costume deux-pièces et cravate. Là, je me demandais ce qui allait m’attendre.

    Accompagné de mes fidèles acolytes Nerix et Nippix, nous nous rendions donc samedi dernier au concert, annoncé à 23 heures, qui se tenait au sein du festival Ciné’marges (ou un truc comme ça, j’ai pas retenu le nom, moi, ce genre de truc, vous savez…). Heureusement que Nippix avait son GPS, parce que pour trouver, hein… C’était assez paradoxal d’ailleurs, parce qu’alors que nous nous perdions au fin fond des quais de Bordeaux dans des rues sombres et coupe-gorge (parce que, sérieusement, si on se retrouve seul à pied et en pleine nuit dans ce coin, ben on serait terrorisé), le dernier album des Pet Shop Boys passait dans la voiture, et de la musique de folles dans ce coin craignos, ça faisait tache… Mais relativisons, ça aurait pu être pire, on aurait pu mettre le premier album des L5 à la place…

    Bref, finalement on trouve, un grand hangar qui tient toit pour une assoc’ dont je n’ai pas trop compris le principe… Une carcasse de bus en plein milieu, une petite buvette, une cour, et un grand-grand espace rempli de gens. A peine arrivé que je me fais accueillir par une bonne amie lesbienne que je n’avais pas revu depuis, oh, facile cinq-six ans. Elle était superbe, comme peut l’être une superbe jeune fille qui est devenue adulte. « Tu n’as pas changé, c’est hallucinant ! » Ah, si tu savais, si, j’ai changé… Tu m’avais quitté à l’époque où je bossais encore en boite, défoncé aux ecstas et mince comme un drogué, et depuis, j’avais pris trente kilos, et finalement, j’ai retrouvé très récemment une splendide silhouette… Et pendant ce temps, des court-métrages passent sur grand écran… J’aurai retenu « Uropop », dont l’action se passe en club… Un jeune clubber qui danse, puis qui va dans les toilettes se faire pisser dessus par toute une bande de mecs louches, qui sèche ses fringues au chauffe-main à côté des lavabos, puis qui retourne danser… J’ai applaudi, mais juste avec deux doigts, hein… S’en est suivi un mec qui chantait, alors que des prénoms défilaient sur le grand écran… Et il chantait des samples de chansons reprenant ces prénoms en même temps que les prénoms apparaissaient sur l’écran… Bref, je me suis tapé tout le calendrier, d’Anastasia de Tori Amos à Ziggy de Céline Dion en passant par Barbara Ann des Beach Boys et Marjolaine de Dorothée… Et j’ignorais qu’il y avait au moins 600 prénoms dans le calendrier… Heureusement qu’on n’a pas eu droit à la version maxi… Apparemment, vus les applaudissements, tout le monde kiffait sauf moi, qui n’ait encore utilisé que deux doigts. Et un regard méchant vers Nerix qui a osé crier « Une autre ! » Grrrr.

    Entre deux happenings, je continue mon public relations avec plein de lesbiennes (et quelques gays) que je n’ai pas revus depuis des siècles, depuis la bonne époque de la Reine Carotte, comme de grandes retrouvailles… A part qu’avant, on était étudiants, et maintenant, on est adultes… D’ailleurs, il faudra qu’on m’explique pourquoi, à chaque fois qu’il y a une soirée tournée vers le 7ème art expérimental, c’est toujours rempli de gouines… Est-ce que c’est pour le côté pseudo-intello-inaccessible de ce 7ème art ? Et pourquoi est-ce que toutes les lesbiennes boivent du vin rouge à ce genre de soirée ? Alors que je continue de papoter, sifflant une bière et parlant du mec avec qui je suis, un mec qui baise bien mais avec qui il n’y a pas de communication verbale (en même temps, la communication, c’est à différents niveaux que ça se passe, hein) (et d’ailleurs, depuis, je ne suis plus avec lui), ben des cris nous proviennent de l’entrée. Un nain hystérique qui a un peu trop trempé dans la coke et la vodka et qui fait déjà un scandale avant même d’avoir payé son billet. Et quand je dis nain, je ne plaisante pas, hein, 1m55 maxi. « Ne le regarde pas trop, sinon il va venir nous emmerder » me conseille Mathilde. « Je te parie qu’avant la fin de la soirée, je sors avec ! » que je rajoute d’un sourire en coin. Bah quoi ? J’aime bien les défis !

    Chose Chaton se fait attendre. Pour nous faire patienter, toujours de manière expérimentale, hein, sur une grand toile blanche sont projetés des vidéos de deux lesbiennes bien caricaturées L World qui ré-interprètent en playback It’s Raining Men et American Boy. Là encore, je n’arrive pas à trouver l’intérêt de faire ça. Mais en même temps, je ne veux pas critiquer, c’est tout simplement moi qui ne suis pas réceptif peut-être aussi. Et un ex plan d’il y a huit ans me passe devant sans me reconnaître. Lui, je ne l’avais pas oublié. Beau gosse, grand et mince brun ténébreux, mais pudique à un point… Je me rappelle, quand il était venu chez moi, non seulement il avait fallu éteindre la lumière, mais en plus, pendant que je le suçais, il avait remonté la couverture jusqu’au-dessus de sa tête… Et puis en plus, il mettait pas la langue pour embrasser… Et il avait pas réussi à jouir… Le naze, quoi… Bref, les vidéos inutiles se terminent, sous un tonnerre d’applaudissements (décidément, je ne suis pas fait pour l’art, moi), et enfin, projeté sur cette même toile, le clip vidéo du single Molinier de Pierre :

     
    Molinier - Chose Chaton
    envoyé par mickbulle

    Même en clip, rien que cette chanson, elle me fait monter comme cinq bons vieux VW gobés d’un coup… Que ce soit la musique ou les cris en final, c’est juste que ça me prend aux tripes et au mental… Peut-être aussi parce que je connais Pierre, qu’on a le même background musical tous les deux, et que je comprends mieux sa musique que d’autres… Mais voilà… Pierre débarque enfin, sortant d’une caravane (expérimental est le mot d’ordre de la soirée, n’oubliez pas), habillé comme un mix entre Jesus Christ et Obiwan Kenobi, et nous interprète acapella au vocoder une version remaniée du Touch Me de Samantha Fox (ex-pé-ri-men-tal !). Je crois que les spectateurs ne comprennent pas trop. Tant pis pour eux. Mais déjà, j’entends des fans derrière moi. Et il continue avec Mousseline Noire et Cochon De Merde (même les titres des chansons sont expérimentaux !)

    Et c’est là que le nain hystérique refait son apparition, hurlant « musique de merde, ça pue ! » Non, chéri, c’est pas de la musique de merde, c’est expérimental. Mais c’est vrai, hein, plus c’est petit, plus c’est teigneux… Pierre fait semblant de ne rien voir, nous chante Pierre Pascual, et sur Teenage Love, dépose sur la scène des photos de sa jeunesse. Le morpion s’approche avec sa canette, se plante devant Pierre et ne bouge plus, le fixant méchamment du regard. Puis il pose sa canette par terre et l’explose en abattant son pied dessus. Ouah. Quel mec. Quelle virilité exacerbée. J’en ai mouillé du gland. Soupir.

    Après La Gigue Des Butches, petite impro avec sa boite à rythmes, et Le Syndrome Mel & Kim très apprécié (Téy, téy, téy-téy-téy !). Puis une version éditée de Ta Main Sur Ton Cœur, remake ambient, dark et torturé de Hand On Your Heart de Kylie. Trop court. La version originale de neuf minutes est juste énorme. Et le nain continue de brailler. Et tous les spectateurs commencent à soupirer contre lui. A une soirée comme ça, c’est quand même un monde qu’il n’y ait pas de service de sécurité. De toute façon, déjà, rien qu’à son attitude à l’entrée, il n’aurait pas dû être accepté. Mais bon.

    Et nous avons droit à une putain de version remixée de Short Dick Man. Complètement inattendu, mais c’est une bombe techno et acid, comme Pierre sait les faire. Mais en même temps, à ce stade-là, tous les spectateurs sont conquis, et s’ils ne sont pas tous en train de danser, en tout cas, ils tapent bien du pied et remuent bien de l’épaule. Assis sur le bord de la scène, Pierre chante Chacun Cherche Sa Chose et le nain revient. Pierre a été relativement patient jusque là. Mais vu que personne n’est intervenu, c’est lui qui est obligé de s’en mêler. « Tu dégages maintenant ! Tu me casses les couilles, tu dégages ! » Expérimental, je vous dis. Finalement, c’est l’un des organisateurs, la quarantaine sexy, qui va prendre le nain à part. Pierre s’excuse, tout le monde l’applaudit, et il entame une version acapella de Molinier avant de terminer en apothéose avec Mousseline Noire, que tout le monde reprend en cœur : « Il aime le noir, il aime la mousseline noire ! »

    Je ne sais pas si Pierre le fait exprès, mais à chaque fois qu’il donne un concert, c’est dans un lieu incongru, avec des gens, dirons-nous, inattendus, mais quelque part, ça convient complètement à sa musique. Que ceux qui ne connaissent pas encore l’univers de Pierre se ruent sur son MySpace de Chose Chaton, parce que, connu ou pas, on s’en fout, c’est juste excellemment très bon. Merci, Pierre !!

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    The Reese Project – Faith Hope & Clarity – Remixed [395 396 REE FAI 1]

    C’EST QUI ? Han. Bande d’ignorants. The Reese Project est le projet garage house de Kevin Saunderson, l’un des parrains de la techno de Detroit. Kevin Saunderson ? Mais han, c’est lui qui est derrière le projet Inner City avec les tubes « Big Fun » et « Good Life ». Inner City ? Allez, c’est bon, vous m’avez saoûlé !!!

    C’EST QUOI ? Le seul album de ce projet, mais dans une « special limited edition » avec un CD bonus de remixes. Parce que oui, en Angleterre, The Reese Project a vraiment rencontré un joli succès. Et donc, Faith Hope & Clarity nous parle de la foi, de l’espoir, de Dieu… Mais en moins chiant que ça en a l’air, avec de la superbe house vocale un brin expérimentale (décidément…). Ce qui en fait l’un de mes albums préférés de tous les temps, parce qu’il est juste magnifique.

    CHANSONS-CLE ? Déjà, toutes les chansons de l’album original, parce qu’elle sont toutes magnifiques et très bien produites : à retenir surtout l’atmosphérique I Believe, l’uplifting The Colour Of Love, très dans le style de l’album Praise d’Inner City, et les hymnes indémodables que sont Direct Me et So Deep. Les remixes sont de très bonne qualité aussi, post-produits par Groove Corporation, Underground Resistance, Marc Kinchen, Tony Humphries, CJ MacKintosh… Mais les meilleurs sont « So Deep (Joey Negro Fruit Mix) », fun et dansant, et « I Believe (Carl Craig B-Dub Mix) », noyé sous les saturations du son.

    VERDICT ? On est loin des mythiques Big Fun et Good Life, et pourtant, c’est tout aussi bon. Okay, la house a tellement évolué depuis une quinzaine d’années, mais cet album nous ramène à la house originelle, celle qui n’appelait pas seulement aux pieds, mais également au cœur. Un splendide album, non seulement de house vocale, mais également un splendide album de musique.

     
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