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28 juli Situation embarrassanteJe voulais profiter de mon jour de congé aujourd'hui pour faire quelque chose que je repoussais depuis bien trop longtemps, mais qui était pourtant vital: m'acheter un nouvel agenda. Pour noter mes horaires de boulot, mes rendez-vous, mes croix et mes ronds suivant ces rendez-vous (comprenne qui pourra). C'est toujours dur de choisir le bon agenda. Quelque chose de sobre, de pas trop too much, et pourtant pas trop banal, histoire de personnaliser quand même l'objet. J'avais déjà vu certains modèles chez Virgin, mais ils ne m'avaient pas enthousiasmé. Je pouvais opter pour un organizer noir à 4 euros chez Auchan, mais ça faisait trop loin pour moi (au moins 15 minutes à pied de chez moi). Donc, direction le centre ville (12 minutes à pied).
Je m'étais bien habillé pour l'occasion. Une chemise bleu hawaienne à fleurs (pas la même que les autres fois, une plus foncée) (et pour ceux qui oseraient critiquer mes goûts vestimentaires, ils n'ont qu'à s'en prendre au crétin qui m'a convaincu il y a quelques mois d'abandonner les fringues de couleur noire!), un pantacourt blanc avec des mini-lanières à la Shakira période je-vais-me-faire-écraser-par-des-chevaux-qui-courent-au-bord-d'une-falaise-pendant-que-je-me-baigne-dans-la-boue, et mes tongs camouflage, qui sont en train de rendre l'âme d'ailleurs. Un peu de volume dans mes cheveux, style je fais une pub pour Jean-Luc Coulbault, et hop, j'étais parti. J'avais décidé d'aller dans une papeterie près de la place Gambetta, pensant y trouver mon bonheur, et j'attendais à un feu rouge, plongé dans mes pensées problématiques à réfléchir à cet agenda, et je n'avais pas vu ce garçon qui s'approchait de moi, le regard caché par des lunettes de soleil, habillé comme s'il bossait dans une banque de luxe. "Salut" qu'il me lance sans un sourire. Alors je le regarde, fronçant les sourcils d'étonnement. Oh tiens, un ex! J'étais sorti avec lui, pas très longtemps il y a trois ans et demi, à l'époque où je bossais au Traxx, et que lui était barman dans une boite gay. Il ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable non plus. Un petit jeune mignon, drôle, avec un côté assez gamin appréciable. Disons que c'était de bon ton à l'époque que deux barmen en vogue, deux figures du milieu, sortent ensemble, c'était presque politiquement correct. Ca faisait parler de nous, des établissements qu'on représentait, ça faisait rêver les clients, ça les faisait aussi surtout critiquer et imaginer des stratagèmes pour briser les couples. Bref, c'était tendance. On s'était séparés d'un commun accord parce qu'il n'y avait pas une franche passion entre nous, et puis il était un peu trop jeune niveau maturité pour moi. "Oh, je t'avais pas reconnu" que je lui réponds en lui tapant la bise. Lui, toujours pas un sourire. Alors, j'enchaine: "Tu vas où?" "Je vais bosser." Point. Rien d'autre, pas de commentaires, histoire d'embrayer la conversation. C'est toujours relativement chiant quand on se retrouve confronté à un ex avec qui on a vécu certaines choses, qu'on doive faire un bout de chemin ensemble, mais qu'on n'a absolument rien à se dire avec le temps. "Tu bosses toujours dans les montres?" que je continue. "Oui, ça fait huit mois." Encore un silence. "C'est cool!" que je lance, faussement enthousiaste, comme s'il venait de m'annoncer qu'il avait gagné à la loterie. "Super" lâcha-t-il en soupirant, ne partageant apparemment pas mon avis. Pitié, que quelqu'un me sorte de là, me suis-je écrié intérieurement, en vain. Je lui dis rapidement que je bosse pas mal de mon côté, et je lui demande comment ça va avec son mec. "Je l'ai largué, j'en avais marre qu'il me pompe tout mon fric." Et toujours pas un sourire, hein. J'arrivais presque à la papeterie, soulagé, me disant que le calvaire allait enfin se terminer. Et puis là, j'ai rien compris. "Dis, t'as le temps pour qu'on prenne un café tous les deux maintenant?" qu'il me demande. Là, je reste complètement bête. Et dans ce genre de situation que je n'ai pas prévu ou planifié depuis de longs mois au détail près, ben c'est toujours la même chose, je panique et je fuis. "Non, pas possible, je dois m'acheter un agenda..." Là, je me suis dit que c'était pas une excuse super crédible, alors j'ai rajouté: "Et puis, j'ai plein de trucs à faire, je dois retrouver des potes dans 20 minutes, faire des courses pour un anniversaire..." Et là, vas-y que j'en rajoute, style presque bientôt que j'ai le monde à sauver. "Dommage, ça m'aurait fait plaisir" qu'il rajoute en souriant enfin. Et là, il ne s'arrête plus de parler d'un seul coup. "Tu reviens de chez tes parents? Tu es tout bronzé, ça te va bien! Tu bosses vers où? T'as bonne mine! J'habite à Saint-Médard, j'ai acheté une maison avec deux amis! On m'a sucré mon permis! Je prends le bus ou je viens en vélo! Le boulot, c'est pas top, mais je m'entends bien avec mes collègues!" Et bla et bla et bla. Mais qu'est-ce qui lui prenait, tout d'un coup? Genre il était super content de me voir, et il voulait plus me laisser partir. Alors moi, pour fuir plus rapidement, je lui demande s'il a toujours mon numéro (il est toujours mimi, après tout, et il m'avait dit que je biberonnais comme un dieu), et il me répond que non, qu'il le reprenait. Alors, je lui donne, et il me dit: "Je te file le mien, prends-le" Et là... Ben là, c'est le drame. Comment il s'appelle, déjà, mon ex? Oui, je sais, vous, vous êtes tous en train de vous marrer, mais mettez-vous à ma place. Ca craint de pas se rappeler du prénom de mon ex. J'hésitais entre Damien et Régis, mais là, sur le moment, je pouvais pas lui redemander son prénom. Et j'étais là avec mon portable, et je devais rentrer son prénom rapidement, comme si je m'en souvenais parfaitement, et il était là à me regarder fixement. Alors, le temps que je m'en rappelle, je l'ai surnommé sur mon portable "jmtgpa". J'ai rajouté que ça me ferait plaisir qu'on se revoit (ensuite, qu'il veuille me voir pour ressortir avec moi ou juste un plan cul, je m'en foutais royalement, j'étais trop embarrassé pour penser à ce genre de détail futile), et il m'a promis de m'appeler. Je suis rentré tout honteux dans la papeterie, où je n'ai même pas trouvé d'agenda qui me convenait. Mais comment j'ai pu oublier son prénom? Certains me diront que si j'ai oublié, c'est parce que ça a pas compté. Mais non, ou peut oublier le nom d'un plan d'un soir (encore faut-il lui avoir demandé son prénom au préalable avant de s'être mis à genoux), mais quelqu'un avec qui on est resté plus d'une semaine, c'est pas possible. Alors est-ce que c'est encore Freud qui me joue des tours avec un refoulement quelconque pour une raison que j'ignore, mais le fait est que j'ai passé le reste de l'après-midi à retourner tout ça dans ma tête, mais en vain. Je ne sais toujours pas comment il s'appelle à l'heure qu'il est. Ca m'a rappelé d'ailleurs à l'époque où je sortais avec Big. Je passais l'après-midi avec lui en ville, à distribuer des tracts pour une soirée prison du In N Out, et évidemment, je devais m'arrêter tous les dix mètres pour dire bonjour aux clients, et j'en profitais pour présenter à chaque fois officiellement mon petit copain. A part que tout l'après-midi, je l'avais présenté avec un prénom qui n'était pas le sien. La première fois, ça a fait sourire Big, la deuxième fois, il a cru que je le taquinais, mais à la fin de la journée, il m'avait quand même fait remarquer assez sèchement qu'il ne s'appelait pas Eric. En même temps, à l'époque, j'avais de bonnes raisons de l'appeler Eric sans faire exprès, mais c'est une autre (longue) histoire, et croyez bien que je me suis mille fois excusé, mais Big (et si tu me lis, tu ne pourras pas le nier) remet à chaque fois sur le tapis cette histoire à chaque fois qu'on s'engueule. Bon, bref, il ne me reste plus qu'à attendre que jmtgpa me rappelle, et là, je ferai style "Allo? Mais c'est qui?" en espérant qu'il me réponde son prénom, et pas toute autre connerie du style "ton ex préféré", sinon je lui raccroche au nez et je me mets à hurler en tapant du pied. ***** Snap! - Rhythm Is A Dancer [144 SNA RHY 1] Ah, l'hymne dance par excellence de 1992, si ce n'est carrément de la décennie! Bien plus que le Please Don't Go chroniqué précédemment, d'ailleurs. Nikki Haris, la choriste de Madonna, aux vocaux. Ca avait été un tube planétaire, et avait quadruplé les ventes de ce groupe allemand, dont les "Agathe Zepaweur" et "Zumbawé Agombaïa Zumbawé Ago-Ago-Agombaïa" étaient trop underground pour marquer la culture dance du petit peuple. J'apprécie beaucoup le Purple Hazed Mix, bien plus dark. Par contre, je reste assez troublé par les paroles un peu bizarres: "I'm as serious as the cancer when I say rhythm is a dancer"... 27 juli Il soufflerait comme un vent de folie......ou alors c'est la vague de chaleur intense que nous subissons depuis de nombreux jours qui ferait péter les boulons à tout le monde, mais le fait est qu'au boulot, l'ambiance craint de plus en plus.
Petit rappel pour les retardataires, et également pour ceux qui ont essuyé plusieurs embolies cérébrales depuis le dernier billet explicatif. Au départ, il y avait l'entreprise U et l'entreprise N. U et N ont fusionné, amenant donc les agents U et N à se côtoyer. D'un côté, il y a U les bons (aussi bien au niveau mentalité qu'à celui des compétences), et de l'autre N les mauvais (aussi crétins que bêtes). C'est d'ailleurs une première dans la société dans laquelle je bosse: elle n'a jamais eu affaire à des employés aussi indisciplinés qu'incompétents, et ce n'est pourtant pas faute d'avoir tenté de bien les former. Quand j'ai commencé début janvier avec les Uiens (nous étions une vingtaine), un très bon feeling est passé avec les responsables, et nous avons toujours bossé ensemble dans un esprit de respect et de collaboration, chacun apportant ses compétences à l'autre. Le recrutement avait été très sélectif (une personne sur quatre engagée). Quand, deux semaines plus tard, il a fallu faire un recrutement trois fois plus important et urgent pour N, ils ont pris tout et n'importe quoi. Résultat: une soixantaine de branleurs se croyant en colonie de vacances et espérant tirer leur CDD pour s'accorder six mois de paluchage supplémentaires aux frais de l'Etat. Je comprends l'urgence, mais je ne félicite pas le DRH, qui, de toute façon, est parti. Qui dit colonie de vacances dit donc pauses quotidiennes dépassant l'heure, semblants de travail, rebellion vis-à-vis de la hiérarchie... Bref, on est censé être dans une entreprise, on se croirait au collège. Et vas-y qu'on envoie des textos au lieu de répondre aux clients, vas-y qu'on fait des sudokus ou qu'on feuillette Biba... Depuis le départ, les Uiens étaient sincèrement choqués de l'attitude des Niens, et même les responsables ne comprenaient que les Uiens puissent être aussi professionnels et respectueux par rapport aux Niens (Neuneus, ouais!)... Mais depuis quelques semaines, ça a empiré. C'était à cause d'eux déjà que nous étions contrôlés pour la durée de nos pauses et de nos pipis, mais ils passent de plus en plus les bornes. Déjà, ils passent leur temps à se plaindre, se plaindre, se plaindre de leur condition d'employés exploités par le système (et croyez-moi, à longueur de journée, c'en est plus épuisant que chiant), pour plusieurs fausses raisons. La première, qui revient à chaque fois, c'est qu'ils ne sont pas assez payés. Pourtant, on ne leur a pas mis un couteau sous la gorge quand ils ont signé leur contrat, ils ont bien vu quel serait leur salaire. Ils sont trop peu payés pour ce qu'ils font. Mais vu qu'ils font pas grand chose, je les trouve un peu hypocrites pour le coup. Des primes ont été mises en place suivant les résultats obtenus (j'ai obtenu la plus haute prime ce mois-ci bien entendu), mais non, ils râlent parce qu'ils ne vont pas avoir beaucoup. En même temps, s'ils ne branlent rien, faut pas s'attendre à grand chose. Je trouve ça déjà bien qu'il y ait une prime, mais non, pour eux, ce n'est pas assez. Mais ils s'attendent à quoi, une prime de 150 euros minimum par mois? Deuxième raison de râlage perpétuel: les dossiers clients de merde qu'ils se récupèrent et qui ont été mal traités. En même temps, ce sont leurs collègues d'en face qui les ont mal traités, bref ils se les traitent mal en trop, et ils viennent pleurer ensuite. Ils sont incompétents, ils assument! Un exemple d'un dossier que j'ai récupéré de chez eux: un client avait demandé à déménager, il avait le service téléphone, mais le numéro a été changé lors du mauvais traitement du déménagement. Et ben à qui l'agent a envoyé son courrier interne de demande de conservation de l'ancien numéro de téléphone? Ben au service facturation, pardi!! C'est tellement énorme que j'ai demandé une réunion avec mes supérieurs, parce que c'est impossible de bosser avec des crétins pareils. Et j'arrête là la liste de leurs plaintes, parce que ça en devient ridicule tellement ils râlent pour n'importe quoi. Bref, les Niens râlent, râlent, râlent, et ont décidé de râler jusqu'à la fin de leur contrat fin août, sachant que chaque jours, ils complotent au minimum deux avis de grève qui tombent à l'eau à chaque fois. Mais comme ils se sont jurés d'être chiants jusqu'au bout, ben ça y va sévère sur le plateau... Et ça s'amuse à couper la communication de son collègue alors qu'il est avec un client au téléphone, et ça y va à mentir au client pour mieux s'en débarrasser, et ça pleurniche en hurlant au client au téléphone qu'il n'est pas assez payé pour s'occuper de son dossier de merde avant de lui raccrocher au nez, et ça s'amuse à se balancer des boulettes de papier dessus... Les Uiens (dont je fais partie) ont décidé de se regrouper au fond du plateau, histoire d'avoir la paix, parce que nous sommes complètement effarés de leur bêtise humaine. Le ramdam inutile qu'ils font et leurs sempiternelles pleurnicheries nous épuisent et nous foutent le moral à zéro au possible. Mais si ça s'arrêtait là... Mais non! Ca continue! Maintenant, sans aucune gêne, ben ils arrivent avec une demi-heure de retard, sans même s'excuser, quand ils daignent venir. Parce que chaque jour, nous avons quand même une douzaine d'absences injustifiées, et les Niens n'en ont absolument rien à foutre de se justifier. Et généralement, ils auront une fausse attestation médicale pour un congé maladie d'une semaine qui tombe par hasard sur la semaine où ils terminent à 21 heures... Mais le nouveau truc à la mode, c'est de se barrer cinq à dix minutes avant l'heure, en se la jouant fier et grande gueule. Aziz, un Nien, a fait ça il y a trois jours, nous laissant Jeremy et moi, bouche bée. Mais quel manque de respect pour le reste de l'équipe, quelle stupidité. Et après, Aziz fait tout un pâté en menaçant toute une matinée de casser la gueule au responsable qui lui a enlevé dix minutes sur sa feuille d'heure. Mais le mieux, c'est un autre Nien, Laurent, qui a attendu la fermeture à 21 heures en début de semaine pour se retrouver seul avec l'une de mes responsables, et la pourrir pendant 20 minutes en l'insultant de tous les noms, de "dépressive incompétente" à "pauvre connasse", en terminant par une menace d'agression physique si elle ne fermait pas sa "grande gueule". Bon, je vous rassure, il se prend une mise à pied dans la tête, et est convoqué par le directeur général de Poitiers. Mais ça chauffe un max. Et ce n'est pas demain que ça va s'arrêter, parce que chaque jour, ça monte un peu plus. Vous voyez l'ambiance de merde depuis plusieurs semaines? Seul petit rayon de soleil là-dedans, c'est le jeune homme super craquant qui travaille sur le plateau d'à côté. Plusieurs fois, je l'avais surpris en train de me regarder fixement alors qu'il passait au niveau de mon bureau, mais je n'ai jamais rien tenté de plus, me demandant si je lui plaisais. J'en ai quand même parlé à Marilyn, et j'ai à peine apprécié sa franchise quand elle m'a lâché un spontané "Mais il a douze ans!" Oui, le soutien des collègues, ça fait toujours plaisir. En même temps, elle flashe en ce moment sur un homo, donc elle devrait pas trop la ramener... (Ouh, putain, si elle lit ça, elle va me tomber dessus lundi matin mdrrrrr!) Bref, le jeune homme craquant, qu'on va appeler Baby-Boy jusqu'à ce que je connaisse son prénom, est entré hier matin dans la salle de pause pendant que j'attendais que mon café finisse de couler. Là, nos regards se sont bloqués, et alors, j'ai évité de suivre mes règles stupides (du style règle numéro un, ne pas montrer qu'on est intéressé et soupirer plutôt), alors je lui ai fait un petit sourire en coin, et je lui ai dit bonjour. Il m'a répondu salut, et est passé devant moi pour aller sur la terrasse. Et ben là, il a attendu que mon café finisse de couler en me tenant la porte!!!! Je l'ai remercié d'un petit sourire en frôlant son frêle torse. Là, son téléphone a sonné, et c'était sa mère. Mais c'est un super bon commencement pour notre future idylle!! (Et arrêtez de me regarder comme si j'étais un schizophrène psychopathe!!!) Bien sûr, je vous raconterai la suite! ***** Double You - Please Don't Go [143 DOU PLE 1] Question bête, ben bien sûr que oui que je l'ai , ce deux-titres. A l'époque (14 ans déjà), c'était le tube in-con-tour-nable de toutes les boites de nuit, et je n'y ai pas échappé, puisque c'était mon entrée et mon long passage dans la dance commerciale, qui sonne si épouvantable et pourtant si agréablement insouciante et délicieuse aujourd'hui. Je me rappelle, à l'époque, je l'écoutais non-stop dans ma chambre, et mon père était monté pour me demander si le disque n'était pas rayé, avec ces "please don't go" qui se répètent 64 fois en 3 minutes 20... 26 juli Simply the best!J'en connais déjà certains qui vont critiquer à cause du titre du billet un peu trop prétentieux... Mais bon, c'est pas moi qui l'ai décidé!
Hier, je me pointe au boulot, tête relativement dans le derche, et alors que je traite avec mon premier client, passablement incompréhensible dans ses propos, Nathalie, la relais formation, vient s'asseoir à côté de moi avec un grand sourire et commence à me féliciter en me montrant du doigt une affiche au loin, et continuant à me féliciter. Alors moi, évidemment, je ne comprenais rien, entre l'un qui disait: "J'ai payé, j'ai rien, j'ai payé, pourquoi, j'ai payé, ça coûte cher" et l'autre qui lâchait: "Bravo, c'est super, bravo, t'es le meilleur, bravo, t'as gagné"... Y a des moments comme ça où on comprend rien et où on a envie de prendre un café. Je termine donc avec mon client en lui répondant "Oui, oui, merci d'avoir appelé, passez une bonne journée", et je me tourne vers Nathalie en fronçant les sourcils, l'octroyant d'un intelligent "Hein, quoi?" "Ben regarde!" qu'elle me dit, ravie, en montrant l'affiche. Alors j'obéis, et je vois écrit: "meilleur agent du mois de juillet" avec cinq noms, dont le mien en tête de liste, avec aussi "remise de prix à 14 heures". Bon, là, j'ai simplement pu répliquer un "hein, quoi" perspicace. Après renseignement, c'est donc Nathalie, ma chère relais qualité, qui a établi ça pour chaque mois apparemment. J'ai été jugé par rapport à ma qualité de traitement, mes chiffres, mes ventes, blablabla... Mais ces cadeaux, c'est quoi? Moi, très optimiste, espérait un séjour d'une semaine en Turquie sur un voilier (oui, oui, on m'a inspiré!), et Marilyn, elle, misait plus sur un tapis de souris mdr! Bref, pendant la pause-déjeuner, j'appelle mes parents en riant pour les prévenir, mais allez hop, j'étais encore parti pour un laïus moralisateur de trois quarts d'heure de mon père sur la satisfaction de l'aboutissement professionnel, de la réussite, de la lumière au fond du tunnel... J'ai essayé de relativiser la teneur de la situation, mais c'était en vain... Une fois mon père lancé dans son enthousiasme, on ne peut plus rien faire. Et pour terminer, il m'a dit, très grand seigneur: "Pour le coup, fais-toi plaisir, achète-toi une cartouche de cigarettes, je te l'offre!" Mdrrrrr! J'ai un père génial! Finalement, on a patienté jusqu'à 15 heures pour cette satanée remise de prix avec tous mes responsables (Nath était fière, mais fière!), une haut-gradée de la maison-mère et notre vénérée chargée de prod' Christina, qui a pris la relève de mon père en nous tenant un discours sur la réussite, la reconnaissance du travail, la qualité obtenue, que tout va aller mieux dans les prochains temps, blablabla... Bon, je cache pas, j'étais quand même relativement content qu'on reconnaisse mon boulot. Alors, après 20 minutes de congratulations, certes mérités, nos responsables nous ont remis à tour de rôle nos cadeaux. Ca ressemblait un peu à une secte où le parrain baptise le filleul. Donc, j'ai eu un chèque-cadeau de dix euros valables dans 150 magasins (dont le Virgin, donc, ça tombe bien), un mug, un pin's (même pas parlant comme ceux de TF1, style "bonjour, c'est Annie Pujol!" ou "bonjour, c'était Patrick Roy!"), un stylo, mais surtout, le cadeau que je suis super content d'avoir, une paire de lunettes-visière bleu fluo! Alors là, sérieux, suis trop content! Je vais pouvoir frimer en boite avec! Ou même en terrasse de café avec ma chemise bleue hawaienne à fleurs! Bon, redescendons trois secondes sur Terre, les cadeaux sont pas top en eux-mêmes, mais moi, je les prends symboliquement. C'est pas grand chose, on fait avec les moyens du bord, mais c'est cette reconnaissance qui me fait plaisir. Au loin applaudissait Jeremy, et j'étais quand même un peu triste en me disant que lui comme Marilyn méritaient leur place à mes côtés. Mais bon, c'est comme ça, je suis le meilleur! ***** Craig Safan - A Nightmare On Elm Street Part 4: The Dream Master [142 SAF NIG 4] Ben oui, tant qu'à faire, je me fais l'intégrale des B.O.F. des Freddy! Cet opus-là reste très agréable à écouter, avec la tension musicale minimum qu'on est en droit d'exiger d'une soundtrack de film d'horreur. Un petit coup de coeur pour Freddy's Pizza Restaurant, très jazzy-blues, où le croquemitaine plantait ses griffes dans des boulettes de pizza, avec les visages de ses victimes à la place des boulettes. Trop cool! 16 juli Genre je les voyais pas venir...Genre je suis bête et crédule... Hier, Nadine m'appelle pour me dire: "Axel, il fait beau, ça te dit d'aller boire l'apéro vers 19h30 sur les quais?" Oh, tiens, un apéro juste après mon anniversaire? En tout bien tout honneur? Mais bon, je n'étais pas d'humeur à être contrariant, alors j'ai lâché un "Ah, je sais pas, y a Smallville ce soir, et je suis fatigué, et il fait chaud, et je n'ai pas de fringues, et..." Et une liste interminables de fausses raisons de mauvaise foi comme je sais si bien le faire. Mais j'ai dit oui, et j'ai quand même passé une heure à me préparer, on sait jamais. J'adorais ce que j'avais réussi à faire avec mes cheveux!
Bien sûr, à 19h30, j'ai eu droit à un: "Ah mais attends, finalement, on prend pas l'apéro, on rejoint une copine à moi, on prend ma voiture." Bon, ce qui est assez drôle, c'est que plus on s'éloignait du centre ville, plus je reconnaissais la direction pour aller chez Eric et Hippix. Et une petite dizaine de personnes, bien sûr, m'attendait. Au moins, ils avaient respecté ma volonté de ne pas avoir une grosse réception avec 30 personnes! Et la soirée s'est passée comme je le voulais et comme je les aime: juste un petit groupe de proches, on est entre nous, pizza, chips, champagne, clopes, à parler de tout et de rien, des films d'horreur, des ex, des ex-plans net, du passage à la trentaine, avec une bande-son derrière parfaite à tous points de vue, mélange de vieux classiques house et de rares remixes de Kylie. Soirée organisée un peu à la va-vite, sans prétention, juste entre nous, et c'est ce que je préfère. Il faisait chaud, même si nous étions dans le jardin, et cette glace vanille accompagnant la tarte à la pomme était super bonne! Et Dieu merci, ils m'ont évité les 30 bougies mdr! Il y avait également un garçon que je ne connaissais pas (essayaient-ils de m'arranger un coup?), mais que finalement si, je connaissais, parce que lui se rappelait avoir longuement tchatté avec moi il y a quatre ans sur Cara. Sympa, beaucoup de discussion, mais n'assumant absolument pas son homosexualité (à 37 ans, il serait peut-être temps!)... Même à son ex, il sert la main, c'est pour dire! Merci pour cette soirée, les djeunss! Hippix m'a raccompagné près de chez moi, et alors que je me dirigeais vers ma porte, je passe devant une terrasse de bar, et je vois un visage féminin assis à une table s'illuminant. Oh ben tiens, c'est Ludivine, "Lady Di", la meilleure amie de mon Mister Big! Ravi, je me dirige vers sa table, me demandant ce qu'elle faisait sur Bordeaux. Et là, horreur, Big était là aussi. Magnifiquement beau, comme à son habitude, et moi? Et moi, ravagé par le champagne, des cernes aussi noires que si j'avais passé trois semaines dans une mine de charbon, l'alcool m'ayant sûrement gonflé le corps entier, bref dans un état épouvantable. Gardons la face, que diable! Je me suis assis donc à la table, et j'ai pu faire la connaissance de mon ex-belle soeur. J'ai donc appris qu'ils avaient tous à tour de rôle sonné chez moi pour m'inviter à les rejoindre, mais évidemment, je n'étais pas là. Fin de nuit donc sympa sur les quais, et ensuite, after chez la belle-soeur qui avait eu l'idée ingénieuse de conserver une bouteille de champagne dans son fridge. Big et moi, comme à notre habitude, nous sommes envoyés de gentilles piques sur nos points forts et nos points faibles, mais avec ce regard qui ne trompe et qui pue de sincérité, et qui montre combien on compte toujours l'un pour l'autre. Au moins, avec l'âge, ça fait plaisir de voir que certaines choses ne changent pas. Bien sûr, Big m'a harcelé au retour pour que je vienne à la plage aujourd'hui avec eux. Dieu merci, pour une fois, j'avais une vraie excuse: je n'ai pas de maillot de bain! Manque de bol, il voulait m'emmener dans une plage naturiste. Il a dû trop prendre de drogue dans sa jeunesse, lui! Le jour où on me verra à une plage naturiste, le pape défilera en tête d'une gay pride! ***** Rave Nation (House, Ambient And Techno Dance) [141 RAV NAT 1] Cadeau d'anniversaire de la part de Rodolphe, mon meilleur ami de l'époque, pour mes 16 ans. Han, ça parait si loin, c'était nos premières sorties au Boy's Paradise. En fait, ce CD est mal sous-titré, il aurait du être: "(Belgian Cheesy Techno-Rave Hits From '92"). Mais bon, en même temps, la maison de disques ne m'a pas demandé mon avis à l'époque. Donc, en fait, voilà une compilation regroupant les tubes commerciaux de techno-rave belge (mmh, la bonne traduction!), comme le Go de Moby, le Revolution de DJ Molella, le Storm de Laurent Garnier ou le James Brown Is Dead de L.A. Style. A noter deux morceaux que je ré-écoute toujours avec plaisir: Stand Up de Rave Nation (avec la voix de Juliette qui chante d'un ton hargneux et désespéré "stand up, I know, I know you got to feel it") (oui, je sais, de grandes paroles!) et Feel So Real de Dream Frequency. 15 juli CourbaturesCette semaine, histoire de changer un peu, encore une traditionnelle soirée ciné pourri + Quick-bons-de-réduction-deuxième-sandwich-pur-un-euro. C'est vrai qu'avec Eric et Hippix, on s'était promis d'arrêter de payer pour des daubes qu'on avait oubliées dès la semaine suivante, mais bon, l'actualité au cinéma n'est pas follichonne, et il nous fallait notre shoot de film d'épouvante. La Colline A Des Yeux nous avait rendus espoir à Eric et moi, nous étions prêts à commencer une nouvelle ère de bons films, mais avec un titre comme Terreur Sur La Ligne, j'avais quand même un gros doute.
Je débauchais à 21 heures cette semaine, et donc nous nous étions fixés rendez-vous en face de mon boulot, devant la boulangerie (passionnant, hein!). Je traverse la passerelle fait-maison surplombant les rails du futur tramway en construction, et juste quand j'en descends, je tombe nez à nez avec un mec, genre 25 ans, bruns, cheveux courts, très mignon, et il s'arrête, hypnotisé, incapable de décrocher son regard du mien. Ca commençait à faire bien dix secondes qu'on bloquait, et moi, dans ce genre de situation où je suis pris au dépourvu, je suis un vrai gland. Alors dans ma tête, j'ai essayé de me demander ce qu'il fallait faire, et je n'ai pu me rattraper qu'à mes inébranlables règles pour réussir une relation amoureuse. Et la première règle à me venir en tête, ça a été la règle numéro un: ne jamais montrer qu'on est intéressé. Alors, je l'ai regardé en soupirant, et je lui ai tourné le dos, avançant vers la boulangerie en me traitant à répétition intérieurement de crétin. J'osais espérer qu'il aurait les mêmes règles que moi et qu'il aurait compris mon attitude, et qu'il serait revenu le lendemain à la même heure, peut-être pas avec un bouquet de fleurs, mais au moins avec un morceau de papier avec son numéro de portable griffonné dessus, mais il n'est jamais revenu. Je me demande bien pourquoi. Nous sommes arrivés juste à temps au cinéma pour le commencement du film. J'étais bien content que les lumières s'éteignent tout de suite, parce qu'avec tout ce que j'avais engouffré au Quick, je me sentais encore plus obèse que la Régine dans sa ferme. Le début de l'histoire me faisait déjà soupirer d'exaspération: une ado pré-pubère encore shootée au Biactol se fait punir par ses parents parce qu'elle a trop appelé sur son téléphone portable, et pour ce, elle doit faire du baby-sitting pour rembourser la facture. Si je n'avais pas été en pleine digestion, j'aurais déjà explosé de rire. Mais ne jamais se fier aux apparences, attention. Parce que le reste du film m'a terrorisé du début à la fin. Imaginez une gamine dans une barraque immense, super moderne avec des lumières qui s'allument et s'éteignent automatiquement au passage des locataires, de longs couloirs sombres qui se perdent comme un dédale, des petits bruits suspects, l'orage dehors, aucune vie alentour... Et tous ces appels anonymes... Oui, déjà, il y a de quoi flipper. Mais en plus, avec cette musique perfide derrière, et cette façon de filmer, ça ne laisse absolument aucun répit de calme au spectateur. Je dois l'avouer, pendant une heure, je suis resté complètement stressé et tendu, la main vissée à ma bouche, parce que je me connais, je suis capable de hurler tellement je pourrais avoir peur. Eric était mort de rire en me voyant au départ, puis beaucoup moins, parce que Hippix, de l'autre côté, lui broyait la main d'effroi. Je suis sorti de ce film, super content d'avoir flippé ma race, mais le problème, c'est que je suis resté tellement stressé et tendu, bloquant chacun de mes muscles pendant une heure, que je me suis retrouvé (véridique) avec des courbatures épouvantables au niveau des cuisses et des avant-bras. Mais un truc de fou. La dernière fois que j'ai eu des courbatures pareilles, c'était après une nuit passée avec un mec appelé Frank, un client de la boite où je bossais et qui m'avait attendu à la fermeture, et qui m'avait tellement tringlé pendant quatre heures d'affilée qu'on en avait fait basculer le lit, et que je n'avais plus pu marcher pendant trois jours. Bref, je m'égare. Ces courbatures suite à un film d'horreur, ça doit bien être une première dans le monde entier. J'estime que pour le coup, j'aurais dû passer à la télé, tiens. Bref, si vous n'êtes pas cardiaques et que vous souhaitez baliser un max, je ne vous conseille que trop Terreur Sur La Ligne!! ***** Jay Ferguson - A Nightmare On Elm Street 5: The Dream Child [140 FER NIG 1] Pour sûr le moins bon (pour ne pas dire le plus pourri) de la série des Freddy. Scenario bête à s'en peigner les cheveux, et un Freddy ridicule qui ne sait plus quoi inventer pour rendre ses meurtres originales. Pour le coup, la bande originale est tellement ennuyeuse que je ne vois même pas l'intérêt de l'avoir composée. A part Hell On Wheels qui réveille un peu, mais bon, deux bonnes minutes dix, c'est insuffisant. 14 juli La date fatidiqueLa date fatidique est arrivée aujourd'hui. Elle est arrivée trop vite. Je pensais même que cette date fatidique était une légende urbaine. Mais non, ça y est. Je suppose que je dois être le seul gay, sinon le seul être humain, à faire le décompte des jours, jour par jour, depuis mes 25 ans, jusqu'à aujourd'hui. Mais bon, c'est comme un coup de poing dans la gueule. J'ai 30 ans.
Je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours pensé que je mourrais avant d'atteindre cet âge. Je m'imaginais avoir accompli plein de choses, avoir connu les limites de la torture et de la tendresse, et pouvoir fermer les yeux en me disant que j'avais pu tout faire avant de devenir vieux. C'est con, mais pour moi, 30 ans, ça veut dire la fin de quelque chose. Je pourrais être plus optimiste en disant plutôt que c'est le début de quelque chose, mais j'ai du mal à penser comme ça. 30 ans, pour moi, ça marque le sérieux, la gravité. Alors que j'ai l'impression de ne jamais avoir dépassé le stade de mes 22 ans. D'être toujours gamin, et de vouloir absolument le rester, m'assurant que j'ai encore tout le temps pour être un adulte. C'est loupé. L'impression aussi qu'à 30 ans, on n'est plus désirable, plus attrayant physiquement. Que si on est seul à 30 ans, c'est qu'on sera seul toute sa vie. Hier soir, j'étais dans mon lit, paré pour m'endormir devant la télé, devant de vieux épisodes d'Ally McBeal, et d'un seul coup, j'ai été pris d'une angoisse telle que j'avais envie de me mettre à pleurer. 30 ans, qu'est-ce que c'est, juste un âge, ça ne change rien à ce que je suis, ce n'est qu'un an de plus. Et pourtant, ça n'a rien à voir avec un an de plus. C'est 30 ans. Allez hop, un somnifère. Pour être sûr de plonger tout de suite. Chose étrange, j'ignore si c'est une coïncidence, je me suis réveillé ce matin à 11h15, pile l'heure où je suis né, en plein milieu du défilé. A peine j'ai allumé mon portable que ça a commencé, avec évidemment mes parents en première ligne de tir, qui braillaient, remplis d'enthousiasme: "Joyeux 30 ans!" Si j'avais été en face d'eux, ils auraient compris à mon regard qu'il ne fallait pas insister. Chose rassurante, mon frère jumeau est aussi déprimé que moi. Puis après, une dizaine de textos qui se succèdent, la famille qui appelle, les amis aussi. J'ai pris chacun des appels, sans exception, alors que j'avais secrètement envie d'exploser mon portable contre le mur, en frappant, frappant, frappant encore et encore. Sans compter le mail d'un célèbre site de rencontres qui s'est empressé de changer automatiquement mon âge sur mon profil! Et puis merde, je me suis foutu un coup de pied au cul, et je suis allé prendre une douche. Plutôt que de rester chez moi à maugréer en tapant du pied, j'ai remis mon petit ensemble hawaïen bleu ciel et je me suis mis en route vers l'OD, le bar de Nico. Ce crétin, tout content patron de bar-restaurant gay qu'il est, a envoyé un texto-mailing à tous ses clients gay: "Info gay Bordeaux! Axel du Traxx a 30 ans aujourd'hui! Bon anniversaire Axel!" Ca y est, s'il y en avait encore qui ignoraient que je suis devenu vieux, ben maintenant, ils sont au courant. Et plus personne ne me croira quand on verra sur mes profils de site de rencontre gay "26 ans". Argh, quoi! Ce qui ne nous a pas empêchés cet aprèm de nous empiffrer de milk-shakes à la vanille. J'ai décidé cette année de ne pas faire de grande réception pour mon anniversaire comme l'année dernière. Trop de stress, trop de fatigue dûe à la préparation et l'inquiétude que ça se passe mal. Et surtout, pour être honnête, aucune envie de célébrer ça. Enfin, non, je ne peux pas dire ça comme ça. Avec le recul, c'est moins terrible que je le pensais, mais c'est peut-être parce que je ne m'en rends pas compte. Enfin, bref, j'avais pas envie d'un groc truc pour mes 30 ans (et par gros truc, j'entends grosse fête, pas gros bâton!)... J'avais plutôt envie de me retrouver seul avec moi-même. Ca fait longtemps que ça ne m'est pas arrivé, à cause du boulot qui me monopolise non-stop. Ce soir, je me suis fait beau pour me retrouver avec moi-même. Un bronzage magnifique, il faut le dire, un T-shirt noir moulant, un pantalon indonésien noir qui me fait me sentir tellement à l'aise, et mes tongs japonaises. J'ai aménagé ma terrasse, et j'ai une bouteille de champagne encore glacée. Une coupe à la main, une clope dans l'autre, entre plusieurs va-et-vient, je passe ici pour continuer à écrire ce billet. Et un fond musical derrière qui retrace symboliquement ma vie. Parce que voilà, au départ, je me lamentais sur le fait d'avoir 30 ans et de n'avoir rien accompli encore. Et puis, j'ai décidé de penser autrement, de plutôt faire le bilan de tout ce que j'ai déjà accompli jusqu'ici. Finalement, peu de monde ont pu faire et vivre autant que moi. Qu'ai-je donc fait en 30 années? J'ai obtenu mon diplôme d'école de commerce alors que je n'avais que 22 ans, et je suis sur le point de valider mon diplôme de psychologue du travail. J'ai même pu passer mes derniers examens d'école de commerce à U.C.L.A. à Los Angeles, et j'ai vécu là-bas des choses grandioses et inoubliables. J'ai vu New-York et l'Egypte. J'ai fait plus de 200 spectacles de danse, j'ai été prof de street-dance pendant deux ans et demi, j'ai fait partie d'une compagnie de danse, j'ai dansé devant plus de 5000 personnes qui hurlaient et levaient les bras en l'air pour m'encourager et saluer ma performance, j'ai même obtenu une médaille d'argent à un concours de street-dance organisé à Los Angeles. Et j'ai même réussi une audition pour être danseur pour une chanteuse très connue en France aujourd'hui, mais j'ai décidé de ne pas donner suite à cette victoire. J'ai organisé un défilé de mode. J'ai été barman pendant 6 ans à différents endroits, j'ai eu mon propre bar avec ma propre clientèle et ma propre programmation musicale. J'ai même été "tenancier de bordel". J'ai aidé tant de femmes battues, tant d'individus perdus, paumés, réalisant mon rêve secret d'être psy un jour. Mes compétences sont reconnues dans mon travail, et je suis soutenu par mes collègues et mes supérieurs. J'ai rencontré des gens formidables tout au long de ma vie. La majorité d'entre eux sont loin, et je ne les reverrai peut-être jamais, mais c'est pas grave, c'est comme ça. Voilà finalement le bilan. J'ai fait et vécu tant de choses. Dieu sait que j'ai souvent pleuré, Dieu sait aussi que j'ai énormément ri. J'ai traversé le sexe facile, l'alcool et la drogue, et pourtant, je suis toujours là. Et j'ai la chance d'avoir à mes côtés les amis les plus merveilleux dont tout le monde pourrait rêver, des amis dont je suis fier pour ce qu'ils sont et fier aussi de compter également pour eux. Je vais donc passer ma soirée seul sur ma terrasse à regarder le soleil se coucher, la nuit tomber, les étoiles briller et se faire éclipser par les feux d'artifice, tout ça avec mes clopes, mon champagne et la musique derrière. Une sélection de toutes ces chansons qui m'ont accompagné pendant 30 ans, qui ont compté pour moi, qui ont marqué des étapes, des événements de ma vie, joyeux, tristes, histoire de me remémorer qui j'ai été, qui je suis, ce que je suis devenu, comment je me suis construit. Certains vont trouver ça triste que je reste seul ce soir, mais non, pas du tout. Je suis en train de célébrer qui je suis (profond acte de narcissisme qui n'étonnera personne, à vrai dire mdrrr!), et croyez-le ou non, même si j'ai les yeux qui brillent un peu, et pas qu'à cause du champagne, j'ai un doux et sincère sourire qui se dessine sur mes lèvres, et je ne le force même pas. Je voudrais remercier celles et ceux qui ne m'ont pas oublié aujourd'hui. Evidemment mes parents, mes grand-parents maternels, mon grand-père paternel et son épouse, et également ma tante qui ne doit pas savoir combien je l'admire pour avoir affronté tant d'épreuves en gardant la tête si haute sans jamais se plaindre. Et puis je remercie aussi mes amis (par ordre d'arrivée de braillages oraux ou écrits): mon Juju (en direct de Slovaquie!), Marilyn, Yen, Greg (la Reine elle-même!), Nadine, Eric, Ricounet, Asma, Anne-Sophie (la seule gentille de tous à avoir fêté mon vrai âge, 25 ans!), Nico, Laurent, Alain, Matthieu, Mara & Geoffroy, Pierre Pascual lui-même, Gregou Popin, et Oli (toi, je t'aurais jamais pardonné si tu avais oublié!!!). Je vous aime. Et vous savez quoi? J'ai 30 ans!!!! ***** Indra - Tell Me [139 IND TEL 1] La pochette est horrible, je sais. A la base, ce n'est pas mon premier CD d'Indra, j'avais acheté précédemment le premier album d'Indra, mais il m'avait été volé à la soirée d'anniversaire d'Elodie, une copine lycéenne qui se bouffait ses croûtes en classe. La version originale était vachement plus sympa, avec pas mal de rap... Remixée pour sa sortie single, disons que cette version est, euh, sympa. Avec le recul, c'est tout ce que j'arrive à dire, parce que ça sonne daté quand même aujourd'hui. Mais ça fait partie de ma culture musicale, et j'assume pleinement! 13 juli Soirée de finale de foot entre gaysDans mon ultime quête d'être toujours de plus en plus sociable et d'apprendre auprès du petit peuple de ce que je saurais connaître par moi-même, j'ai décidé le weekend dernier de vivre ma première soirée de match de foot. Et quoi de mieux que la grande finale de la coupe du monde! Un pote gay organisait une soirée foot ce dimanche et je me décidais, sincèrement rempli d'enthousiasme, à vivre tout ça.
Bon, je dois avouer, ce sport m'a toujours laissé perplexe, voire consterné. 22 Crétins qui passent presque deux heures à courir stupidement après une baballe, et une fois qu'ils ont enfin réussi à la récupérer après avoir couru, couru, tenté, raté, ben ils la refilent à un pote. Bon, je trace un rapide résumé des règles du jeu, mais je continue à me demander pourquoi ils sont payés des millions. Certes, ce n'est pas pour se passer la balle en niquant la pelouse au passage, alors quoi? Est-ce pour leur talent inné de comédiens, à chaque fois qu'ils se roulent par terre en maugréant, se tenant la cheville droite, dès qu'ils ont raté la baballe? Et puis je ne parlerai même pas des 5000 crétins qui beuglent "beeeeeeeeeeuh" à chaque fois que le ballon se prend un shoot, 5000 crétins puant la bière et l'intelligence d'un ongle sans vernis, incapables de construire une phrase avec sujet-verbe-complément. Et pour le coup, je sens que je ne vais pas me faire que des amis aujourd'hui. Donc dimanche soir, 19 heures, je pars de chez moi, une bouteille de champagne à une main, et des petits blinis au saumon et à la crème fraiche à l'ail préparés par mes propres soins (si, si, je suis capable de faire la cuisine!), et je me frotte à une ambiance particulière que je n'avais jamais connue avant. Tous les bars et les restaurants sont en train d'installer des téléviseurs à écran géant sur leur terrasse, les passants tracent en groupe, pressés, la tête baissée, en silence, presque résignés, quelques débiles à droite et à gauche avec la joue défigurée par des crayons de couleur bon marché... Ca pue la finale, quoi, comme si c'était l'ouverture d'une guerre mondiale qu'ils s'apprêtaient à voir à la télé. J'arrive donc chez mon pote, d'ailleurs arbitre de foot intermittant, sortant à peine de la douche, à moitié nu, une serviette autour de la taille. Alors que je me demandais si je n'avais pas atterri dans une soirée orgie, lui, tranquille, est resté dans cette tenue pas mal de temps, à me parler en se tripotant de temps en temps comme si de rien n'était, jusqu'à ce que les autres invités débarquent, aucun que je ne connaisse, d'ailleurs. Tous aussi moches et chabadas, aucun pour rattraper l'autre. Au moins, je ne risquais pas d'être déconcentré du match. Match commençant d'ailleurs, après le playback de Shakira, qui, à part faire la pétasse qui se remue dans tous les sens comme si elle avait un rat dans le froc, n'a pas fait super impression. J'ai quand même mis dix minutes à comprendre que ces fameux "bleus" étaient en fait ceux qui étaient en blanc. Peu importe, j'ai le droit d'être novice! Et puis le drame, alors que je débouchais la bouteille de champagne, un crétin a crié "Penalty!", et moi, surpris, je me suis fait sauté le bouchon dans le menton. Ouf, je n'étais pas décoiffé, et personne ne m'avait vu... Quelle honte pour Axel de ne pas savoir déboucher correctement du champagne!! J'ai joué au bon élève, posant des questions que je jugeais pertinentes, comme quelle était la différence entre un corner et une touche, à quel moment pouvait-on juger qu'il y avait hors-jeu, pourquoi les temps additionnels étaient calculés par tranches de 30 secondes... Mais apparemment, mes questions agaçaient l'arbitre, surtout peut-être parce que je les posais à chaque fois qu'il y avait de l'action près de la cage du goal. Pardon de m'intéresser au petit peuple!! Alors comme personne ne voulait m'expliquer en quelles occasions on favorisait le penalty au coup franc, je me suis mêlé à la discussion d'un chabada qui expliquait que son meilleur ami avait fini aux urgences parce qu'il avait voulu se goder avec un déodorant, mais il s'était coincé le petit truc qui fait pschit-pschit à l'intérieur, et il ne pouvait plus le retirer. Le chabada, avec son intonation snob, ses lunettes de vue à montures noires de Parigo-intello-chiant et ses jambes croisées façon amazone sur son cheval, était super conquis par son histoire, qu'il trouvait rafraîchissante. Moi, très sociable, j'ai surenchéri en racontant la fois il y a six ans où, à une terrasse de restaurant, un homo très princesse mangeait avec un de ses amis, juste habillé d'un marcel et d'un petit short en jean, jambes croisées, et qu'il avait confié à son ami qu'il avait des gaz, et qu'il allait essayer d'étouffer un pet, mais pour le coup, il s'est loupé, chié dessus à travers son mini-short en jean, en en foutant partout là où il était assis, embaumant pour le coup toute la terrasse de resto, et le cataloguant à vie dans sa réputation d'homo bordelais, puisqu'il devait en plus rentrer chez lui à pied pour se changer, la merde au cul. Moi qui trouvais également mon histoire très "rafraîchissante", j'ai fichu un sacré froid, et pour le coup, je me suis remis au match, me disant que je n'avais rien à me reprocher, que j'essayais vraiment d'être sociable. Mais les chabadas ne sont pas encore psychologiquement prêts à me cotoyer, je pense. Un Français a donc bousculé un Italien, l'Italien tombant à terre en se convulsant de douleur, et le Français, étonné d'abord, se jeta alors par terre en convulsant à son tour, histoire d'éviter un carton jaune. Quel jeu d'acteur! Tous ces joueurs, dignes des meilleurs tragédies grecques, me faisaient mourir de rire, mais l'arbitre soupirait de mon manque de sérieux, donc j'ai repris une coupe de champagne pour accompagner ma clope. Zidane, je le trouvais amaigri, mais en fait, je ne le connaissais pas tant que ça. Beau mec, pas l'air très fûté pour autant, mais lorsqu'il a donné son coup de boule dans le torse de l'Italien qui l'avait traité de terroriste, cette puissance, cette virilité, cette rage dans son regard, et ben, ça m'a terriblement excité. J'en ai frissonné, et ai sérieusement eu un début d'érection. Qui aurait cru ça de moi, finalement? Dernière partie de match, me captivant au plus haut point, me stressant presque. J'ai eu l'impression d'assister à du patinage artistique: on tremble, de peur que la patineuse rate sa figure et tombe sur la glace. Ben là, bizarrement, c'était pareil. Peur de se prendre un but. Pas de surprise pour moi à la fin du match, c'est l'Italie qui remporte la victoire. Et là, le voisin qui hurle de rage, à propos des Italiens: "Bande de pédés!" Et là, huit gays qui lèvent la tête, coupe de champagne à la main, en faisant: "Oui?" Ca aurait été comique si je n'avais pas été choqué de l'attitude de certains passants ensuite dans la rue, hurlant à n'en plus finir des "Italiens, bande de pédés, allez vous faire enculer" et cherchant à tout prix des Italiens dans la rue pour les fracasser. Comment peut-on être aussi con? Moi qui pensait que les choses ont évolué, ben pour le coup, la soirée s'est terminée sur une grave déception. Pas celle que la France n'ait pas remporté la coupe, mais celle qu'il y aura toujours des cons. Alors, verdict? Ben, euh, bof, quoi. J'espère qu'à la prochaine soirée match de foot où je serai invité, je serai déjà complètement saoûl quand les chabadas débarqueront! ***** Kylie Minogue - Give Me Just A Little More Time [138 MIN GIV 1] Oublions le titre principal, reprise plutôt réussie du classique R'n'B 60's des Chairmen Of The Board avec une vidéo très sympa collant bien à l'époque pour s'intéresser davantage à la B-side Do You Dare. Rien à voir avec de la pop à laquelle elle nous avait habitués, Kylie replonge ici dans la musique d'obédience techno-rave belge qu'elle avait déjà expérimentée quelques mois plus tôt dans sa participation avec Vision Masters pour le titre Keep On Pumpin'it. Do You Dare, pour le coup, est tellement apprécié dans le milieu underground, qu'il sort aussitôt en vinyl promo, sans le nom de Kylie cette fois-ci, histoire d'éviter de décrédibiliser le titre à cause de l'artiste, mais sous le pseudo Angel-K, pseudo tendancieux d'ailleurs, car Angel-K, malgré le K pour Kylie, c'est aussi une appellation bien connue pour une certaine drogue qui nous fait aimer tout le monde. Bref, Do You Dare, ça ne sonne pas daté aujourd'hui, ça sonne old-school, et c'est toujours aussi bon, tellement bon que Kylie l'a utilisé comme intro d'ouverture pour son dernier concert. 09 juli Il n'y a pas que des vaches dans la colline......Même si je reconnais que les vaches, on les trouve plus dans les prés. Qu'importe. Jeudi dernier, vu qu'Eric était revenu de sa lune de miel, nous avons enfin pu reprendre nos soirées Sex & The City gay "Quick + film à 2 balles". Nous avons longuement hésité entre La Colline A Des Yeux et Terreur Sur La Ligne, surtout parce que Boogeyman n'est pas encore sorti. Et nous avons changé d'avis au moins cinq fois en deux jours quant au film à aller voir. J'étais assez sceptique pour La Colline, car bon, tout le monde le sait, c'est un remake d'un vieux Wes Craven du début des années 80, film considéré comme un classique, mais d'une qualité assez médiocre. Je l'avoue, je ne l'ai pas vu, mais j'ai vu le deuxième opus en DVD, et, euh, comment dire, après l'avoir prêté à Mara et Geoffroy, même deux après, ils se foutent encore de ma gueule tellement c'était un navet. Le numéro deux, c'est un peu comme un Vendredi 13, à part que ça se passait pas à Crystal Lake, mais dans la colline. Enfin, bref. Il y avait une tension de merde au boulot, pas en ce qui me concerne, mais entre les sup', donc ça allait me faire du bien de voir quelque chose de pire.
Hé bien, agréable surprise, c'est un putain de bon remake, et apparemment, ils se sont pas collés à l'original. Ce film est d'une grande violence, pas aussi choquant que Shaïtan, mais pas loin quand même. Ca fait du bruit, y a du sang qui gicle de partout, ils passent leur temps à hurler, les cannibales sont encore plus moches que certains de mes anciens clients... Le plus choquant, c'est d'essayer de se mettre à la place des personnages. Exemple: je suis le fils et je vois mon père brûler, comment réagirai-je? C'est horrible en soi, quand même. Autre exemple: je suis la mère, je rentre tranquillement dans la caravane après avoir vu mon mari brûler, et que vois-je? Mes deux filles en train de se faire sauvagement violer par des cannibales défigurés par des essais nucléaires, comment réagirai-je? Vous voyez donc ce que je veux dire. L'horreur ne vient pas en soi du gore et du trash du film, mais de la situation à vivre en elle-même... Bon, je raconte pas tout, hein, parce qu'il faut aller le voir, ce film, c'est top fun de la mort!! D'ailleurs, après la séance, Eric m'a raccompagné chez moi, et tranquille, je rentre, j'ouvre la porte du hall pour monter les escaliers et arriver dans mon appartement quand je me mets à hurler en voyant quelqu'un agenouillé, tapi en haut des escaliers. C'était finalement le gendre de mon proprio, dans les 45 piges, mais quel putain de beau mec! Si seulement il pouvait me coincer un de ces jours! Oups, je m'égare! Donc, j'ai poussé un hurlement, et il s'est vite excusé de m'avoir fait peur en m'expliquant qu'il parlait à l'oreille de son chien... (Et c'est moi qui suis névrosé??) Je lui explique donc que je suis allé voir La Colline, et il me dit qu'il compte aller le voir aussi, parce que ça a l'air top, mais il m'exprime son inquiétude que je fasse des cauchemars (invitation à venir chez moi pendant que son épouse est en voyage?). Je le rassure donc en lui expliquant que depuis tout petit, ma mère m'a shooté à tous les films d'horreur possibles et inimaginables (Alien à six ans, Freddy à sept, on peut difficilement faire mieux), et là, il rit, comprenant pourquoi j'ai fait psycho ensuite. N'empêche, il pue le sexe, le gendre! Vivement qu'il passe la tondeuse torse nu cette semaine!!! ***** Zouk Machine - DJ. [137 ZOU DJ 1] Oui, bon ben, moi, je la voulais, la version single, vu qu'elle est pas dans l'album! Ah ben je l'ai maintenant, et en plusieurs déclinaisons! Bon, avec le temps, ça a super mal vieilli, mais ça reste fun. Cependant, les fautes d'orthographe dans les paroles, ça me dérange un chouia... "D.J., mét sa o"... Déjà, c'est "D.J., mets ça haut", et puis, en plus, en bon clubber tazé qu'on est, on dirait jamais ça comme ça, même après 6 ecstas de marque Calgonite, on dirait plutôt: "Hé, grand con, fais péter les basses!" Mais je n'ai jamais dit que les Zouk Machine étaient branchées... 02 juli La Cage Aux Folles de BordeauxJ'ai profité de ma journée de repos hier pour ne rien faire d'épuisant, aussi bien physiquement qu'intellectuellement. Et pour ça, rien de mieux que d'aller passer l'après-midi en terrasse de café du bar-restaurant qu'un ami à moi, Nicolas, a racheté. Je l'avais rencontré à l'époque du In N Out quand je sortais avec Laurent, c'était un de ses amis. Puis quand je suis parti bosser au Trax, nous avons travaillé pendant une courte période ensemble, puis on s'est perdus de vue, et là, il a ouvert son établissement il y a trois semaines à peu près. Quitte à passer son aprèm à une terrasse de café, autant que ce soit à une terrasse où ça se traite de pute, de salope et de recracheuse à tout-va.
Il y a trois ans, son établissement, l'OD, était tenu par Alain, petit quinquagénaire énergique et joyeux, drôle et généreux, qui venait toujours à la fermeture de son resto me voir au Trax et m'apporter des mousses au chocolat maison, des Magnum à la vanille, des canettes de Ricqlès... Toujours adorable, et avec qui on riait beaucoup. Puis Alain a décidé de vendre son commerce à son associé Jean-Pierre (qui a travaillé avec moi au Trax) (hé oui, c'est une petite famille!). C'était assez drôle, parce qu'ils faisaient petit couple tous les deux, un peu comme dans la Cage Aux Folles. Alain (quand il ne poussait pas des cris aigüs) faisait mec et Jean-Pierre la bonne pâte un peu craintive mais gentil tout plein. Puis Jean-Pierre a vendu à son tour à Nicolas. Donc je débarque hier, accueilli par un joyeux "Salut, salope!", et comme d'habitude, je m'asseois comme une star en réclamant un café et un verre d'eau. Alain descend de l'étage tout transpirant, m'expliquant qu'il est en plein déménagement. En effet, à l'étage est compris avec le resto un appartement où il logeait, et comme Nicolas a tout racheté, ben il récupère l'appart' et Alain s'en va donc. Pour le coup, il avait réquisitionné pour l'aider Jean-Pierre, habillé comme un prince Marocain (pas très pratique comme tenue pour porter des cartons), ainsi que Willis et Patrice, deux espèces de crevettes qui passent leur temps à piailler et s'engueuler comme un vieux couple marié depuis au moins 25 ans. Pour une fois, j'étais content que personne ne m'ait appelé pour filer un coup de main. Hors de question de transpirer, de porter des trucs lourds au risque de me retourner une tong, et de traverser tout le centre-ville avec la fine équipe. Nicolas a bien lâché un vache "ben demandez à Axel de vous aider!", et moi qui baissait la tête, me faisait le plus petit possible, lisant et relisant mon agenda, faisant semblant de ne rien voir et d'être occupé. La dernière fois que j'ai aidé à un déménagement, ça a duré en tout et pour tout que trois minutes: j'ai soulevé un carton, et je me suis fait un tour de rein mdrrrrr! Remballant pour la sixième fois en deux heures une pauvresse qui me demandait une clope en passant, j'ai soudain levé la tête en entendant des cris à répétition au premier étage dans l'appartement, suivis de bruits de tapage, d'éclat de rire de Nicolas, et de cris peu virils à nouveau. Je soupirais en secouant la tête, dépité, et reprit une clope, quand Nicolas descendit, pleurant de rire. Il m'expliqua qu'en bougeant un meuble, ils avaient libéré une souris qui s'était mise à traverser la pièce, et Alain et Jean-Pierre étant complètement effrayés par ces petites bêtes, ils se sont mis à hurler en sautant dans tous les sens. Je me rappelais d'ailleurs, une fois, au Trax, je connaissais cette phobie de Jean-Pierre, et pendant qu'il accrochait un vestiaire à la tringle, je lui avais lâché un faux-affolé "JP, attention, une souris!", et il s'était mis à hurler, paniqué, battant des bras dans tous les sens, envoyant valdinguer tous les cintres et les blousons. Jean-Pierre descendit, affolé, comme s'il venait de sortir d'une agression avec quatre serial-killers, et s'assit sur une chaise en boitant, avec des petits gémissements de passive princesse qui se serait faite pénétrer par un trop gros bâton. Il avait essayé de tuer la souris en lui donnant un coup de pied très modern-jazz, mais l'avait ratée, et s'était écrasé le pied contre le coin d'un meuble. Tsssss. Il avait donc l'orteil en sang, dans sa tenue de prince marocain, et tentait de se faire un pansement. Willis descendit à son tour, pour prendre des nouvelles. Moi, j'étais assis à deux tables de là avec Nicolas, et je vis un sourire se dessiner sur son visage. Pas bon signe. Et pourquoi Willis gardait sa main dans le dos? Qu'est-ce qui pendait comme ça? Oh, mon Dieu, quelle horreur, il tenait la souris (énorme quand même, de la taille d'un chat obèse, presque) à moitié morte par la queue et la remua devant Jean-Pierre qui se mit encore à hurler comme une Zaza, tombant à la renverse de sa chaise. Et Nicolas et moi pleurions de rire sur nos épaules respectives. Willis alla donc jeter la souris à moitié morte sur un tas de détritus près de la benne à ordures à quelques mètres, mais visa mal, et la Tchoucky alla s'échouer dans un cornet de glace à la fraise qui n'avait pas été terminé, et se débattait dans la glace en remuant sur elle-même, vivant ses dernières heures. Alain et Jean-Pierre se levèrent pour aller voir ça, et ces crétines, debout devant la souris, continuaient de piailler d'horreur en se cachant les yeux. Vous croyez qu'ils seraient revenus? Non non, ils restaient devant à crier, et les passants ne comprenaient rien. C'est finalement Patrice qui a pris la tong marocaine de Jean-Pierre pour achever la souris en l'écrasant à de multiples reprises, avec toujours derrière Jean-Pierre qui hurlait: "Pas ma tong, pas ma tong!" Et Nicolas et moi qui pleurions toujours de rire sans nous arrêter. Bon, okay, ce n'est pas encore le bar à la mode, et il n'y a pas beaucoup de passage dans cette rue, mais pour rien au monde je ne changerai de terrasse de café pour l'instant!! ***** Paula Abdul - Will You Marry Me? [136 ABD WIL 1] Je n'ai jamais compris pourquoi il n'y avait pas de photo de Paula sur la pochette de ce single. Etait-ce parce que c'était l'époque où elle avait pris pas mal de poids? Et alors, il y avait bien de vieilles photos qui devaient traîner? La chanson en elle-même ne m'a jamais véritablement enthousiasmé, mais elle était sortie à l'époque de la Saint-Valentin, et avait bien fonctionné aux States. Pour motiver l'achat du maxi-CD, il y a un remix de The Promise Of A New Day, produit par Junior Vasquez. Un remix bien loin des productions club cheesy et handbag à souhait qu'il fera à outrance quelques années plus tard, mais plus dans la veine de la scène dance NYC de l'époque. Mouais quoi, rien d'enthousiasmant non plus. 01 juli Une journée de travail à la plage...Je savais à l'avance que cette journée de boulot serait à la fois délirante et triste, car c'était le dernier jour de notre contrat.
Hier, à 19 heures, je débauchais et je disais au revoir à Nath, quand Christina, ma vénérée chargée de prod', hurla de son aquarium à travers tout le plateau: "Ne t'en vas pas, Axel, je veux te voir dans mon bureau!" "Je suis viré, tu crois?" lâchai-je d'un ton désinvolte à Nath en soupirant sur cette clope tant attendue que je ne fumerai pas tout de suite. "Oh oui, à tous les coups" répondit-elle sur un air faussement sérieux et résigné. Je m'aventurai, à la fois impatient et un peu intimidé, dans la bulle en verre où opérait chaque jour cette dame de fer, et Christina m'invita à m'asseoir. Elle n'y alla pas par quatre chemins et me tendit un nouveau contrat qui m'engageait sur un long terme. Nous avons fait le point sur les six premiers mois de la mission, avons souligné la période charnière à laquelle j'étais arrivé, à tout le remue-ménage auquel nous avons fait face, ainsi qu'à ma contribution généreuse, mes compétences, mes résultats, mon investissement et ma rigueur professionnelle appréciée à son juste titre. Nous avons ensuite parlé de la poursuite de la mission, qu'une étape avait été atteinte et que les choses allaient se calmer puisqu'elle envisageait certains changements soi-disant bénéfiques, aussi bien au niveau de la qualité du travail que de ses conditions, puis nous avons abordé mes possibilités d'évolution. Je lui ai clairement signifié que je souhaitais bouger par la suite vers le département qualité. Ca ne l'a pas étonné. Elle m'a remercié d'accepter de continuer, je l'ai remerciée de me porter sa confiance. Suis retourné voir Nath pour lui lâcher sur un air faussement contrarié: "Hé merde, je rempile" Sur quoi Nath a renchéri: "Putain, fait chier." C'est con, mais je suis vraiment super content!! Et je ne parle pas de l'heure de félicitations au téléphone avec mon père lol! Comme je l'avais dit, sur l'équipe originale de 26, nous ne sommes que huit à rester. Nous avons donc décidé aujourd'hui de lancer une journée à thème: la journée hawaïenne. Les sup' sur le plateau nous ont toujours imposé des journées à thème pourries, style journée marches de Cannes ou journée équipe de foot, et nous n'avons jamais joué le jeu. Mais pour aujourd'hui, on s'est surpassés! Moi, une magnifique chemise hawaïenne noire avec de grosses fleurs rouges et des femmes nues dessus, pantacourt blanc, tongs et petite fleur fuschia dans les cheveux (j'étais troooooooop mimi!), Anne-So un magnifique paréo jaune soleil avec collier de fleurs, Marjo en paréo vert à fleurs et collier de coquillages, Flo avec un collier de fleurs immense, Marilyn avec une magnifique robe à fleurs, Chantal avec un bob sur la tête (Chantal toujours à côté de la plaque, hein!)... Et Anne-So n'a pas arrêté un seul instant d'empester tout le plateau avec son parfum à la noix de coco qui nous faisait tous suffoquer. Vous imaginez le tableau... Toute la journée s'est déroulée dans les éclats de rire. Plus le client hurlait au téléphone, plus nous, nous étions hilares, maintenant la conversation en mode haut-parleur pour que tout le monde puisse en profiter. La hiérarchie n'avait plus aucune maîtrise sur nous, et nous enchaînions chansons païardes, prises de photos souvenir, pauses café à répétition... Pendant la pause-déjeuner, nous sommes même partis déguster une grosse glace en bas (moi, c'était méga-cornet vanille-straciatella!!), et nous avons tous défilé devant Rachida. Si, si, rappelez-vous, Rachida, une sup' qui m'avait fait de sales remarques sur ma tenue de surfeur! Boudiou, vous auriez dû voir sa tête lorsqu'elle nous a vus passer devant son bunch! Sa mâchoire pendait encore plus que ses deux gros melons! L'heure fatidique de 19 heures est arrivée. Pendant que nous rangions nos affaires, et que ceux qui partaient signaient différents papiers, rendant manuels et matériels (casques, clés de casier...), moi, je restais là, à les regarder, et j'ai été envahi, non pas de tristesse, mais d'une grande vague de mélancolie. J'ai bossé pendant six mois avec eux, et ça y est, ils partaient. Fini Marjo qui râle, fini Anne-So qui arrive en retard et qui se chamaille avec les sup' pour aller aux toilettes, fini Jonathan qui pue l'alcool dès neuf heures du mat', fini Audrey toujours à la masse, fini Chantal qui s'énerve au téléphone... Dieu que ça va me manquer, mais à un point que je n'aurais pas soupçonné. J'aurais pu partir tout de suite, mais non, je me suis attardé près d'une heure, partageant un dernier café avec eux, riant, soufflant, nous remémorant ce que nous avions parcouru ensemble pendant ces six mois... C'est passé tellement vite. Je suis ensuite resté seul sur la terrasse avec ma clope, savourant cette étrange atmosphère, et Marilyn m'a rejoint afin que nous échangions nos pensées sur ce passage à une autre étape. Nous avons parlé d'élaborer un projet commun afin d'évoluer plus vite, afin que ce que nous avons accompli jusqu'ici n'ait pas été vain. Lundi prochain, ça ne sera pas pareil. Je ne suis pas pessimiste, je ne vais pas dire que ce sera moins bien... Ca sera juste différent. ***** Nirvana - Smells Like Teen Spirit/ Even In His Youth/ Aneurysm [135 NIR SME 1] Oh, arrêtez de vous marrer, oui, j'ai écouté du Nirvana quand j'étais jeune! Oh, n'exagérons rien, je n'étais pas non plus un chevelu qui s'habillait en pourri en se marchant sur l'ourlet du jean en fumant des joints, mais, euh, comment dire, j'aimais bien la chanson. J'avais peur d'acheter l'album, trop de violence d'un seul coup, pas bon pour moi, donc je me suis quand même permis le single. J'ai bien fait, rien que pour la chanson Even In His Youth, courte mais excellente d'énergie. |
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