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    September 30

    Visite nocturne

    Il est venu me parler cette nuit. Je dormais tranquillement, d'un sommeil bien mérité et bien profond, mais j'ai senti un poids sur le matelas. J'ai ouvert les yeux, mais je n'ai même pas eu peur. Ca faisait bientôt 15 ans que je ne l'avais pas vu, presque 13 qu'il ne m'avait plus parlé, et il était là, au coin du lit, souriant, ce sourire bienveillant et sincère, ce petit nez un peu enfoncé qui faisait tout son charme, et ses cheveux mi-longs. Je me suis un peu relevé dans mon lit. "Qu'est-ce que tu fais là?" lui ai-je demandé sans agressivité, ne pensant même pas à réarranger mes cheveux. "Je suis venu te voir. Tout simplement" me répondit-il sans se départir de son sourire. "Mais tu es mort" lui ai-je rappelé. "Ce n'est pas grave"

    Je ne bougeais pas de mon lit, et je le regardais. Non, il n'avait pas changé en 15 ans. Avec le temps, je pensais avoir oublié son visage et ça m'avait rendu triste. Je n'avais aucune photo de lui pour canaliser mes souvenirs, et là, tout revenait d'un coup. "Pourquoi tu es là?" "Tu avais besoin de moi, je suis venu, c'est tout" Pourquoi était-il là, justement cette nuit? Etait-ce à cause de cette mauvaise blague de la veille qui avait ravivé inconsciemment ce souvenir, était-ce à cause de l'association de prénom suite au coup de fil d'hier soir, était-ce parce que, inconsciemment toujours, je recherchais du réconfort et je me raccrochais à ce qui m'inspirait de la confiance et de l'amour? Quoiqu'il en était, je n'arrivais pas à parler. Ca ne le gênait pas, il me souriait toujours. Il m'a attrapé la main, je l'ai laissé faire. J'aurais voulu l'embrasser. "Tu me manques." C'est tout ce que j'ai réussi à lui dire. J'avais tellement de choses à lui dire, mais c'est ça que je lui ai dit. "Tu te rappelles quand je te parlais dans ta tête après ma mort?" m'a-t-il demandé. "Ce n'était pas toi qui me parlait, c'était mon subconscient. Parce que je refusais que tu sois mort." Il haussa les épaules. "Comme tu veux. Ca dépend qui tu as envie de croire. Tes bouquins de psycho ou ton coeur." Ne sachant pas quoi répondre, j'ai tourné mon regard. Mais il a serré ma main plus fort pour que je le regarde à nouveau. "Tu avais besoin de moi, je suis venu, c'est tout." "C'est dur en ce moment, tu sais." Oui, c'était tout moi, ça. Il était de retour, et moi, je me lamentais sur mon sort. "Tu réussiras, Axel. De là-haut, je veille sur toi. Il ne t'arrivera rien, crois-moi. Je veille sur toi, je ne te laisserai jamais seul."

    Je me suis réveillé, et je pleurais. Pas de tristesse, non. Je m'en voulais tellement d'avoir oublié son visage, et là, je l'ai retrouvé. Oui, je sais, c'est mon subconscient. Mais il a dit qu'il veillait sur moi. Même s'il n'est plus là, de là-haut, il a dit qu'il veillait sur moi. Et je le crois. Et là, ben d'écrire tout ça et de me remémorer ce rêve, ben ça me file les larmes auw yzuw. Mais je ne suis pas triste.

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    Kylie Minogue - What Kind Of Fool [158 MIN WHA 2]

    La dernière chanson produite avec Stock/Aitken/Waterman avant que Kylie ne quitte la maison de disques PWL. Envie d'évoluer musicalement, de ne plus être protégée dans des productions pop bébètes et sans surprises, envie de prendre des risques, envie de devenir adulte. La chanson en elle-même n'est pas ce qu'elle a fait de mieux, mais les paroles, qu'elle a écrites, sont très cyniques: elle dit que c'est fini, qu'elle ne sera plus utilisée et manipulée comme une poupée et qu'elle prend sa vie en main. Un petit pied-de-nez assez drôle quand on sait comment ça fonctionnait chez PWL.

    September 29

    Petite lumière au bout du tunnel...

    Vendredi, dernier jour de travail d'une semaine épouvantablement épuisante... Le réveil le matin était horrible, et chaque matin, j'ai cru que jamais je n'allais réussir à me lever, que je préférais rester dans mon lit et me faire porter pâle... Ce repos, j'en aurais sacrément besoin, mais j'ai aussi besoin de ma paye à la fin du mois... Une paye tronquée, ne serait-ce que deux ou trois jours, ça se ressent quand même... J'ai même dû me remettre au Guronsan ('tain, 14 euros!), qui me rend plus énervé qu'énergétisé d'ailleurs... Plus énervé, donc plus hargneux pour le coup. Parfois, cette semaine, ma responsable me demandait quelque chose et je me retournais vers elle en lui répondant sèchement. En même temps, ça doit la changer que ce soit pas elle la tortionnaire... Et la fatigue entraîne, pour le coup, une gueule de deux mètres de long, un certain désespoir, une lassitude, une remise en question, beaucoup de doutes, absolument pas professionnels, mais bien plus personnels, et qui mènent tout droit au psychotage...

    Ce matin, étrangement, le Guronsan m'avait filé la pêche, j'étais même arrivé avec une demi-heure d'avance. J'en ai profité pour parler un peu avec Christina, ma chargée de prod', et elle a elle-même reconnu que ce qu'elle demandait à ses agents était éprouvant. Elle a donc mis en place pour le dernier jour de la semaine un challenge où ceux qui auraient les meilleurs résultats auraient un cadeau surprise le lundi. Ouais, enfin bref, encore une manière de demander encore plus de résultats. Je ne sais pas encore ce que c'est, sûrement un stylo ou un pin's ou un mug, mais bon, arf, ça motive les troupes, et puis, encore une fois, je l'aurai, ce cadeau surprise, puisque je suis le meilleur lol! Etrangement aussi, le boulot s'est bien passé aujourd'hui (comparé à hier où ça a été un véritable calvaire), et j'ai passé ma pause-déjeuner au bar d'en bas, à savourer un bon café...

    ...A ce bar, c'était très agréable, la chaleur n'était pas étouffante, et la musique diffusée était de la bonne vieille soul des années 70. C'était reposant, appréciable, et ça m'a permis de faire un peu le point sur la situation. Je me suis rendu compte que ces dernières semaines, étouffé par le boulot, mon état m'avait fait perdre confiance en moi, en ma valeur d'être humain, en mes relations amicales, en mes futures amours... Je me sentais en totale insécurité affective, à vrai dire. Et malgré cet intermède reposant, je n'avais qu'une seule envie, être à 17h30, heure de débauche, pour rentrer chez moi me réfugier dans le repos et l'abnégation de moi et de tout le reste autour le temps du weekend.

    En fin de journée, après avoir un peu joué quand même mon rôle de support commercial (ben oui, quand même, ce qui m'a permis de souffler sans me pénaliser dans mes résultats), Romain, l'un des responsables, m'a pris à part. Non, pas dans les toilettes, violemment contre un mur! Bande de pervers, va! Rappelez-vous, pour les plus anciens lecteurs de ce modeste blog, Romain était celui à qui il fallait demander la permission pour aller en pause ou aux toilettes il y a quelques mois... Bref, avec le temps, même s'il n'a pas acquis toutes les compétences au niveau des procédures ou des logiciels, ben il a toujours été présent, attentif, disponible, à l'écoute... Il a remonté dans l'estime de tous les agents, et j'ai pris même pas mal de plaisir à bosser en collaboration avec lui. Il m'a donc pris à part pour me faire part de deux choses. L'une, j'ai encore eu les meilleurs résultats de la mission ce mois-ci, et résultat, il faut que j'aille faire un peu de lèche-vitrine pour repérer un cadeau d'une valeur de 80 euros, et ce cadeau me sera offert dans les semaines qui arrivent. Putain, cool, quand même! Comme quoi quand on se défonce le cul au boulot (à défaut de dans un pieu), mais ça paye quand même. Et la seconde chose, c'est que, suite à la démission de ma responsable actuelle (dont le dernier jour était aujourd'hui), ben je passe dans son équipe, et je deviens son support commercial avec une nouvelle montée en compétences. Il m'a expliqué tout le bien qu'il pensait de moi, il a mis en avant toutes mes qualités professionnelles et humaines, a exprimé à maintes reprises qu'il était vraiment heureux de m'avoir dans son équipe en souriant ostentatoirement et m'a serré virilement et franchement la main. Euh, pour le coup, on aurait dit qu'il était encore plus content que moi de ma nouvelle montée en compétences mdr! D'ici là qu'il veuille me sauter... Mais d'apprendre tout ça en fin de journée, la récompense et la montée en compétences, ben ça a changé quelque chose en moi...

    Je suis parti du boulot avec, bon, pas le méga-sourire bête sur le visage, mais je pense que je puais quand même un peu le bien-être et l'heureusité (oui, c'est un nouveau mot!). Deux mecs se sont retournés sur mon passage, et je me suis dit, tiens, ils me regardent. Et en arrivant en terrasse de café pour me prendre un bon chocolat chaud pour fêter la fin de la semaine et les heureux événements de fin de journée, deux autres beaux gosses déjà assis se sont mis à me regarder avec un regard pétillant. Mais qu'est-ce qu'ils ont tous aujourd'hui, que je me suis demandé en fronçant les sourcils et en penchant la tête de côté, comme un cocker qui réfléchit devant un écran de télévision. Je me suis rendu compte qu'aucun mec, mais absolument aucun, ne s'était retourné sur mon passage cette semaine. Et c'est vrai, quoi, un mec qui dégage un quelconque air de fatigue, de mal-être, de désespoir, ben ça donne pas envie de vouloir (se le taper) en savoir plus sur lui ou se sentir (excité) attiré. Et là, à peine j'étais sorti du boulot, tout content de ce qui se passait, ben, pour le coup, ça avait changé mon attitude, ou en tous cas ce que je pouvais dégager incosnciemment. Tout fier, bombant le torse, j'ai laissé les deux beaux gosses me mâter peu discrètement, j'ai bombé le torse, j'ai pris mon petit sourire en coin, puis je me suis posé contre ma chaise et j'ai profité de cet instant. Je me suis également dit que je n'avais pas à remettre en doute certaines choses acquises, des sentiments amicaux de qui-il-sait que je pensais à tort atténués, ou bien un manque d'intérêt de qui-il-sait²... Pour le premier, je n'ai rien à remettre à cause, ce qui est dans le coeur est dans le coeur, pour l'autre, je sais ce que je vaux et ce que je mérite, à lui maintenant de le découvrir. Et j'ai foi en l'avenir. Et j'ai foi en moi.

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    Mecano - Toi [157 MEC TOI 1]

    J'avais flashé sur le clip. Dans le clip, la fin de la chanson était superbe, une superbe envolée de piano, triste, mélancolique, sublime. C'est pour ça que j'ai acheté ce single. A part que la version du single, ben c'est pas la version du clip. Et pour le coup, ça n'a pas la même charge émotionnelle. Snif.

    September 24

    Petite prise de conscience

    Oui, apparemment, la prise de conscience, c'est à la mode en ce moment lol! Mais bon, parfois, ça fait du bien de reconnaîtres certaines choses, et surtout de les accepter sans avoir peur de passer pour un faible.

    Vous qui lisez ce blog, vous savez que je dis souvent que je suis fatigué. Enfin, j'utilise généralement le terme "épuisé", mais l'un dans l'autre, c'est quand même vrai. D'ailleurs, à chaque fois que mes amis (dans la rue comme au téléphone) me demandent comment je vais, je réponds que je suis fatigué. Est-ce que je réponds ça parce que peut-être que c'est vraiment vrai que je suis fatigué? C'est vrai qu'au boulot, avec Jeremy et Marilyn, nous n'arrêtons pas de répéter que nous n'allons pouvoir continuer longtemps à ce rythme-là, mais c'est hier que j'en ai réellement pris conscience.

    Hier, je me suis levé à 10h00. J'aurais pu faire la grasse mat', me direz-vous, surtout qu'un charmant jeune homme m'a accompagné sur Msn jusqu'à quatre heures du mat', mais non, je suis devenu bio-réglé avec le réveil matinal. Cette crainte inconsciente de ne pas me réveiller, d'arriver en retard au boulot, qu'on me le reproche... Bref. Je me lève, je vais me préparer une cafetière entière dans les vap', et j'allume mon ordi pour vaquer sur le Net sur différents sites (nan, Nico, pas des sites de rencontres!) pour accompagner le plaisir du café matinal. Et hop, à peine cinq minutes, et ça me reprend comme la veille au soir. Des raideurs douloureuses au niveau de la nuque. La nuit précédente, ça passait encore, c'était la fatigue, mais là, j'ai dormi. Je me lève, et la douleur disparait. Je me remets devant mon ordi et la douleur revient. Okay, je bosse toute la semaine assis devant un ordi, et je continue chez moi, c'est pas malin. Et ce mal de crâne qui commence à me taquiner alors qu'il n'est pas encore 11h00. Attention, j'ai pas dit mal de tête, mais mal de crâne. Un Doliprane 1000, pas de résultats. Je vaque un peu, je dois aller au Cnam, mais je décide de reporter, je me sens pas le courage de traverser toute la ville.

    Si je m'étais écouté, je serais resté chez moi toute la journée à ne rien faire, mais un jour de liberté, c'est tellement rare, je me suis forcé à sortir. Et peut-être que l'air frais me fera passer ce mal de crâne, que même un deuxième Doliprane n'a pas su atténuer. Ca tombe bien, je dois aller au Virgin pour dépenser mes chèques-cadeau fièrement et durement gagnés. Il y a ce coffret de Tori Amos à 65 euros que je veux, parce que j'adore cette chanteuse, et que j'estime qu'en bossant aussi dur, j'ai le droit de me faire plaisir et de m'offrir une petite récompense. Certains vont hurler en disant: "Putain, 65 euros! Mais c'est cher!" Et alors? Je m'en fiche. C'est à moi que je fais plaisir, c'est à moi que j'ai envie de penser, je l'ai bien gagné. Et moi, je critique pas ceux qui vont lâcher 300 euros en une après-midi dans juste un jean et un T-shirt de marque. Tout fier avec mon immense poche Virgin et le coffret en forme de piano Bösendrofer avec 5 disques à l'intérieur, je vais me poser tranquillement à l'Odivin, tenu par mes amis Nico et Hervé. Accueil sympathique par de petites piques acerbes comme nous en avons l'habitude, mais ils me font remarquer que la fatigue se lit sur mon visage. Et en plus, ils sont en rupture de stock de café. Incroyable. Même pas de chocolat chaud. Je passe donc une petite heure tranquillement avec un Coca-light bien frais, à parcourir le somptueux livret du coffret, accompagné de clopes et de petits regards vers les passants. Et un troisième Doliprane. Je ne me sens pas en top forme, il y a ce crâne qui me martèle, mais je garde quand même le sourire.

    Je quitte le bar pour aller faire mes courses hebdomadaires, urgent à vrai dire parce que je n'ai plus rien dans le frigo. Mais arrivé dans la rue Sainte-Catherine, je ne sais pas ce qui s'est passé. Il y avait trop de monde, ils marchaient tous vite, ils étaient tous égoïstement pressés, sans même accrocher leur regard sur quelqu'un ou quelque chose, et je me suis senti dépassé d'un seul coup. Dépassé, déphasé, comme si ce n'était pas la réalité, comme si je me trouvais là sans me trouver là, comme si deux dimensions se surpositionnaient et que j'étais l'élément intrus. De petits vertiges me prenaient, un état un peu nauséeux dû aux remontées du Coca-light, des micro-coupures qui me déconnectaient de la réalité, mon incapacité à éviter les passants, à anticiper leurs déplacements comme les miens. Je me suis presque vu m'évanouir, et j'aurais presque aimé ça, histoire de m'arrêter un peu, de reprendre un peu de souffle, mais j'ai finalement lutté, bêtement de peur qu'on me vole mon coffret de Tori Amos pendant ma courte inconscience. J'ai même failli me prendre le tramway. Dans ma tête, je me disais de rentrer chez moi directement, mais il fallait les faire, ces courses. Je suis alors passé en mode zombie, ne prenant que le strict nécessaire, esquissant de faibles sourires polis à la caissière, ne répondant même pas au regard insistant de ce beau garçon blond bronzé près de la caisse à la mâchoire carrée et aux muscles finement dessinés à travers son T-shirt rose à rayures bleues. Je ne voulais qu'une chose, c'est que personne ne me remarque. Et ce crâne qui continue de marteler, comme ça, par à-coups.

    Heureux d'être arrivé entier chez moi, je me suis un peu posé. Retour sur l'ordi, et les douleurs à nouveau au niveau de la nuque. J'ai commencé à penser à la méningite. Non, ce n'est pas encore histoire de dramatiser, mais il fallait l'envisager. Mais bon, déjà, ça serait vraiment un manque de bol que ça tombe sur moi. Mais il manquait les symptômes de sensibilité à la luminosité et les rougeurs au niveau des jambes pour que je prenne sérieusement en considération cette éventualité. J'ai appelé mon père pour un diagnostic, et il m'a rassuré en me disant que c'était un état d'extrême fatigue, qu'il avait déjà connu ça, et que je ne devais pas m'inquiéter, juste prendre des anti-inflammatoires (qui, en trois minutes, m'ont enlevé le mal de crâne et les douleurs de la nuque), de me reposer, et d'aller voir un médecin lundi si jamais ça ne va pas mieux. Et surtout de prendre des vitamines. Parfois, j'ai juste envie de redevenir un gamin de six ans et de me coller contre mon père pour qu'il me protège toute ma vie.

    Mais tout ça m'a fait prendre conscience aussi que, effectivement, je suis vraiment fatigué, et que je m'épuise trop au travail. Et qu'il va falloir que je lève le pied, juste parce qu'il faut que je prenne soin de moi, et que je ne dois pas me bousiller ma santé et mes nerfs. Me manquerait plus qu'une dépression, tiens. Je vais faire le strict minimum maintenant. Le minimum pour obtenir les résultats demandés par les objectifs, mais vraiment pas plus. Le big boss veut des résultats à 330 secondes de moyenne? Je lui en donnerai 320, mais pas moins, histoire qu'on ne me reproche rien. Je vais prendre soin de moi.

    Je me rends compte aussi que je pense à beaucoup de personnes, que je voudrais voir rien que pour mon équilibre mental. Je voudrais revoir Yen, aussi prise par le travail que moi, et que je vois très rarement depuis un an maintenant... Elle ne sait même pas tout ce par quoi je passe en ce moment, alors que c'est l'une des rares à vraiment me connaître. J'aimerais serrer Nico dans mes bras, parce que je culpabilise que mon ordi ne me permette pas d'aller sur son blog, j'aimerais me mettre à une terrasse de café et débattre avec lui et avec beaucoup de sarcasmes de la société, de la musique, et d'avoir Oli au milieu pour lui balancer à tour de rôles des petites piques pour le taquiner et l'entendre râler. J'aimerais aussi serrer Oli dans mes bras, ne pas lui lancer de piques, ne pas le taquiner, mais juste se poser et parler, parler, parler comme on avait parlé pendant toute une nuit, où il m'avait ouvert les yeux sur beaucoup de choses et avait été le seul capable de me transformer, ou, en tout cas, de me faire redevenir qui j'étais véritablement. J'aimerais rencontrer Begood, passer toute une après-midi avec au moins cinq tournées de cafés, mieux le connaître, mieux me faire connaître, le taquiner, essayer de le faire râler pour m'amuser. J'aimerais qu'Erix et Hippix me trouvent un film d'horreur pourri qui passe au ciné, qu'ils viennent me chercher devant le boulot et qu'on parte d'abord au Quick et qu'on s'explose le ventre. Et Mara et Geoffroy que je n'ai toujours pas eu le temps de revoir. Il y a beaucoup de choses que j'aimerais faire, beaucoup d'amis qui accompagnent mes pensées. J'entends mentalement mon meilleur ami nétéro Killer Fifi (qui me manque) me dire: "Ce qu'il te faudrait, c'est un bon coup de..." Et moi, je me bouche les oreilles en fermant les yeux, secouant furieusement la tête de droite à gauche en gémissant: "Non, non, je ne veux pas entendre!"

    Plus sérieusement, je vais prendre soin de moi. C'est une certitude. Et profiter aussi de la vie. Me rappeler qu'une vie, c'est pas juste un job.

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    Angelo Badalamenti - Twin Peaks - Fire Walk With Me [156 BAD TWI 1]

    Quelle disque magnifique. A tous points de vue. Déjà, ce film incroyable a mis 12 ans à sortir en DVD. Ce film, qui retrace les sept derniers jours de Laura Palmer avant qu'elle soit sauvagement assassinée et que la série débute, avait laissé les spectateurs et les critiques perplexes lors de sa sortie. Ma mère et moi, on s'était régalés parce qu'on avait adoré la série, mais ceux qui ne l'avaient jamais vu, il était impossible qu'ils comprennnent quoi que ce soit. En même temps, c'est du David Lynch, alors... Niveau musique, Badalamenti a encore fait du grand art, rien n'est à jeter. The Voice Of Love est tout simplement bouleversant de pureté; The Black Dog Runs At Night, aussi court soit-il, est angoissant; Sycamore Trees hérisse les poils; Theme From Twin Peaks - Fire Walk With Me et Don't Do Anything nous transportent directement dans l'univers lynchien; enfin, The Pink Room reste très glauque, dérangeant et puant le sexe malsain (quelle dommage que la version album soit tronquée par rapport à la version du film). Du grand art, ce disque, je le répète.

    September 23

    Et enfin, Peuf-4!

    On attaque donc Peuf-4, encore un plan foireux mémorable! A part que là, vous allez devoir deviner, parmi tous les protagonistes de cette nuit-là, qui est Peuf-4!

    C'était il y a trois ans, la nuit de la Saint-Valentin. Oui, je sais, fête pourrie qui veut rien dire, purement commerciale, blablabla, c'est bon, je sais. Mais ça n'empêche. Quand on est célibataire ce soir-là, on a les boules. Et bizarrement, je me disais que ce soir-là, c'était ce soir ou jamais pour me trouver quelqu'un, sinon ça me porterait malheur, et je traverserais toute l'année sans personne. Je me suis dit que dans un bar gay, il y aurait d'autres désespérés comme moi, et qu'il y aurait peut-être moyen d'user de leur désespoir (tout en faisant fi du mien) pour trouver un petit copain.

    Je me décidais d'aller donc au Yag, un bar gay à cinq minutes de chez moi. J'y arrivais à 23h00, et me mis au comptoir. Je connaissais bien les deux patrons, Christian et Jean. Déjà, entre étoiles du milieu gay, on se connait, et puis, quelques années plus tôt, Jean tenait une boutique de fringues et j'avais fait appel lorsque j'avais organisé un défilé de mode avec la Reine Carotte et le BHV (une véritable catastrophe, cette soirée, mais j'en parlerai dans un autre billet). Je m'étais promis que si, à minuit, je n'avais trouvé personne, je rentrerais chez moi. Hop, un get blanc, et discussion avec les patrons sur les derniers potins du milieu gay, quelques cas facétieux rencontrés au Traxx, mes études de psycho, cette satanée fête de la Saint Valentin... Soirée sympa, mais aucun mec mignon qui me tape dans l'oeil... A 23h55, je me mets à sortir mon portefeuille, et là, Christian me dit: "Ah non, attends, je t'offre un verre, tu vas pas partir maintenant!" Alors, moi, crétin: "Mais il est bientôt minuit..." Et puis je me suis rendu compte de l'absurdité de ce que je disais, alors j'ai fait un grand sourire, et j'ai accepté. Discussions encore, critiques, et 0h30 sonne quand je m'apprête à partir. Mais là, malheur, Walter et Kamel, qui tenaient à l'époque une agence matrimoniale pour gays et lesbiennes, débarquent en furie, faisant beaucoup de bruit et de tapage, déjà un peu émechés, et s'écrient: "Ah non, Axel, on arrive à peine, hors de question que tu repartes, on t'offre un verre!" Youpi. Pris au piège. Et hop, une tournée, mon quatrième get blanc. On a bien rigolé, fait les cons, une tournée supplémentaire de la part de Walter arrive avant même que je dise stop, et bien sûr, Christian en rajoute une autre. Je commence déjà à être pas mal, et je trouve quand même le courage, à 2h00, de dire: "Bon, je vais rentrer me coucher..." "Quoi?" s'écria Kamel. "Mais ça va pas! Tu viens avec nous au Yellow Moon! On va faire la fête toute la nuit!" Moi, qui me met à gemir, comme si j'avais encore plus souffert que le Christ sur sa croix: "Non, pas ce soir, je suis seul, c'est la Saint Valentin, j'ai bu, je suis fatigué, j'aime pas mes cheveux, j'ai une ampoule au pied..." Tu parles. Avant même que je comprenne quoi que ce soir, j'étais déjà dans leur voiture.

    Bien sûr, au Yellow, Freddy nous a accueillis comme il se devait, avec une tournée et de grands cris. 'tain, c'est comme ça quand on bosse dans le milieu... Toutes les figures sont au coin du bar, entre elles, comme si c'était une petite mafia, et tous les autres clients nous regardent, nous enviant, espérant secrètement faire partie de ce cercle privé... Et puis surtout parce que faire partie de ce cercle, ça veut pratiquement dire alcool à volonté... Bref, le champagne a coulé à flot, les tournées de get blanc et de Kiss Cools aussi... 'tain, la Saint Valentin, on la fêtait bien, ce soir-là! Ricounet, mon fidèle ami, a débarqué et s'est joint à nous pour l'orgie d'alcool. Lui aussi reste une figure du milieu, même s'il n'y est plus qu'à mi-temps. Il avait été DJ au In N Out, on a bossé ensemble pendant deux ans, et on s'est jamais quittés ensuite, et il continue à mixer de temps en temps à droite et à gauche, et croyez-moi, c'est un bon! Et hop, encore une tournée, pour le coup! A 4h, j'en étais à 12 verres, et il me restait à peine quelques apparences de dignité.

    Toute la fine équipe, pour le coup, était bien défoncée comme il faut, et j'en étais à mon 16ème verre. Oui, là, à ce niveau, ça fait vraiment alcoolique. Ah, la Saint-Valentin, j'allais m'en rappeler! Et puis, il y avait ce mec au comptoir, qui n'arrêtait pas de me mâter. Blond, cheveux courts, la trentaine, plutôt pas mal, mais des cernes bleues et l'air défoncé par la coke, ou l'alcool, ou les deux. Mais il était pas mal, il me mâtait depuis déjà pas mal de temps, et j'étais célibataire. Ca devait faire cinq minutes qu'il me regardait, de ce regard vide et dilaté, avec au bec une clope qui n'était pas allumée. Alors, moi, généreux par nature, et bourré aussi, je m'avance vers lui, je sors mon briquet et je lui dis: "Attends, je t'allume ta clope!" Lui me sourit, baisse son regard vers sa braguette, remonte son regard vers moi, et me dit, la clope toujours au bec: "Je préfèrerais que tu m'allumes autre chose." Moi, avec mon petit sourire coquin en coin, je lui réponds que ça peut se faire (n'oublions pas que j'étais bourré!), et à ce moment-là, Ricounet arrive en me disant: "Axel, y a Partenaire Particulier qui passe!" Oui, cette chanson pourrie des années 80. Alors, moi, pas logique du tout, je dis au mec que je vais danser et qu'il m'attende. Bref, méga-chorégraphie à deux avec Ricou sur la chanson pendant les 2mn36, et lorsque je me retourne, le mec avait disparu. Mais il était où? Ben vous le croirez ou non, en 2mn36, il a eu le temps d'insulter le barman, de lui mettre une gifle, de se prendre un coup de poing et de se faire mettre dehors avec fracas. 'tain, le barman pouvait pas se taire, nan, au lieu de faire sa princesse outrée? 'tain, il m'a niqué mon coup avec mon Valentin!

    7h00 du matin, la boite avait fermé depuis une heure, mais il restait une dizaine d'habitués. On continuait à boire, hein, faut pas se laisser démoraliser, toute la bande était là, et il y avait un jeune de 25 ans, que je connaissais que de vue du milieu, mignon, bien fichu, et qui me regardait de temps en temps. Il intervenait parfois dans la discussion de poivrot, mais sans plus, et il était clair, lui. Moi, je tenais à peine debout. Enfin, nous nous dirigions tous vers la sortie, rigolant fort, et je fais la bise au jeune pour lui souhaiter une bonne soirée. Mais lui me dit: "Ne me dis pas au revoir tout de suite, on n'est pas encore dehors." Alors moi, je fronce les sourcils, essayant de comprendre la logique de sa réponse, sachant que dans les cinq secondes qui suivaient, on allait tous être dehors, mais j'ai décidé de pas le contrarier. Passant la porte, Walter lâche: "Allez, Axel, on te ramène!" Et là, le jeune annonce, sûr de lui: "Non, c'est moi qui le raccompagne." Alors moi, je tourne la tête vers lui, un peu bête, puis je regarde Walter et Kamel qui, eux aussi, restaient bêtes pour le coup. "Je suis garé par là." Alors, euh, ben moi, je le suis, quoi. Histoire de faire la conversation, je le remercie de me raccompagner en lui expliquant qu'avec tout l'alcool ingurgité, je me voyais mal faire le trajet à pied, et, tant qu'à faire, je me présente. "Je sais comment tu t'appelles. Ca fait plusieurs années que je te vois dans le milieu et que j'aimerais te connaître." Han, pitain, ça y est, je l'ai trouvé, mon satané Valentin! C'est lui! Il est mignon, il est bien fichu, il a une belle voiture, il me raccompagne, ça y est, je l'ai trouvé!

    Je monte dans sa voiture, il m'explique qu'il travaille comme gendarme, et il allume le moteur de sa caisse. Et là, c'est le cauchemar. Le fait que le moteur se mette à tourner déclenche en moi des putain de vertiges liés à l'alcool. La voiture n'avait pas encore démarré que déjà, j'avais la tête qui tournait à 100 à l'heure. Il se met à rouler, c'était horrible. Même s'il allait pas vite, j'ai cru que j'allais mourir tellement j'étais mal. Je fermais les yeux, m'accrochait au siège, me concentrant pour tenter de garder un équilibre interne, et lui continuait de me parler de son boulot, qu'il me trouvait mignon, qu'il avait jamais osé m'aborder, et moi, je faisais complètement abstraction de ce qu'il disait, je vivais un vrai cauchemar, et j'avais qu'une seule envie, c'est qu'il se taise. Il arrive enfin en bas de chez moi, se gare et arrête le moteur. Dieu merci, la voiture s'est arrêtée, mais c'est trop tard. Il me caresse la joue, me dit qu'il veut monter chez moi et se penche pour m'embrasser. Mais non, c'était trop tard. J'ouvre la portière, tombe presque par terre en me prenant le pied dans la ceinture de sécurité, en lui disant non, non, ce n'est pas possible, merci, mais non, pas possible, et je me mets à courir vers ma porte en titubant, laissant le jeune (dont j'ai pas retenu le prénom) comme un con dans sa voiture. Là, une voiture s'arrête pendant que j'essaye de chercher mes clés. C'étaient Walter et Kamel. "Ben qu'est-ce que tu fais? Tu le fais pas monter? Il veut te sauter depuis qu'il t'a vu en boite!" Et moi: "Je peux pas, faut que j'aille vomir, je peux pas, je peux pas!" Et, accompagné en fond sonore des éclats de rire des deux compères, j'ai monté les marches quatre à quatre, et même pas le temps d'enlever mon blouson, que j'étais déjà en train de vomir dans mes chiottes, malade comme un chien. Le mec mignon avait dû repartir, et moi, j'ai vomi pendant une heure et demi, manquant m'endormir dans ma salle debains tellement j'étais mal. Et me niquant par la même occasion la seule opportunité potable de Saint Valentin.

    Bon, vous l'avez compris, Peuf-4, c'est moi... Ce soir-là, je crois que ça a été la soirée la plus honteuse de ma vie... J'espère que plus jamais ça m'arrivera!

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    Technotronic - Pump Up The Jam (The Album) [155 TEC PUM 1]

    A l'époque où j'ai acheté ce CD, il avait été retiré de la distribution, parce que certaines paroles étaient trop explicites par rapport à la drogue. Technotronic, tout le monde connait, le scandale aussi quant à la chanteuse Felly, qui finalement n'était pas la vraie chanteuse, et qui est morte d'une overdose d'héroïne deux mois après la sortie du single. Restent des tubes qui ont mal vieilli mais qui se laissent écouter, Get Up, Pump Up The Jam (qui, au passage, signifie: "fais monter la purée"), Come On, Take It Slow... Bons souvenirs de boums, quoi.

    September 22

    Peuf-3!

    Allez, on continue dans la série des Peuf! Bon, je vous rassure aussi, il n'y en aura pas 28 mdrrr!

    Je replace le contexte, pour les retardataires. Ca s'est passé pendant l'époque où je bossais au Traxx. Le Traxx, c'est un sex-club géant de 450 m², un backroom, quoi. Ce job, c'était pas pour l'amour du cul, mais ça me permettait de payer mon loyer et mes factures tout en continuant mes études de psychologie du travail. Malgré ce qu'on pourrait croire dans ce genre de job, je n'ai jamais couché avec un client sur mon lieu de travail, même si je le reconnais, à certaines occasions, ça m'a démangé, parce que parfois, y avait quand même des canons, et qui, en plus, me draguaient au comptoir. J'ai toujours refusé, surtout pour conserver une certaine crédibilité. Si je dis oui à un mec une fois, il demandera une autre fois, ou alors un pote à lui peut me sortir "ben tu l'as fait avec lui, alors fais-le avec moi, moi aussi, j'ai payé mon entrée"... Genre chuis compris dans le prix de l'entrée à six euros mdrrrr! Mais aussi d'un point de vue légal, parce que si un employé couche avec un client qui a payé son entrée, alors il peut être accusé de proxénétisme. Enfin, bref... Je suis resté toujours sage. Sauf que...

    ...c'était dans une nuit de samedi à dimanche, il était à peu près quatre heures du matin, et j'allais fermer dans l'heure qui suivait. Pas beaucoup de monde, je crois qu'il y avait la Gay-Pride le même soir. Ca sonne à l'entrée, et je vais ouvrir, m'attendant à voir un quinquagénaire peu aidé par la nature. Mais là, han, non, pas du tout. Enfin, je devrais pas dire han, mais haaaaaaaaaan. Une beauté suprême. 1m95, bien musclé (mais pas trop), les cheveux longs en catogan, la mâchoire bien carrée, un regard qui tue... Bref, j'avais le sosie de Lorenzo Lamas (Le Rebelle sur TF1) devant moi... J'étais tellement con sur le coup que j'ai même pas réussi à dire bonsoir. J'ai à peine réussi à lui faire payer son entrée en bégayant sans cesse, je me serais cogné la tête contre un mur d'avoir été aussi cruche.

    Peuf-3 (oui, c'est lui!) est allé dans la backroom juste une dizaine de minutes, mais avec les échappés du Téléthon qu'il y avait dans le couloir, il ne risquait pas de se faire plaisir. Il est finalement venu au comptoir et m'a commandé un café. J'ai même pas réussi à parler, et je lui ai tendu le gobelet. Je me suis rassis sur mon tabouret, et j'ai rien dit, feignant de regarder dans le vide pour pas le fixer. Notre petit manège a duré une demi-heure: à chaque fois que nos regards se croisaient, hop, on tournait la tête dans la direction opposée, devenant chacun tout rouge, et pour le coup super stupides. J'étais assis, les mains croisées sur les cuisses, et lui s'est mis à mâter avec insistance vers cet endroit-là. Là, je l'ai pris en flag, et il est devenu tout gêné, et s'est mis à bredouiller plein d'excuses. "Je suis désolé, mais je suis subjugué par tes mains." Et là, moi, qui écarquille en grand mes yeux. "Tu as des mains vraiment superbes. Je peux les voir?" Et moi, avec la bouche qui s'ouvre bêtement sans un son, et ma main qui se met à se tendre d'elle-même, toute tremblante, paume relevée vers le plafond, sans que je ne puisse rien contrôler. Il attrape ma main dans la sienne, commence à la caresser, à en souligner les contours, à retracer mes lignes de vie... Je restais super con, comme si le temps était suspendu et que j'étais dans un rêve. Ce canon était en train de me caresser ma main. "Oui, tu as vraiment des mains superbes." Il a commencé à m'expliquer qu'il bossait comme photographe sur Paris, et qu'il était très sensible à la vision de certaines choses, et que mes mains approchaient de la perfection esthétique. Mais moi, je n'écoutais plus rien. J'étais complètement noyé dans son regard.

    La fermeture approchait. Il n'y avait plus aucun autre client, juste Peuf-3 et moi. J'avais fait le tour du comptoir, avait resservi une tournée gratuite de cafés, et m'était assis sur le tabouret à côté de lui. On continuait à parler de son job, du mien, de nos vies, de notre célibat... Et plus on parlait, plus on se rapprochait physiquement, nos cuisses collées l'une contre l'autre... Je pouvais sentir à travers les étoffes de son jean les muscles de sa cuisse saillir... Et puis on s'est arrêtés de parler, et on restait là à se regarder sans rien dire, les yeux dans les yeux. Et là, dans ma tête, j'arrêtais pas de me dire que j'y croyais pas, que ça allait arriver, qu'on allait s'embrasser, que j'allais sentir les lèvres de ce pur canon sur les miennes, qu'il allait me prendre dans ses bras, que pour la première fois, j'allais faire quelque chose avec un client, et je n'en revenais pas, et ça me terrorisait, et m'excitait aussi. Nos visages se rapprochaient, nos lèvres aussi... Mes lèvres se sont tendues vers les siennes, et là, il me dit: "Est-ce que tu peux me montrer tes pieds?" Euh, ça m'a coupé dans mon élan, pour le coup. Voyant mon regard ahuri, il a reformulé. "Tu dois avoir des pieds encore plus superbes que tes mains. Je peux les voir?" Moi, j'ai lâche un grand non sans aucune hésitation, les yeux encore plus écarquillés. Là, il s'est rattrapé à sa manière: "Non, je te comprends, ne t'inquiète pas, un pied, c'est super intime, je comprends, ça se montre pas à n'importe qui" Le pire, c'est qu'il était super sérieux. Et moi, super con. J'ai rien compris à la suite, mais je lui ai dit que je fermais, et qu'il devait partir. Je l'ai raccompagné à la porte, et j'ai rapidement pris congé, le laissant ahuri à l'extérieur. 'tain, c'était bien ma veine, ça! Je tombe sur un canon qui est fétichiste!!!!!!

    Petit P.S. perso: Merci pour la carte postale, ça a été un véritable rayon de soleil dans ma semaine chaotique. Ca a permis aussi d'effacer quelques doutes sans fondement, je pensais avoir perdu certaines choses, ou en tout cas que certaines choses avaient changé, mais j'ai retrouvé finalement à travers des mots tout gentils que tout est toujours comme au début. Merci.

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    Nirvana - Nevermind [154 NIR NEV 1]

    Oui, ceux qui me connaissent doivent halluciner sur cet achat musical, surtout à l'époque. Je n'avais aucune passion pour la "grunge-music" comme ils disaient à l'époque, mais j'avais bien accroché sur Smells Like Teen Spirit et Even In His Youth, et j'espérais naïvement trouver plein de chansons-clones sur ce CD. Bon, tout me plait pas, et certains morceaux sont vraiment trop bruyants à mon goût, mais une ou deux autres chansons ont su me plaire. Et c'est mon premier CD avec une hidden-track!! D'ailleurs, si quelqu'un connaissait le titre de la chanson cachée, ça me ferait plaisir de le connaître!!

    September 21

    Et de ce côté-là, ça ne s'arrange toujours pas...

    Oui, parce qu'avant de continuer dans la série des Peufs (vous aurez demain Peuf-3, et ne ratez pas Peuf-4, dont l'identité vous surprendra tous!), faisons quand même un petit peu un point sur la situation au boulot, qui s'avérait déjà volcanique il y a deux semaines.

    Donc, au niveau du boulot, je vous avais laissé dans un méga-méli-mélo de complots et conspirations dignes de la meilleure saison de 24 Heures Chrono où plus personne ne savait à qui se fier. Par-dessus tout ça est arrivée la nouvelle vague de nouveaux embauchés, qui ont détérioré la situation qui était déjà catastrophique. D'ailleurs, félicitations, Hippix! Ton courage et ta détermination t'ont fait tenir une journée de 7h30, et tu as démissionné juste ensuite mdrrrrr! Enfin, en même temps, en moins de deux semaines de production, sur les nouveaux arrivés, il y a eu huit démissions (si je n'en ai pas oublié)... Une responsable handicapée qui se retrouve à bosser que quatre heures par jour (nécessité thérapeutique, apparemment) en étant payée huit (Christina commence déjà à avoir des cheveux blancs), et une autre responsable ayant posé sa démission, mais bien décidée à pourrir l'ambiance déjà glauque jusqu'à la fin de son préavis. D'ailleurs, je m'inquiète, parce qu'elle semble vouloir être ma nouvelle meilleure amie, m'ayant redonné mon statut de support commercial et insistant même pour me raccompagner chez moi en voiture après le boulot... Brrrr, ça me donne des frissons dans le dos!!

    Alors, la production, pour le coup, est devenue catastrophique à cause des nouveaux, parce que chacun passe trois heures sur un seul dossier, ce qui, non seulement, entraîne une chute monumentale des statistiques, mais également, en fin de compte, un traitement nul et hors procédure que je dois reprendre ensuite, tout en faisant le nécessaire pour que mes stat' à moi soient à la hauteur de la demande de ce que Christina a exigé. Mais le pire, c'est qu'elle demande aux anciens d'avoir des stat' de folie pour rattraper les stat' pourries des nouveaux, sans tenir compte pour le coup de la fatigue et de la pression psychologique que cela entraîne. Elle l'a dit clairement, elle veut de l'abattage et du dépotage au niveau dossiers clients téléphoniques. Il y a deux jours, elle est allée voir Nathalie et lui a dit texto: "Je veux que Marilyn, Jeremy, X, Y et Z fassent du dépotage en masse à moins de 500 secondes de traitement." Point final. Clair. Net. Précis. Sans bavures. Un traitement à la Terminator, quoi. Nath a tenté de lui expliquer que ce n'était pas aussi simple que ça, mais Christina a rétorqué: "Axel y arrive, alors les autres le peuvent aussi." Merci pour le compliment camouflé, mais j'aurais préféré l'entendre directement de sa bouche. Enfin. Nath qui s'empresse de rajouter: "M'enfin, Axel est le seul à y arriver! Et regarde comment il termine chaque jour, la tête qu'il a!" Merci de prendre ma défense, Nath, mais t'étais pas obligée de rajouter ça! "Je ne veux pas le savoir! Tous les anciens doivent avoir les mêmes résultats qu'Axel!" Arf. Bon courage à eux, parce que moi-même, j'arrive à saturation en ce moment.

    Bon, et je rajoute pas que l'entreprise mère ne fait rien pour nous aider. Les licenciements récents n'ont pas aidé, et il y a un retard épouvantable au niveau des traitements administratifs de dossier, ce qui fait que nous récupérons des clients fous de rage au téléphone, et c'est à celui qui est le plus désagréable, on dirait un vrai concours! Pour désamorcer cette ambiance, Nathalie a organisé un petit apéro secret hier de 18h30 à 20h00, et elle n'a pas lésiné sur les moyens! Porto et Desperado!! 'tain, si le dirlo nous avait chopés, nous étions morts sur place!! Mais cet apéro fugitif était nécessaire, ça nous a permis à elle et moi de nous poser et de nous retrouver un peu. Elle et moi avons une relation vraiment particulière et indéfinissable, elle est à la fois ma responsable, ma collaboratrice, ma complice, mon amie, presque ma seconde mère... Ca peut paraître malsain, vu comme ça, mais cette relation fonctionne à merveille, et les résultats sont là, alors on ne change rien. D'ailleurs, ni elle ni moi n'avons envie de changer...

    D'ailleurs, bosser en mode dépotage a été assez dur, parce qu'il y a eu de nouvelles embauches toute la semaine pour d'autres missions que celle sur laquelle je suis, et j'ai eu droit à plein de défilés de beaux mecs à chaque heure... Arf, quoi... A chaque fois, mes responsables me surprenaient en train de baver à distance et se moquaient de moi... C'est pas gentil... Certains ont déjà été embauchés, et il y en a trois qui n'arrêtent pas de me mater à chaque fois que je prends une pause... Manquerait plus qu'on se batte pour moi!! D'ailleurs, je vais arrêter de faire des pauses-café, parce que la dernière que j'ai prise aujourd'hui s'est terminée en catastrophe... Comme vous le savez, nous avons eu droit à une tempête toute la journée, derniers restes de la queue du cyclone qui a ravagé les Açores... Bref, je viens de me prendre un café au distributeur, j'arrive sur la terrasse, je pose mon gobelet sur le rebord le temps de m'allumer une clope, et pouf, un coup de vent me fait gicler mon café... C'est un mec qui passait en bas et qui sortait de Planet Saturn qui s'est tout pris... Pas fier pour le coup, j'ai pas demandé mon reste et suis resté très, très loin du rebord pour terminer ma clope... Et bien sûr, j'ai pas osé me reprendre un café!!

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    Kylie Minogue - Kylie's Remixes Vol. 2 [153 MIN KYL 2]

    Ah, un import japonais, hi hi! Une de mes fiertés de possession personnelle! Ce CD regroupe les principaux remixes de Kylie sortis entre 1990 et 1992, remixes qui ont déjà été chroniqués ici précédemment... What Do I Have To Do, Shocked, Finer Feelings, Keep On Pumpin'it, Do You Dare et Closer... Quelque part, au niveau dance-music, ça a été vraiment la meilleure époque de Kylie, si on replace le lot dans le contexte de l'époque. "Ben pourquoi tu l'as acheté, ce disque, si t'as déjà tous les remixes?" Oui, okay, je l'attendais, cette question. Ben parce qu'il y a un remix de Better The Devil You Know introuvable sur tout autre support. Remix pourri, ça, c'est vrai, l'un des pires qu'elle est sortie, mais il est pas disponible ailleurs, alors voilà, quoi... Mais content enfin d'avoir les remixes pré-cités plus haut pour pouvoir les écouter à la suite sans avoir à changer de CD!

    September 16

    Peuf-2!

    Allez, je vous avais promis un best-of de mes plans les plus foireux, il est temps ce soir d'attaquer avec Peuf-2!

    Il faut remonter à l'époque où je bossais comme barman au In N Out, rappelez-vous, cette folle époque appartenant au passé, époque où les barmen bordelais étaient idôlatrés, époque où aucune nuit ne pouvait se dérouler sans le mélange triotique champagne à volonte, ecsta et sexe... Avec mes collègues de l'époque, nous avions fermé la boite à 6h30 du matin et avions décidé de continuer en after dans une petite boite sur les quais dont j'ai oublié le nom. Faut reconnaître, on était pas mal déf'... J'étais pas en tête, mais j'étais pas loin. A peine j'ai été arrivé que mon blouson passait derrière le comptoir et qu'une coupe de champagne m'était tendue. So chic, darling! Et hop, j'étais sur la piste de danse, complètement en transe. Il y avait en face de moi ce mec qui dansait aussi, et qui avait l'air aussi défoncé que moi. 1m90, brun court, petit bouc, et sexy. Oh, facile, pendant une heure, on a dû rester à bloquer l'un sur l'autre en dansant, sans détacher notre regard. En fait, on était hypnotisés l'un par l'autre.

    Puis Fanfan, l'un de mes collègues, et qui bosse depuis à la Polux (ou Palais De La Grosse, ou je ne sais plus quoi) vient me chercher pour me dire qu'on y va et qu'il me ramène. Moi, okay, je chope comme une pauvresse alcoolique une coupe de champagne pas terminée qui traîne, je me l'enquille cul sec et je file au comptoir pour récupérer ma veste. Et là, Peuf-2 (donc, le mec sexy de la piste) débarque avec un grand sourire et s'accoude au comptoir à côté de moi. "Tu t'en vas déjà?" qu'il me demande. "Ben ouais, je vais me coucher. Mais si tu veux, tu peux rentrer avec moi" que je lui réponds au tac-o-tac. C'est marrant comme on peut être sûr de soi quand on est déf' quand même. Là, il me regarde avec son regard qui pétille et il me sort: "Mmh, t'es une bonne salope, toi!" Moi qui soupire et qui lui répond: "Pas particulièrement, non. Mais bon, c'est comme tu veux, tu rentres avec moi ou pas." Il me sourit encore et me dit: "Okay, c'est bon, je prends mon blouson et on y va avec ma voiture!" Là, je rattrape Fanfan et je lui dis que je rentre avec le mec. "Qui?" Alors je lui montre, et là, il fait une grimace du style "fouchtra, le thon que c'est". Je lui réponds, mais non, c'est cool, t'inquiète. Et Fanfan qui repart tout seul en secouant la tête, dépité.

    J'arrive dehors, à la lumière, et je comprends certaines choses. Déjà, Peuf-2 avait du mal à tenir debout tellement il était déf', et en plus, il faisait pas 1m90, mais 1m70. J'étais tellement fait que j'avais pas remarqué que, pendant une heure, il avait dansé sur un podium en face de moi. Bref, le portier, qui faisait style qu'il me connaissait parce que j'étais barman, me dit: "Fais gaffe à lui, hein, il a bu, je te le confie" Ouais, ouais, genre c'est lui qui a la voiture et qui conduit, quand même. Bref, on monte dans sa tire, il me demande mon prénom. "Ah ouais, Alex" "Non, Axel" que je bouguonne dans mon coin. Là, il m'embrasse et je comprends que ses yeux pétillants, il les doit pas à quatre ecstas, mais à douze bières, bravo l'haleine. Et on manque bien sûr à trois reprises de se prendre un mur sur la route si j'avais pas rattrapé le volant avec mes mains.

    Arrivés chez moi, on commence à se galocher, et son haleine était vraiment trop épouvantable. Alors, j'ai fait style "embrasse-moi dans le cou". Mais là, il a commencé à me mordiller, pensant que le style vampire, c'était sexy et excitant. Là, j'ai soupiré encore un coup, et je l'ai repoussé. "Bon, désolé, le prends pas mal, je vais te demander de partir." "Non, je veux rester" qu'il m'implore, le Peuf-2. Allez, encore un boulet. "Non, je dois me lever tôt. Va-t-en, s'il-te-plait." Parce que oui, je suis quand même poli et courtois. "Je veux dormir avec toi!" Han, l'est lourd! "Bon, je l'ai dit gentiment, mais maintenant je vais m'énerver! Je t'ai demandé de jarter direct!!" "Ouais, okay, c'est bon, chuis pas sourd" qu'il râle tout bas en se dirigeant vers la porte, comme un gamin puni qui boude en partant vers sa chambre. Je le raccompagne en bas, et au moment où j'ouvre la porte, il se jette dans mes bras en s'écriant "Je veux pas te quitter, Alex!" "AXEL!!" que je lui hurle dessus en le jetant dans la rue, lui claquant la porte au nez aussi sec. Et hop, un crétin de moins et dodo.

    Quelques heures plus tard, mon téléphone me réveille, et c'était Laurent, à l'époque gérant du Traxx, ex et futur patron, qui me disait de sa voix joyeuse qu'il y avait tournoi de tarot au comptoir du Traxx pour ce dimanche après-midi. J'ai râlé que 16 heures, c'était trop tôt pour se lever, puis j'ai rampé jusqu'à ma salle de bains. Direct sous la douche, et me suis habillé et coiffé sans même me regarder dans le miroir de peur de voir l'horreur que je donnais après une nuit d'abus illicites. Débarqué au Traxx, j'enlève mon écharpe, et là, Laurent et Nico se sont écriés en choeur "Mais qu'est-ce que t'as fait?" Hein, quoi? J'ai foncé aux toilettes pour me voir dans le miroir, et le Peuf-2, il m'avait pas raté! Un de ces putain de suçons comme jamais j'en avais eu!! Presque de la taille d'un 45-tours! (Oui, je sais, j'exagère à peine!) Bref, j'ai raconté ma mésaventure, et mes potes étaient tous pliés de rire.

    Le weekend suivant, je reprenais le boulot en boite, et là, qui débarque? Peuf-2. Il me regarde rapidement, assez désagréablement d'ailleurs, et tourne la tête. Et là, David, le vestiaire, a cru intelligent de rajouter: "Hé, tu sais que t'as vachement manqué à Axel? Il m'a parlé de toi toute la semaine!" Là, Peuf-2 s'est retourné, m'a regardé en montrant les dents, et m'a lâché un "salope" bien haineux. Hein, quoi? Moi? Axel, le splendide barman? C'est moi, la salope? Ouh putain, ni une ni deux, y avait Marcel, le portier baraqué de 180 kilos qui passait justement devant moi, et je l'ai appelé. "Oui, lapin?" qu'il me dit de sa grosse et chaude voix de killer mafieux. "Hé, Marcel, le mec, là, il vient de me traiter de salope! J'le connais même pas!" Mdrrrr! Marcel est devenu tout rouge en moins de deux secondes, s'est jeté sur Peuf-2, l'a attrapé par le col de sa chemise et l'a trainé comme une furie à travers tout le couloir en hurlant: "On traite pas mon lapin de salope!" Mdrrrrrrrr! Il a jeté dehors le Peuf-2 en vol plané, et on l'a plus jamais revu!

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    Lil Louis - French Kisses (The Complete Mix Collection E.P.) [152 LIL FRE 1]

    Oui, pas la peine de revenir sur ce tube imparable, le premier titre techno-sex, bien avant Twenty Fingers et consorts. C'était tellement nouveau à l'époque que ça a frappé tout le monde, même les quadragénaires qui pensaient que toute l'histoire de la techno-music se résumait à Indra. Ici, cinq versions, instrumentales ou vocales, et ce rythme minimaliste qui hypnotise ou agace, au choix, mais qui a si souvent été récupéré par la suite. A rajouter que Lil Louis est la plus grande honteuse de l'histoire de la musique électronique, parce qu'il a toujours nié corps et âme qu'il était gay, alors qu'il se faisait ramoner dans toutes les backrooms de Chicago en gémissant comme une chienne!

    September 13

    Boudiou, encore un qui est pas fûté...

    Parfois, j'hésite entre me dire que certains mecs ont un Q.I. encore plus faible qu'un ongle sans vernis ou que je suis poursuivi par une malédiction qui vise à me laisser célibataire pour le restant de mes jours...

    Je m'explique. Tout-à-l'heure, je reçois le texto suivant: "Auteur:bdcvoybd / salut axel, tu vas bien? tu te souviens de moi?? / De:38005 / 18:51 13/9/06" C'est tout. Aucun prénom. Rien. Et inutile de renvoyer un texto par-dessus, parce que le 38005, c'est un service spécial, c'est pas un numéro de portable. Donc, je ne connais personne qui s'appelle bdcvoybd, et ce crétin n'a même pas signé. Et là, je suis vert de rage, parce que je ne sais pas qui c'est. Est-ce que c'est un pote perdu de vue depuis longtemps, est-ce que c'est un ex qui revient à l'attaque, est-ce que c'est un mec avec qui j'ai toujours rêvé de sortir? Et qui est-ce qui peut bien envoyer des textos via le 38005??

    Mais c'est pas tout, parce que j'ai reçu un autre texto!! "Auteur:bdcvoybd / ben réponds pas surtout / De:38005 / 20:40 13/9/06" Et là, j'en ai carrément gémit de rage. Mais qu'est-ce qu'il est con! Toujours pas de prénom! A croire qu'il le fait exprès!! C'est peut-être le prince charmant, et ce con va croire que je m'en tape!! Aaaaaaargh! Je m'en grifferais presque le visage, tellement ça m'énerve!!

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    Inner City - Praise [151 INN PRA 1]

    Han mais putain, qu'est-ce qu'il est bien, ce CD aussi! Lui aussi, il fera partie du top 5 des CDs avec lesquels je partirai sur une île! Inner City, pour les ignares, c'est le producteur de Detroit Kevin Saunderson, l'un des trois parrains de la techno, et la vocaliste Paris Grey. Ils sont tous les deux à l'origine des deux méga-hits Big Fun et Good Life, les premiers titres techno-pop à avoir frappé le marché musical électronique du petit peuple. Cet album, Praise, est d'une rare beauté électronique, subtilement et intelligemment produit, avec une sonorité datée, certes, mais qu'est-ce que c'est bon! Mélange de techno (au sens premier du terme), d'uplifting house vocale, de deep techno, de sons plus rave belge, toutes les paroles tournent autour de la religion et de la pauvreté, drôle de couple conceptuel d'ailleurs, mais ça marche si bien. Je pense que peu de gens seraient capables de saisir toute la beauté de ce CD, mais si un jour, vous tombez dessus, écoutez-le. Simplement.

    September 10

    Dans la série "plan foireux dont il vaut mieux en rire"...

    Oui, je sais, j'ai décidé de me faire une petite collection de "dans la série...". "Mais t'as rien d'autre à faire un dimanche ensoleillé comme ça, pour une fois que tu bosses pas?" que je vous vois déjà vous exclamer, virulents comme de vieilles lesbiennes quinquagénaires en marcel. Ben nan, à vrai dire. Je suis fatigué, pas coiffé, il fait trop chaud dehors, et je préfère rester tranquille à écouter mes dernières acquisitions musicales en sirotant du Coca-Light limite gelé. A réfléchir sur le cas de Psycho-648, ça m'a fait repenser à certains plans pourris que j'ai eu dans ma * kof-kof * jeunesse, et à chaque fois que je les raconte, ça fait hurler de rire mes potes, et qui les renforce dans leur opinion qu'ils n'arrivent pas à m'imaginer avec une activité sexuelle. Va-t-il falloir que je tourne dans un film de boules bon marché qui sorte chez le marchand de journaux (ou, au pire, chez Ex's) à 2,99 euros pour qu'on me prenne sexuellement au sérieux? Enfin, bref, je repensais à plusieurs plans foireux, et bien sûr, dans ma grande générosité, je m'apprête à partager ça avec vous. Aujourd'hui, je vous parlerai donc de (surnom pour qu'il conserve son identité secrète, et surtout sa dignité) Peuf-1.

    J'avais 22 ans, et c'était l'été, quelques temps avant que je sois embauché au In N Out. Il était 5h30 du mat', et je faisais la fermeture de cette boite, au comptoir avec des inconnus, mais on papotait tranquille avec le barman dont j'ai oublié le nom, mais qui était une formidable langue de pute dans son style. Il y avait un mec, Peuf-1 donc, qui était là et dont je venais de faire la connaissance "en tout bien tout honneur". Sympa, souriant, une carrure de rugbyman avec la graisse en moins. Pas super fûté, ça, c'est clair, mais il avait au moins le mérite d'être sympa. On atteignait les six heures du mat', et il décida de prendre congé. Il me fit la bise un peu rugueusement et partit. Moi, j'ai fait ma princesse, je me suis encore fait offrir un verre, digne pilier de comptoir que j'étais. Vers 6h45, je me suis enfin décidé à rentrer chez moi.

    En sortant de la boite, aveuglé par la lumière du jour, j'ai été surpris de voir Peuf-1, debout, à attendre près de la porte. "Ben qu'est-ce que tu fais encore là?" que je lui ai demandé, plus pour faire la conversation que par intérêt. "Je t'attendais." Bon, ça flatte toujours, je le reconnais. "Ah?" que j'ai répondu d'un air blasé. Un ange passe. "Tu veux coucher avec moi?" qu'il me lâche finalement. "Hein?" que je réplique, pris au dépourvu. Là, il se met à balbutier. "Oui, euh, enfin, j'ai pas envie de me coucher seul, tu veux venir dormir chez moi?" J'ai dû réfléchir une dizaine de secondes. Ca faisait deux mois que j'avais rien fait, c'est vrai que ça me travaillait, et puis il était beau mec, ça serait bête de pas y trouver son compte. Donc, toujours avec mon air blasé, j'ai accepté.

    Dans sa voiture pourrie, une vieille Deuch', qui faisait un ramdam pas possible et qui roulait à deux à l'heure (faites que personne du milieu ne me voit ce matin, sinon ma réput' est ruinée!), aucun des deux ne parlait. Surtout parce que, finalement, on avait absolument rien à se dire, exceptée l'attraction physique. J'ai même dû dire (honte à moi) "Il va faire beau aujourd'hui avec ce soleil" tellement il y avait rien à dire. Il a répondu "oui", et on est restés silencieux jusqu'à chez lui. Je n'ai jamais vu un immeuble aussi pourri que le sien, et sa piaule, petite, sombre et sale, me faisait presque regretter ma décision prise sur une pulsion libidinale. "Faut que j'arrête les conneries, maintenant" que je me suis dit intérieurement. Sur tout le mur en face de moi étaient disposées des étagères remplies de petits trains miniatures. "Ah, enfin un sujet de discussion pour briser le silence!" me suis-je réjoui intérieurement. "Alors, tu as une passion pour les trains!" Malheureux que je fus de lui balancer ça! J'ai eu droit un cours d'amphi théorique de 1h30 sur l'évolution des trains et de leur technologie de 1856 à nos jours, avec la contemplation de chaque miniature et une petite anecdote pour chacun du style "celui-là, en 1912, il allait à 45 km/h, c'était le plus rapide à l'époque"... Le calvaire. J'en venais à n'espérer qu'une chose, qu'on baise et qu'on dorme. On s'est mis enfin au lit, il a bu un peu de sirop de grenadine à l'eau tiède, s'est allumé un joint, l'a fumé en m'en proposant ("non, merci, je suis asthmatique" mdrrr!), et finalement, m'a embrassé. Ah, enfin, ça devenait intéressant... On s'est embrassés pendant un quart d'heure, puis il a demandé à faire une pause et s'est lâchement endormi. J'ai râlé dans mon for intérieur, mais me suis endormi aussi sec.

    On s'est réveillés vers 14h30, à cause des volets troués et de la chaleur insupportable surtout. Il s'est rallumé un pèt' (dès le réveil, bien sûr), a encore bu de sa grenadine pourrie, et s'est remis à m'embrasser. Ah, quand même, on va y arriver. Les baisers se font de plus en plus langoureux, passionnés, mon corps frêle attiré puissamment vers ce torse bombé et musclé... Brrrr, Danielle Steel, sors de mon corps! Bref, pour éviter d'être trop vulgaire, je vais faire de jolies métaphores pour pas choquer les plus sensibles d'entre vous (Oli doit déjà se cacher les yeux en remuant la tête vite-vite-vite et en lâchant des "non, non, je veux pas lire", j'en suis sûr!). Bref, pendant que je l'attisais manuellement, mes lèvres descendaient le long de son torse jusqu'au nombril, et là, sans prévenir, ça faisait à peine deux minutes, il m'a lâché trois misérables et pitoyables gouttes. Surpris, je relève la tête vers lui, et il se met à rire bêtement, comme un gamin, en me disant "hi hi hi, ça me fait toujours ça quand je fume!" Pauvre tache, va. Je renfile mon boxer, me lève pour me rhabiller, et là, lui, étonné, qui me dit "Ben, euh, tu veux pas que je te finisse?" Non, non, c'est bon, je m'arrache. Il m'a proposé de boire un coup de grenadine tiède de trois jours, mais j'ai également décliné son offre. Et avant de refermer sa porte, je lui ai répliqué un fameux "on s'appelle" d'usage. Arrivé dans la rue, c'est là que je me suis dit: "finis les plans foireux!" Tu parles!

    Rendez-vous dans la semaine pour Peuf-2!!

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    Rozalla - In 4 Choons Later [150 ROZ INF 1]

    Youpi. Rozalla a sorti un mégamix. Au bout de seulement quatre singles. Quoique, on peut critiquer, mais Black Box a bien fait un megamix avec une seule chanson, Ride On Time, et elle a juste mégamixé trois remixes différents. Enfin, bref, si j'ai acheté ce CD-single, c'est surtout (c'est tout moi, ça) parce que c'était une édition spéciale limitée avec picture-disc (oui, même si c'est courant aujourd'hui, à l'époque, c'était super-rare). Donc, je critique, mais je suis sûr qu'il doit coûter super cher aujourd'hui. Bref, rien de formidable dans le mégamix, même s'il ne se contente pas d'enchaîner les versions originales, mais de proposer une reconstruction musicale pour chacun des titres. Oui, bon, je râle, mais y a des efforts qui ont été faits. En bonus, un remix inédit de Are You Ready To Fly, le Killer Remix, relativement bien foutu, et qui change un peu agréablement de tous les trucs commerciaux qu'elle a sortis avant.

    Dans la série "petit copain psychopathe"...

    Dans la série "petit copain psychopathe", je vais un peu vous parler de celui qui a failli devenir le numéro 648 de mon petit répertoire de relations galantes, et quand je dis relations, ça va du simple palot échangé sous substances illicites l'espace de 10 secondes à un nouvel an un peu trop arrosé à la relation chaotique qui atteint les neuf mois... Enfin, bref, parlons donc de ce Mister que nous appellerons affectueusement Psycho-648.

    Il y a deux semaines, je flanais sur un nouveau site de rencontres assez pathétique où il faut payer quatre euros pour avoir le droit d'envoyer un message à un mec qui nous plait. C'est Franck-Photo qui m'avait parlé de ce site lors du before que j'avais fait chez lui avant d'aller au concert de Pierre Pascual. Je m'étais émerveillé devant ce site gay inconnu de ma connaissance, et il m'avait expliqué que sur ce site, il y avait beaucoup de bi et de mecs mariés hors-milieu... Bref, je me suis dit, après avoir écumé tous les sites grand-public, ça ne me coûterait pas grand chose de me lancer dans de nouvelles aventures. Alors, déception, déjà pour les quatre euros (que jamais je ne paierai, mais chose drôle, beaucoup de mecs ont payé pour m'envoyer des messages, m'insultant ensuite parce que je ne voulais pas filer mon Msn alors qu'eux s'étaient sacrifiés de quatre euros pour moi, enfin bon, je vaux un peu plus que quatre euros, chéri!), mais aussi parce que la moyenne d'âge sur ce site est de 53 ans (et si vous croyez que j'exagère, allez y faire un tour!)...

    Enfin, bref, il y a deux semaines, j'étais sur le tchat de ce site (tchat gratuit, mais t'es déconnecté si t'as adressé la parole à personne dans les cinq minutes), et je passais le temps à mettre des pieds à des grand-pères qui voulaient flatter mon chinois de leurs lèvres fripées ou bien encore me poignarder l'oignon, quand déboula un message bourré d'énergie et d'enthousiasme d'un mec de 23 ans, ponctuant presque chaque mot de trois points d'exclamation, et m'annonçant, fou de joie, qu'il m'avait enfin retrouvé. "Euh, on se connait alors?" Merde, encore un de ces mecs avec qui j'avais pris un café, échangé un peu de salive, buccale ou autre, et passé aux oubliettes aussi rapidement que j'oublie les films d'horreur que je vois chaque semaine avec Erix et Hippix. Mais non, je le connais pas. Mais non, on se connait pas. Il m'envoie plusieurs photos, réel mimi, rigolo, souriant, semblant avoir la tête sur les épaules, et surtout écrivant sans faire de fautes d'orthographe. Et moi qui suis un maniaque de l'orthographe, un mec qui fait pas de fautes, je m'agenouille direct, et pas que pour le vénérer. Et arrêtez de froncer les sourcils et de vous masser le menton en lisant, je le sais que je suis bizarre!

    Psycho-648 (oui, oui, c'est lui!) m'explique donc qu'il m'a vu au mois de février place des Quinconces. Je suis passé devant lui, sans même le calculer, alors que lui est resté immobilisé devant moi, tellement il avait flashé. Et vous le croirez ou non, il ne m'a jamais oublié depuis février, revenant plusieurs fois par semaine sur cette place, espérant me revoir passer, espérant me demander l'heure puis m'inviter à prendre un café. Bref, il avait vraiment bloqué, et enfin, il me retrouve sur un obscur site pourri, et là, pour lui, c'est une libération. Il me raconte tout ce qu'il s'est imaginé sur moi, toutes les nuits où il a pensé à moi, toutes les fois où il s'est raconté notre éventuelle rencontre... Oui, ça fait un peu psychopathe vu comme ça, mais cette spontanéïté, cette sincérité, ce manque de fierté pour avouer ses sentiments sans avoir peur de faire peur, ben ça l'a rendu particulièrement touchant. Les rares fois où j'arrivais à en placer une, je lui posais des questions sur lui, et comme ça me convenait, je lui ai proposé de passer donc ce samedi soir vers 23 heures pour prendre un café (et juste un café). Comme c'était Schabbath et qu'il est juif, il devait dîner avec ses grand-parents, mais il était tout excité de savoir qu'il passerait ensuite et qu'il me verrait enfin pour de vrai. Pendant son repas, il m'a envoyé six ou sept textos, me disant qu'il avait hâte, mais finalement le repas a duré, et moi, je suis parti me pieuter parce que j'étais crevé, et que je voulais pas une première rencontre gâchée par mes cernes et ma bave de fatigue qui coule le long du menton. Il a attendu sept mois pour me retrouver, il pourra attendre une nuit de plus.

    Meusseunage le lendemain dimanche en début d'après-midi. Je devais passer l'après-midi avec Asma, ma meilleure amie, qui était en vacances sur Bordeaux, et que je tenais à revoir le plus possible avant qu'elle reparte au Maroc, et Psycho-648, lui, passait la journée avec ses cousins, car il leur ramenait des cadeaux et des nouvelles du pays (il revenait d'un mois de vacances en Israel). Pendant l'après-midi, sans mentir, j'ai du recevoir une vingtaine de textos. Asma était hallucinée. Il faut dire qu'en tant que meilleure amie, Asma a assisté depuis qu'elle me connait à un défilé de tous les cas sociaux possibles et inimaginables capables de croiser ma route. Tous ces textos me flattaient en me surnommant "prince", "dieu", "incarnation de l'amour" et autres qualificatifs qui, certes, ne sont pas déplacés si on me connait bien. Elle m'a dit de me méfier, qu'il était trop accro. J'étais le premier à le reconnaître également, mais j'essayais de me mettre à sa place, de m'imaginer dans sa situation, de retrouver enfin quelqu'un qui m'avait marqué à ce point. Et aussi, je suis humain, j'avais envie de croire à cette belle histoire. Son souhait le plus cher était d'aller au cinéma avec moi et de me tenir la main pendant le film. Bon, il voulait aussi me présenter à toute sa famille mdr! Il ne sera pas venu le dimanche soir non plus car la réunion familiale durait et durait encore, et moi, je me levais tôt le lendemain matin pour aller bosser à la cellule anti-terroriste, euh, au boulot, quoi (oui, vu qu'en ce moment, c'est pire que dans 24 Heures Chrono, j'ai tendance à faire l'amalgame).

    Envoi de textos tout le lundi, le rendez-vous était enfin fixé pour lundi soir chez moi. Il faut savoir qu'il habite à cinq minutes à pied de chez moi. Ben il est jamais venu. Et après un message bien corrosif au téléphone, je n'ai plus jamais eu de ses nouvelles. A vrai dire, je m'en fous un peu, je ne l'ai jamais rencontré, je ne l'ai jamais vu en vrai. Mais ça ne m'empêche pas de me poser plein de questions. Ce mec me rêve depuis des mois et des mois, j'ai comptabilisé 48 textos en moins de 48 heures, et hop, plus rien. J'ai bien envisagé que c'était un mytho, pas les vraies photos, qu'il n'était en fait qu'un monstre épouvantable et plein de défauts, et qu'il m'avait joué la comédie, que c'était, bon, p'têt pas un complot ou une conspiration contre moi, mais que quelqu'un a voulu se jouer de moi, mais non, je me suis retourné dans ma tête chaque instant, chaque mot échangé sur le net comme par texto, et ça colle pas. Et puis tu veux jouer un mauvais tour à quelqu'un sur le net, tu lui files pas ton numéro de portable. Asma m'a rappelé du Maroc, et quand je lui ai raconté, ça l'a assise. Ca l'a en même temps conforté dans l'idée que tous les gays sont des psychopathes déséquilibrés. Et moi? Ben, euh, moi, j'attends rien de plus, à vrai dire. Si un jour, il me recontacte, je ne sais même pas quelle sera ma réaction, à vrai dire. Mais je ne m'attends pas, étrangement, à ce qu'il reprenne contact. Il a dû trop s'habituer à m'attendre. Flûte. Quand je pense qu'il m'avait promis de m'offrir une kipa à notre premier rendez-vous!!

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    The Family Stand - Moon In Scorpio [149 FAM MOO 1]

    Han, mais qu'est-ce qu'il est bien, cet album! Qu'est-ce que c'est un putain de bon disque! Qu'est-ce que c'est une honte qu'il n'ait jamais été commercialisé à grande échelle en France! J'en culpabiliserais presque de l'avoir trouvé dans un bac à soldes à 20 Francs à la Fnac! Pour tous les incultes que vous êtes, The Family Stand sont les producteurs cachés derrière le deuxième album de Paula Abdul et des titres tels que Rush Rush, The Promise Of A New Day ou Vibeology. Ces trois individus ont un sens du groove inné, un mélange entre du funk à la bon vieux Prince de l'époque où il était génial, du gospel, du rock aux accents psychédéliques, des ballades douloureuses et poignantes, du jazz free-style... Sans mentir, chaque chanson est un bijou inestimable. You'll Never Be, Plantation Radio, The Education Of Jamie, et surtout Winter In My Heart et Quiet Desperation... Si un jour, on me demandait de ne retenir que cinq CDs de ma collection, Moon In Scorpio en fera partie. Un bijou comme ça, je préfèrerais mourir que de vivre sans.

    September 05

    Complots et conspirations

    "Mais où est passé Axel?", "Pourquoi est-ce qu'il n'écrit plus de billets?", "Il y a des rumeurs qui circulent comme quoi il aurait un petit copain...", "Est-ce qu'il a eu un accident?"... Oui, je sais, vous avez pu lire et entendre pas mal de commentaires de ce genre dans la presse people, dans Fan 2, et même dans les gros titres du journal de 20 heures sur TF1... J'ai même appris que M6 projetait de faire un Zone Interdite spécial "Où a disparu Axel?", donc je préfère réapparaître pour faire taire les fausses rumeurs...

    "Mais où est passé Axel?" Ben je travaille, crétin! "Pourquoi est-ce qu'il n'écrit plus de billets?" Parce que quand je rentre chez moi, je suis tellement crevé que j'ai à peine la force d'enlever mes chaussures! "Il y a des rumeurs comme quoi il aurait un petit copain..." Ca a bien failli, mais non, je mérite le respect avant tout, et le jeune homme, apparemment, malgré ses 48 textos en deux jours, en manquait assurément! "Est-ce qu'il a eu un accident?" Nan, mais je rêve d'une gasthro-anthérite foudroyante qui me clouerait au lit et qui m'empêcherait d'aller bosser!!!

    Bon alors, qu'est-ce qui s'est passé pendant tout ce temps? A vrai dire, la reprise du boulot s'était bien passée, le responsable ventes numéro un français de l'entreprise était même venu à Bordeaux féliciter les meilleurs agents, et je n'avais pas compris, lors d'une pause clope avec lui, pourquoi il a souri quand je lui ai parlé d'un chèque-cadeau de dix euros pour me récompenser de mon travail... Vous auriez dû voir ma tête quand j'ai reçu pour 140 euros de chèques-cadeau que je peux dépenser comme je veux!! J'étais tout fier, et ça me rassurait sur la qualité de mon travail... Jusqu'à ce que...

    Mais je vais trop vite. Ce qui a mobilisé durant ces deux semaines de reprise toute mon énergie et celle de mes collègues les plus proches, c'est une vaste conspiration au sein-même de mon entreprise. Et je n'exagère pratiquement pas en disant que 24 Heures Chrono à côté, c'est rien. Hélas, je ne peux rien dire ici, parce que un, je pourrais être démasqué (et je plaisante à peine), et deux, il s'agit de données et d'informations ultra-confidentielles, mais un élément perturbateur de notre équipe est en train de mettre une zizanie incroyable dans l'organisation du travail, avec une générosité sans bornes pour les coups de pute les plus mesquins, la manipulation et même le chantage. Je me plaignais de m'ennuyer, mais là, ça dépasse tellement l'inimaginable que je continue à rester bouche bée, incapable de rassembler toutes les pièces du puzzle. Un petit comité officieux s'est formé pour enquêter là-dessus, tenter de découvrir ce qui se passe réellement et faire tomber une tête à coup de décapitation par hache (je ne dirais pas si j'en fais partie, histoire de protéger ma couverture) (oups, je crois que je me suis trahi), mais je ne peux rien dire, parce que c'est grave.

    Et comme si ça ne suffisait pas, j'enchaîne sur le "jusqu'à ce que" que j'avais laissé en suspens... Donc, fier de la qualité de mon travail, quel n'a pas été mon choc, jeudi dernier, quand Christina, notre vénérée chargée de production, a dit personnellement à chacun des meilleurs éléments: "Ca ne va pas, il faut que ça change, je veux plus." Bref, ni plus ni moins que 25% de résultats en plus en négligeant la qualité pour privilégier la quantité. 25%, ça ne vous parle peut-être pas beaucoup, mais 25%, c'est é-nor-me, et j'articule bien chaque syllabe. Au départ, j'ai pris ça personnellement, mais comme j'ai vu qu'elle a dit la même chose à Jeremy, entre autres, ça m'a rassuré. Mon boulot est devenu un véritable abattage sans pitié. J'arrive à suivre et à obtenir les résultats espérés (et je suis l'un des seuls à y arriver), mais à quel prix... Je sors le soir, épuisé, déprimé, sur les nerfs, culpabilisant pour cette qualité que j'ai dû négliger...

    A ce rythme, je ne plaisante pas, je ne tiendrai pas trois semaines. Il faut que les choses changent, que je fasse quelque chose, seul ou avec mes comparses... La semaine dernière encore, au boulot, j'étais inséparable de Jérémy, que j'ai surnommé Choupinou, et depuis vendredi dernier, c'est à peine si on arrive à se décrocher deux mots tellement on est pris par cette opération abattage... J'ai perdu le plaisir de ce job en moins d'une semaine, je crois...

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    Sheila and B. Devotion - Spacer (Original Version Remix 1992)

    Et allez, j'entends déjà les huages en tous genres... Je me rappelle mon ancienne meilleure amie, Mag, qui me disait: "Non, je ne te crois pas, tu n'as pas acheté un CD de Sheila, tu me fais marcher..." Nan, nan, nan, c'est bien Sheila, un titre remixé de sa période disco. Je me rappelle, quand j'avais cinq-six ans, il y avait toujours deux chansons disco que j'entendais non-stop à la radio, c'était celui-ci et Boogie Wonderland de Earth Wind & Fire... Forcément, ça laisse des souvenirs, et j'ai profité alors de cette réédition remixée pour raviver le bon temps... Je dois dire que j'ai compris le refrain qu'il y a peu: "He's a spa-a-cer, a star cha-a-ser"... Longtemps, j'ai cru que c'était "He's a spa-a-cer, a star chez les soeurs" mdrrrrrrrr!